Les petites filles sont-elles des enfants comme les autres ?

J’ai écouté en ce début de semaine un épisode d’Un podcast à soi : Les femmes sont-elles des hommes comme les autres ? Féminin / Masculin : mythes et idéologies de la préhistoire aux jouets.

« On ne naît pas femme, on le devient » …

« Oui, d’accord Simone, mais il ne faut pas être extrémiste, les hormones sont importantes, non ? Les femmes ont moins de muscles. Et surtout, elles mettent les enfants au monde. Et puis, à la Préhistoire, elles restaient dans la grotte avec les petits. Les femmes et les hommes sont différents ».

Dans ce podcast, Charlotte Bienaimé revient sur ces phrases que l’on entend souvent et auxquelles il n’est pas toujours facile de répondre. Elle explique d’ailleurs qu’elle a eu l’idée raconte de traiter ce sujet, quand sa mère lui a dit « Oui enfin… tu as beau dire, ton fils joue quand même beaucoup plus aux voitures qu’une petite fille. » et qu’elle n’a pas su quoi répondre. L’anecdote m’a beaucoup parlée car elle m’est arrivée à de nombreuses reprises, étant moi aussi maman d’un petit garçon passionné de voitures !

Cet épisode d’Un podcast à soi tente donc de déconstruire les mythes historiques et scientifiques profondément ancrés en nous, qui alimentent les stéréotypes de genre. Je ne vais pas vous résumer exhaustivement une heure de discussions mais juste aborder quelques moments qui m’ont particulièrement parlé, et qui m’aideront à trouver des arguments la prochaine fois que j’aurais ce genre de conversations !

Les stéréotypes dès l’enfance

Le podcast commence par des interviews des salariées d’une crèche qui suivent une formation Filles et garçons sur le chemin de l’égalité de l’association Artemisia) (vers 9:45). J’ai trouvé ces extraits hyper parlants car très proche de mon chemin personnel. D’abord le déni : « Quand on m’a parlé de la formation, je trouvais que ça ne servait à rien, je fais pareil avec les filles et les garçons… » et puis, en avançant dans la formation, les employées se rendent compte que, effectivement, sans le faire exprès, on note une multitude de petites différences dans le traitement entre les garçons et les filles, que ce soit pendant les moments d’accueil (une tendance à commenter plutôt les tenues des petites filles que des petits garçons), sur les jouets proposés, ou encore la manière de s’adresser aux enfants (les petites filles sont plus facilement surnommées que les petits garçons). Beaucoup des exemples discutés m’ont parlé, parce que moi-même j’ai intégré beaucoup de ces schémas sexistes, et qu’il est difficile de s’en défaire si on ne les pointe pas du doigt d’abord !

À propos de l’instinct maternel

Charlotte Bienaimé aborde la question d’instinct maternel (vers 34:25) : est-ce que l’instinct maternel existe ? Pour répondre à cette question, elle interviewe Clémentine Vignal, chercheuse sur sur la différence entre les sexes, qui mentionne par exemple cette étude, où l’on demande à des parents de reconnaître les pleurs de leurs bébés parmi plusieurs enfants. La première analyse des résultats a montré que les mamans étaient beaucoup plus fortes que les papas à reconnaître leurs enfants : « Haha ! Voilà une preuve scientifique irréfutable que l’instinct maternel existe ! » Hum, vraiment ? Quand l’étude a été poussée un peu plus loin, les scientifiques se sont rendus compte que les parents les plus aptes à reconnaître les pleurs de leurs enfants étaient… ceux qui avait passé le plus de temps avec le bébé. Ainsi donc, on développe son instinct en passant du temps avec l’enfant, pas parce qu’on a une paire d’ovaires ! Voilà qui est rafraichissant comme conclusion 🙂

Les femmes sont-elles des hommes comme les autres ?

Et puis, la remarque d’une employée de crèche a raisonnée en moi. Elle constate qu’on a toujours tendance à comparer « par rapport aux hommes, comme si c’était le neutre. » Ainsi, on a tendance à dire par exemple que « Les femmes sont plus sensibles. » plutôt que « On n’apprend pas assez aux hommes l’empathie, ni à montrer ses sentiments. »  Je ne m’étais encore jamais rendue compte à quel point c’était vrai !

