Topologies des siestes

Je me demandais comment j’allais faire pour gérer seule dans une maison de deux étages les siestes du Bourgeon, avec le Lardon dans les parages. Maintenant, je sais : vaguement.

En guise d’introduction, sachez que :

  • Le Bourgeon fait trois ou quatre siestes d’une heure par jour. Je suis relativement chanceuse : il s’endort en une dizaine de minutes, le plus souvent au sein, parfois simplement en le déposant. Il dort très bien seul dans notre chambre (à l’étage), dans le lit cododo.
  • Le Lardon, lui ne fait plus de sieste depuis bien longtemps (ses 18 mois environ). En revanche, il m’aime de tout son être, et le montre par une proximité très proximale. Je le préviens donc dès les premiers signes de fatigue du Bourgeon que c’est bientôt l’heure de sa sieste, pour adoucir la « séparation ».

Maintenant que le décor est posé, laissez-moi vous raconter comment ça se passe. CHAQUE JOUR DE LA SEMAINE. PLUSIEURS FOIS PAR JOUR.

La sieste « comme ton ombre »

Je monte, le Lardon monte derrière moi. Je m’assied sur le rebord du lit, le Lardon s’assied derrière moi. Je donne le sein, le Lardon gigote. Le Bourgeon s’endort. Je me relève, passe derrière le lit cododo. Le Lardon toujours derrière moi, dans les 30 cm entre le mur et le lit. Je me penche délicatement pour déposer le bébé, le Lardon me suit du regard. Je sors de la chambre, le Lardon toujours dans mon sillage.

Ce scénario arrive une à deux fois par jour.

La sieste en boucle

Je monte, le Lardon proteste en bas de l’escalier « Maman je veux pas que tu montes. » Je m’assieds sur le rebord du lit, le Lardon crie toujours d’en bas « Maman je veux pas que tu montes. Maman je veux pas que tu montes. Maman je veux pas que tu montes. ». Je donne le sein, le Lardon proteste encore « Maman je veux pas que tu montes. » Le Bourgeon s’endort. « Maman je veux pas que tu montes. » Je me relève, passe derrière le lit cododo. « Maman je veux pas que tu montes. » Je me penche délicatement pour déposer le bébé. « Maman je veux pas que tu montes. » Je sors de la chambre. « Maman je veux pas que tu montes. » Je descends. « Maman, pourquoi tu descends ? »

La sieste méga-win

Je monte, le Lardon monte derrière moi. Je m’assieds sur le rebord du lit, le Lardon s’assied derrière moi. Je donne le sein, le Lardon s’allonge. Le Bourgeon s’endort. Le Lardon s’endort. Je me relève, passe derrière le lit cododo. Je me penche délicatement pour déposer le bébé. Je m’affale comme une loque sur le lit. On dort tous les trois.

(C’est arrivé deux fois) (C’était bien).

La sieste pétage de câble

Je monte, le Lardon monte derrière moi. Je m’assieds sur le rebord du lit, le Lardon s’assied derrière moi. Je donne le sein, le Lardon gigote. Le Bourgeon gigote. Je soupire. Le Bourgeon ne veut pas dormir. J’accuse le Lardon. Je lui demande de se calmer. Le Bourgeon sursaute. Le Lardon dit que non, il ne se calmera pas. Je vais dans la pièce d’à côté, je crie. Je reviens dans la chambre parentale, le Bourgeon gazouille et le Lardon continue de dire que non il ne se calmera pas. Je redescend tout ce beau monde, on se calme. On recommencera dans 10 minutes.

La sieste miracle

Je monte, le Lardon joue en bas. Je m’assieds sur le rebord du lit. Je donne le sein. Le Bourgeon s’endort. Je me relève, passe derrière le lit cododo. Je me penche délicatement pour déposer le bébé. Je redescend. Le Lardon ne s’est pas rendu compte de mon absence.

C’est beau, mais ça n’arrive qu’à une deuxième (voir troisième) tentative de sieste.

La sieste scato

Je monte, le Lardon joue en bas. Je m’assieds sur le rebord du lit. Je donne le sein. Le Bourgeon s’endort. Un cri traverse la maison : « Mamaaaan ! J’ai fait cacaaaa ! ». Le Bourgeon sursaute. Le Lardon hurle encore « Change moi la couuuuche ! » (Laisser l’enfant devenir continent à son rythme c’est bien plus facile quand il décide à se passer des couches avant 3 ans et demi…) Le Bourgeon ne s’endormira pas. Je redescends avec lui. Je change la couche. On recommencera dans 10 minutes.

