Les premiers jeux de société

Depuis mon enfance, je suis une grande fan de jeux de sociétés. Alors puisque ces dernières années, je joue beaucoup moins (suivre une partie entière sans être interrompue par une tétée/une couche/des pleurs est alors devenu compliqué impossible) je suis ravie de commencer un nouveau cycle de jeu avec le Lardon !

C’est vers ses deux ans que j’ai commencé à lui présenter quelques jeux. Au vu de son jeune âge, je les ai choisis mettant l’accent sur la sensorialité : la plupart de ces jeux présentent de (grosses) pièces, pour le plus grand plaisir de ses petites mains. D’ailleurs, pour le Lardon, l’expérience du jeu inclut aussi bien la partie elle-même que l’installation des pièces et le rangement dans la boîte à la fin (enfin, ça, ça n’est pas systématique non plus 😅) : il faut dire que manipuler des objets et mettre de l’ordre (même s’il semble un peu obscur pour nous !) sont généralement des activités prisées des bambins de cet âge !

Dans cet article, j’avais donc envie de vous présenter les jeux que nous possédons aujourd’hui à la maison : notre collection s’est construite un peu par hasard, au gré des trouvailles en brocante, des dons et de la récup auprès de nos parents/amis ; pourtant chacun de ces jeux apporte son petit quelque chose.

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Nos jeux sont rangés en libre service sous la table basse, et il est rare qu’il se passe une journée (ou plutôt une soirée) sans un petit jeu ; cela fait même partie du rituel avant le coucher : « Mon programme ce soir, annonce le Lardon chaque soir, c’est un biberon, un jeu, une histoire et au dodo ! »

Le jeu de la pêche

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Je vous l’avais déjà présenté puisqu’il faisait partie du sac à surprise rempli en prévision d’un long voyage : ce jeu est très chouette pour se familiariser avec la base des jeux de sociétés : jouer à tour de rôle.

Et si l’enfant n’est pas encore réceptif (ce fut le cas pour le Lardon pendant un moment), ça n’entache en rien le plaisir de jouer : la boîte métallique, les aimants, les pièces en bois, les canes à pèches sont autant de petits objets à manipuler qui permettent des tonnes de jeux libres.

Le notre vient de Flying Tiger mais ce genre de jeu se trouve très facilement en vide grenier ou sur Vinted.

Le jeu de loto

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Voilà un autre classique qu’on trouve très facilement d’occasion : le jeu du loto. ; où en plus de la notion de tour de jeu, on introduit celle de pioche et de hasard.

Quand au principe même du jeu, inutile de le rappeler j’imagine… Mise en paire, utilisation du vocabulaire : le loto a tout pour plaire aux petits de 2-3 ans.

Mon premier verger

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Le Jeu du Verger est certainement le plus grand succès de chez Haba ; il existe d’ailleurs en multiples versions différentes : Mon premier verger, Le verger, Mini-verger, Le petit verger, le Super Mini Verger (…) et même les applications mobiles (Euh… ça va Haba ? Vous pouvez peut-être vous calmer sur le marketing non ?).

De mon côté, je suis ravie d’avoir trouvé la version Mon premier verger en brocante : cette version est vraiment idéale pour les touts petits avec ses grosses pièces en bois très agréables à manipuler (et qui se transformera facilement en jeu libre si l’enfant n’est pas prêt à se concentrer sur des règles).

C’est avec le Jeu du Verger que j’ai initié le Lardon a principe du dé* : comme pour la majorité des jeux destinés aux petits, on y retrouve des points de couleur (les dés à points viendront plus tard, pour les enfants sachant déjà dénombrer).

Le Jeu du Verger a aussi la particularité d’être collaboratif : il faut cueillir tous les fruits avant que le corbeau n’arrive dans le champ (mais à la maison, on est tellement dans la collaboration que le Lardon préfère arrêter la partie avant de cueillir le dernier fruit « pour pas que le corbeau il est triste »).

Bref, c’est un jeu très chouette pour se familiariser aux règles et au début de stratégie : le dé possède une face spéciale (un panier), permettant de choisir le fruit que l’on cueille. À trois ans, le Lardon n’y est pas encore : il préfère choisir un fruit par affect plutôt que pour augmenter ses chances de gagner 😅.

À noter que chez Haba, pour les enfants ayant l’habitude de jouer à des jeux de société, la version Le petit verger sera probablement plus intéressante sur le long terme : un peu moins chère, elle propose un peu plus de challenge puisque les enfants devront, en plus de la chance, faire appel à leur mémoire et leur esprit de déduction.