La comparaison biologique entre hommes et femmes est d’ailleurs abordée aussi plus tard dans le podcast, par des chercheuses : les différences entre les hommes et les femmes existent, mais c’est nous qui y ajoutons une dimension d’interprétation, et en défaveur des femmes évidemment. 

C’est d’autant plus frappant que dès le plus jeune âge, quand les différences physiologiques sont très faibles, les récits de discriminations sont déjà très fréquents, comme le racontent de manière très raffraichissante des élèves de primaire et collège.

Pour aller plus loin

Bref, voilà donc un podcast passionnant (que je pourrais commenter encore plus longuement, mais à un moment donné, il faut savoir arrêter les bonnes choses), et à cause de qui je rajoute deux livres ma pile à lire, oups !

La liste

Sur mon téléphone, j’utilise beaucoup l’application Notes. J’y maintient beaucoup de listes différentes : des idées de cadeaux pour l’amoureux (un peu), et pour le Lardon (beaucoup), la liste de la paperasse que je dois faire (un jour), les mots d’enfants du Lardon (chaque jour) (non en vrai, je pense jamais à les écrire, c’est dommage), ou encore la liste des choses à acheter la prochaine fois qu’on passe chez Castorama…

Et puis, j’ai aussi la liste des gens qui ont introduit leurs doigts dans mon vagin lors de ma première grossesse. Sur cette liste, il y a 11 personnes différentes, pour 15 touchers vaginaux, sur une période de 9 mois. Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que ça fait beaucoup. Mon vagin a reçu la visite des doigts de :

  • Ma gynécologue, le jour où j’ai appris ma grossesse.
  • La sage-femme que j’ai choisi pour mon suivi, à partir du 2ème mois et tous les suivants.
  • La sage-femme qui m’a suivi à l’hôpital, à partir du 7ème mois jusqu’à la fin.
  • Une étudiante, lors des suivis à l’hôpital.
  • Une sage-femme puis un médecin, aux urgences suite à un malaise vagal.
  • Une sage-femme, lors d’une consultation à propos de démangeaisons sur mon ventre.
  • Plusieurs sages-femmes, le jour de mon accouchement.
  • Une sage-femme puis son étudiante, le jour de ma sortie de la maternité.

Oh, ce ne sont que des TV comme on dit dans le jargon : deux petits doigts n’ont jamais tués personne. Et puis, on m’a demandé à chaque fois non ? Et même si ça n’était pas le cas, le bien du bébé ne mérite-t-il pas de transformer mon vagin en hall de gare ? Non ?

À l’époque, je n’avais pas les armes pour me poser de questions, tous ces examens me paraissaient presque normaux (bien que fort nombreux pour des examens intrusifs). Mais aujourd’hui, je suis plus informée : je me suis beaucoup renseignée sur le fonctionnement de mon corps, la sur-médicalisation et le consentement – des sujets étroitement liés. J’ai donc eu envie de revenir sur cette question, pour mieux comprendre comment ce genre de situation peut arriver.

Rappel des bases : le TV, à quoi ça sert ?

Le toucher vaginal est un geste médical, pratiqué généralement par les sage-femmes et gynécologues, permettant d’évaluer l’état du col de l’utérus : longueur, position, consistance mais aussi ouverture.

En dehors de la grossesse, il peut-être pratiqué pour vérifier l’absence de masses ou de douleurs particulières, ainsi que pour palper les ovaires.

Pendant la grossesse, et bien, ça dépend des pratiques. Au début de la grossesse, ça peut être fait pour avoir une idée de l’état du col : une femme avec col « court, mou et ouvert » sera pas exemple suivie plus attentivement qu’une femme avec un col « postérieur, long, tonique et fermé ». Il en va de même pour les TV pratiqués aux consultations suivantes : certains professionnels le font pour s’assurer que tout va bien. Mais on peut tout à fait se baser sur d’autres signes : douleurs abdominales, contractions, petits saignements, si on se sent bien, si on est en forme, etc.

Pendant le travail, là encore, ça dépend des conditions de l’accouchement. Dans un cadre idéal, un·e sage-femme peut suivre dans la durée la personne accouchant. Ainsi, par l’observation, iel sait où en est le travail. Mais dans la réalité, la structure de la plupart des maternités fait que c’est loin d’être le cas : les sages-femmes doivent jongler avec plusieurs accouchements en même temps. Elles ne peuvent pas suivre facilement l’évolution du travail, et ont donc recours au toucher vaginal, parfois jusqu’à un par heure.

