Quand les livres jeunesses culpabilisent les parents

Disclamer : le brouillon de article a été depuis mon téléphone portable, pendant que je ne m’occupais pas de mes enfants (un m’interpellant sans cesse et l’autre escaladant mes genoux).

 

Parfois, les livres enfants nous font un électrochoc. C’est ce qui m’est arrivée l’autre jour à la bibliothèque. Le Lardon, le Bourgeon et moi étions en train de fouiller plus ou moins délicatement dans les bacs quand le Lardon a voulu que je lui lise une histoire. Ça tombe bien, j’avais déjà une belle petite pile de livres à côté de moi.

Puisque c’est ça je pars

J’avais notamment craqué sur cette couverture pleine de verdure  et l’air malicieux de la héroïne m’a donné envie d’en savoir plus.

👉 Puisque c’est ça, je pars !, de Yvan Pommaux (Ecole des loisirs)

Alors j’ai installé le Lardon sur mes genoux, j’ai posé mon téléphone à côté de moi (entre 2 bacs de livre, je discutais sur mon téléphone avec des ami.es) et j’ai commencé ma lecture.

Nous avons découvert l’histoire de Norma. Elle est au parc avec sa maman et comme tous les enfants, elle a plein de choses à lui dire : « Mamaaaan ! Mamaaaaan ! Maman-maman-maman-maman… » (J’ai super bien fait l’intonation en lisant à voix haute, j’ai un modèle qui me sollicite beaucoup aussi à la maison). Et sa maman elle, est comme toute les mamans : parfois, elle est avec sa fille mais pas totalement avec elle.

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Crédit photo : Sous le feuillage

Finalement, Norma, dépitée du manque d’attention de sa mère obnubilée par son téléphone, décide de partir. Très vite, elle s’enfonce dans un monde imaginaire. L’histoire devient complètement loufoque (je lui ai trouvé un petit côté Ponti, sans queue ni tête) : ça parle de doudou perdu, de tigres, d’amitié, de courage et de peur. A la fin, la maman raccroche son téléphone, et mère et fille se retrouvent. Si vous voulez en savoir plus sur cet album, Sous le feuillage en parle très bien.

Concernant Puisque c’est ça, je pars !, bien que vraiment fan des illustrations, j’avoue ne pas avoir adoré cet album. Moitié à cause du côté loufoque mais surtout parce qu’il m’a vexée. Oui, c’est vrai, parfois les parents portent plus d’attention à leur téléphone qu’à leurs enfants. Et alors, tu vas faire quoi ? Mais quand même, ça m’a fait cogiter. Je me suis demandé s’il existait d’autres livres sur le sujet, comment ils abordaient le sujet et puis même, quelle est leur morale ?

👉 Puisque c’est ça, je pars !, de Yvan Pommaux (Ecole des loisirs)

C’est un livre

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👉 C’est un livre, de Lane Smith

Sur le sujet, j’ai pensé au classique C’est un livre. Paru il y a 10 ans maintenant, cet album met en scène un âne, son ordinateur sous le bras, qui vient s’installer en face d’un singe, absorbé dans la lecture d’un livre.

Qu’est-ce que c’est que ça ?
C’est un livre.

Comment on fait défiler le texte ?
On ne peut pas. Il faut tourner les pages. C’est un livre.

On peut s’en servir pour chatter ?
Non, c’est un livre.

Dans ce dialogue de sourd, livre et nouvelles technologies sont mises en opposition. C’est drôle, plutôt bien fait et ça plait souvent aux enfants maaaais bon, dans notre famille où on lit aussi bien en numérique qu’en papier (et où je suis aussi facilement absorbée par mon téléphone que par un livre), je trouve ce parallèle un peu vieux jeux. Les deux peuvent cohabiter, non ?

Pour le plaisir, je mets quand même la version animée car elle est assez savoureuse :

👉 C’est un livre, de Lane Smith

 

Le doudou de maman

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👉 Le doudou de maman, de Denis Lévy-Soussan et Marjorie Béal

Je suis ensuite tombée sur cet album à la couverture très colorée. Dans cette histoire, une petite fille compare son doudou avec celui de sa maman. « Mais pourquoi maman a-t-elle le droit de câliner son doudou à tout bout de champ ? » « Pourquoi peut-elle l’amener partout, et pas moi ? » « Pourquoi lave-t-elle mon doudou, et pas le sien ? »

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Et puis quand sa maman perd son doudou, c’est la catastrophe ! Sans son téléphone (vous l’aurez compris, c’est le doudou), la maman est complètement perdue.