Le jeu des bisous

Découvert via Odrai, je n’ai pas pu résister au Jeu des bisous de Arplay en découvrant qu’il était disponible pour moins de 5€ sur Vinted ! C’est (encore) un jeu qui fait appel aux couleurs, dans lequel les joueurs collaborent pour compléter une fleur aux couleurs de l’arc-en ciel.

Mais le principal intérêt de ce jeu réside dans sa mignonnitude : à chaque pièce posée, on gagne le droit de faire un bisou ! Bisou dans le cou, bisou royal, bisou eskimo, bisou sur la joue… Clairement mon jeu préféré de tous (si le Lardon se laissait embrasser !)

Le chipe-couverture

Dans ce jeu dégoté en brocante, il s’agit de s’assurer que tous les petits lutins sont bien couverts pour aller dormir. Aucun évolution côté concept ici : des tours de jeux, un dé de couleurs, bref la routine pour le Lardon !

La seule nouveauté, c’est l’aspect « compétitif » du jeu : une face du de spéciale permet de piquer une couverture à un adversaire pour couvrir un de ses lutins. Mais pour le moment, ça n’intéresse pas le Lardon : il n’aime vraiment pas qu’on pique les affaires des autres, alors on a choisi de passer son tour, simplement 😅.

J’aime bien jouer à ce jeu avant d’aller au dodo, en souhaitant une bonne nuit à chacun des petits lutins (mais soyons honnête, ça n’a strictement aucune incidence sur la rapidité ou le calme du coucher 😅…)

Little Observation

Impossible de parler jeux de sociétés sans parler de la gamme Little de Djeco. Un jour que j’allais chercher un énième Relais Colis dans la boutique de jeux à côté de mon travail, j’ai fini par craquer et en acheter un neuf. J’ai jeté mon dévolu sur Little Observation, ou encore « le jeu des papillons » comme on dit par ici.

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Hey, devinez, encore un jeu qui fonctionne avec… des couleurs (vous le sentez que j’ai hâte que le Lardon sache dénombrer pour passer à d’autres types de jeux ? 😇) ! Mais là, on augmente en difficulté : il faut lancer deux dés et trouver le papillon qui possède les deux bonnes couleurs.

Les premières fois qu’on a proposé le jeu au Lardon, c’était loin d’être facile pour lui : retenir deux instructions ? Pas encore ! Mais, au fil des mois, c’est un plaisir de voir qu’il repère maintenant de plus en plus vite le bon papillon ! Et puis, comme pour les jeux déjà présentés, la présence de petites figurines à manipuler (en plastique, dommage) ajoute beaucoup à l’attrait du jeu !

Pour l’instant, on joue chacun son tour mais je pense qu’on pourra bientôt passer en mode « jungle speed » (que le plus rapide gagne !).

Jeu de mime et d’imitation

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C’est le premier jeu de carte que j’ai présenté au Lardon, et c’est un bon test pour voir s’il est prêt à rentrer dans des jeux plus abstraits (la réponse est : non, pas encore !). Piocher une carte et résister à l’envie de dire à voix haute ce qu’elle représente est un sacré challenge encore !

Mais même si le principe est encore un peu compliqué à 3 ans, cela ne l’empêche pas de sortir le jeu de temps en temps (je crois qu’il aime me voir imiter quelqu’un qui se brosse les dents…)

Le notre vient de chez Flying Tiger mais c’est typiquement le genre de jeu facile à fabriquer soi même !

Le memory

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Voilà un autre classique, pour lequel le Lardon n’a aucun interêt 😅. La mise en paire l’amuse quelques minutes, nous ne sommes pas encore au stade de faire appel à sa mémoire. On y viendra plus tard !

Petits musiciens

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Dernier arrivé à la maison lors d’une brocante fort pluvieuse, Petits musiciens de Haba est un jeu qui en contient plusieurs ; et ça déplait fortement au Lardon qui n’aime pas qu’on change les règles à chaque fois, oups !

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Pour l’instant, je ne peux donc pas vous en dire beaucoup, nous n’avons essayé qu’un seul des 8 jeux proposés (sans compter le jeu libre, ça on a bien testé !) : d’après le petit livret, les propositions semblent plutôt variées : première approche du système de partition, localisation du son dans l’espace, mémory auditif etc. Et une chose est sûre, le matériel est plutôt chouette : le plateau double-face est grand, les illustrations des pièces en bois et des jetons sont très mignonnes mais surtout les petites cloches plaisent beaucoup !