Enfin, après l’accouchement, il peut y avoir des touchers vaginaux notamment s’il y a eu des sutures, pour vérifier que tout va bien.

Ainsi, les pratiques différent selon les professionnels de la santé, leur manière d’aborder la grossesse et l’accouchement mais aussi leurs conditions de travail ; certaines personnes n’auront subit aucun toucher vaginal pendant toute la grossesse et l’accouchement ; quand d’autres, comme moi, en auront eu beaucoup…

À quel moment peut-on parler de sur-médicalisation ?

Ma question, quand j’ai commencé à remuer tout ça était de comprendre ce qui m’était arrivée. Ces examens étaient-ils nécessaires à mon suivi ? Aurais-je pu l’être d’une manière différente ?

Car il est évident que je ne lutte pas contre la médicalisation (dont le but est diminuer la mortalité, je n’ai rien à dire là dessus !) mais bien la sur-médicalisation.

Le premier symptôme de la sur-médicalisation est de partir du principe que la technique et la science prévalent sur tout le reste : le dialogue, la confiance de la femme en son patricien, la reconnaissance de la femme en tant qu’actrice de son accouchement, le fait qu’elle détienne des informations importantes sur son état de santé, qu’elle soit capable de choix…

Et puis, refuser la sur-médicalisation revient à lutter contre la standardisation : tout le monde ne fonctionne PAS exactement de la même manière (il n’y a qu’à voir la diversité dans les récits d’accouchements), et surtout toutes les femmes veulent PAS exactement la même chose.

Par exemple, dire que « pendant le travail, le col s’ouvre d’un cm par heure », c’est pratique à retenir mais évidemment faux : le col ne s’ouvre pas de manière linéaire, et bien d’autres facteurs que le temps influent (la position de la personne accouchant par exemple, son état émotionnel) (vas-y accoucher dans des bonnes conditions toi, quand tu es ligoté à ta table par un monitoring et que, régulièrement, quelqu’un rentre dans la pièce pour te faire un toucher…).

Dans mon cas personnel, tous les TV que j’ai subit ont été le résultat de décisions prises par des professionnels. Chacun·e d’entre eux a fait le choix d’effectuer ce geste intrusif mais je suis en colère qu’aucun·e ne m’ai impliqué ou ne m’ai garanti que ce choix était éclairé et pas « par habitude ».

Et le consentement dans tout ça ?

Car au delà des gestes pratiqués (qu’ils soit « utiles » ou pas), je crois qu’il est nécessaire de rappeler que les professionnels de la santé n’ont pas autorité sur les patients : le rôle de la médecine est de prendre soin des patients, pas d’exercer un pouvoir sur eux.

Cela veut dire qu’un·e patient·e a le droit de refuser une demande du professionnel, surtout si iel ressent la moindre gêne (et encore plus si rien ne justifie cette demande).

Par exemple :

  • Une patiente a le droit de refuser de se déshabiller intégralement pendant une consultation gynécologique.
  • Une patiente a le droit de refuser le toucher vaginal comme outil de suivi de grossesse, d’autant plus quand aucun autre signe n’indique qu’il y a un problème.

Ce droit n’est pas inné et naturel à exercer car nous évoluons dans une société où la docilité est bien plus facilement encouragée : c’est tellement plus pratique pour le praticien ! Mais dans un monde idéal, il serait facilité par les patriciens s’assurant systématiquement du consentement à leurs patientes. Par exemple : en demandant d’abord « Souhaitez-vous que je vous fasse un toucher vaginal ? » ou « Êtes-vous d’accord pour un toucher vaginal ? », puis, juste avant le geste intrusif : « Êtes-vous prêt·e ? » .

Tout ça pour dire…

Heureusement, aujourd’hui les choses commencent à changer. Le personnel de la santé sait qu’il existe de nombreux autres signes que les touchers vaginaux pour mesurer l’état d’une grossesse. D’ailleurs, dans beaucoup de pays (et de plus en plus de maternité en France), ils ne sont plus pratiqués de manières systématiques, grâce au travail de professionnels de la santé bienveillants qui jouent le jeu de réfléchir et de s’interroger sur leurs pratiques.

