Le mot sage-femme dans différentes langues

Mon frère, ma soeur et moi vivons chacun dans un pays différents. Nous avons donc souvent l’occasion de parler linguistique et nous amusons de la manière dont les expressions sont traduites d’un pays à l’autre.

Et cette semaine, un évènement dans ma famille (HHIIIIIIII JE SUIS TATAAAAAA ❤ ❤ ❤) nous a permis de comparer le mot « sage-femme » à travers les pays.

  • En français, on dit donc « sage-femme » pour parler de la femme qui a la connaissance et l’expérience.
  • En anglais, on dit « midwife » (vous le saviez si vous avez vu la fabuleuse série du même nom). J’ai longtemps cru que ça voulait dire « la femme du milieu » (entre la mère et l’enfant), mais en fait, mid vient du vieil anglais et veut dire « avec » : celle qui accompagne la femme.
  • En allemand, on dit parfois « Hebamme » (l’ancienne qui élève l’enfant) mais aussi « Wehmutter » (mère de douleur).
  • En danois, on dit « jordemor » : la mère de terre. On y retrouve cette notion de lever l’enfant de la terre, pour le remettre au père d’après des vieux textes.
  • En espagnol, on dit « matrona », qui vient du latin pour « mère de famille ».
  • En italien, on dit « levatrice ». Encore une fois, on parle de la personne qui élève le bébé du corps de la femme enceinte.
  • En polonais, c’est « Położna » : la femme qui allonge.
  • En suédois, on dit « barnmorska » : la mère des enfants.

Fascinant, autant d’étymologies différentes non ? Laquelle vous parle le plus ? En connaissez-vous d’autres ?

Allaitement et reprise du travail

Comme promis dans mon article précédent, après avoir raconté l’adaptation du Bourgeon, voici mon expérience d’allaitement et reprise du travail. J’ai beaucoup tâtonné pour trouver le bon rythme, alors autant partager cette expérience !

Après six mois dans ma bulle avec le Bourgeon, tout se passait si bien au niveau de l’allaitement que je n’avais aucune envie d’arrêter de le nourrir au sein. C’est pratique, économique (sauf pour mes deux ou trois collations journalières supplémentaires 😆), écologique et surtout, tout doux ❤️.

Mais mon expérience (ratée) d’allaitement et de reprise du travail pour le Lardon m’a appris une chose : pour que ça marche il faut entretenir sa lactation et donc, de fait, tirer son lait sur son lieu de travail. Une décision qui a été facile à prendre dans la théorie pour le Bourgeon mais qui m’a au départ parue épuisante et fastidieuse dans la pratique ! Alors pour me donner du courage, j’ai pensé à mes amies et/ou collègues qui l’ont fait elles aussi : Caroline, Émilie, Marine, Agnès, Marie… Et si moi aussi, j’y arrivais ? 💪

Mon plan de base était assez simple : tirer mon lait en journée pour le donner à boire au Bourgeon le lendemain ; et continuer de l’allaiter au sein soir et week-end. C’est seulement un mois avant ma reprise que j’ai commencé à me poser de questions plus spécifiques : avec quoi je tire mon lait ? Combien de fois par jour, quand et où ? Combien de lait me faut-il ? Comment le Bourgeon le boira-t-il ?

Côté boulot

Avec quoi tirer son lait ?

J’avais à la maison un tire-lait loué à la sortie de la maternité (pour résoudre des problèmes d’engorgement suite à ma montée de lait) dont l’efficacité laissait vraiment à désirer pour tirer efficacement. J’ai alors demandé conseil à une collègue calée sur la question d’allaitement et j’ai décidé de faire… tout comme elle :

  • Louer un tire-lait plus efficace : par exemple, le Sensitive Mamivac ;
  • Investir en plus dans un petit tire-lait portable : le Meleda Swing (non disponible à la location car pas stérélisable ; mais trouvable facilement d’occasion).

Après trois mois d’utilisation, je confirme que c’est une configuration qui me plaît : avoir un tire lait à la maison et un autre au travail me permet d’avoir moins de choses à transporter et donc de réduire (un peu) la charge mentale :

  • au travail, j’utilise le petit Meleda qui fonctionne sur piles et sur secteur. Ça me permet de tirer n’importe où, que j’ai accès à une prise ou pas (on y reviendra) ;
  • à la maison, j’utilise occasionnellement le Mamivac en rentrant du travail si j’ai les seins gonflés ou besoin de stock.
    Ma collègue, elle, tirait avec chaque matin mais personnellement je n’ai ni le lait (trop de tétées nocturnes), ni temps (trop à la bourre 😅).

Combien de tirage par jour ?

Le nombre de tirages nécessaires pendant la journée de travail dépend de nombreux critères : combien l’enfant a-t-il besoin de lait ? à quel point faut-il entretenir la lactation ? combien de temps peut-on rester confortable sans tirer ?

Pour un bébé de six mois, ma collègue m’avait conseillé au moins 6 tétées/tirages par 24 heures. Ainsi, théoriquement, je pourrais me contenter de tirer une seule fois sur ma journée de travail (les tétées des soir, matin et nuit arrivant largement aux 5 autres) mais mes seins ne sont pas d’accord avec ça. Pour le moment, je tire donc deux fois au travail : dans la matinée et dans l’après-midi.

Je n’ai pas d’horaires de tirage fixe : je fais en fonction de mes réunions et de ma charge de travail. Il m’arrive aussi d’avoir des journées très chargées et donc de louper un tirage. Je me rattrape alors sur ma pause midi ou en rentrant à la maison.

Où tirer son lait ?

Comme je travaille dans une entreprise de moins de 50 employés, il n’y a aucune obligation juridique de me proposer local. Je compose donc avec ce qui est possible…

J’alterne en général entre deux espaces :

  • Le bureau « petit comme un placard mais avec une baie vitrée quand même » : il est muni d’une prise électrique et c’est la pièce fermée avec le moins de vis à vis que nos locaux possèdent (si je tourne le dos à la vitre, le directeur financier et les gens de l’open space ne voient pas mes seins 💪). C’est finalement ma meilleure option…
  • Les toilettes : sans prise électrique, avec un minuteur réglé sur trente secondes 🤔. Et en plus on capte pas internet. Pourtant, je choisi parfois de m’installer là bas, notamment quand nous avons de la visite de clients et que le vis-à-vis avec l’open space me gêne.

Au début, quand je m’installais dans la pièce, je collais un post it « Ne pas déranger » sur la porte mais finalement, je ne prends même plus la peine 😅 : la baie vitrée de la pièce permet aux gens de savoir si le bureau est libre ou pas…

Une fois mon lait tiré, je vais le déposer dans notre frigo partagé, dans ma petite glacière.

Quelle tenue ?

Moi qui comptais retrouver mes habits « normaux » avec la reprise du travail, c’est loupé… Tirer son lait, en double pompage, ça nécessite d’avoir les seins à peu prêt sortable facilement.

Alors pour éviter de me retrouver trop les seins ou le ventre à l’air quand je tire, je garde des habits avec « seins facile d’accès » (globalement ma garde robe normale convient en fait, mais je privilégie les gilets et chemises ouvertes aux pulls et hauts très couvrants). Et finalement, ma tenue la plus pratique est mon haut Tajine Banane, spécial allaitement discret, offert d’ailleurs par mes collègues pour ma reprise ❤ !