Voilà pour le moment : je me rends compte qu’en un an, j’ai finalement acquis pas mal de jeux avec le temps (et pour moins de 40€ 💪), présentant des caractéristiques assez différentes ! Cette variété me permet de voir quelles sont les mécaniques de jeux bien acquises par le Lardon, et celles qui ne l’intéressent pas. C’est un indicateur bien plus précieux que l’âge recommandé sur les boîtes.

Et puis, en un an, j’ai aussi eu le temps de constater que, de la même manière que la lecture à un bébé n’est pas toujours comme je l’avais imaginé, il en est de même pour les jeux. Par exemple :

  • Selon ses besoins, un enfant aura parfois besoin d’arranger les règles en sa faveur (ou pas) ou au contraire de les respecter à la lettre.
  • Quand les jeux de plateaux manquent d’une dimension physique, qu’à cela ne tienne, il suffit de les inventer ! En ce moment, le Lardon est en pleine phase de motricité : il bouge tout le temps. C’est pour ça qu’il n’est pas rare qu’il choisisse de faire rouler le dé à 5 mètres du jeu (pour le plaisir de courir entre les deux zones à chaque fois) ; qu’il choisisse de faire le tour entier de la table basse pour aller chercher le bon papillon ; ou encore qu’entre chaque tour de jeu, il escalade le canapé/une chaise/la table pour en redescendre inlassablement 30 secondes plus tard…

* À propos de l’introduction de l’utilisation d’un dé à un enfant de deux ans : j’ai testé pour vous, on ne dit pas « Lance le dé » mais plutôt « Fait rouler le dé », sous réserve sinon de voir le dé voler dans la pièce. Ne me remerciez pas pour ce conseil gratuit qui sauvera peut être votre télé 🤣.

Et vous, quels sont les premiers jeux de sociétés auxquels vous avez joués avec vos enfants ?

Récit d’accouchement : l’éclosion du Bourgeon

C’est une histoire en 3 actes, qui sera pour le moins intime : si vous êtes mal à l’aise avec les récits d’accouchements et les divers fluides qui peuvent sortir du corps humain, ne vous infligez pas la lecture de cet article, je ne le prendrais pas mal, bien au contraire !

Acte 1

5h17 : Je me réveille par des contractions. Bon, ça fait plusieurs jours qu’elles sont régulières, toutes les 10 minutes alors maintenant, j’ai l’habitude : je m’enfile deux Spasfon, et ça va se calmer.

7h30 : Six Spasfon plus tard, et ça ne s’est toujours pas calmé. Le réveil du Bien Joli Papa sonne, c’est donc le moment parfait de lui demander : « Coucou mon amoureux, tu as bien dormi ? Dis, au fait, tu avais prévu d’aller travailler aujourd’hui ? » . Il sent le piège et me regarde de travers : « Pourquoi tu me demandes ça ? ». Je tente de le rassurer « Oh rien comme ça, pour savoir… ». Croyez le ou non, lui, qui a d’habitude besoin de 20 minutes pour émerger, saute du lit et est douché/habillé en moins de temps qu’il m’en faut pour l’écrire.

7h45 : De mon côté, je réveille doucement le Lardon. Il me voit noter les contractions sur mon téléphone. Comme il a déjà vécu plusieurs fausses alertes, il commence à être rodé et me demande si le bébé va bientôt arriver. Je n’ose pas être catégorique même si je pense vraiment que cette fois « c’est la bonne ». Je lui confirme donc que oui, son Papa va le déposer chez la nounou un peu plus tôt que d’habitude, puis m’emmener à la maternité. Comme son père, le Lardon sent que le moment est particulier : il est beaucoup plus réactif que d’habitude et est prêt à partir en 10 minutes (plutôt que 60…) Je lui fait un gros énooooorme câlin et promet de lui téléphoner dès que le bébé sera avec nous « après ton goûter je pense ».

8h10 : Je suis seule à la maison et j’en profite pour prendre une bonne douche brulante. Soudainement, je fonds en larme en pensant à mon bébé, mon tout petit bébé, mon tout petit Lardon, qui va soudainement être grand frère : ça me rend toute chose.

8h30 : Je suis passée à un rythme de « contractions toutes les 6 minutes » et ça n’est pas encore vraiment douloureux mais ça commence à être plutôt désagréable. Et surtout, je réalise qu’on est sur le scénario redouté : trajet pendant les heures de pointes. Je repense en souriant au kit que mon amie sage-femme nous a préparé « au cas où tu accoucherais dans la voiture » (des alèses, un lange pour emballer le bébé, deux pinces clampes et des ciseaux pour couper le cordon) que je ne compte vraiment pas utiliser. Je n’ai alors plus qu’une idée en tête : être à la maternité, afin d’avoir l’esprit plus tranquille. Valise et sac sont prêt devant la porte, j’attends de pied ferme le retour de l’amoureux.