De mon côté aussi, mon regard a évolué : je ne suis pas plus exigeante envers les professionnels de la santé mais plus attentive à la manière dont est construite notre relation. Je privilégie mon suivi par des personnes qui sont à mon écoute avant tout.

Je finis maintenant cet article avec les ressources qui ont alimentés ma réflexion sur la connaissance du corps et la médicalisation ces dernières années (et puis ça me fait un pense bête pratique) :

Et vous, quel est votre parcours par rapport à la (sur)médicalisation ? Votre regard et vos attentes envers la médecine ont-elles changées avec le temps ?

La colère dans la littérature jeunesse

Aaah, les émotions ! Voilà un sujet qui revient souvent sur la table. Quelle idée, d’être humain et d’en ressentir autant, pour un oui ou pour un non…

Je vous en parlais récemment, à la maison les choses sont parfois intense, et je sentais qu’il fallait renouveler les ressources que nous avons à la maison.

Voici donc un petit récapitulatif de ce que nous avons mis en place au fil des années.

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Top et flop des activités pour occuper un enfant de deux ans

Je vous avais parlé de 10 activités pour occuper un enfant de deux ans sur le trajet des vacances.

Maintenant que les vacances sont définitivement enterrées, le temps de la vérité a sonné et il est temps de faire un bilan : quels ont été les tops et les flops ? Mérite-je la médaille du mérite du meilleur parent pour avoir organisé un voyage aux petits oignons ? (la réponse est : je mérite évidemment une médaille, peu importe le voyage).

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Où l’on est en colère

Nous connaissons en ce moment de légères perturbations. Le Lardon lance (bam ! bing !), râle, grogne, hurle (bouh !), casse, cogne et tape (et splash !).

Toute ressemblance avec le livre du soir serait fortuite.

Oh, en deux ans et demi, ça n’est évidemment pas les premières colères que nous vivons, mais elles étaient jusque là plus… calmes (???), moins… intense (?).

BienJoliPapa, est un peu déçu « Ta parentalité bienveillante machin là, ça n’empêche même pas ça ! ». Je ne peux pas le blâmer, j’ai eu la même déception quand la période du non est arrivé : à quoi ça sert toutes ces lectures et tout ce travail sur soi-même, si c’est pour quand même avoir des enfants imbuvable ?

Alors, j’essaye de m’abstraire des cris et des coups sur la porte d’entrée (« Je veeeeeux boire mon bibeeeeron sur le roooooond poiiiiiint ») (Note de l’auteur : il est alors 22 heures) et je fais un gros efforts pour me souvenir : ah oui, c’est vrai, les sentiments que le Lardon vit sont l’équivalent d’une tornade que son cerveau encore immature ne sait pas parfaitement contrôler. En d’autres termes, il ne fait pas ça (explicitement) pour nous emmerder (même si l’effet collatéral est là).

Bon. N’empêche que, moi qui commençait à manier les outils ludico-créativo-bienveillant avec aisance et facilité (deux ans et demi d’expérience, ça paye), me voilà démunie. Pourquoi ? Peut-être est-ce dû à trop de violence dans les réactions du Lardon, ou trop d’intensité par rapport à l’incident qui cause la crise ? Si j’écoute mes émotions à moi, c’est plutôt le secouer que j’ai envie de faire. Ou tout autre solution le fasse taire rapidement…

En bonne élève, j’essaye quand même d’accueillir ses sentiments (« Tu es frustré car tu voudrais boire ton biberon dehors. Le problème, c’est qu’il fait nuit et que la rue n’est pas un endroit adapté pour boire le biberon du soir. ») mais ça semble lui faire une belle jambe. Dans un autre contexte, j’essayerai la diversion ou le jeu mais aujourd’hui, ça semble impossible : il est présentement en train de se rouler par terre en hurlant (« Je veeeeux le rooooond-poiiiiiiint ») (exactement comme sur la couverture de « Opposition, pleurs et crises de rage : comment traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans »). À ce stade, je me souviens que Isabelle Filliozat préconise le câlin : en serrant l’enfant contre soit, on l’aide à se contenir, et à s’apaiser en générant de l’ocytocine. Le problème, c’est que c’est la cinquième crise en deux heures, et que je n’ai vraiment pas envie d’être tendre. Alors, je choisis la solution la plus simple pour moi : me reculer (loin) et attendre que la pression passe. Je ne suis pas rancunière, je lui promets que je reste disponible pour un gros câlin quand il sera prêt (et d’ici là, je le serais moi aussi).