Côte accessoires, j’ai aussi adopté les petits coussins en silicone de Lilypadz. Je les adore car :

  • Ils empêchent les fuites de lait intempestives (pendant une réunion qui s’éternise, ou même quand je pense un peu trop à mon fils !) et ça évite l’effet tee-shirt mouillé qui est vraiment gênant sur le lieu de travail.
  • Pour les nettoyer, il suffit de les rincer à l’eau savonneuse. Simplissime ! Du coup, une seule paire suffit (contrairement aux coussinets lavables, qu’il faut… laver en machine, et donc avoir en plusieurs exemplaires).
  • Ils sont invisible sous les vêtements ; et même, cachent mes tétons, idéal pour moi qui porte des brassières en coton tout fin.

Par contre, pour les avoir testé au tout début, ces compresses sont peu adaptées à un allaitement qui se met en place : ils ne permettent pas de recueillir beaucoup de lait (quand bébé tête sur un sein, ça coule dans l’autre et quand j’enlève la compresse, ça dégouline un peu).

Comment mes collègues vont le prendre ?

Je suis assez privilégiée : comme mentionné plus haut, une de mes collègues est calée sur le sujet et a déjà sensibilisé mes collègues à l’allaitement au travail il y a quelques années, quand elle était directement concernée. Ainsi, nombreux de mes collègues sont familiarisés avec La mafia lactée au travail, dont je vous parlais dans l’article Allaitement et travail.

De mon côté, je suis plutôt timide : je n’ai prévenu que mon chef direct le jour de ma reprise ; même si j’en ai parlé à quelques autres collègues.

Finalement, les gens ne remarquent pas ou peu que je m’isole deux fois 15 minutes par jour. Contrairement à une amie, je n’ai eu aucune remarques malaisantes ! (Mais je retiens sa réplique, en cas de besoin « Oui, je vais tirer mon lait, pourquoi, tu veux goûter ? »)

Côté bébé

Combien de lait faut-il ?

Puisque j’avais toujours nourri mon bébé au sein, avant ma reprise, je n’avais aucune idée de la quantité qu’il lui fallait. Après recherche, j’ai lu qu’on pouvait compter en moyenne 30 ml par heure de garde. Ça tombe bien, ça correspond à la quantité que j’obtiens après mes deux tirages : environ 250 ml pour 9 heures de garde.

La nounou du Bourgeon a ensuite tâtonné pour trouver le bon rythme. En ce moment, il boit deux fois par jour : 30-60 ml le matin et 120-150 ml dans l’après-midi.

Ainsi, au final, il boit moins que ce que je produis (ouf, c’est mieux dans ce sens là !). En fin de semaine, j’ai donc un petit peu de stock, que je congèle en prévision de mes sorties.

Comment le Bourgeon se nourrit-il ?

Pour éviter les risques de confusion sein-tétine (qui peut perturber le bébé au point de mener à la fin de l’allaitement), il est souvent conseillé d’éviter le biberon et d’utiliser un autre type de contentant : par exemple un biberon cuillère, une tasse ou une cup. Alors, pleine de bonne volonté, j’ai choisi une tasse 360° comme contenant pour le Bourgeon.

Et puis, il n’y buvait pas franchement et comme, à ce moment là l’adaptation était compliquée chez la nounou, à sa demande, j’ai finalement acheté un biberon pour lui faciliter la vie. Tout le monde a été grandement rassuré puisque, par chance, le Bourgeon n’a eu aucune difficulté a accepter ce contenant. (Et pour le moment, pas de signe de confusion à l’horizon ; si ça arrive, nous retenterons la tasse).

Le biberon n’est d’ailleurs pas le seul compromis que j’ai fait à mes idées bien précises ! Dans la série « parentalité et respect du rythme de l’enfant », j’adore l’idée de la DME (diversification menée par l’enfant) mais j’ai mis ça de côté :

  • à la maison, la vigilance que la DME implique, alors même que j’ai un grand Lardon qui demande beaucoup d’attention, a eu raison de ma motivation.
  • et surtout, en DME, le Bourgeon mange moins qu’en purée mixée, et boit donc plus de lait ; ce qui est un problème puisque le lait que je fournis est en stock limité et que je n’arrivais pas à suivre en quantité.

Ainsi, le Bourgeon est nourri à la purée mixée et la compote, et ma foi, il semble apprécier franchement !

Et pour finir, puisqu’on est pas à un compromis prêt, je peux tout vous avouer : j’ai même donné une boîte de lait artificiel à la nounou 😱 ! Elle n’a jamais servi (et elle ne servira probablement jamais) mais elle a permis de me rassurer pour une peur un peu irrationnelle : « Et si un jour, tout le lait du Bourgeon était renversé sans faire exprès ?? ». En vérité, maintenant que le Bourgeon mange bien ses purées/compotes/boudoirs, ce lait artificiel est vraiment inutile car il pourrait tenir un bout de journée sans lait, mais ON NE SAIT JAMAIS.

Au final

Voilà, on arrive (enfin) au bout de cet article, et je crois que j’ai fait le tour de la question de ma routine d’allaitement au travail.

Alors, on ne va pas se mentir, tout cette logistique est un peu fastidieuse et vient avec de la charge mentale supplémentaire (bien penser aux pains de glace le matin, ne pas oublier le lait dans le frigo du boulot le soir…) (ce qui n’est pas anodin pour une tête en l’air comme moi). Et puis, ça enlève un peu de spontanéité (après l’école, le Lardon aimerait parfois bien se promener, mais je dois mettre mon stock au frigo et parfois tirer…).

Mais bon, quand on est dans le rythme, ça se fait bien, et la petite main du Bourgeon qui me caresse quand je donne le sein vaut bien cet effort <3. Et on verra bien jusqu’où cette aventure nous mène !

Et chez vous, comment s’est passé la reprise ? Si vous avez été dans une situation de tire-allaitement, avez-vous trouvé ça fastidieux à mettre en place ? Avez-vous tenu sur le long terme ?

Sortir doucement de sa bulle

Je n’ai pas beaucoup écrit sur le Bourgeon (ni écrit tout court…) dans ses 6 premiers mois de vie, alors laissez moi vous faire un petit résumé. Après notre premier mois hors du temps, nous avons eu :

  • le deuxième mois, celui des miracles : nous avons découvert qu’un bébé sans RGO peut être joyeux, fun et facile à vivre ! On peut le poser au sol 🎉 ! Il peut s’endormir seul 🎉🎉🎉 ! Il peut enchaîner plusieurs cycles de sommeil 🎉🎉🎉🎉 !
  • le troisième mois, celui des sourires : corollaire des mois précédents, un bébé qui ne souffre pas a beaucoup plus de temps pour sourire ! Partout, tout le temps. Et pour un coeur de parent, c’est la plus belle chose qui soit ❤
  • le quatrième mois, celui de la motricité : se retourner, ramper, se mettre à quatre pattes… Le Bourgeon carbure et crapahute à une vitesse impressionnante 🧗‍♀️ !
  • le cinquième mois, celui des dents : d’abord les deux du bas, et puis juste avant ses 6 mois, les deux du haut… Un mois un peu plus compliqué, qui a à peine entaché  la bonne humeur du Bourgeon 💪.

Bref, pendant cinq mois, le Bourgeon a bourgeonné, avec une facilité et une bonne humeur déconcertante.

Et puis il y a eu le sixième mois. Celui de ma reprise du travail, celui de son adaptation : celui là a été moins doux.

Où l’on croit que tout va bien se passer

Depuis sa naissance (et même avant ?) la future nounou du Bourgeon était toute choisie : Super Nounou, qui s’est occupé du Lardon l’année passée, que nous connaissons bien et adorons.

Avec elle, on avait prévu un petit plan tout en douceur pour que ça passe comme sur des roulettes :

  • Jour 1 : une heure chez SuperNounou, en ma compagnie.
  • Jour 2 : une heure chez SuperNounou, sans moi.
  • Jour 3 : un bout de matinée avec SuperNounou, avec un repas.
  • Jour 4 : un bout de matinée avec SuperNounou, avec une sieste.