8h33 : Le voilà qui revient de chez la nounou ! Je saute dans la voiture. J’appréhende un peu les 40 minutes de route (s’il n’y a pas de bouchons) qui nous attendent, en espérant surtout que les contractions ne s’intensifient pas trop côté douleur…

8h50 : Le trajet se passe très bien : on discute tranquillement, en vérifiant par exemple qu’on est d’accord sur le prénom de fille et de garçon. Pendant ce temps là, les contractions passent doucement sur du « toutes les 4 minutes » puis « toutes les 3 minutes ». J’arrive à gérer la douleur en me concentrant bien ; et puis la playlist concoctée par l’amoureux m’aide à me détendre. L’atmosphère est finalement très sereine mais plus on se rapproche de la maternité, plus je ressens une fatigue incroyable. Non, pas une fatigue, une flemme. Oui, voilà, c’est totalement ça : j’ai la flemme de vivre les heures qui vont arriver, je voudrais que le bébé soit déjà là. Ou que ça soit à l’amoureux d’accoucher tiens, y en a marre que ça soit toujours les mêmes qui accouchent dans cette famille !

Acte 2

9h15 : On arrive enfin ! On se gare, on est plutôt guillerets : on sonne à la porte des urgences avec le sourire. « Oui bonjour, c’est pour quoi ? » Je réponds hésitante « Euh, pour accoucher je crois… » Visiblement, ça suffit comme raison et ça fait rigoler la dame : « Et bien, vous avez l’air en forme ! Entrez, c’est au fond à droite. »

9h17 : On attend dans un couloir. Une sage-femme me demande de faire un tour aux toilettes pour récupérer mes urines. Je m’exécute, et constate au passage que je perds du sang : ouf, ça veut dire que mon col bouge. La part de moi qui a peur de « déranger tout le monde encore une fois pour rien à cause d’un faux travail » est grandement rassurée !

9h30 : Une sage-femme est enfin disponible pour m’examiner. Elle m’installe dans une salle d’examen, une petite salle contenant 2 boxes séparés par des rideaux. Elle me demande si elle peut me faire un toucher vaginal pour voir où j’en suis. Le verdict est une douche froide pour moi : « col ouvert à un ». C’est psychologique mais j’espérais être « au moins à 3 », comme je l’étais quand je suis arrivée à la maternité pour le Lardon. Elle m’explique alors : « Visiblement, ça n’est pas pour tout de suite. Je vais quand même vous poser un monitoring pour voir si on vous garde. Sinon, il faudra revenir plus tard, quand le travail aura commencé. »

9h32 : Une fois harnachée au monito, la sage-femme retourne à ses autres patientes, pendant que l’amoureux va se chercher un café. De mon côté, j’envoie quelques messages à des proches et des ami•es.

9h42 : J’ai lâché mon téléphone : je ne suis plus capable de faire autre chose que de me concentrer sur les contractions qui deviennent franchement douloureuses. Et surtout, j’attends le retour de l’amoureux avec impatience : j’ai besoin d’écraser la main de quelqu’un !

9h45 : La sage-femme vient voir où j’en suis côté monitoring « Booon, effectivement, vous contractez bien, on va donc vous garder : il faudra dire à votre mari d’aller vous faire des étiquettes pour qu’on vous prépare une chambre pour ce soir. » Par ailleurs, comme elle a pris le temps d’aller lire mon dossier, elle vérifie avec moi : « Vous souhaitez un accouchement physiologique, c’est bien ça ? Quand vous serez un peu plus avancée, on pourra vous installer dans la salle nature, c’est moi qui vous accoucherait. En attendant, vous voudriez aller marcher autour de la maternité ou vous préférez rester ici avec un ballon ? » Marcher me semble sur-humain, je choisi donc le ballon. De son côté, elle remarque que les contractions qui interrompent notre conversation semblent me faire bien souffrir et elle propose de me ramener une bouillotte chaude pour mon dos. Je l’aime déjà d’amour pour sa sollicitude.

9h47 : Je téléphone à l’amoureux pour l’envoyer en mission « étiquettes » (tout en maudissant intérieurement l’inventeur de ces putains de bouts de papier : qu’est-ce qu’on s’en fout de la paperasse putain, j’ai mal, reviens chéri !!)