Le lendemain matin, la crise est passé, mais le souvenir est encore vif. Je ressors les livres que j’ai sous la main (tiens, une nouvelle crise pendant le petit déjeuner). Bof, aucune aide. Je repense alors à Jane Nelsen et le concept des objectifs mirages : quand il y a crise à répétitions, il y a souvent une cause cachée derrière ça. Je me promets de revoir ce passage à l’occasion (ou de relire le résumé de Happynaiss). Et puis, je profite de la 3ème crise de la journée pour commander un livre qui me faisait de l’oeil : Développer le lien parent-enfant par le jeu – Le jeu d’attachement pour créer l’harmonie, gérer les conflits et résoudre les problèmes (tout un programme).

 

 

Et bien croyez moi où non, depuis que j’ai commandé ce livre, AUCUNE grosse crise à déplorer. Cela fait maintenant une semaine et à aucun moment, je n’ai eu envie d’étriper mon fils, et je m’avancerais même à dire que nous avons passé d’excellentes journées, dans la bonne humeur, l’amour et la tendresse.

Alors… qui a dit que les livres et la parentalité bienveillante ne marchaient pas ?? #ilNyAPasDeCoïncidences

Après le lit au sol

Les gens normaux essayent de ne pas trop en rajouter après un déménagement.

Nous, on a pas pu s’en empêcher. À peine quelques semaines après avoir installé le Lardon dans la chambre la plus « aboutie » (#lesTravaux #onSaitQuandCaCommence #pasQuandCaSarrete) de notre maison, on a décidé de le changer de pièce : velux et été ne font pas bon ménage, le pauvre souffrait bien trop de la chaleur.

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De l’hygiène des réseaux sociaux

Après un mois sans bloguer (vacances obligent), la rentrée et les bonnes résolutions arrivant, j’ai beaucoup cogité sur la (dé)connexion, et mon rapport aux réseaux sociaux.

J’avais déjà évoqué le sujet sur mon article sur le danger des écrans pour les enfants : l’ironie de la chose (s’inquiéter pour mon fils alors que mon téléphone est glué à ma main 20h sur 24) ne m’avait pas échappé ; mais j’y travaille, et j’avais envie de mettre tout ça noir sur blanc.

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Le métier de psychomotricien·ne

Je crois que j’ai découvert le métier de psychomotricien·ne en découvrant le principe de la motricité libre, et immédiatement j’ai été attirée par cette discipline ! Pendant les premiers mois de vie du Lardon, les blogs de psychomot’ ont été une mine de ressource considérable pour moi !

Je voulais tout savoir sur le développement des bébés : qu’est-ce que le stade du miroir Pourquoi mon bébé est-il toujours enroulé ? Quelles sont les grandes étapes motricesFaut-il assoir son bébé ?

Mon obsession de bien-faire était totalement assouvie : j’apporte beaucoup plus de valeur aux recommandations d’un·e professionnel·le qu’à la liste de naissance concoctée par un magazine Parents bourré de pub. Un transat est-il vraiment utile ? Et le chariot de marche ? Pourquoi faut-il des chaussures souples ? Trotteur, pousseur, porteur, je mets quoi sur la liste d’anniversaire de 1 an du Lardon ?

Et comme on intellectualise jamais trop les choses, je continue de suivre ces blogs assiduement car j’adore découvrir tous les mécanismes qui entrent en oeuvre derrière une activité toute simple comme planter des graines ou manger avec les doigts.

Et puis, au fur et à mesure de mes lectures, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir des facettes cachées du métier comme l’histoire de Théo qui jette des trucs.

Bref, deux ans plus tard, je suis toujours quelques blogs de psychomot’ avec passion et j’ai eu envie d’en savoir plus sur cette belle profession ! J’ai donc décidé de poser pleins de questions à Maman est psychomot, qui a été adorable puisque, comme vous allez le voir, elle a répondu avec beaucoup d’humanité et de détails passionnants. Je vous laisse découvrir ça :

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Les yeux dans les yeux

L’autre soir, je couchais le Lardon. Il avait envie que je reste un petit peu avec lui : « Mets-toi là maman » m’implora-t-il en me montrant son oreiller. Alors, je me suis contorsionnée pour me glisser dans son lit, et je me suis allongée à côté de lui. Nos visages étaient à quelques centimètres l’un de l’autre, et on s’est regardés, sans rien dire, pendant de long instants.