La sieste minutée

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Se préparer à quatre le matin, c'est un peu plus la course qu'avant… Du coup, j'ai sorti les sabliers et ça plaît beaucoup au Lardon. Par exemple, avec le sablier rouge (10 minutes), on peut être prêt en seulement 30 minutes ! 10 minutes pour garer des petites voitures entre chaque sablier, 5 minutes pour retourner chacun des sabliers sans les faire tomber (et les remettre dans le bon sens), 10 minutes de sablier rouge, et 5 minutes de prévenir tout le monde dans la maison "le sablier rouge est fini, il faut se préparer ! Et le jaune est fini et le vert est fini et le noir est fini et le bleu est fini et ils sont tous finis donc il faut se préparer parce qu'ils sont fini." #slowparenting #maisPasLeMatin #niLeSoir #queQuandLeLardonEstPasLaEnFait

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Je sors les sabliers et je fais un pari sur l’avenir : « Tu vois quand le sablier rouge sera fini, je serais redescendue. »

Je monte, le Lardon reste en bas, à surveiller le sablier « C’est pas encore fini. » Je m’assieds sur le rebord du lit. Je l’entends encore en bas « C’est pas encore fini. » Je donne le sein. « C’est pas encore fini. C’est pas encore fini. C’est pas encore fini. C’est pas encore fini. » Le Bourgeon s’endort. « C’est pas encore fini. » Je me relève, passe derrière le lit cododo. « C’est pas encore fini. » Je me penche délicatement pour déposer le bébé. « C’est pas encore fini. » Je redescends. « Maman, pourquoi tu descends déjà, c’est pas encore fini. »

Bon, mais dans un mois, quand ce sera la reprise du boulot, de l’école, de la nounou, on parie combien que ces siestes qui me rendent folle vont me manquer ?

Petite pause estivale

Avoir un bébé dépendant à 100% de soi c’est pas facile. Il faut le nourrir, le changer, le porter, le laver, le bercer, l’accompagner au sommeil.

Rien de nouveau sous le soleil, j’étais préparée.

Enfin presque : car l’enfant dépendant exclusivement de moi, ça n’est pas le Bourgeon (qui vient de fêter des trois mois) mais le Lardon, (qui approche des trois ans et demi). Un Lardon que je dois nourrir (que ce soit ses biberons qu’il prend exclusivement sur mes genoux, ou ses repas que je dois lui donner à la petite cuillère), un Lardon que JE dois changer (visiblement je fais ça bien mieux que son père), un Lardon qui a besoin d’être porté plus que jamais (même si c’est seulement pour aller d’une pièce à l’autre ou pour s’installer à table), un Lardon qui a besoin de MA présence chaque soir pour s’endormir (et pour l’heure d’histoires du soir qui précède). Bref, un Lardon qui a énormément besoin de moi et qui prend toute mon énergie.

Or, mon énergie, elle va déjà aussi un peu à ce petit Bourgeon (qui a tout de même le bon goût d’accepter que son père s’occupe de lui ; sauf en ce qui concerne le sein évidemment). Autant dire qu’à la fin de la journée, je suis sur les rotules (et quand je dis fin de journée c’est 18h27 environ).

À cette fatigue mentale s’ajoute un problème de décalage dans leurs horaires : mon temps libre entre le moment où les deux garçons dorment (22h30) et celui où le premier se réveille (6h30) est évidemment consacré exclusivement à DORMIR. Quand au temps libre de la journée, j’essaye de l’utiliser à des activités un peu fofolle comme « aller aux toilettes seule ».

Ainsi, ceci expliquant cela, mon rythme de publication va donc fortement réduire pour l’été : peut-être que je trouverai le temps et l’énergie de finir un de mes 54 (!) articles commencé, ou peut être pas !

Brocante et vides-grenier : chiner avec des enfants

J’adore chiner ! C’est mon petit plaisir du week-end : me promener au soleil, fouiller dans des caisses et sur les étals, dégoter des trucs géniaux à un prix incroyable tout en découvrant les villages du coin ❤.