10h10 : Ma main préférée (et l’amoureux qui est attaché avec) est de retour (avec les étiquettes), ça va un peu mieux. Au même moment, la sage-femme me ramène la bouillotte et m’autorise à me détacher du monitoring : j’ai alors l’espoir de mieux gérer la douleur en retrouvant ma mobilité.

10h18 : La sage-femme nous ramène le ballon tant attendu. J’essaye de trouver un rythme mais c’est compliqué : mon box est si petit que chaque fois que je m’assied sur le ballon, je cogne la machine à monitoring du lit de derrière. Quand à mes tentatives de guider l’amoureux pour qu’il m’accompagne dans la douleur, rien ne me convient : les contractions sont trop rapprochées, j’ai mal à trop d’endroits, il ne masse pas comme il faut, j’ai quand même mal. Bref, ça ne va pas du tout.

10h30 : Et en plus, j’ai envie de faire caca.

10h35 : La sage-femme passe une tête pour savoir comment ça va : « Côté douleur, entre 1 et 10, vous en êtes à combien ? » Sa question me prend de court : comment est-ce que je sais moi ? Ne sachant pas quoi répondre, j’essaye d’être logique : j’ai vraiment mal MAIS je viens à peine d’arriver, si je dis un chiffre trop grand, je ne vais pas pouvoir gérer la douleur ensuite quand ça va augmenter ; alors je réponds « 5 ». Aussitôt dit, je regrette : je sais pertinemment que je ne pourrais jamais supporter le double de cette douleur, j’aurais du dire 8 ou 9, mais essayez de penser logiquement à ce stade vous…!

10h40 : Et toujours cette envie de pousser… Je demande à la sage-femme si je peux aller aux toilettes. Elle trouve ça un peu louche et propose de m’examiner d’abord plutôt. Je crois qu’elle a bien fait : « Oh ! Vous êtes à dilatation complète… Euh, on va aller s’installer en salle nature plutôt, ça vous va ? J’ai vraiment pas envie de faire ça ici ! »

10h41 : Je suis sous le choc. Dilatation complète ? Ça veut dire que mon bébé va arriver, là bientôt ?? Mais je ne suis pas prête, pas déjà ! J’ai les larmes aux yeux, mon amoureux aussi. Il me sert fort dans ses bras avant que l’on commence à se déplacer vers la salle de naissance.

10h42 : Ah non, on va attendre la fin de cette putain de contraction d’abord. PUTAIN ÇA FAIT MAL.

Acte 3

10h44 : La contraction est passée, la sage-femme m’aide à courir (on a probablement juste marché mais bref) dans la salle nature (par chance, elle jouxte la salle d’examen) pendant que l’amoureux nous suit avec toutes nos affaires.

10h45 : J’entre dans la salle nature : l’éclairage est très tamisé mais dans la pénombre, j’aperçois à ma gauche un lit d’hôpital surélevé, et derrière une grande baignoire (dont je ne profiterais jamais !). Et à ma droite, un grand lit au sol. Je me jette dessus à 4 pattes tout en baissant mon pantalon (je suis la classe incarnée).

10h46 : Je suis donc installée là, sur les genoux, les bras appuyés sur le ballon, avec mon amoureux devant moi (pratique pour lui broyer les mains). Ma sage-femme est rejointe par une autre personne, elles m’encouragent : « Parfait, si vous êtes bien installé, vous pouvez y aller ! Vous pouvez pousser maintenant, ou bien attendre une contraction, c’est vous qui le sentez ! »

10h47 : En parlant de contraction, en voilà une qui arrive. Je pousse. Ça sort ! C’est… un caca ! (je suis la classe incarnée bis) (mais franchement, maintenant que c’est fait, ben, ça va mieux, je vais pouvoir me concentrer sur l’autre truc à pousser) (merci à la sage-femme d’avoir essuyé tout ça discrètement, quel beau métier tout de même !)

10h49 : Une nouvelle contraction. Je hurle, je pousse. Je sens que ça fait splatch. Alors je commente à mon amoureux « C’est la poche des eaux ». Derrière moi, les sages-femmes acquiescent en rigolant et m’encouragent « Oui, c’est ça, bravo, continuez ! »

10h51 : Je sens le bébé descendre et d’un coup, sa tête qui est là, et qui appuie. Je sanglote dans les bras de mon amoureux « J’ai maaaal, j’ai maaaal » et pendant un moment, je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus comment m’en sortir, je voudrais tout arrêter. Et puis, je comprends que je n’ai pas le choix : je dois pousser, mais genre vraiment. Je rassemble alors mes forces, et je crie, un de ces cris qui part de très bas et qui sort des entrailles. Je me sens puissante et totalement en contrôle : je pousse la tête hors de mon corps en pleurant « Il est là ! Mon bébé, il est là ! »

10h52 : Je vérifie : oui, je touche sa tête ! Une sage-femme me demande si je veux l’attraper. Évidemment !