Un beau programme échelonné, surtout par rapport à l’adaptation du Lardon il y a 3 ans (pour lui, le premier jour, sa nounou de l’époque me l’avait pris des bras, avait dit « Au revoir maman » et m’avait foutu dehors. Comme ça 😨😱.)

Le jour 1 est bien tôt arrivé, et tout s’est passé impeccablement. On s’est dit à demain.

Le jour 2, le coeur toujours léger, j’ai déposé le Bourgeon. Je lui ai fait un gros bisou, lui ai dit à bientôt, et je suis partie. Evidemment, j’ai checké mon téléphone toutes les 30 secondes pendant les 10 premières minutes. Et puis je me suis dit qu’il fallait lui faire confiance : j’ai rangé mon téléphone dans ma poche et je suis allée vivre ma vie.

Où en fait, c’est pas facile

Une demi-heure plus tard, en voulant regarder l’heure, je vois un appel en absence de la nounou. Oups, ça n’est pas bon signe. Je la rappelle de suite.

« Il pleure non-stop depuis que vous êtes partie ».

Oh mon bébé, mon tout petit bébé ! Je lâche tout ce que je fais, et je cours, que dis-je, je vole au secours de mon nouveau-né-ou-presque !

Arrivé chez la nounou, je toque, je sonne 2 fois, 3 fois : elle ne m’entend pas, en revanche, moi j’entend très bien la chair de ma chair hurler de l’autre côté de la porte, hurler de désespoir comme jamais. Enfin elle m’ouvre, enfin je sers le Bourgeon dans mes bras en le couvrant de bisous, enfin, doucement, il s’apaise.

« Je vous ai appelé au bout de 15 minutes car j’ai bien senti que c’est un bébé qui n’avait pas l’habitude de pleurer. » J’ai confirmé et je l’ai remercié la nounou de m’avoir appelé : tant pis pour le programme établi, ce bébé avait clairement besoin de moi !

Où l’on se prépare, un peu mieux

J’ai souvent entendu que « les enfant sentent le stress de leurs parents ». Alors je pensais un peu naïvement que si je n’étais pas stressée et si j’avais confiance, ça suffirait pas pour une séparation sans problème.

Hélas, ça ne marche pas comme ça : le Bourgeon n’était pas du tout prêt à bourgeonner sans moi ! C’est vrai, qu’en y réfléchissant, ces six derniers mois, je n’avais jamais été séparé du Lardon plus de 2 heures… Comment ai-je pu croire que ça irait tout seul dès la premier tentative, même en étant un bébé-sourire, même en ayant totale confiance en SuperNounou… ?

Alors, on a mis en place un nouveau plan d’attaque, un plan tout en douceur.

D’abord, j’ai laissé le Bourgeon à des gens qu’il connaissait bien : son propre papa par exemple… Et oui, ça n’était encore jamais arrivé avant 😣 ! Entre l’allaitement, le temps qui file, et ce bébé tout sourire, nous n’en avions pas eu l’occasion / le besoin / la nécessité ! Mais nous avons résolu ça, pour quelques heures ou la journée entière, et ça c’est pas trop mal passé, ce qui nous a grandement rassuré : le Bourgeon peut vivre sans moi !

Il a aussi passé plus de temps seul avec ma maman, qui a accepté (probablement dans un accès de folie) de garder les deux enfants le mercredi. Avec elle aussi, ça s’est bien passé. Dans ce contexte, c’est la présence rassurante (bien qu’un peu violente, mais c’est une autre histoire) du Lardon qui a aidé.

Et puis, à chaque fois, j’ai un peu mieux anticipé : pour parer à mon absence, j’ai laissé au Bourgeon tout pleins de traces olfactives : mon tee-shirt de pyjama qui sent (fort) le lait, mon écharpe, et une sling…

Au début, tout cet attirail n’était pas de trop pour pallier (pâlement) à mon absence ! Et ainsi, comme ces moments sans moi se sont (plus ou moins) bien passés, on a repris doucement l’adaptation avec la nounou.

Où l’on persévère

Chaque matin, l’amoureux a déposé le Bourgeon chez la nounou, et je venais le chercher « quand ça n’allait plus ». Je passais alors un peu de temps avec la nounou, pour l’habituer à l’endroit.

La première semaine, il n’est jamais resté seul plus de 30 minutes. Je commençais à désespérer. Fallait-il changer de nounou ? Pourquoi cet enfant m’aime-t-il autant ? J’ai prolongé mon congé, il nous reste trois semaines avant ma reprise mais je peux difficilement obtenir plus. « Tu sais, à un moment, il n’aura pas le choix, il faudra qu’il s’habitue » me glisse une amie, mais SuperNounou et moi ne voyons pas la situation du même oeil : « Je pourrais le laisser pleurer toute la journée, me dit-elle. Enfin, non en fait, je ne pourrais pas, je n’y arriverais pas : ce n’est pas une vie pour lui, ni pour nous. » Alors, on continue tout doucement, de lui laisser le temps, même si le Bourgeon pleure dès qu’il voit la nounou ou la pièce dans laquelle sont installés les jeux.

La deuxième semaine, il y a eu des micro-progrès : sa première sieste là bas (mais son réveil en sanglots), la première fois où il a cherché à pleurer DANS les bras de SuperNounou plutôt que seul. Au final, il y restait entre une et deux heures avant de devenir inconsolable.

La troisième semaine, tout doucement, les choses se sont améliorées. Un repas. Un réveil sans pleurs. J’allais le chercher en début d’après-midi, et en fin de semaine, il ne pleurait pas quand j’arrivais !

Où tout cela est loin aujourd’hui

Et puis le jour J de ma reprise du travail est arrivé. Ça c’est bien passé ! 👌 Les jours suivants aussi !

Et deux mois plus tard, il fait des grands sourires à sa SuperNounou, adore la pièce qui le faisait pleurer à gros sanglots au début. Nous sommes tous vraiment soulagés, et heureux d’avoir pu prendre le temps de prolonger son adaptation, dont il avait clairement besoin 🙂. Quel bonheur de sortir de l’ascenseur sans entendre son enfant hurler à l’autre bout de l’immeuble ! Quel soulagement de ne plus recevoir chaque jour un SMS « Il est à bout, il faudrait venir le chercher » ! Et tout simplement, quel joie de retrouver son petit bébé joyeux !

Au prochain épisode (dans une semaine – ou plutôt deux, c’est deux fois plus dur de trouver le temps d’écrire avec deux enfants !), je raconterais les choix que j’ai fait concernant l’allaitement et la reprise du travail.

 

Et chez vous, comment s’est passé l’adaptation ?

 

 

 

 

L’apprentissage du temps

Ces derniers mois, avec l’arrivée du Bourgeon, nous avons eu un certain nombre de changement de routine à la maison : mon congé maternité, mon congé parental et plus récemment le début de l’école avec ses semaines hachurées.  Ces changements dans notre organisation ont été accueillis avec quelques (haha) frictions de la part du Lardon, 3 ans et demi.

Et en parallèle à ces questions d’emploi du temps, il a aussi, régulièrement, les commentaires du Lardon : « C’est dans combien de temps ce soir ? », « Nooooon, c’était pas aujourd’hui que j’ai mangé, c’était CE MA-TIN ! » ou encore « Est-ce que demain, c’est aujourd’hui ? », qui nous rappellent que, même s’il a le vocabulaire, comprendre le temps qui passe reste quelque chose de compliqué. (Bon du coup, ça me permet de relativiser quand il me dit qu’il m’aime « depuis deux ou trois jours », c’est qu’il m’aime depuis une éternité !)