Mais depuis 3 ans, je chine avec un enfant, et maintenant deux et ça n’est pas la même histoire… J’en ai parlé l’autre jour sur Instagram et les réactions m’ont donné envie d’écrire un article plus complet !

Cet article s’inspire de celui de La Lune Mauve, qui partage avec moi la passion des vides-greniers, mais ici, je me concentrerais sur la logistique qu’avoir des enfants implique.

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Découvrir le code de la route (ou d’autres choses)

Le Lardon est passionné par les voitures, et ce qui va autour. C’est à la fois fatiguant (de n’entendre parler que de ça) et à la fois une bénédiction (pour l’intéresser à quelque chose, il suffit d’y trouver un lien avec les voitures 😇).

Dans le cadre du rendez-vous Chut, les enfants lisent, voici donc quelques livres jeunesses autour du thème du code de la route qui nous ont permis d’aborder d’autres sujets en toute subtilité (ou pas).

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Le premier mois : un mois hors du temps

Le premier mois de vie du Bourgeon s’est écoulé avec une douceur toute particulière ❤.

Pour le Lardon, j’avais trouvé ça (très) éprouvant. Du jour au lendemain, j’avais perdu le contrôle de ma vie : impossible de faire ce dont j’avais envie quand j’en avais envie ; à cause de la fatigue un peu, à cause de ce bébé qui semblait avoir besoin de moi 24 heures sur 24 surtout ! Mais cette fois-ci, je l’ai vécu totalement différemment :

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Découvrir le corps humain (et les clichés sexistes)

Ça a commencé par cette question, posée à deux heures du matin : « Maman, pourquoi j’ai le zizi tout dur ? » Et puis, régulièrement, le Lardon a de nouvelles questions sur son (ou notre) corps, et en particulier les organes génitaux : « Y a quoi en dessous de la peau ? », « Maman, comment tu fais pipi si t’as pas de zizi ? », « Pourquoi t’as pas de poils sur les fesses ? », « Pourquoi t’as du sang ? » et j’en passe.

Nous répondons à ses questions sans tabou (mais surtout comme on peut et selon l’inspiration du moment), en essayant d’utiliser des termes précis. Par exemple, pour les garçons, même si on dit souvent zizi, j’alterne aussi avec les termes pénis et bourses, notamment quand je change le Lardon, en verbalisant ainsi les endroits que je nettoie. Côté organes féminins, j’emploie avec un certain naturel les mots utérus, vagin et même périnée (on a pas mal parlé de ma grossesse et mon post-partum 😅), mais j’ai pourtant du mal à dire vulve (probablement car c’est un terme que j’ai peu entendu…) (d’ailleurs même mon téléphone, depuis lequel j’écris cet article, ne semble pas à l’aise puisqu’il propose de remplacer le mot par bulbe… 😣)

Alors après la 48ème question sur le sujet, j’ai compris qu’à défaut de pouvoir aller aux toilettes tranquille, je pouvais au moins choisir le moment où je devais répondre à ces questions légitimes. C’est décidé, nous avions donc besoin… d’un livre (ou de plusieurs ?) pardi !

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Les premiers jeux de société

Depuis mon enfance, je suis une grande fan de jeux de sociétés. Alors puisque ces dernières années, je joue beaucoup moins (suivre une partie entière sans être interrompue par une tétée/une couche/des pleurs est alors devenu compliqué impossible) je suis ravie de commencer un nouveau cycle de jeu avec le Lardon !

C’est vers ses deux ans que j’ai commencé à lui présenter quelques jeux. Au vu de son jeune âge, je les ai choisis mettant l’accent sur la sensorialité : la plupart de ces jeux présentent de (grosses) pièces, pour le plus grand plaisir de ses petites mains. D’ailleurs, pour le Lardon, l’expérience du jeu inclut aussi bien la partie elle-même que l’installation des pièces et le rangement dans la boîte à la fin (enfin, ça, ça n’est pas systématique non plus 😅) : il faut dire que manipuler des objets et mettre de l’ordre (même s’il semble un peu obscur pour nous !) sont généralement des activités prisées des bambins de cet âge !

Dans cet article, j’avais donc envie de vous présenter les jeux que nous possédons aujourd’hui à la maison : notre collection s’est construite un peu par hasard, au gré des trouvailles en brocante, des dons et de la récup auprès de nos parents/amis ; pourtant chacun de ces jeux apporte son petit quelque chose.

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