10h54 : Nouveau rugissement bestial, nouvelle poussée, et je sens le bébé qui termine son passage jusqu’à moi. Je glisse mes mains entre mes jambes pour l’accueillir avant de m’assoir en le blottissant contre moi. Mon bébé, il est là ! À peine quelques minutes auparavant, il était dans mon ventre, et là, il est contre moi, c’est tellement irréel !

Naissance du Bourgeon

Je suis sous le choc, c’était complètement fou et puissant !


La suite est un peu plus floue pour moi : en même temps que je couvre mon bébé de bisous, l’amoureux coupe le cordon une fois qu’il a fini de battre, puis je sors le placenta. Oh, et à un moment donné dans tout ça, le Bien Joli Papa demande à regarder entre les jambes de notre bébé pour m’annoncer son prénom !

S’en suit alors le moment le plus long et inconfortable de cet accouchement. Je suis maintenant allongée sur le dos, sur ce lit au sol qui me paraît alors aussi agréable qu’une planche. L’éclairage tamisé aussi à changé : déchirure oblige, la sage-femme allume sa lampe d’interrogatoire médicale et la braque sur mon entre-jambe (et mes yeux au passage). On tripote mon ventre pour vérifier que tout est sorti, on me recoud. Mon corps entier est douloureux, je tremble et sursaute à chaque point de suture.

Et puis, après un temps qui semble interminable, les sages-femmes ont fini leur travail sur moi : elles nous replongent dans la pénombre, et nous laissent tous les trois. C’est l’heure de téléphoner à notre Lardon d’amour. Je demande à mon chéri de parler, moi je ne peux pas : je suis trop émue, trop sous le choc. « Le bébé est là mon coeur, tu as un petit frère. » La réaction du Lardon n’est pas tout à fait celle que l’on attendait : « Maman a plus de bébé dans le ventre ! Ça veut dire que quand elle sera reposée, elle pourra me porter ! » répond-il de manière très pragmatique, comme toujours (oh, mon petit, mon tout petit, que je n’ai pas pu porter dans mes bras depuis si longtemps, à nouveau mon coeur se serre pour lui !).

On embrasse ensuite fort notre aîné avant de reporter notre attention sur notre deuxième fils. Dans la pénombre je perds toute notion du temps mais en vrac : je lui offre une tétée d’accueil, je peste contre ce lit au sol qui est vraiment vraiment inconfortable et surtout je m’extasie devant ce petit bébé qui est tellement différent du Lardon mais tout aussi précieux !


Acte 4 (bonus)

Le lendemain, dans ma chambre d’hôpital, au détour d’une conversation, l’amoureux me lâche : « J’ai réfléchi ma chérie et si je devais décrire ton accouchement en deux mots, je dirais rigolo et émouvant.

— Pardon ? T’es sérieux là ? Rigolo ?? RIGOLO ??? RI-GO-LO ??? Ton deuxième fils m’a déchiré en sortant, et tu trouves ça rigolo ????

— Non mais chérie, t’as pas vu ce que j’ai vu ! Tu étais là à accoucher pendant que les sages femmes couraient partout ! Il manquait juste la musique de Benny Hill ! Tu leur as mis la pression, y a rien qui était prêt… C’est tout juste si on était pas seuls dans la pièce à un moment, elles arrêtaient pas d’aller chercher des trucs et parfois, une sage-femme qui passait la tête par la porte pour dire « Poussez madame, c’est bien ! ». Quand tu poussais tes cris de tennis-woman, elles avaient même pas eu le temps de fermer la porte de la pièce, c’est une de leur collègue qui est venu le faire… »

Et il continue « Et puis quand tu m’as dit ‘Il est là’, c’était émouvant, j’ai pleuré ! Il était là !!

— Ooooh, tu as pleuré ?

— Bah oui ma chérie, j’ai pleuré ! »


Voilà. C’était donc le récit de mon accouchement fort, puissant (et rigolo…) Je me sens extrêmement chanceuse d’avoir pu vivre et ressentir cela et je suis vraiment impressionnée par le travail des sages-femmes qui ont su m’accompagner et m’encourager dans ce moment malgré la précipitation des événements !