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La chute de l’histoire, c’est que c’est la petite fille qui l’avait caché, pour apprendre à sa maman « à grandir ».

Je n’ai pas feuilleté personnellement ce titre (mais ce post de Lama Libraire en donne un très bon aperçu) mais honnêtement, je n’y compte pas. Je ne le trouve absolument pas subtil : il s’adresse très clairement plus aux adultes qu’aux enfants ; et si déjà je me sentais culpabilisée par le titre précédent, celui la est pire : « Ma maman se prend pour une grande dame, pourtant, ma maman est une petite fille. » Ça va le paternalisme ? « Dès le réveil, elle attrape son doudou, déposé sur sa table de nuit avant de s’endormir. » Oui bon… touché… « Son doudou est tout froid et dur, le mien est doux et chaud et il sent bon. » Mouiii… C’est un peu de mauvaise foi ça monsieur l’auteur : mon téléphone n’est pas si froid (il surchauffe facilement) et honnêtement, un doudou d’enfant ne sent pas franchement bon…

Alors oui, c’est vrai : Le doudou de maman soulève un vrai problème d’addiction aux nouvelles technologies. Mais la culpabilisation et l’infantilisation n’ont jamais résolu des problèmes…

Next !

👉 Le doudou de maman, de Denis Lévy-Soussan et Marjorie Béal

 

Papa est connecté

Heureusement, il n’y a pas que des mauvaises mères, il y a aussi des mauvais pères ! Et celui là, il est plutôt pas mal dans le genre !

papa-est-connecte.jpg👉 Papa est connecté, de Phillipe Kemetter

«Le pingouin avec l’ordinateur, c’est mon papa.» Ce sont sur ces mots que commence l’histoire de cette famille Pingouin.

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Accro à son ordinateur, ce Papa Pingouin passe beaucoup de temps avec ses amis virtuels, au grand désespoir de sa famille.

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Mais un jour, catastrophe ! Il n’y a plus de réseau ! En partant à la recherche d’une connection, ce papa va se retrouver à la dérive sur un morceau de banquise.

L’album se finit sur une double morale :

  • le Papa est sauvé par un ours, un ami vrai de vrai (et pas un vulgaire ami virtuel) ;
  • de retour à la maison, il décide de surfer (littéralement !) sur son ordinateur : toute la famille s’amuse ensemble en passant un beau moment de qualité !

Cet album m’a un peu plus touchée (je me suis reconnue dans cette maman qui aimerait parfois que son mari lâche son écran) (noté que l’inverse arrive aussi hein) mais mais je suis chagrinée par la mise en opposition des amis virtuels versus les amis réels. Je pense qu’en 2020, on a suffisamment de recul pour savoir que des amitiés fortes peuvent naître sur internet ; pour évoluer vers des rencontres ou pas.

Bref, dans cet album, une diabolisation un peu trop simpliste des écrans à mon goût.

👉 Papa est connecté, de Phillipe Kemetter

 

Regarde, Papa

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👉 Regarde, Papa, d’Eva Montanari

Dans ce livre presque sans texte, on suit un papa complètement accros aux écrans et aveugle à son petit ourson pourtant plein de vie et d’idées pour attirer son attention.

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Petit Ours est pressé de se lever car aujourd’hui c’est jour de fête en ville ! Mais Papa Ours a du travail, il faut encore patienter. Une fois dehors, Petit Ours est émerveillé mais Papa Ours, lui, reste les yeux rivés sur son téléphone… Qu’à cela ne tienne, Petit ours va vivre sa propre aventure.
Une métaphore subtile et intelligente qui nous invite à lever les yeux des écrans et à profiter des beaux instants.

Finalement, le papa lâchera son téléphone pour admirer les frasques secourir son petit.

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Dans cet album, pas de texte pour culpabiliser ou infantiliser le parent «absent», mais des images toutes en poésie pour illustrer des situations parfois absurdes d’un point de vue extérieur.

👉 Regarde, Papa, d’Eva Montanari

 

En conclusion

J’espère que cette petite sélection vous aura plu et aura bien illustré combien un même thème peut être abordé de plusieurs manières. Je crois fermement que les livres jeunesses ne s’adressent pas qu’aux enfants (et ce n’est pas Soline qui va me contredire) et je trouve ça intéressant d’analyser le message qui est derrière.