Bref, toutes ces raisons ont fait que ces six derniers mois, j’ai testé un certain nombre de choses pour aider le Lardon à se repérer dans le temps ; et cela a changé notre vie, ou pas, comme vous allez le voir dans la suite 😆.

L’horloge 24 heures

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Voilà une horloge particulière qui n’affiche pas 12 heures mais 24. Ce type d’horloge (aussi appelé synopte) est utilisée pour les personnes âgées qui peuvent être désorientées (par exemple Alzheimer) mais aussi pour les enfants ne sachant pas encore lire l’heure.

Et pour être honnête, elle est assez décontenançante pour nous adulte : l’amoureux et moi sommes incapable de lire l’heure sur cette horloge ! Mais en fait, ce n’est pas ce qu’on lui demande. Elle sert avant tout de repère visuel dans le temps « On en est là dans la journée » ou encore « Papa rentrera quand l’aiguille sera dans le vert ».

Il existe de nombreux modèles de synoptes (par exemple, celles de My Little Concept, ou celle de Les enfants sont formidables) mais personnellement, j’ai craqué pour le tuto de Miles Story qui avait l’avantage d’être une des alternatives les moins chères et les plus belles (son seul inconvénient : l’horloge vient de chez Amazon 😖, que je boycotte habituellement).

Parlons maintenant amélioration de notre quotidien : après quelques semaines à la maison, je donne à cette horloge la note de 8/10 (oups les notes c’est pas très pédagogie alternative 😏) ! Depuis qu’on l’a installée, ça facilite grandement les différentes périodes de la journée « C’est l’heure de manger » et surtout « C’est l’heure d’aller se coucher » 👌.

Le timer

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Puisque je passais commande sur Amazon (🙈), j’en ai profité pour rajouter dans mon panier un minuteur très visuel. Il me sert beaucoup pour « déléguer l’autorité » : la fin d’une période (jeu ou dessin animé) n’est plus annoncé par moi mais par un (affreux) drrrrrriiiiiing, et ça passe (un peu) mieux.

Le Lardon ne s’en sert pas encore vraiment pour se repérer dans le temps mais qu’importe : en réduisant considérablement les crises dans les moments de transition entre deux activités, ce petit objet tout simple gagne donc la note honorable de 6/10 dans l’amélioration de notre quotidien !

Le calendrier linéaire

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Après avoir étudié les options couteuses toutes faites (comme ce calendrier aimanté Ouikili) et fait une étude de marché sur les prix des plastifieuses, j’ai finalement opté pour un DIY pas très solide dans le temps mais efficace pour le moment. Avec l’imprimante du boulot, des photos trop sombres et un peu de patafix, nous voilà avec un calendrier linéaire tout simple : chaque journée de la semaine étant représenté par une photo (école, journée avec son frère ou bien journée à la maison).

Ce support ne présente pas les saisons, la météo ou toute autre bizarrerie mais il nous aide à résoudre des conflits récurrents : cette envie systématique du Lardon d’aller là où il ne doit pas (« Je veux aller à l’école » réclame-t-il le week-end, alors qu’il proteste tous les autres jours de la semaine pour y aller) 😅. Côté amélioration de notre quotidien, je lui donne donc un 5/10.

Les sabliers

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Toujours via la même commande Amazon (quand je vends mon âme au diable, j’y vais franchement), j’ai aussi rajouté ces sabliers, qui nous ont été d’une grande moyenne aide après la naissance du Bourgeon : car, figurez vous que se préparer à quatre le matin, c’est un peu plus la course qu’à trois… Heureusement, ces petits sabliers peuvent aider !

Par exemple, avec le sablier rouge (10 minutes), le Lardon peut être prêt en seulement 30 minutes :

  • 10 minutes pour garer des petites voitures entre chaque sablier ;
  • 5 minutes pour réussir à retourner tous les sabliers (et tout recommencer à chaque fois qu’il en fait tomber un) ;
  • 10 minutes de sablier rouge ;
  • 5 minutes de prévenir tout le monde dans la maison « Le sablier rouge est fini, il faut aller mettre ses chaussures ! Et le jaune est fini et le vert est fini et le noir est fini et le bleu est fini et ils sont tous finis donc il faut se préparer parce qu’ils sont finiiiiis ! »

Breeef, vous l’aurez compris : dans la théorie, c’est un très chouette outil pour comprendre le temps qui passe. Dans la pratique, ils sont moins robustes à l’utilisation que le minuteur par exemple (qui a en plus l’avantage de sonner).

Et puis surtout, j’ai fait l’erreur de les laisser en libre service : environ deux jours après leur arrivée à la maison, le Lardon jouait avec, et je ne trouvais jamais celui dont j’avais besoin au moment ou j’en avais besoin. Or un outil qu’on ne peut pas utiliser n’est évidemment pas très utile. Côté score d’amélioration de notre quotidien, ces sabliers n’ont chez nous qu’un petit 3/10 donc. Je les ressortirais plus tard (si je les retrouve) et un par un, au besoin.

 

Et chez vous, quels sont les outils qui ont aidés pour gérer les difficultés liés au temps ? (Ou ceux qui ont fait un flop !)

 

 

Une cour de récréation pour les garçons et les filles

Voilà déjà deux semaines que le Lardon a fait sa première rentrée ! Comme pour tous les enfants scolarisés, cette nouvelle étape de sa vie est venue avec ses nouveaux codes et des temps forts, dont ceux spécifiques à la cour de récréation.

Et (comme la plupart des parents, j’imagine), j’aimerais beaucoup pouvoir me transformer en petite souris pour observer comment cela se passe ! D’abord parce qu’il s’agit finalement de sa première expérience en collectivité ; mais aussi parce que la cour de récréation est un sujet régulièrement abordé pour qui s’intéresse à la sociologie de l’enfant et au féminisme (moi par exemple) : c’est dans cet espace que commence à s’installer les inégalités entre garçons et filles, et qui continueront jusqu’à l’âge adulte…

Les filles sont restreintes en espace

Je l’ai moi-même vécu dans mon enfance en tant que fille : pendant les récréations, les filles sont confinés dans des petits espaces pendant que les garçons profitent de la majeure superficie de la cour.

cour-ecole

Ce phénomène est d’ailleurs très bien montré dans le documentaire d’Eléonor Gilbert, Espace (visible en entier ici) : une petite fille explique la géographie de sa cour d’école : « Je vais montrer les endroits où on ne peut pas jouer » dit la petite fille « Enfin les filles, parce que les garçons eux, ils ont le droit de jouer au foot. » complète-t-elle factuellement. Et la voilà qui hachure le terrain de foot, le terrain de basket, le terrain de balle au prisonnier, les buissons, les portes et les toilettes : bientôt, il ne reste presque plus aucun endroit où les filles ont « le droit » de jouer.

Dans l’épisode Cours d’égalité à la récré de France Culture, la géographe Edith Maruéjouls fait les mêmes constats : la cour d’école est l’un des premiers espaces collectifs auxquels les enfants sont confrontés, et les dynamiques qui s’y installent les marquent pour leur futur. Ainsi, ne pas pouvoir jouer à ce qu’on veut, parce qu’on est une fille (ou un garçon pas assez conforme) est l’une des premières expériences d’inégalités que des enfants peuvent être confrontés.

Et ce qui commence à l’école continue plus tard : très vite, les filles et les femmes n’ont plus leur place dans l’espace public. « C’est trop dangereux, surtout la nuit » dira-t-on par exemple, pour confiner les femmes chez elles.

