Le calendrier de l’avent involontaire

Vous vous souvenez de mon article sur la sur-consommation ? Oh c’était il y a un an et demi alors depuis, j’ai bien changé ! Je consomme éthique ou d’occasion en priorité, et surtout, je consomme moins. Enfin souvent. Enfin parfois.

Par exemple, pour ce décembre, je me suis dit « pas de calendrier de l’avent ! ». Non, pas question : ça va me rajouter de la charge mentale, je n’ai pas envie de courir à la chasse aux petits jouets, et puis pfff, la flemme aussi, j’avoue.

Mais même en ayant réduit drastiquement ma consommation Instagram, je me suis quand même sentie un peu honteuse : je n’ai beau suivre qu’une trentaine de compte, tous y allaient de leur jolis calendrier, éthique, écolo, zéro déchet, etc. Quatre jours avant le mois de décembre, j’ai capitulé : l’article Calendriers de l’Avent (de dernière minute) de Merci montessori m’a convaincu de changer d’avis : si j’aime vraiment mon fils, la moindre des choses, c’est de lui bricoler un truc non ? En tout cas, c’est ce que semblait me souffler la blogosphère.

Alors, ni une ni deux, le soir même, je dégote 24 enveloppes colorées rescapées de notre mariage. Je n’ai pas de cadeaux sous la main mais je me dis que je bricolerais des activités au boulot à imprimer et glisser dedans.

Bon, et puis, le boulot a été intense, et j’ai pas eu le temps. Le premier décembre est arrivé, et mon enfant n’avait pas de calendrier de l’avant. Et moi, je resterais à tout jamais une mère indigne.

 

 

Sauf que.

Début décembre, il y a eu :

Les 1 000 jours du Lardon. (Comment, vous ne fêtez pas ça chez vous ? Rassurez-vous, vous pourrez toujours vous rattraper pour les 10 000 jours de votre enfant, ça tombera l’année de ses 27 ans). Comme je passais dans une boutique de jeux pour un ami, et que j’aime supporter les petites boutiques locales, je n’ai pas pu résister à lui en acheter un aussi.

L’arbre de Noël du travail du Bien Joli Chéri. Et le cadeau qu’on avait choisit pour le Lardon. Un magnifique bus Playmobil, qu’il a ouvert sur place évidemment.

Le marché de Noël de l’école de nos amis. Je lui ai acheté un joli petit livre : Jouer Dehors. Cartonné, sans paroles et sans histoires. Simplement des illustrations toutes douces (chez Waldorf ils savent y faire) d’enfants qui jouent dehors.

 

Et après ça :

Les mamies à la maison pour quelques jours. Elles sont venues garder le Lardon pendant qu’on s’offrait quelques jours de vacances en amoureux. Et vous n’êtes pas sans savoir qu’une mamie ne débarque évidemment jamais les mains vides : hop, un chocolat pour la St Nicolas ! Un calendrier de l’avent (ah ben tiens) ! Un livre ! Le cadeau de Noël en avance !

La visite de son ancienne copine de nounou. Et évidemment, le petit cadeau qui va avec, une mignonne petite peluche.

Notre retour de vacances. Et forcément, on a ramené un cadeau à notre Lardon. Enfin un… disons deux : une Fiat 500 ou une Ferrari. Mais ça passe non, puisque c’est local ? (enfin, à peu prêt : si on compte pas la fabrication en Chine).

Les cadeaux improvisés. Il y a quelques semaines, j’ai rendu service à une inconnue. Elle m’a remercié avec un très bon repas, trois tablettes de chocolats et un cadeau pour mon fils. (Et croyez moi que j’ai retenu la morale de cette histoire et que je ne manquerais pas de continuer à rendre service !)

 

 

Voilà, nous sommes donc aujourd’hui le 12 décembre, et le Lardon a déjà reçu exactement 12 cadeaux. Pourquoi diable s’embêter avec un calendrier de l’avent quand il suffit de compter sur la frénésie de Noël et le plaisir d’offrir qui nous atteint tous ?

Et sinon vous, vous y arriver à concilier minimalisme et slow-consommation avec le mois de décembre ? 

Comment choisir le prénom ?

J’avoue tout : j’ai une très forte #passionPrénom : impossible de m’annoncer une naissance (même du lointain cousin du frère de ton collègue) sans que je demande le prénom du bébé. Puis le prénom de ses frères et soeurs. Ensuite, pour faire bonne mesure, je demande quand même « Et tout s’est bien passé ? » (avec un réel intérêt ceci dit : j’ai aussi une passion pour les récit d’accouchements, mais c’est hélas plus délicat de demander des détails…).

Alors qusociologie-des-prenomsand, il y a deux ans, j’ai découvert par hasard à la bibliothèque ce petit livre, Sociologie des prénoms, j’ai été enchantée : tout ce que j’aime ! De la sociologie ! Des prénoms ! J’ai trouvé ce bouquin fascinant de bout en bout même si je suis un peu triste de l’avoir lu après avoir nommé mon Lardon. Pas parce que son prénom aurait été différent, mais juste pour comprendre comment nous avons tendance à choisir.