En attendant, je n’ai pas trouvé le livre parfait sur le sujet des écrans. Mon idéal serait un album bienveillant envers les parents ; un album qui montrerait que oui, parfois le téléphone sert de soupape : il donne au parent un espace moral dans lequel les enfants ne peuvent pas s’immiscer, eux qui sont déjà si présents jour et nuit, dans notre lit, aux toilettes, sur nos genoux, partout, tout le temps.

Cet album idéal n’opposerait pas les écrans à « du temps de qualité avec nos enfants » mais montreraient qu’ils peuvent aussi être un moyen de documenter la vie quotidienne ou encore un lien avec l’extérieur (ô combien nécessaire tant parenter de jeunes enfants peut être isolant).

Et puis dans cet album, j’expliquerais peut être aussi combien les écrans sont conçus pour être addictifs. Plutôt que de culpabiliser le parent, je préfèrerais lui donner des clés pour rompre l’emprise addictive des réseaux sociaux et autres.

Bon, okay, c’est peut être un peu trop de messages à mettre dans un seul livre jeunesse…

 

 

Et vous, connaissez-vous d’autres titres qui abordent cette problématique ? Comment vivez-vous ce phénomène de société ?

Top 3 des raisons pour lesquelles un enfant de 3 ans se réveille la nuit

La semaine dernière, nous avons fêté les 4 ans du Lardon ! 4 ans ! Il n’est presque plus un bambin donc. En tout cas, dans la vision que j’en avais en 2016 quand je suis tombée enceinte, clairement, un enfant de 4 ans était « grand ». Par exemple, il dormait. Dans son lit. Dans sa chambre. En 2016, je ne connaissais pas le terme cododo, et si on m’en expliquait le principe, je l’associais directement à des « parents hippies laxistes qui ne savent pas être fermes ».

Bon, bref, aujourd’hui, j’ai laissé tombé mes principes puisque j’ai des enfants. Je ne vais pas vous faire un récap du sommeil du Lardon, c’est compliqué et variable mais pour le contexte, sachez que cette année, il a dormi 6 mois dans mon lit, 2 mois dans sa chambre et le reste de l’année sur un petit matelas au pied de mon lit.

Mais comme on est là plutôt pour rigoler, je vous propose un top 3 de réveils les plus absurdes de l’année de ses 3 ans.

Où je disparais

Mention honorable à cette nuit de cododo très agitée : plutôt que de rester à droite au milieu du lit, le Lardon m’avait piqué mon oreiller à gauche et me poussait vers le bord. J’ai donc décidé de carrément aller m’installer à la place de mon amoureux à droite (lui était déjà partie dans la chambre d’ami depuis longtemps).

Pour me réveiller dans l’affolement quelques minutes plus tard : le Lardon ne me trouvait plus !

Où il fait peut être jour

Mention logique implacable à cette nuit où j’ai entendu des pas dans l’escalier. C’était le Lardon qui était descendu dans le salon pour allumer toutes les lumières. Pour remonter se coucher. Après explication, le Lardon se demandait si la nuit était finie mais « Dans le noir, j’arrivais pas à voir s’il faisait jour » m’a-t-il dit.

Où je suis aimée

Mention la plus aimable pour ces réveils : le « tu me manques maman » de 2h39 ; le tout aussi mignon « Je t’aime maman » de 5h28 ; et évidemment le silencieux bisou dans le cou (pourquoi ???) de 4 heures 26.

 

Et chez vous, il se passe quoi la nuit ? Vos enfants vous aiment-ils AUSSI à 3 heures du matin ?

 

Coup de ♥️ jeunesse : Avant, Après

C’est lors du déstockage annuel de ma bibliothèque que j’ai découvert par hasard ce livre illustré. Je l’ai acheté sans même l’avoir ouvert, et c’est seulement à la maison que j’ai découvert à quel point il est intéressant et pourquoi c’est mon meilleur euro dépensé en 2019 !

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👉 Avant après, d’Anne-Margot Ramstein et Matthias Arégui

Dans Avant, Après, chaque double page suit le même modèle : une mise en scène montrant le « avant », et sur la page suivante, le « après ».

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Il n’est pas toujours évident de trouver le lien entre les deux scènes. Ca me rappelle d’ailleurs le chouette imagier photo de Nicolette Humbert, Que s’est-il passé ?  ou le non moins célèbre Devine qui fait quoi ? de Gerda Muller.

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Tout au long de la centaine de pages (il est long !), les auteurs jouent sur l’échelle du temps : entre deux scène, il s’écoule parfois moins d’une minute, d’autre fois 10 ans, cent ans, voir même des millénaires !