Les mécanismes menant à cette injustice sont les mêmes que ceux que l’ont retrouve dans le monde du travail : en effet, dans la théorie aucun règlement n’interdit aux filles de jouer dans la cour (tout comme aucun règlement n’interdit aux femmes d’occuper des postes à responsabilités) mais dans la pratique, ce phénomène est pourtant étudié dans la majorité des cours de récréations (dans le monde du travail, on appelle ça le plafond de verre)…

Mixer les genres dans les cours de récréation

Heureusement, il existe pleins de solutions pour inciter les garçons et les filles à jouer ensemble sur tout l’espace disponible et des stratégies ont déjà mises en place dans de nombreuses villes, avec ou sans modification de la cour de récréation.

À Trappes par exemple, pour en finir avec des cours de récréation sexistes, où les filles n’existent qu’à la marge, la géographie de la cour de récréation a été revue :

  • Avec moins de bitume mais plus de plantes, d’arbres, et revêtements souples ;
  • Et surtout, des espaces conçus pour le jeu libre et pas pour une activité unique (le foot pour ne pas le citer).

Mais même sans travaux, il est possible d’arriver à de chouettes résultats. Dans les écoles où Edith Maruéjouls est intervenue (l’École élémentaire du Peyrouat, à Mont-de-Marsan par exemple), plusieurs initiatives ont été mises en place :

  • Des récréations sans ballon de foot : les enfants réinvestissent alors leur temps libre différemment, cela favorisant souvent les jeux mixtes ;
  • Des récréation où les adultes jouent avec les enfants : les enfants les plus effacés savent qu’ils seront protégés grâce à la présence de l’enseignant, et sont donc davantage enclins à participer au jeu collectif ;
  • Des jeux mis à la disposition des enfants : d’autres jeux que le foot sont alors possible, notamment des jeux coopératifs.

Le point livre

On ne serait pas vraiment sur mon blog si après avoir énoncé un problème, je n’évoquais pas des livres pour le résoudre ! Comme personnellement, « on y est pas encore » (après 2 semaines de maternelle, je ne sais pas grand chose des journées du Lardon, mais je sais qu’il joue avec des petites filles, et pas que au foot, ouf !), je n’ai lu encore aucun de ces livres mais comme cette sélection est sponsorisée par la fabuleuse Fille d’album, elle ne peut que être chouette :

Et vous, quels souvenirs avez-vous de la récréation ? Pour vos (grands) enfants scolarisés, comment ça se passe ?

Agnès Rosenstiehl, libérée et impertinente

Agnès Rosenstiehl est une autrice et illustratrice française, dont vous avez probablement déjà entendu parlé si vous êtes de ma génération. C’est elle qui a créé Mimi Cracra !

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J’avais totalement oublié son existence, jusqu’à ce que j’écoute le podcast La révolution féministe de l’édition jeunesse, où elle y est décrite comme la première autrice féministe jeunesse. Il n’en fallait pas plus pour que je me lance dans les recherches !

Agnès Rosenstiehl, autrice sans tabous

Ça tombe bien car elle a fait parler d’elle récemment : avec l’aide de la maison d’édition la ville brûle, elle a fait un gros travail de modernisation de trois textes publiés dans les années 70. Comment rendre un texte inclusif, pour que toute personne s’y retrouve, qu’elle viennent d’une famille homoparentale, monoparentale ou encore d’un parcours de PMA ? Fille d’Album raconte ce travail passionnant sur son blog.

 

 

 

 

 

Ainsi réactualisés, ces livres ont un petit goût vintage, avec un discours impertinent et terriblement actuel. La naissance parle avec des mots d’enfants d’amour, de règles, de la différence des sexes ou de l’arrivée d’un bébé. Dans Les filles, un garçon et une fille discutent de manière toute naturelle de sexe (ils se les montrent !), d’exploration du corps et que les filles aussi peuvent faire pipi debout ! Chloé en parle avec beaucoup d’émotions, elle qui connait ce livre depuis sa première édition :

Cet album brille par sa simplicité, la justesse de son propos, sans fausse pudeur mais sans le moindre voyeurisme. L’autrice sait se positionner à hauteur d’enfants, c’est à eux qu’elle s’adresse, avec toute la confiance qu’elle leur accorde. Un regard enfantin (mais en aucun cas puéril) sur ce qui fait de nous des filles ou des garçons, tout simplement. Je suis vraiment heureuse de cette réédition, ne serait-ce que parce qu’elle montre que les censeurs n’ont pas encore complètement gagné la partie.

Par Chloé du blog Littérature enfantine

Contrairement aux livres jeunesse que je présente habituellement ici, ces livres sont plutôt destinés à des enfants qui savent lire : ce ne sont pas des albums qu’on lit à son enfant, mais plutôt des livres à laisser traîner, qui se savourent en secret des parents.

Agnès Rosenstiehl, autrice sans complexes

Après en avoir appris un peu plus sur ses dernières publications, j’ai eu ensuite envie d’en savoir plus sur Agnès Rosensthiehl elle-même. Et pour cela, cet épisode de Vieille Branche, un podcast qui met les vieux (la description officielle est « plus de 75 ans » 😇) à l’honneur m’a régalé !

Dans ce podcast, elle raconte qu’elle est une lectrice compulsive (on est faite pour s’entendre). Elle cite d’ailleurs Montesquieu : « Il n’est pas un chagrin qu’une heure de lecture ne peut m’ôter ». Comme moi, elle a passé son enfance dans les livres, en lisant tout ce qui lui tombait sous la main, que ce soit de son âge ou pas. Cela explique ainsi le ton impertinent de ses livres et ça m’a fait réfléchir sur ma tendance hypocrite à vouloir contrôler ce que mon fils lisait, alors que moi-même j’ai lu des livres que mes parents ne m’auraient pas consciemment laissé dans les mains.

Plus loin, elle raconte la naissance de Mimi Cracra et comment elle a voulu créer une héroïne anti-consommatrice, qui s’amuse avec tout (#passionjeulibre : encore une valeur que nous partageons !). Elle a attiré d’ailleurs mon attention sur le fait que Mimi Cracra est une des rares héroïnes à évoluer seule : « Être seule est d’une richesse incroyable » dit Agnès Rosensthiehl, qui sait de quoi elle parle ! En bref, elle tient un discours qui clouera le bec à tous ceux qui culpabilisent les parents d’enfants unique (« Iel va s’ennuyer, gnagnagnagna »).

Et pour finir, je suis tombée sur cette très chouette interview : Agnès Rosenstiehl, l’enfance libre ! où Agnès raconte son amour pour les mots, ce qui l’a conduit à la littérature pour les enfants et pourquoi son style graphique est si épuré. Je vous en recommande la lecture !

Agnès Rosenstiehl, sans transition

Par contre, je n’ai trouvé que très peu d’informations sur sa collaborations avec les éditions Autrement pour la « Petite Collection de Peinture », éditée dans les années 1990 et qui semble aujourd’hui en rupture.

 

 

 

Je me souviens pourtant avoir emprunté Seins à la bibliothèque, quand le Lardon était tout petit. C’était un chouette album, qui permet de faire découvrir l’art via des reproductions de tableaux de maîtres tout en proposant une vision simple et belle du corps féminin. Priscillia en parle elle aussi avec beaucoup d’amour :

Dans Seins, la narratrice est une petite fille, et le livre débute ainsi: « Quand je serais grande, j’aurais des seins comme maman ! J’aurais des seins pour mon bébé… j’aurais des seins pour faire du lait… j’aurais des seins pour qu’on les tète ! Ce sera commode pour partir en voyage ! » Chaque double page est composée d’une petite phrase sur la poitrine et d’une (superbe) reproduction de tableau de maître (Titien, Ingres, Manet, Picasso… du beau monde). Une vision naturelle et poétique du corps de la femme dans toute sa splendeur. Je le recommande chaudement à tous les parents de petites filles qui souhaitent leur éviter la vision ultrasexualisée du corps féminin que propose (impose) la société actuelle, tout en reconnaissant sa beauté naturelle. C’est une petite pépite ❤

Littérature jeunesse (20 mois) de Aimer est toujours rose

 

J’espère que la découverte de cette autrice vous aura intéressé, et si vous croisez des vieux ouvrages d’Agnès Rosenstiehl dans votre grenier ou en brocante, pensez à moi 😇 !