Et comme il se trouve, qu’en ce moment, nous avons non pas un mais DEUX prénoms à trouver (on attend pas des jumeaux hein, on garde juste la surprise du genre), j’ai eu cruellement envie de relire ce livre. Sauf qu’entre temps, j’ai déménagé, et il n’est pas disponible dans ma nouvelle bibliothèque. Alors pour me mettre quelque chose sous la dent, j’ai fait des recherches sur l’auteur, Baptiste Coulmont, et ainsi découvert qu’il est génialement taré : il tient un blog, dont pas moins de 151 articles sont consacrés aux prénoms ! (il y a aussi 267 articles intrigants sur la sociologie de la sexualité mais je n’ai pas encore eu le temps de les lire, ne me spoilez pas!). Je vous propose un petit melting pot :

Les prénoms à la mode

  • Les prénoms populaires (toi, y avait combien de Julien et d’Émilie dans ta classe ? Et aujourd’hui, tu connais combien d’Emma et de Hugo ?) évoluent avec le temps, mais combien exactement ? La réponse se trouve dans La demi-vie du « Top 20 » (et si tu as la flemme de lire, c’est 10 ans).
  • Dans les Modes bourgeoises, il étudie les prénoms donnés dans les milieux privilégiés. J’en fait clairement partie puisque sur les 40 prénoms à la mode, je ne connais pas loin d’une quinzaine d’enfants nommés de cette liste.
  • Baptiste Coulmont a aussi étudié les groupes de prénoms dans Namyboo… et recommander des prénoms : par exemple, les futurs parents qui apprécient le prénom Loana n’apprécient pas tout à fait les mêmes prénoms que les parents qui sont fans de Quitterie, Amicie ou Guillemette. Voilà une ressource précieuse quand on veut trouver un prénom pour le suivant d’une fratrie !
  • Dans Les prénoms mixtes, Baptiste Coulmont montre que les prénoms mixtes sont en forte augmentation depuis 1980 (Ce qui me rappelle un faire-part qu’à reçu ma mamie, annonçant la naissance Louison : le faire-part n’étant absolument pas genré, je ne sais encore pas aujourd’hui si le bébé était une petite fille ou un petit garçon. Génie non ?). Dans Épicène, le sociologue étudie si ces prénoms mixtes sont plus souvent des prénoms de filles, de garçons ou vraiment paritaires.
  • À chaque région son prénom. En tout cas, c’est ce que semble démontrer Prénoms typiques : les Klervi naissent en Bretagne, les Luna sur la côté basque et les Giulia prêt de l’Italie quand dans le centre de la France, on trouve plus de Justine ou de Rémi.

Un prénom, reflet d’une personne

  • Comment se répartissent les résultats au bac des personnes qui portent votre prénom ? Baptise Coulmont répond à cette question sur ce site qui vise à montrer que les prénoms peuvent constituer de puissants indicateurs de position sociale. En effet, un prénom donne énormément d’indice sur la personne qui le porte : son âge (Léo et et Philippe ne sont probablement pas de la même génération), son sexe (Maxime est très probablement un garçon) mais aussi l’origine sociale et géographique de ses parents. Cette étude a d’abord été pensée pour proposer un outil d’anonymisation (ainsi, dans une interview, on pourra remplacer les propos d’une Emma par une Louise sans perdre de sens).  Mais là où c’est moche c’est de réaliser qu’une « simple » étude statistique sur les notes du bac suffisent à montrer les différences sociales entre Yacine, Thanh et Louis. Ça veut dire beaucoup sur les nombreuses inégalités de notre système scolaire (ou système tout court…). En donnant mon prénom à l’outil, impossible de cacher mon origine sociale clairement privilégiée (et coucou aux Bénédicte et Lauren ayant le même profil social que moi). 
  • Et après le bac ? Dans Sébastien le boucher, Mohamed le taxi, Baptiste Coulmont a analysé une base de données d’entrepreneurs français. Il a par exemple recherché les prénoms les plus fréquents par secteurs d’activités : Jean, Marie et Nicolas un peu partout mais il repère aussi des “Mohamed” à la tête des entreprises de “Transports terrestres et transport par conduites” et de “Poste et courrier”. Ça m’a d’ailleurs rappelé cette étude qui montrait qu’il y avait plus de PDG s’appelant David que de femmes PDG : Fewer Women Run Big Companies Than Men Named John.

Est-ce qu’appeller notre enfant à venir Garance ou Théophile l’aidera à mieux réussir scolairement ? Évidemment que non, mais en revanche, ça voudra dire beaucoup sur cet enfant, et ainsi sur nous, ses parents.

Un prénom, reflet d’une société

  • Les garçons sont-ils plus intelligents que les filles ? C’est ce que Baptise Coulmont aurait pu penser quand il a réalisé qu’à notes égales, les garçons sautent plus souvent une classe que les filles. Mais il en a plutôt conclu que « décidément, les avantages masculins commencent tôt dans la vie. » Sujet qu’il avait déjà abordé dans Sauter une classe, une affaire de classe (mais pas que) : tous les milieux sociaux ne valorisent pas autant l’avance et la précocité et les garçons sont plus facilement jugés suffisamment “intelligents/mûrs/compétents…” pour sauter une classe que les filles.
  • La fréquence des prénoms est-elle sensible aux événements ? Dans Charlie marqueur événementiel, Baptiste Coulmont semble penser que oui. Il analyse le nombre de Charlie né(e)s en janvier-février 2015 suite aux attentats et rappelle que le choix d’un prénom en hommage n’est pas nouveau : en 1915, suite aux exploits militaire du général Joffre, bon nombre de petits Joffre et Joffrette sont né(e)s. Il en avait aussi parlé dans Des « Baby Barack » il y a 10 ans. Mais au fait, les Noël naissent-ils à Noël ? Baptiste s’est posé la question, et la réponse est : oui, bien souvent. (D’ailleurs, j’ai connu deux frères étant nés tous les deux le jour de Noël : le premier s’est effectivement appelé Noël, et le deuxième… bah non, c’était déjà pris).
  • Qui sont les personnes que l’on désigne par leur prénom plutôt que leur nom complet, ou leur grade ? Dans Ségolène, Marine et les autres…, Baptiste étudie l’utilisation du prénom dans la sphère politique. Il avait fait un exercice similaire dans le monde de la recherche dans son article Le petit peuple où il remarquait que dans les enquêtes sociologiques, les personnes importantes sont plus souvent désignées par leur fonction (« le directeur » ou « le manager ») quand les personnes dominées seront désignées par un prénom (« Fatima » ou « Dylan »).