Immédiatement, cette scène m’a ramenée en arrière.


Nous sommes le 5 mars 2016. Le Lardon a dix heures de vie. D’ailleurs, à ce moment là, il n’est pas encore le Lardon. Il n’a pas encore de surnom. Il faut dire que son papa et moi venons de découvrir depuis seulement quelques heures son prénom, parmi les deux que nous avions choisis. Je prends d’ailleurs un immense plaisir à m’écouter le prononcer : il est simple, il est doux. Je le teste, en parlant, en chantant. Est-ce qu’il lui va bien ? Oui, il me semble.

Je suis donc une maman-depuis-dix-heures, avec mon fils. Ce petit bébé est d’ailleurs si nouveau qu’à ce moment là, je ne pensais même pas à lui en terme de « fils ». (Ce n’est que le lendemain que ça m’a frappé, quand quelqu’un m’a demandé « C’est votre fils ? » Pardon ? Comment ça mon fils ? J’ai un fils, moi ? Oh mais oui, j’ai un fils ! Ce bébé, qui est là, c’est mon fils ! À moi ! Et je suis ça mère !) (Pour l’instinct maternel, on repassera…).

Je suis donc là, seule dans la chambre, avec ce bébé que je ne connais pas encore très bien. Le BienJoliPapa vient de repartir pour rentrer à la maison. (La maternité où j’ai accouché n’accueillait pas les papas le soir, et sur le coup, je crois que ça nous a paru normal). Je n’ai pas vraiment de souvenirs de cette première nuit et je ne me souviens plus vraiment de mon état d’esprit à ce moment là. Étais-je inquiète quand le BienJoliPapa est parti ? Étais-je encore fatiguée de l’accouchement ? Ou bien heureuse et sur un petit nuage ? Le bébé dormait-il ? A-t-il beaucoup pleuré dans la nuit ? D’ailleurs, ai-je dormi entre les courbatures de l’accouchement et les douleurs des suites de couches ? Rien n’y fait, plus j’essaye de revivre cette première nuit, moins j’y arrive : je ne me souviens de rien. Sauf d’un moment très particulier.

Ce moment où j’ai pris le bébé de son petit berceau en plastique, et je l’ai posé à côté de moi dans mon lit d’hôpital. En ce faisant, je crois que j’avais peur de beaucoup de choses : de m’endormir, de le faire tomber, de l’écraser, de ne pas faire comme il faut, de me faire gronder par une sage-femme qui passerait par là.

Mais je me suis contorsionnée pour me glisser dans le lit, et je me suis allongée à côté de lui. Nos visages étaient à quelques centimètres l’un de l’autre, il a ouvert ses grands yeux, tout noirs, et on s’est regardés, sans rien dire, pendant de longs instants.

Alors, je me suis présentée. Je ne sais plus trop ce que je lui dit, sûrement que j’étais sa maman, et que j’allais m’occuper de lui. Peut être qu’il était beau ou que je l’aimais, je ne sais plus. Je me souviens seulement de ses grands yeux noirs, à quelques centimètres de mon visage. Je me souviens qu’il m’observait intensément, comme s’il semblait se dire : C’est donc toi ma vie maintenant ? C’est toi cette voix que j’ai entendu tout ce temps quand j’étais in-utero ? Et je me souviens que pendant ce moment, complètement hors du temps, une vague d’amour m’a traversée. Je crois que c’est à ce moment là que j’ai compris ce qu’était l’amour inconditionnel.


Deux ans, quatre mois et quelques jours plus tard donc, nous nous observons à nouveaux les yeux dans les yeux. Je repense à notre première nuit et je constate que rien n’a vraiment changé : il a toujours ses grands yeux noirs qui me regardent intensément et son visage concentré. Je me demande s’il se souvient comme moi de cette première nuit, s’il pense à mon amour inconditionnel.

Et puis, il sort sa petite main de sous la couverture, la glisse sous mon menton, et commence à me chatouiller. « Guilli guilli guilli » s’esclaffe-t-il, complètement rigolard.

Ah oui, j’oubliais. Le Lardon a maintenant deux ans : l’amour inconditionnel il trouve ça chouette, mais pas autant que chatouiller sa mère, car, ça c’est quand même vachement plus drôle ! 😂