Dans notre boîte à musique

Je pratique souvent la rotation des jouets (seule une petite sélection de jouets est accessible à un instant donné, ce qui permet de garder un salon rangé pas trop en bazar et un intérêt – environ – constant du Lardon pour ses jouets). Mais certains restent accessible toute l’année et c’est le cas de notre boîte à musique. Cela fait bientôt trois ans qu’elle est en service, et avec l’arrivée du Bourgeon, je redécouvre certains instruments dont il semble beaucoup apprécier le son, alors j’ai eu envie d’en parler !

kalimba

Mon instrument préféré de cette boîte est certainement notre kalimba, acheté pendant ma grossesse du Lardon. Nous avons découvert cet instrument de musique d’Afrique Subsaharienne grâce à ma tante qui est institutrice en maternelle : elle en joue pendant les temps de sieste. En l’essayant chez elle, nous sommes tombés sous le charme de ce petit piano à doigts, au son très doux. Grâce à son harmonique, les mélodies jouées sont forcément « juste » : c’est très relaxant de joueur « au hasard » ! Pour les plus grands, c’est aussi une chouette découverte du principe de résonance : en jouant du kalimba sur différents supports (son ventre, une table en bois, dans les mains) le son est plus ou moins amplifié ou absorbé.

cloches

Dans la boîte à musique, les instruments préférés des enfants (de passage, ou non) sont certainement ces 8 cloches musicales (oui, il en manque sur la photo, le Lardon aime les semer partout dans la maison). Elles viennent de Nature et Découvertes et si leur qualité n’est pas exemplaire (la peinture s’écaille, certaines se dévissent), il faut reconnaître qu’elles durent tout de même plutôt bien. Leur son est particulièrement doux et harmonieux et couvre tout la gamme (de Do à Do) et les couleurs très attirantes (attention, ça n’est du coup « pas très montessori », quoi qu’en dise la boîte !). Je regrette cependant qu’un support ne soit pas disponible pour pouvoir aussi les faire sonner avec une baguette (c’est plus simple pour jouer un air en rythme, plutôt que les soulever et les reposer). Pour cela, il faudrait plutôt aller du côté de ce modèle, mais il est plus cher.

boules

Récemment, j’ai piqué à mes parents ces deux « boules miroirs à grelots ». Je n’ai aucune idée d’où elles viennent, et de comment ça s’appelle (de mon côté, j’ai vite arrêté les recherches à base de « deux boules » sur Google, ça n’était pas très kids-friendly….) (le plus similaire que j’ai trouvé sont ces boules sensorielles chez Hoptoys). Toujours est-il qu’elles sont très chouettes à manipuler : je peux les faire rouler dans mes paumes pour les faire tinter, ce qui fait sourire le Bourgeon à coup sur ; le Lardon lui aime les secouer dans tous les sens. Le fait qu’elles soient rangées dans un petit écrin de velours rajoute beaucoup à l’attrait du jeu !

Et leur son très doux me rappelle d’ailleurs beaucoup le fabuleux jouet Happy Apple de Fisher Price, que je rêverais de trouver en brocante !

ruban-grelot

Mais revenons à notre boîte à musique : on y trouve aussi cette « baguette ruban avec grelot » que mes parents ont ramené au Lardon après un mariage. Voilà encore un objet détourné en instrument qui a tout pour me plaire : extrêmement sensoriel, il lie le son, la gestuelle et le visuel ! Ici, il sert parfois de baguette magique, d’épée, de lance à incendie ou encore de baguette de chef d’orchestre ! Visiblement, ça s’achète plutôt en lot mais ça peut aussi se fabriquer.

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Récemment, j’y ai ajouté un bol chantant tibétain dont je trouve le son fascinant. J’ai probablement refermé tous mes chakras en achetant cet instrument sur Vinted (normalement, ça s’essaye en magasin, pour choisir celui dont le son nous parle, un peu comme on achète une baguette magique chez Ollivander au Chemin de Traverse). Et en plus, je laisse cet objet sacré en libre service pour les enfants 😅. Mais que voulez-vous : je suis plus « pro-expérimentations » que spirituelle !

Et pour finir, dans notre boîte à musique, on trouve aussi :

  • Un harmonica : il s’agit du premier prix de chez Nature et découvertes, et pour qui a déjà essayé un vrai harmonica, je ne le recommande absolument pas. Il restera pourtant dans la boîte jusqu’au jour où je chinerais un harmonica de meilleure qualité.
  • Un xylophone jouet (je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi ces notes ont été choisies : impossible de jouer une musique mélodieuse !). Comme pour l’harmonica, j’en trouverai peut-être un jour un « plus mieux ».
  • Un bâton de pluie (qui pourrait aussi être fabriqué).

 

Le Bourgeon et de nouvelles oreilles à éduquer me donne envie de continuer d’agrémenter cette boîte. Peut-être que dans les mois qui viennent, je craquerais pour un triangle ou des claves, en mémoire à mes années de solfège 😀. Ou encore des boomwhackers que j’ai découvert chez Mathilde.

 

Et chez vous, avec quoi fait-on du bruit de la musique ? Avez vous de chouettes instruments (ou objets détournés !) à me conseiller pour continuer d’alimenter cette boîte ?

Quand je fais la lecture (approximative) à mon fils

Les puristes des livres me flagelleront surement pour cet aveu horrible, mais je me sois d’être honnête : oui, parfois, je modifie sciemment le texte des livres que je lis à mon fils.

Quand c’est mal écrit (à mon goût)

J’aime les choses bien faite et j’ai a le souci du détail ; et c’est particulièrement valable dans mes lectures (ou celles que j’offre à mes enfants) : je fais attention au fond et à la forme, au style de texte et d’illustration, à l’arc narratif principal et à tout ce qui est sous-entendu. Bref, je suis (une lectrice) exigeante.

 

 

Et parfois, même mes chouchous ne trouvent pas (assez de) grâce à mes yeux. C’est le cas de Ce que papa m’a dit, du célèbre duo Pauline Martin et Astrid Desbordes (dont j’aime pourtant Mon amour d’amour).

Dans ce livre, qui se veut d’aider les enfants à dépasser leurs peurs, j’aime la relation entre ce papa et son fils et le message apaisant que celui veut transmettre à son petit. Pourtant, plutôt qu’encourager, je trouve que le ton est parfois trop plein d’injonction : « Ne laisse pas la peur gagner », « Ce n’est que de l’eau »… J’ai presque envie de lui répondre « Gnagnagna » à ce papa-je-sais-tout ! D’ailleurs, Le Lardon ne s’y trompe pas non plus puisqu’il m’a justement demandé l’autre jour « Pourquoi le papa d’Archibald, il sait tout ? ».

Alors j’adoucis le propos (« Si tu as peur, répond son papa, ne la laisse pas gagner » devient « Si tu as peur, répond son papa, essaie de ne pas la laisser gagner » ou encore « Si le tonnerre gronde, répond son papa, il ne déracine pas » devient « Souviens toi qu’il ne déracine pas »).