Fascinant non ? Merci Baptiste (tu permets que je t’appelle par ton prénom maintenant ?) pour toutes ces analyses passionnantes ! Je n’avais pas été aussi heureuse que depuis que j’avais trouvé 70 ans de prénoms en France et passé des heures à jouer avec !

Et vous, êtes-vous toqué(e)s des prénoms aussi ?

 

Ces derniers mois…

Ayant légèrement plombé l’ambiance avec mes articles précédents, et si j’écrivais un article un peu plus léger ? Un truc un peu rigolo (j’espère) et joyeux par exemple ? On y va ? On y va !

 

20 juillet : il est 5h du matin, je viens de nettoyer les cheveux pleins de vomi du Lardon de manière impassible (après tout, je suis parent niveau 2 ans et demi). En revanche l’odeur de la couette propre m’est insupportable, je vomis à mon tour. Et je consens à mettre fin au petit jeu auquel je joue depuis 2 jours : « gastro ou enceinte ? ». Le test est sans appel : je suis enceinte (mais j’ai peut-être une gastro aussi).

21 juillet : Le Bien Joli Chéri m’avoue que ça n’est pas encore vraiment concret pour lui. Je le rassure, pour moi non plus. Mais je ressens quand même l’envie puissante de passer deux heures à la cave trier les jouets et les habits trop petit du Lardon.

23 juillet : Je ne peux pas manger une fraise (bon, okay, vingt) sans Le Bien Joli Chéri ne ricane « Ah ouais, t’es vraiment enceinte… »

30 juillet : Je réalise que hey ! Je ne vais pas avoir mes règles pendant peut-être un an, voir plus ! Meilleure nouvelle !!!

1 août : Je lis un livre sur l’effondrement (mais si, vous savez ? le climat qui part en live, les ressources non-inépuisables de notre planète, etc…). Puis je fixe le plafond sans pouvoir fermer l’oeil de la nuit, en écoutant la respiration du Lardon à côté de moi, et en pensant au machin que j’ai dans le ventre : « Mais pourquoi je fais ça ?! ».

4 août : Le Lardon a voulu jouer à avoir un bébé dans le ventre. Quand le poupon est sorti, j’ai du lui faire des bisous, le prendre dans mes bras, puis le bercer pendant que le Lardon chuchotait « Chuuuut, il dort ! ». Je crois que chaque fois qu’on annonce la nouvelle à quelqu’un avec lui dans les parages, il nous écoute bien plus qu’il en a l’air.

9 août : Rien à voir mais je suis contente d’avoir noté la date : le Lardon m’a dit « Je t’aime Maman » et j’ai fondu d’amour.

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2 septembre : Est-ce que j’ai acheté une robe taille 14 ans en brocante alors que je suis enceinte ? Oui tout à fait !

3 septembre : Mon amoureux annonce la nouvelle à son chef avec une désinvolture qui me laisse pantoise. Peut-être est-ce la différence entre 15 jours et 3 mois d’absence…

4 septembre : Après avoir joué la scène dans ma tête 146 fois pour trouver la meilleure formulation, je l’annonce à mon chef à mon tour. Ouf, plus de peur que de mal, il est adorable, me félicite pour cette bonne nouvelle. (Probablement parce qu’il n’a pas encore fait le calcul que mon accouchement tombe pile au moment du lancement du projet sur lequel on travaille depuis plusieurs années).

5 septembre : En courant après mon bus, j’ai avalé un insecte par inadvertance. Heureusement, ça n’était pas vain : j’ai réussi à l’attraper mais j’ai passé tout le trajet tordue de douleur à cause d’un point de côté et en larmes car trop de sentiments (de tristesse, de dégout, de peine et d’hormones).

6 septembre : « Nounouuuuu, t’as pas fait de bisous à mon bébé dans le ventre ! » s’insurge le Lardon. Et c’est comme ça que notre fils a vendu la mèche à notre nounou avant qu’on lui annonce.

7 septembre : J’ai une tension très basse et une sévère anémie en fer. Je suis déprimée : je ne sers à rien, je ne suis qu’un poids pour toute ma famille, à quoi bon vivre cette vie…

16 septembre : Je revis (les cachets pour le fer y sont surement pour quelque chose) ! La vie est belle à nouveau, je ne lutte plus contre le sommeil à partir de 20h30 et je me couche même parfois après mon fils de deux ans et demi !

17 septembre : J’ai (res)sorti ma robe de grossesse préférée, j’ai un décolleté magnifique, un subtil ventre qui pointe. Les gens se retournent sur mon passage quand je passe dans la rue, rayonnante et épanouie. Tout le monde se lève pour me laisser la place dans le bus. Je suis la reine du monde.

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26 septembre : Problème de clés, il faut escalader une grille. Quelqu’un insinue que dans mon état, je ne peux pas le faire. « AH OUAIS, TU CROIS ÇA ??? » m’insurge-je. Moi qui ne comptais pas escalader la grille (je suis enceinte enfin, soyons raisonnable !), je suis en haut et je saute (bon, okay, un peu lourdement) de l’autre côté avant qu’il ne finisse sa phrase.

28 septembre : Est-ce que j’ai mis la robe taille 14 ans achetée en brocante, et est-ce qu’elle me va trop bien ? Oui tout à fait !

7 octobre : Quand je vois tout ce que nous avions acheté pour la naissance du Lardon, je suis un peu dépitée… Enfin, il n’est jamais trop tard pour évoluer : le minimalisme est maintenant ma deuxième langue, je saurais éviter ces écueils pour ce deuxième enfant !