Des livres sonores qui durent

En bonne bobo-écolo que je suis, j’essaye de limiter au maximum les jouets fonctionnants à piles : c’est polluant à la fois pour notre sensible planète (les piles sont très énergivores à produire, extrêmement nocives pour la planète ; tout ça pour des jouets ayant une durée de vie très limitée) mais aussi pour mes sensibles oreilles (qui dit jouet à pile dit jouet qui fait du bruit).

En revanche, il y a deux choses que j’aime plus que tout : les livres, et avoir du temps pour moi. Pour ces deux raisons, les livres sonores sont un compromis que j’accepte à la maison : oui, les sons détournent l’attention de l’enfant mais… c’est le but ! (D’ailleurs, vous l’aurez remarqué : à mon sens, tous les moyens sont bons pour attirer les enfants vers l’objet livre !) Ainsi, quand le Lardon « lit » un livre sonore appuie frénétiquement sur tous les boutons d’un air extatique, je demande mentalement à Maria Montessori de ne pas me juger, et je profite du « calme ».

Mais trouver un bon livre sonore, c’est-à-dire un livre sonore qui dure, est loin d’être une chose aisée ! Quand je constate qu’un livre neuf cesse de fonctionner au bout de quelques mois, voir semaines, je suis franchement dégoutée, et je jure qu’on ne m’y reprendra pas… (Jusqu’à ce que je me souvienne combien ils plaisent au Lardon…)

Alors pour éviter de me faire (ré)avoir, voici donc une petite liste non exhaustive des livres que nous avons testés, en deux catégories : les bonnes et les mauvaises surprises.

Les bons élèves

Nous possédons ces livres depuis plusieurs mois, voir années et ils fonctionnent toujours du feu de Dieu malgré une utilisation intensive. Bravo à leurs constructeurs !

Les livres sonores Vtech

vtech-1Je commence par les fameux livres vTech, aussi insupportables qu’appréciés par les enfants : ceux qui chantent en boucle les mêmes chansons (« Les petits poissons, daaaans l’eau… »).

Je voue à ces livres des sentiments mitigés, entre amour et haine : ils sont très moches, très en plastique. MAIS le Lardon adore le sien depuis ses 6 mois, nous offrant ainsi de longues plages d’autonomie.

Le livre qu’on nous a offert était déjà passé entre les mains de 3 ou 4 enfants et fonctionne toujours de manière impeccable (hélas). Côté durée de vie donc, rien à redire : c’est mieux qu’un de nos jouets pour adulte (coucou les téléphones qui ne durent même pas deux ans…).

Les livres sonores de chez Auzou

 

Nous possédons Je découvre les transports (évidemment), mais il en existe une petite dizaine d’imagiers sonores ou de livres de comptines.

Acheté initialement pour accompagner un long voyage il y a un an et demi, les boutons et le son produit ne montrent aucun signe d’usure malgré une utilisation intensive d’un Lardon, qui n’était pourtant pas encore en mesure d’être soigneux à l’époque ! (Les pages déchirées ont en revanche été témoin de cet apprentissage délicat de la délicatesse…).

Les récits sonores de Sassi Editore

 

C’est une amie qui m’a fait découvrir cette maison d’édition italienne, et cette série de récits sonores : les illustrations de ces albums sont magnifiques et colorées, mais surtout, il y a une véritable histoire accompagnée d’une belle morale. Nous avons Dans la forêt mais j’aurais du mal à résister au orange de la couverture de Dans la savane si je le croisait en librairie !

Voilà de belles idées de cadeaux pour des enfants étant en mesure de maîtriser leur geste (le déclenchement du son n’est pas toujours facile).

Les livres sonores de Gallimard Jeunesse

 

Il est un peu tôt pour décider si l’exemplaire que nous possédons à la maison va tenir dans la durée, mais ceux de cette collection empruntés à la médiathèque me donnent bon espoir : le Lardon est d’ailleurs vraiment fan de Paco et la fanfare.

 

Les mauvais élèves

Je ne mettrais pour ces livres pas de liens vers une fiche produit : ils m’ont trop déçus, avec une durée de vie inférieure à quelques mois… 😓

 

Ainsi, première grosse déception pour les livres sonores de la maison Gründ : nous en avons eu plusieurs, aucun n’a tenu… Ceux empruntés à la médiathèque ne semblent pas avoir plus de succès (forcément…). Plus de ça chez nous, notre planète mérite mieux que ça !

 

Quand à ceux de chez Milan, si j’adore leurs illustrations toutes mignonnes, je suis en revanche aussi bien déçue de leur qualité. Dommage.