Pour simplifier le texte

Lire à voix haute est un exercice qui m’amuse beaucoup (disons le clairement, qui m’éclate). J’aime y mettre la voix, le ton, faire des pauses dramatiques et promener mon doigt sur certains éléments du livre.

baobonbon

Et pour avoir une lecture encore plus vivante, rien ne vaut un texte simple, sans fioritures. Pour cela, je m’autorise parfois à modifier un livre pour le raconter au présent, afin de mieux rentrer dans l’action. Ainsi dans Baobonbon, « Ouf, ça me sauvait la vie ! » devient « Ouf, ça me sauve la vie ! ». D’autres fois, je simplifie le propos, pas parce que je n’ai pas confiance en les capacités intellectuelles de mon fils, mais parce que je suis intimement persuadée que « less is more », surtout avec les mots.

Quand ça n’est pas assez inclusif à mon goût

Il n’y a pas d’âge pour commencer l’écriture inclusive : quand un livre parle des copains d’un petit garçon, je lis « les copains et les copines » ; il en va de même pour les métiers (« le maître ou la maîtresse », « le cuisinier ou la cuisinière »).

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Parfois, je lutte aussi contre les stéréotypes : ainsi, dans Les trois brigands, classique de la littérature jeunesse (que ma maman lisait déjà petite !) « Les femmes s’évanouissaient de frayeur, les chiens filaient ventre-à-terre et les hommes les plus courageux prenaient eux-même la fuite ». Je ne peux évidemment pas laisser dire ça, alors sous mes mots, le texte se transforme en  « Certains s’évanouissent, les chiens filaient ventre-à-terre et même les personnes les plus courageuses prenaient la fuite ! ». D’ailleurs, qui sait, peut être qu’à l’instar des livres d’Agnès Rosenstiehl, ce classique de 1961 sera d’ailleurs lui aussi modernisé ?

Pour (en) finir plus vite

Ne vous y méprenez pas, j’adore lire. Mais quand mon fils sélectionne 12 (DOUZE !) livres pour la lecture du soir, ou me redemande le même livre pour la 6ème fois de la journée (et la 37ème fois de la semaine), j’avoue, je sature. Je ne suis qu’humaine. Alors, je raccourci le livre.

 

 

L’idéal pour cela étant évidemment les livres à structure répétitive. Avec un peu de chance, l’enfant ne remarquera pas que le Loup de C’est moi le plus fort n’a pas croisé les trois petits cochons ou les 7 nains.

demenagement

Les livres documentaires se prêtent bien à l’exercice aussi. On est pas obligé de lire CHACUNE des phrases d’un livre, si ?

Ne faites pas ça chez vous

Tout cela n’est pas sans causer quelques problèmes : quand mon amoureux ou un autre proche lit un livre, sans connaître mes « variations », je sens le regard interrogateur du Lardon. Et je ne parle même pas de quand le Lardon saura lire (déjà qu’il connaît certains textes par coeur et que ça devient limite….) : il risque de crier au scandale ! On verra à ce moment là.

En attendant, je continue de modifier les textes, car c’est mon droit de lectrice !

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Et vous, respectez-vous le texte des livres que vous lisez ? Quels droits vous accordez-vous ?

Des livres pour préparer à l’école maternelle

La première rentrée se précise par ici ! Comme pour chaque gros changement dans la vie du Lardon, j’aime bien introduire des livres sur le sujet pour lui expliquer doucement comment ça se passer, et lancer des conversations si nécessaire.

Une fois n’est pas coutume, j’ai cette fois-ci décider de consommer raisonnablement : pas d’achats neufs mais plutôt des prêts (via des amis ou en bibliothèque) ou achats d’occasion (le Lardon n’est pas le premier, ni le dernier, a entrer à l’école : pléthore de livres sur le sujet ont déjà été vendus). Cette sélection de livres ne contient donc pas beaucoup de nouveautés mais c’est ça que je trouvais intéressant !

L’école de Léon

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👉 L’école de Léon, de Serge Bloch

Trouvé à la bibliothèque, ce livre déjà bientôt 20 ans (ce qui explique sûrement les défauts que je lui trouve) ! Il est écrit et illustré par Serge Bloch, que vous connaissez surement comme moi comme l’illustrateur des Max et Lili de ma jeunesse.

Dans L’école de Léon, c’est Léon (tiens, quel prénom sacrément actuel pour un livre publié en 2002 !) qui nous raconte. Ça commence évidemment par la rentrée « à l’école MA-TER-NELLE » : la rentrée, voyez-vous, « C’est le premier jour où on va à l’école. C’est-à-dire que le matin, il faut se lever. » raconte Léon. Après avoir raconté une journée type, Léon continue « Maman, tu vois c’est fini l’école. Je n’ai plus besoin d’y retourner. » Avant de découvrir, aïe aïe aïe, que « l’école, c’est tous les matins ! »

Petit frère spirituel du Petit Nicolas, Léon raconte ainsi ses copains et ses copines, les adultes qui l’entourent, ce qu’il a le droit (ou ne pas le droit) de faire à l’école, toujours avec ce ton espiègle, magnifiquement accompagnés des dessins pleins de tendresse de Bloch. J’aime particulièrement la conclusion qui ne se limite pas à voir l’école comme un lieu pour apprendre (on apprend partout, et tout le temps), mais comme un lieu pour jouer et grandir.

Bref, L’école de Léon est un livre que j’aimerais conseiller les yeux fermés, mais il a un fort vilain défaut : il est bourré de stéréotypes genrés et racistes. Des deux parents, c’est la maman qui pleure le jour de la rentrée ; la seule personne racisé de l’histoire est Rachida, la dame de la cantine ; ceux qui se bagarrent sont les garçons ; celles qui sont amoureuses sont les filles, etc.

Mais allez, sur le principe de « faute avouée, faute à moitié pardonné », je vais excuser L’école de Léon qui mentionne à la fin que « c’est l’heure des mamans mais pas que, parfois les papas aussi » et qui, après tout, a été publié en 2002, à une époque où les maisons d’éditions étaient peut-être moins attentives aux clichés qu’elles véhiculaient.

👉 L’école de Léon, de Serge Bloch

Maman a l’école

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👉 Maman à l’école, d’Éric Veillé et Pauline Martin

Dans Maman à l’école, une petite fille réussi à convaincre sa maman de rester avec elle à l’école (grâce à la « technique de la moule », bien connue du Lardon, qui consiste à se gluer à la jambe du parent). Voilà qui mène à des situations bien cocasses : la maman se retrouve coincée dans le tunnel du parcours de motricité, dépasse de tous ses membres quand elle tente de s’assoir à la table de la cantine…

Finalement, elle devient bien embarrassante cette maman ! Après mûre réflexion, sa petite fille lui demande de partir. « Ouf, on s’amuse bien mieux sans les parents ! »

J’ai beaucoup aimé Maman à l’école car j’y reconnais bien mon Lardon qui voudrait que je l’accompagne partout, tout le temps. Le scénario est une belle manière de dédramatiser la séparation avec humour.

Et puis, pour une fois, le personnage principal de ce livre est une petite fille ! C’est tellement rare dans la littérature jeunesse, où une grande majorité des livres mets en scène des garçons (ou des animaux)… Mais, côté stéréotypes, hélas, c’est comme d’habitude :

  • Les femmes sont sur-représentées : enseignants, astem, personnel de la cantine sont toutes des femmes.
  • La héroïne est une fille, on parle uniquement de ses copines 😑 : petits garçons et petites filles ne peuvent-ils pas jouer ensemble ?

Mais si comme moi, vous avez peur que la séparation soit compliqué, il devrait tout de même vous plaire !