9 octobre : Youpi, j’ai trouvé une écharpe en bambou, parfaitement adaptée à un nouveau-né. Elle complètera magnifiquement ma collection de moyens de portages déjà existante (un sling en laine pour l’hiver prochain, un sling tout doux pour les premiers mois, un sling en chanvre pour quand le bébé sera plus lourd, un onbu et un porte-bébé préformé).

15 octobre : Pas de doute, le Lardon a bien compris nos explications : « Moi, j’ai un bébé de lait dans mon ventre, Papa il a un bébé de bière et Maman, elle a un vrai bébé ».

29 octobre : Chaque soir, notre famille ressemble à une publicité Ricoré : dans notre petit pavillon provincial (ressemblant comme deux gouttes d’eau à celui des voisins), par la fenêtre, on pourrait voir l’un de nous jouant avec notre petit garçon (blond comme les blés, on est dans une publicité, rappelez vous) pendant que l’autre cuisine un bon petit plat. L’ambiance est joyeuse et apaisée. Et soudain, je me demande « Mais qu’est ce qu’on va s’emmerder avec un deuxième ?! »

— Hey, mon amoureuse, faudrait faire la photo du mois ! — Ah ? Euh, oui oui, demain ? Ou après demain ?

03 novembre : Tout va mal, le Lardon est insupportable et pète un cable pour un oui ou pour un non, je n’en peux plus. Et soudain, je me demande « Mais qu’est ce qu’on va s’emmerder avec un deuxième ?! »

15 novembre : Ça y est ! J’ai passé les 50 kilos ! (Mais je ne suis toujours pas plus haute que « taille 14 ans » par contre…)

— Dis, on en est où de la photo du mois là ? — Ah, euh, jme disais, sinon, je ferais un tryptique avec une par trimestre ?

10 octobre : Alors qu’il se déchausse d’habitude « tout seul comme un grand », le Lardon s’assied par terre et me dit « Je suis un tout petit bébé, j’ai besoin d’amour ». Alors je fais comme je ferais dans quelques mois avec notre nouveau tout petit bébé : je le prends dans mes bras, je le berce et je le cajole.

21 octobre : « Ouvre ton ventre, je vais donner la voiture au bébé » demande le Lardon en posant son jouet en offrande sur mon ventre.

— La pho ? — Rhaa, oui bah écoute hein, j’ai la flemme, et puis t’es jamais là aussi pour la prendre.

30 octobre : Je suis au bar avec des amis, et alors que tout le monde boit sa 3ème pinte, je commande un cocktail qui s’appelle Nada Colada 😓.

— Tu te rends compte ce qu’il pensera cet enfant, quand il verra qu’on a même pas pris le temps de faire une photo par mois ?

25 novembre : Est-ce que ma robe taille 14 ans est maintenant une tunique à cause de mon gros ventre ? Oui, tout à fait !

26 novembre : Ce n’est pas très rassurés que nous allons à cette deuxième échographie. Mais contre toute attente (et contrairement à son frère) ce bébé a bien tout ses organes, et tous au bon endroit ! Ouf, je crois que je me sens prête à en parler un peu plus maintenant !

 

La suite dans quelques mois ! Et en attendant, vous pouvez toujours relire la saison 1 (épisode 1, épisode 2 et épisode 3).

Comment j’ai changé d’avis à propos de la fessée

J’ai 25 ans. Avec l’amoureux, on vient de passer le cap très discret de « si on a des enfants ensemble un jour » à « quand on aura des enfants ensemble ». Je ne sais plus vraiment pourquoi, on parle de fessées : « Bah, je sais pas, personnellement, j’en ai eues et j’en suis pas morte… » lui dis-je, sans aucun recul ou réflexion sur le sujet. Lui, en revanche, trouve l’idée choquante. Je suis très surprise : c’est la première fois que je réalise que la fessée n’est pas un geste normal dans toutes les familles.

J’ai 28 ans. Je suis enceinte et je lis mon premier livre « de parentalité » : Pour une enfance heureuse, de Catherine Gueguen. « Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau » dit le sous-titre : neurosciences, bienveillance… Paf, je rentre ainsi directement dans le sujet ! Je prends conscience que je ne sais pas grand chose sur les enfants (ça promet…) Mais surtout c’est ma première invitation à la rétrospective : moi-même j’ai subi des violences éducatives ordinaires, mais au fait, comment je me sens avec ça ?

Où l’on revient en arrière de quelques années

J’ai huit ans. Je me cache dans le jardin pour pleurer : mon petit frère vient de « s’en prendre une » par mon Papy, et ça me brise le cœur. Je vis mal les fessées, qu’elles soient pour moi ou mes frères et soeurs. Ce n’est pas la douleur physique qui me fait pleurer (elle n’était même pas pour moi cette raclée), mais la violence du geste et ce sentiment de ne plus être aimée.

J’ai dix ans. Mon petit frère vient de s’en prendre une (décidément…). Comme d’habitude, je déteste la scène. Cette fois-là, je n’en dors pas, je retourne la scène sans arrêt dans mon cerveau. « C’est pas juste » tourne en boucle dans ma tête. Soudainement, une constatation me frappe. Il y a quelque chose que je ne comprends pas, alors je vais réveiller mes parents pour leur poser la question qui m’empêche de dormir : « Papa, Maman, pourquoi vous vous avez le droit nous taper, mais nous on a pas le droit d’utiliser la violence ? »

J’ai 14 ans. Je viens de le faire engueuler par mon père un peu plus tôt dans l’après-midi. Je suis malheureuse, j’ai le cœur lourd et j’ai besoin de me sentir aimée. Évidemment, à cet âge là « Papa, est-ce que tu peux me prendre dans tes bras ? » ne fait pas partie de mon vocabulaire. Alors quand je l’entends monter vers ma chambre, je commence à faire semblant de pleurer : je me dis qu’il aura envie de me consoler et qu’il me fera un câlin. Erreur stratégique « Mais c’est pas possible ça, ça fait une heure que t’es en train de pleurer ?! » s’énerve-t-il en m’attrapant brutalement.