 

Et chez vous, quelle est la durée de vie moyenne d’un livre sonore ? Avez-vous eu des mauvaises (ou bonnes) surprises ?

Des livres-jeux pour redonner goût à la lecture

Partager le goût des livres à un enfant n’est pas toujours un parcours linéaire, loin de là ! (En même temps, qu’est-ce qui est constant avec un enfant ? 😅) (à part leur énergie je veux dire 😅😅).

Ainsi, le Lardon peut parfois réclamer 10 livres par jour ; puis rien pendant des semaines. Alors dans ces périodes où il n’est « pas très livre » (et où son petit corps blotti contre moi pour un moment calme me manque), je lui propose parfois des albums qui feront appel à sa mobilité et sa motricité : rien de tel pour renouer avec l’objet livre, et la lecture !

Voici donc une sélection de livres-jeux (parfois aussi appelés livres participatifs ou livres interactifs) que nous possédons ou avons croisé à la bibliothèque, et qui donneront peut-être à vos petits, comme ça l’a fait pour le Lardon, envie de s’investir dans la lecture de mille et une manière différente 🙂. Lire la suite

J’ai testé : aller à un anniversaire d’enfant sans cadeau

Note d’introduction : j’ai hésité à publier cet article, qui est une réflexion sur la consommation de mon point de vue de personne privilégiée. Pour les 10% de la population française pour qui offrir des cadeaux n’est même pas une option, mes états d’âmes vont paraître bien futile et je m’en excuse !

Si je devais dater ma prise de conscience autour de ma (sur)consommation, je crois que ça a commencé pendant la première année du Lardon (j’en avais déjà parlé). J’ai d’abord commencé par acheter plus souvent d’occasion et moins souvent neuf. Et puis, au fur et à mesure de mon cheminement, j’ai commencé à moins acheter tout court.

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Dormir avec un nouveau né

J’avais oublié à quel point, quand ça dort, un nouveau né FAIT DU BRUIT. Pour ceux qui n’ont jamais dormi avec un bébé, je vais essayer de vous expliquer cela.

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Hum… voyons. J’ai pris des notes cette dernière semaine en essayant de décrire les bruits que l’on entend dans la chambre. Un nouveau-né qui « dort », c’est un peu comme… :

  • une porte qui grince,
  • un pneu qui crisse,
  • une chèvre parfois (si si !),
  • ou alors une personne faisant une crise d’asthme,
  • Enfin bon, globalement ça ne ressemble à rien,
  • Ou peut être à une personne constipée,
  • ou bien un petit vieux au bord de l’agonie,
  • avec des airs de zombie.

Bref… tout ça pour dire : le Bourgeon est arrivé en même temps que le printemps, et le cododo se passe plutôt bien (quand on arrive à dormir 😅).

Et chez vous, ça fait quel bruit un nouveau né ?

Coup de ♥️ jeunesse : Nous sommes là

« Ce livre a été écrit pendant les deux premiers mois de ta vie alors que je cherchais un moyen pour tout t’expliquer. Voici les choses que je pense que tu dois savoir… » Telle est l’introduction du livre Nous sommes là qu’Oliver Jeffers a écrit pour son fils, et pour lesquels j’ai eu un véritable coup de coeur. Laissez-moi vous en dévoiler un peu plus sur ce magnifique livre.

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« Bonjour, bonjour, bienvenue sur cette planète. »

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Que choisir pour porter son bébé ? (version addict)

Les premiers mois du Lardon, j’ai pratiqué ce que certains appellent le maternage proximal : allaitement, cododo, portage… Tout autant de pratiques qui m’étaient inconnues avant d’avoir un enfant, mais dans lesquelles je me suis très vite retrouvée. Et puis, le Lardon a grandit, s’est affranchi (plus ou moins) de moi et trois ans plus tard, seul le cododo subsiste, selon les périodes (enfin, quand la période dure depuis 9 mois, peut-on encore appeler ça une période ?!).

À l’aube de l’arrivée de ce nouveau bébé, où « tout recommencer » me fatigue presque d’avance, il y a cependant une chose que j’attends avec impatience : la perspective de porter à nouveau un petit bébé tout chaud contre moi, afin de retrouver ce sentiment de bien être quand l’enfant s’endort contre ma peau. Avec le Lardon, je n’avais jamais autant ressenti de bonheur pur que quand il posait sa tête contre moi pour s’endormir profondément ; oui, rarement mon fils ne m’avait paru autant à sa place que quand il était lové contre moi, la respiration calme et paisible. Et j’ai hâte de retrouver cette sensation unique ❤️. Lire la suite