👉 Maman à l’école, d’Éric Veillé et Pauline Martin

Écoles du monde

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👉 Écoles du monde, d’Estelle Vidard et Mayalen Goust

Autant le dire de suite, Écoles du monde n’est absolument pas conçu pour des enfants de maternelle (il est plutôt rangé chez les 6-10 ans en bibliothèque). S’il m’a autant plu, c’est parce que j’aurais adoré le lire enfant, passionnée du monde et de l’école que j’ai toujours été ! Mais mon enthousiasme a du être communicatif car le Lardon a apprécié la lecture (d’extraits : il est dense pour un enfant de 3 ans) 🤗.

Sur chaque double page, on suit un enfant d’un pays différent dans sa journée. En Angleterre, Jodie prend le bus scolaire ; Kimaati, le petit Kenyan, parcourt chaque jour à pied huit kilomètres pour rejoindre une classe… Ce livre présente plus d’une cinquantaine des pays, de chaque continent. C’est ainsi un excellent support pour expliquer au Lardon qu’il n’y a pas une école mais DES écoles. En Finlande on porte des chaussons, aux États-Unis on travaille beaucoup sur l’expression orale. Dans certains pays garçons et filles sont séparés ; l’école peut être une tente ou en plein coeur de la forêt…

Écoles du monde est donc un livre que je réemprunterais à la bibliothèque (pas le choix, il ne semble plus édité 😭) avec plaisir quand le Lardon grandira, en les accompagnant de quelques épisodes de Sur le chemin de l’école !

 

Et chez vous, comment avez-vous préparé la première rentrée de vos enfants scolarisés ?

 

 

Topologies des siestes

Je me demandais comment j’allais faire pour gérer seule dans une maison de deux étages les siestes du Bourgeon, avec le Lardon dans les parages. Maintenant, je sais : vaguement.

En guise d’introduction, sachez que :

  • Le Bourgeon fait trois ou quatre siestes d’une heure par jour. Je suis relativement chanceuse : il s’endort en une dizaine de minutes, le plus souvent au sein, parfois simplement en le déposant. Il dort très bien seul dans notre chambre (à l’étage), dans le lit cododo.
  • Le Lardon, lui ne fait plus de sieste depuis bien longtemps (ses 18 mois environ). En revanche, il m’aime de tout son être, et le montre par une proximité très proximale. Je le préviens donc dès les premiers signes de fatigue du Bourgeon que c’est bientôt l’heure de sa sieste, pour adoucir la « séparation ».

Maintenant que le décor est posé, laissez-moi vous raconter comment ça se passe. CHAQUE JOUR DE LA SEMAINE. PLUSIEURS FOIS PAR JOUR.

La sieste « comme ton ombre »

Je monte, le Lardon monte derrière moi. Je m’assied sur le rebord du lit, le Lardon s’assied derrière moi. Je donne le sein, le Lardon gigote. Le Bourgeon s’endort. Je me relève, passe derrière le lit cododo. Le Lardon toujours derrière moi, dans les 30 cm entre le mur et le lit. Je me penche délicatement pour déposer le bébé, le Lardon me suit du regard. Je sors de la chambre, le Lardon toujours dans mon sillage.

Ce scénario arrive une à deux fois par jour.

La sieste en boucle

Je monte, le Lardon proteste en bas de l’escalier « Maman je veux pas que tu montes. » Je m’assieds sur le rebord du lit, le Lardon crie toujours d’en bas « Maman je veux pas que tu montes. Maman je veux pas que tu montes. Maman je veux pas que tu montes. ». Je donne le sein, le Lardon proteste encore « Maman je veux pas que tu montes. » Le Bourgeon s’endort. « Maman je veux pas que tu montes. » Je me relève, passe derrière le lit cododo. « Maman je veux pas que tu montes. » Je me penche délicatement pour déposer le bébé. « Maman je veux pas que tu montes. » Je sors de la chambre. « Maman je veux pas que tu montes. » Je descends. « Maman, pourquoi tu descends ? »

La sieste méga-win

Je monte, le Lardon monte derrière moi. Je m’assieds sur le rebord du lit, le Lardon s’assied derrière moi. Je donne le sein, le Lardon s’allonge. Le Bourgeon s’endort. Le Lardon s’endort. Je me relève, passe derrière le lit cododo. Je me penche délicatement pour déposer le bébé. Je m’affale comme une loque sur le lit. On dort tous les trois.

(C’est arrivé deux fois) (C’était bien).

La sieste pétage de câble

Je monte, le Lardon monte derrière moi. Je m’assieds sur le rebord du lit, le Lardon s’assied derrière moi. Je donne le sein, le Lardon gigote. Le Bourgeon gigote. Je soupire. Le Bourgeon ne veut pas dormir. J’accuse le Lardon. Je lui demande de se calmer. Le Bourgeon sursaute. Le Lardon dit que non, il ne se calmera pas. Je vais dans la pièce d’à côté, je crie. Je reviens dans la chambre parentale, le Bourgeon gazouille et le Lardon continue de dire que non il ne se calmera pas. Je redescend tout ce beau monde, on se calme. On recommencera dans 10 minutes.

La sieste miracle

Je monte, le Lardon joue en bas. Je m’assieds sur le rebord du lit. Je donne le sein. Le Bourgeon s’endort. Je me relève, passe derrière le lit cododo. Je me penche délicatement pour déposer le bébé. Je redescend. Le Lardon ne s’est pas rendu compte de mon absence.

C’est beau, mais ça n’arrive qu’à une deuxième (voir troisième) tentative de sieste.

La sieste scato

Je monte, le Lardon joue en bas. Je m’assieds sur le rebord du lit. Je donne le sein. Le Bourgeon s’endort. Un cri traverse la maison : « Mamaaaan ! J’ai fait cacaaaa ! ». Le Bourgeon sursaute. Le Lardon hurle encore « Change moi la couuuuche ! » (Laisser l’enfant devenir continent à son rythme c’est bien plus facile quand il décide à se passer des couches avant 3 ans et demi…) Le Bourgeon ne s’endormira pas. Je redescends avec lui. Je change la couche. On recommencera dans 10 minutes.

La sieste minutée

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Se préparer à quatre le matin, c'est un peu plus la course qu'avant… Du coup, j'ai sorti les sabliers et ça plaît beaucoup au Lardon. Par exemple, avec le sablier rouge (10 minutes), on peut être prêt en seulement 30 minutes ! 10 minutes pour garer des petites voitures entre chaque sablier, 5 minutes pour retourner chacun des sabliers sans les faire tomber (et les remettre dans le bon sens), 10 minutes de sablier rouge, et 5 minutes de prévenir tout le monde dans la maison "le sablier rouge est fini, il faut se préparer ! Et le jaune est fini et le vert est fini et le noir est fini et le bleu est fini et ils sont tous finis donc il faut se préparer parce qu'ils sont fini." #slowparenting #maisPasLeMatin #niLeSoir #queQuandLeLardonEstPasLaEnFait

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Je sors les sabliers et je fais un pari sur l’avenir : « Tu vois quand le sablier rouge sera fini, je serais redescendue. »

Je monte, le Lardon reste en bas, à surveiller le sablier « C’est pas encore fini. » Je m’assieds sur le rebord du lit. Je l’entends encore en bas « C’est pas encore fini. » Je donne le sein. « C’est pas encore fini. C’est pas encore fini. C’est pas encore fini. C’est pas encore fini. » Le Bourgeon s’endort. « C’est pas encore fini. » Je me relève, passe derrière le lit cododo. « C’est pas encore fini. » Je me penche délicatement pour déposer le bébé. « C’est pas encore fini. » Je redescends. « Maman, pourquoi tu descends déjà, c’est pas encore fini. »

Bon, mais dans un mois, quand ce sera la reprise du boulot, de l’école, de la nounou, on parie combien que ces siestes qui me rendent folle vont me manquer ?