Où l’on revient en avant, aujourd’hui

J’ai 31 ans. Ces flashbacks ne sont pas agréables à raconter, ils étaient d’ailleurs bien enfouis et j’ai dû longuement réfléchir pour mettre la main sur les émotions que j’ai ressenties à chaque fois. Et puis surtout, j’ai longuement hésité avant de les partager : quelle image je donne de mes parents ?! Heureusement, ces moments ne résument pas mon enfance, loin de là. Je ne juge absolument pas mes parents, qui ont fait du mieux qu’ils ont pu, avec les moyens et leurs connaissances dont ils disposaient. Mais quelle ambivalence d’être intimement convaincue que mes parents feraient tout pour moi (et ils me l’ont prouvé à de nombreuses reprises) tout en ayant ces récits dans un coin de ma tête…

Mais je crois que faire cet exercice de me remémorer ces moments, et de comment je les ai vécus, est salutaire pour moi. Cela me permet de mieux comprendre ma famille : d’où je viens, et quels schémas j’ai pu intégrer en moi (pour mieux les rompre). Je trouve par exemple frappant de voir que les épisodes qui m’ont le plus marquée concernent mon père et son père. Je suis intimement convaincue que la colère de mon père de me voir pleurer « comme un bébé » à 14 ans était en partie dirigée contre lui-même, mais qu’il ne connaissait aucun autre moyen de l’exprimer. Comment aurait-il pu, si personne ne lui a jamais montré qu’on pouvait faire autrement ?

Cet exercice de rétrospective m’a permis de comprendre à quel point la fessée enferme dans la violence et elle empêche de s’exprimer autrement. Et, contrairement à l’époque de mes parents, les choses ont changé :

  • De nombreux professionnels se sont exprimés sur le sujet et que l’on sait que c’est nocif, délétère et inutile. 
  • J’ai les moyens de trouver d’autres ressources pour fonctionner autrement. Dans ce cadre là, j’ai beaucoup aimé Il n’y a pas de parent parfait, d’Isabelle Filliozat.

La manière dont nous éduquons nos enfants est le résultat de notre histoire personnelle. Pourquoi tant de passions se déchaînent lorsqu’il est question d’éducation ? Parce qu’au-delà des théories il y a notre inconscient. Nos blessures, notre histoire. Nous aimerions ne trouver en nous, pour nos enfants, qu’amour et tendresse. Ce n’est pas si simple. L’objet de cette passionnante enquête d’Isabelle Filliozat est de mieux comprendre ce qui se joue en nous lorsque nous hurlons contre Paul ou nous trouvons incapable de dire non à Julie.
Elle propose des pistes et des exercices pratiques pour ne plus se sentir coupable de ne pas y arriver… Afin de retrouver la liberté d’être le parent que nous désirons être.

Où l’on a hâte que ça soit interdit par la loi

Et puis, mon éveil féministe a apporté une autre grille de lecture à ces violences éducatives ordinaires. À une époque (je parle de 2017, pas d’il y a 20 ans) où une femme meurt tous les trois jours à la suite de coups par leur partenaire ou ex-partenaire, je trouve aberrant le message que la fessée transmet. Donner une fessée, c’est dire « Je te tape, mais c’est pour ton bien. » C’est dire aussi « Je t’aime, donc j’ai le droit de lever la main sur toi. » J’aurais peut-être une fille un jour, je ne veux pas qu’elle grandisse en pensant que recevoir des coups d’un proche est normal (70% des violences faites aux femmes sont le fait du partenaire). J’ai un fils, et je ne veux pas qu’il se sente légitime à frapper un jour sa ou son conjoint·e ou ses enfants.

Alors, forcément, je suis impatiente que le projet de loi visant à interdire les violences éducatives ordinaires soit examiné à nouveau la semaine prochaine, presque à temps pour la Journée Internationale des droits des enfants qui a eu lieu hier ; presque en même temps que nos voisins européens (nan, je déconne, c’est en vigueur en Allemagne depuis 2000 et les pays nordiques dès la fin des années 1970…). Même si ensuite, il y aura un long travail d’accompagnement, et de formations, auprès des professionnels, des déjà-parents, et des futurs parents… et ça, ça va être un travail dans la durée !

Les petites filles sont-elles des enfants comme les autres ?

J’ai écouté en ce début de semaine un épisode d’Un podcast à soi : Les femmes sont-elles des hommes comme les autres ? Féminin / Masculin : mythes et idéologies de la préhistoire aux jouets.

« On ne naît pas femme, on le devient » …

« Oui, d’accord Simone, mais il ne faut pas être extrémiste, les hormones sont importantes, non ? Les femmes ont moins de muscles. Et surtout, elles mettent les enfants au monde. Et puis, à la Préhistoire, elles restaient dans la grotte avec les petits. Les femmes et les hommes sont différents ».

Dans ce podcast, Charlotte Bienaimé revient sur ces phrases que l’on entend souvent et auxquelles il n’est pas toujours facile de répondre. Elle explique d’ailleurs qu’elle a eu l’idée de traiter ce sujet, quand sa mère lui a dit « Oui enfin… tu as beau dire, ton fils joue quand même beaucoup plus aux voitures qu’une petite fille. » et qu’elle n’a pas su quoi répondre. L’anecdote m’a beaucoup parlé car elle m’est arrivée à de nombreuses reprises, étant moi aussi maman d’un petit garçon passionné de voitures !

Cet épisode d’Un podcast à soi tente donc de déconstruire les mythes historiques et scientifiques profondément ancrés en nous, qui alimentent les stéréotypes de genre. Je ne vais pas vous résumer exhaustivement une heure de discussions mais juste aborder quelques moments particulièrement évocateurs pour moi, et qui m’aideront à trouver des arguments la prochaine fois que j’aurais ce genre de conversations !

Les stéréotypes dès l’enfance

Le podcast commence par des interviews des salariées d’une crèche qui suivent une formation Filles et garçons sur le chemin de l’égalité de l’association Artemisia) (vers 9:45). J’ai trouvé ces extraits hyper réalistes car très proches de mon chemin personnel. D’abord le déni : « Quand on m’a parlé de la formation, je trouvais que ça ne servait à rien, je fais pareil avec les filles et les garçons… » et puis, en avançant dans la formation, les employées se rendent compte que, effectivement, sans le faire exprès, on note une multitude de petites différences dans le traitement entre les garçons et les filles, que ce soit pendant les moments d’accueil (une tendance à commenter plutôt les tenues des petites filles que des petits garçons), sur les jouets proposés, ou encore la manière de s’adresser aux enfants (les petites filles sont plus facilement surnommées que les petits garçons). Beaucoup des exemples discutés m’ont parlé, parce que moi-même j’ai intégré beaucoup de ces schémas sexistes, et qu’il est difficile de s’en défaire si on ne les pointe pas du doigt d’abord !

À propos de l’instinct maternel

Charlotte Bienaimé aborde la question d’instinct maternel (vers 34:25) : est-ce que l’instinct maternel existe ? Pour répondre à cette question, elle interviewe Clémentine Vignal, chercheuse sur sur la différence entre les sexes, qui mentionne par exemple cette étude, où l’on demande à des parents de reconnaître les pleurs de leur bébé parmi plusieurs enfants. La première analyse des résultats a montré que les mamans étaient beaucoup plus fortes que les papas à reconnaître leur enfant : « Haha ! Voilà une preuve scientifique irréfutable que l’instinct maternel existe ! » Hum, vraiment ? Quand l’étude a été poussée un peu plus loin, les scientifiques se sont rendus compte que les parents les plus aptes à reconnaître les pleurs de leurs enfants étaient… ceux qui avaient passé le plus de temps avec le bébé. Ainsi donc, on développe son instinct en passant du temps avec l’enfant, pas parce qu’on a une paire d’ovaires ! Voilà qui est rafraichissant comme conclusion 🙂

Les femmes sont-elles des hommes comme les autres ?

Et puis, la remarque d’une employée de crèche a raisonné en moi. Elle constate qu’on a toujours tendance à comparer « par rapport aux hommes, comme si c’était le neutre. » Ainsi, on a tendance à dire par exemple que « Les femmes sont plus sensibles. » plutôt que « On n’apprend pas assez aux hommes l’empathie, ni à montrer ses sentiments. »  Je ne m’étais encore jamais rendue compte à quel point c’était vrai !

La comparaison biologique entre hommes et femmes est d’ailleurs abordée aussi plus tard dans le podcast, par des chercheuses : les différences entre les hommes et les femmes existent, mais c’est nous qui y ajoutons une dimension d’interprétation, et en défaveur des femmes évidemment. 

C’est d’autant plus frappant que dès le plus jeune âge, quand les différences physiologiques sont très faibles, les récits de discriminations sont déjà très fréquents, comme le racontent de manière très rafraîchissante des élèves de primaire et collège.

Pour aller plus loin

Bref, voilà donc un podcast passionnant (que je pourrais commenter encore plus longuement, mais à un moment donné, il faut savoir arrêter les bonnes choses), et à cause de qui je rajoute deux livres ma pile à lire, oups !

La liste

Sur mon téléphone, j’utilise beaucoup l’application Notes. J’y maintient beaucoup de listes différentes : des idées de cadeaux pour l’amoureux (un peu), et pour le Lardon (beaucoup), la liste de la paperasse que je dois faire (un jour), les mots d’enfants du Lardon (chaque jour) (non en vrai, je pense jamais à les écrire, c’est dommage), ou encore la liste des choses à acheter la prochaine fois qu’on passe chez Castorama…

Et puis, j’ai aussi la liste des gens qui ont introduit leurs doigts dans mon vagin lors de ma première grossesse. Sur cette liste, il y a 11 personnes différentes, pour 15 touchers vaginaux, sur une période de 9 mois. Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que ça fait beaucoup. Mon vagin a reçu la visite des doigts de :

  • Ma gynécologue, le jour où j’ai appris ma grossesse.
  • La sage-femme que j’ai choisi pour mon suivi, à partir du 2ème mois et tous les suivants.
  • La sage-femme qui m’a suivi à l’hôpital, à partir du 7ème mois jusqu’à la fin.
  • Une étudiante, lors des suivis à l’hôpital.
  • Une sage-femme puis un médecin, aux urgences suite à un malaise vagal.
  • Une sage-femme, lors d’une consultation à propos de démangeaisons sur mon ventre.
  • Plusieurs sages-femmes, le jour de mon accouchement.
  • Une sage-femme puis son étudiante, le jour de ma sortie de la maternité.

Oh, ce ne sont que des TV comme on dit dans le jargon : deux petits doigts n’ont jamais tués personne. Et puis, on m’a demandé à chaque fois non ? Et même si ça n’était pas le cas, le bien du bébé ne mérite-t-il pas de transformer mon vagin en hall de gare ? Non ?

À l’époque, je n’avais pas les armes pour me poser de questions, tous ces examens me paraissaient presque normaux (bien que fort nombreux pour des examens intrusifs). Mais aujourd’hui, je suis plus informée : je me suis beaucoup renseignée sur le fonctionnement de mon corps, la sur-médicalisation et le consentement – des sujets étroitement liés. J’ai donc eu envie de revenir sur cette question, pour mieux comprendre comment ce genre de situation peut arriver.

Rappel des bases : le TV, à quoi ça sert ?

Le toucher vaginal est un geste médical, pratiqué généralement par les sage-femmes et gynécologues, permettant d’évaluer l’état du col de l’utérus : longueur, position, consistance mais aussi ouverture.

En dehors de la grossesse, il peut-être pratiqué pour vérifier l’absence de masses ou de douleurs particulières, ainsi que pour palper les ovaires.

Pendant la grossesse, et bien, ça dépend des pratiques. Au début de la grossesse, ça peut être fait pour avoir une idée de l’état du col : une femme avec col « court, mou et ouvert » sera pas exemple suivie plus attentivement qu’une femme avec un col « postérieur, long, tonique et fermé ». Il en va de même pour les TV pratiqués aux consultations suivantes : certains professionnels le font pour s’assurer que tout va bien. Mais on peut tout à fait se baser sur d’autres signes : douleurs abdominales, contractions, petits saignements, si on se sent bien, si on est en forme, etc.

Pendant le travail, là encore, ça dépend des conditions de l’accouchement. Dans un cadre idéal, un·e sage-femme peut suivre dans la durée la personne accouchant. Ainsi, par l’observation, iel sait où en est le travail. Mais dans la réalité, la structure de la plupart des maternités fait que c’est loin d’être le cas : les sages-femmes doivent jongler avec plusieurs accouchements en même temps. Elles ne peuvent pas suivre facilement l’évolution du travail, et ont donc recours au toucher vaginal, parfois jusqu’à un par heure.

Enfin, après l’accouchement, il peut y avoir des touchers vaginaux notamment s’il y a eu des sutures, pour vérifier que tout va bien.

Ainsi, les pratiques différent selon les professionnels de la santé, leur manière d’aborder la grossesse et l’accouchement mais aussi leurs conditions de travail ; certaines personnes n’auront subit aucun toucher vaginal pendant toute la grossesse et l’accouchement ; quand d’autres, comme moi, en auront eu beaucoup…

À quel moment peut-on parler de sur-médicalisation ?

Ma question, quand j’ai commencé à remuer tout ça était de comprendre ce qui m’était arrivée. Ces examens étaient-ils nécessaires à mon suivi ? Aurais-je pu l’être d’une manière différente ?

Car il est évident que je ne lutte pas contre la médicalisation (dont le but est diminuer la mortalité, je n’ai rien à dire là dessus !) mais bien la sur-médicalisation.

Le premier symptôme de la sur-médicalisation est de partir du principe que la technique et la science prévalent sur tout le reste : le dialogue, la confiance de la femme en son patricien, la reconnaissance de la femme en tant qu’actrice de son accouchement, le fait qu’elle détienne des informations importantes sur son état de santé, qu’elle soit capable de choix…

Et puis, refuser la sur-médicalisation revient à lutter contre la standardisation : tout le monde ne fonctionne PAS exactement de la même manière (il n’y a qu’à voir la diversité dans les récits d’accouchements), et surtout toutes les femmes veulent PAS exactement la même chose.

Par exemple, dire que « pendant le travail, le col s’ouvre d’un cm par heure », c’est pratique à retenir mais évidemment faux : le col ne s’ouvre pas de manière linéaire, et bien d’autres facteurs que le temps influent (la position de la personne accouchant par exemple, son état émotionnel) (vas-y accoucher dans des bonnes conditions toi, quand tu es ligoté à ta table par un monitoring et que, régulièrement, quelqu’un rentre dans la pièce pour te faire un toucher…).

Dans mon cas personnel, tous les TV que j’ai subit ont été le résultat de décisions prises par des professionnels. Chacun·e d’entre eux a fait le choix d’effectuer ce geste intrusif mais je suis en colère qu’aucun·e ne m’ai impliqué ou ne m’ai garanti que ce choix était éclairé et pas « par habitude ».

Et le consentement dans tout ça ?

Car au delà des gestes pratiqués (qu’ils soit « utiles » ou pas), je crois qu’il est nécessaire de rappeler que les professionnels de la santé n’ont pas autorité sur les patients : le rôle de la médecine est de prendre soin des patients, pas d’exercer un pouvoir sur eux.

Cela veut dire qu’un·e patient·e a le droit de refuser une demande du professionnel, surtout si iel ressent la moindre gêne (et encore plus si rien ne justifie cette demande).

Par exemple :

  • Une patiente a le droit de refuser de se déshabiller intégralement pendant une consultation gynécologique.
  • Une patiente a le droit de refuser le toucher vaginal comme outil de suivi de grossesse, d’autant plus quand aucun autre signe n’indique qu’il y a un problème.

Ce droit n’est pas inné et naturel à exercer car nous évoluons dans une société où la docilité est bien plus facilement encouragée : c’est tellement plus pratique pour le praticien ! Mais dans un monde idéal, il serait facilité par les patriciens s’assurant systématiquement du consentement à leurs patientes. Par exemple : en demandant d’abord « Souhaitez-vous que je vous fasse un toucher vaginal ? » ou « Êtes-vous d’accord pour un toucher vaginal ? », puis, juste avant le geste intrusif : « Êtes-vous prêt·e ? » .

Tout ça pour dire…

Heureusement, aujourd’hui les choses commencent à changer. Le personnel de la santé sait qu’il existe de nombreux autres signes que les touchers vaginaux pour mesurer l’état d’une grossesse. D’ailleurs, dans beaucoup de pays (et de plus en plus de maternité en France), ils ne sont plus pratiqués de manières systématiques, grâce au travail de professionnels de la santé bienveillants qui jouent le jeu de réfléchir et de s’interroger sur leurs pratiques.

De mon côté aussi, mon regard a évolué : je ne suis pas plus exigeante envers les professionnels de la santé mais plus attentive à la manière dont est construite notre relation. Je privilégie mon suivi par des personnes qui sont à mon écoute avant tout.

Je finis maintenant cet article avec les ressources qui ont alimentés ma réflexion sur la connaissance du corps et la médicalisation ces dernières années (et puis ça me fait un pense bête pratique) :

Et vous, quel est votre parcours par rapport à la (sur)médicalisation ? Votre regard et vos attentes envers la médecine ont-elles changées avec le temps ?

La colère dans la littérature jeunesse

Aaah, les émotions ! Voilà un sujet qui revient souvent sur la table. Quelle idée, d’être humain et d’en ressentir autant, pour un oui ou pour un non…

Je vous en parlais récemment, à la maison les choses sont parfois intense, et je sentais qu’il fallait renouveler les ressources que nous avons à la maison.

Voici donc un petit récapitulatif de ce que nous avons mis en place au fil des années.

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Top et flop des activités pour occuper un enfant de deux ans

Je vous avais parlé de 10 activités pour occuper un enfant de deux ans sur le trajet des vacances.

Maintenant que les vacances sont définitivement enterrées, le temps de la vérité a sonné et il est temps de faire un bilan : quels ont été les tops et les flops ? Mérite-je la médaille du mérite du meilleur parent pour avoir organisé un voyage aux petits oignons ? (la réponse est : je mérite évidemment une médaille, peu importe le voyage).

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Où l’on est en colère

Nous connaissons en ce moment de légères perturbations. Le Lardon lance (bam ! bing !), râle, grogne, hurle (bouh !), casse, cogne et tape (et splash !).

Toute ressemblance avec le livre du soir serait fortuite.

Oh, en deux ans et demi, ça n’est évidemment pas les premières colères que nous vivons, mais elles étaient jusque là plus… calmes (???), moins… intense (?).

BienJoliPapa, est un peu déçu « Ta parentalité bienveillante machin là, ça n’empêche même pas ça ! ». Je ne peux pas le blâmer, j’ai eu la même déception quand la période du non est arrivé : à quoi ça sert toutes ces lectures et tout ce travail sur soi-même, si c’est pour quand même avoir des enfants imbuvable ?

Alors, j’essaye de m’abstraire des cris et des coups sur la porte d’entrée (« Je veeeeeux boire mon bibeeeeron sur le roooooond poiiiiiint ») (Note de l’auteur : il est alors 22 heures) et je fais un gros efforts pour me souvenir : ah oui, c’est vrai, les sentiments que le Lardon vit sont l’équivalent d’une tornade que son cerveau encore immature ne sait pas parfaitement contrôler. En d’autres termes, il ne fait pas ça (explicitement) pour nous emmerder (même si l’effet collatéral est là).

Bon. N’empêche que, moi qui commençait à manier les outils ludico-créativo-bienveillant avec aisance et facilité (deux ans et demi d’expérience, ça paye), me voilà démunie. Pourquoi ? Peut-être est-ce dû à trop de violence dans les réactions du Lardon, ou trop d’intensité par rapport à l’incident qui cause la crise ? Si j’écoute mes émotions à moi, c’est plutôt le secouer que j’ai envie de faire. Ou tout autre solution le fasse taire rapidement…

En bonne élève, j’essaye quand même d’accueillir ses sentiments (« Tu es frustré car tu voudrais boire ton biberon dehors. Le problème, c’est qu’il fait nuit et que la rue n’est pas un endroit adapté pour boire le biberon du soir. ») mais ça semble lui faire une belle jambe. Dans un autre contexte, j’essayerai la diversion ou le jeu mais aujourd’hui, ça semble impossible : il est présentement en train de se rouler par terre en hurlant (« Je veeeeux le rooooond-poiiiiiiint ») (exactement comme sur la couverture de « Opposition, pleurs et crises de rage : comment traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans »). À ce stade, je me souviens que Isabelle Filliozat préconise le câlin : en serrant l’enfant contre soit, on l’aide à se contenir, et à s’apaiser en générant de l’ocytocine. Le problème, c’est que c’est la cinquième crise en deux heures, et que je n’ai vraiment pas envie d’être tendre. Alors, je choisis la solution la plus simple pour moi : me reculer (loin) et attendre que la pression passe. Je ne suis pas rancunière, je lui promets que je reste disponible pour un gros câlin quand il sera prêt (et d’ici là, je le serais moi aussi).

Le lendemain matin, la crise est passé, mais le souvenir est encore vif. Je ressors les livres que j’ai sous la main (tiens, une nouvelle crise pendant le petit déjeuner). Bof, aucune aide. Je repense alors à Jane Nelsen et le concept des objectifs mirages : quand il y a crise à répétitions, il y a souvent une cause cachée derrière ça. Je me promets de revoir ce passage à l’occasion (ou de relire le résumé de Happynaiss). Et puis, je profite de la 3ème crise de la journée pour commander un livre qui me faisait de l’oeil : Développer le lien parent-enfant par le jeu – Le jeu d’attachement pour créer l’harmonie, gérer les conflits et résoudre les problèmes (tout un programme).

 

 

Et bien croyez moi où non, depuis que j’ai commandé ce livre, AUCUNE grosse crise à déplorer. Cela fait maintenant une semaine et à aucun moment, je n’ai eu envie d’étriper mon fils, et je m’avancerais même à dire que nous avons passé d’excellentes journées, dans la bonne humeur, l’amour et la tendresse.

Alors… qui a dit que les livres et la parentalité bienveillante ne marchaient pas ?? #ilNyAPasDeCoïncidences