Et puis, d’autre fois, le rythme du livre est interrompu par une double page. On a alors le suspense de voir tourner la page pour découvrir la scène d’après.

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Par moment, les auteurs poursuivent la série plusieurs doubles pages d’affilées, pour les quatre saisons par exemple ou encore pour cette scène qui montre des moutons, puis une pelote de laine, encore plus tard un tricot, et pour finir, un enfant qui joue dans la neige avec son bonnet sur la tête.

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Avant, Après est un album sans texte : l’interprétation est à la liberté du lecteur, qu’il sache lire ou non. Ce n’est pas la première fois que je vous clame mon affection toute particulière pour ce type de livre : je les aime d’amour car ils permettent d’être lu chaque jour, avec un discours différent.

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Bref, c’est vraiment un petit bijou qui peut se regarder longtemps. Pour les plus jeunes, il peut servir d’imagier et pour les plus grands, on prendra plaisir à le commenter, à discuter des conséquences de nos actions et du temps qui passe.

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Et puis, Avant, après permet d’évoquer de sujets chers à mon cœur comme la nature (et surtout l’impact de l’homme sur la nature) ; mais aussi des sujets plus légers : qui de l’œuf ou la poule est arrivé le premier ?

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Avec cet album, Anne-Margot Ramstein et Matthias Aregui ont d’ailleurs gagné le prix du Bologna Ragazzi en 2015 dans la catégorie non-fiction (note pour plus tard : aller fouiller les autres lauréats de ce prix) et c’est bien mérité !

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👉 Dedans dehors, d’Anne-Margot Ramstein et Matthias Arégui

D’ailleurs, le duo RamsteinAregui a remis ça quelque années plus tard avec un autre opus : Dedans, dehors.

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Dans ce livre, la double page donne un aperçu en simultané d’un même espace : dedans et dehors. Les auteurs vont encore plus loin dans la diversité des points de vue et de perspective.

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Bizarrement, je le trouve plus difficile à appréhender. Même moi, adulte, j’ai besoin de plusieurs secondes pour comprendre le lien entre les images (mais c’est peut-être ça qui le rend encore plus intéressant) et la palette de couleur me touche moins que Avant, Après.

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Pourtant, les doubles pages offrent encore plus de détails à découvrir et entraînent à ressentir la relativité des événements selon que l’on place le curseur dedans ou dehors. Je finirais surement par craquer un jour pour ce livre là aussi !

Des affiches littérature jeunesse gratuites

Dans notre salon en forme de L, une grande partie est devenue « le coin des enfants » (enfin, quelle partie de la maison n’est pas devenu le coin des enfants, je vous le demande…)

Mais deux ans après notre emménagement, si les enfants ont bien investi les lieux, la décoration, elle reste plutôt sommaire et les murs désespérément blancs… Alors après avoir longuement réfléchi à ce qu’on pouvait y mettre, j’ai eu une révélation : des affiches en lien avec l’univers jeunesse, évidemment !

Après quelques recherches, j’ai trouvé pleeeeeeein de belles choses, à tout les prix : gratuit ou pas trop cher ! Je me dis que ça pourra surement vous plaire aussi alors, attention les mirettes, c’est parti !

Des affiches promotionnelles

Vous en avez forcément déjà vu à la bibliothèque ou dans les salles de classe : les éditeurs envoient parfois des affiches si on leur en fait la demande. Souvent réservé aux classes, bibliothèques ou lieu d’accueil pour les enfants ; les maisons d’éditions acceptent parfois d’en envoyer aux particuliers en échange de frais de ports.

Le blogueur et prof des écoles Gandalf a fait une liste des éditeurs qui se prêtent à ce jeu. Attention cependant, la liste date de 2012, les choses ont probablement changé depuis. De mon côté, j’ai contacté quelques unes de mes maisons d’éditions préférées, j’ai par exemple reçu un super catalogue d’affiches de la part de Rue du monde.

Des affiches à télécharger sur le site de l’éditeur

D’autres éditeurs permettent directement le téléchargement d’affiches en haute résolution. C’est le cas de Belin par exemple : regardez moi ces beautés ❤ ! Il n’y a plus qu’à les imprimer et les encadrer !

Chez Didier Jeunesse, on peut télécharger des fonds d’écrans qui sont dans une résolution suffisante pour être imprimée en 70 par 100 cm (je dis ça, je dis rien 😇)

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Les affiches de festival littérature

Certaines affiches pour des évènements sont de véritables oeuvres d’arts ! Je me suis permis d’envoyer quelques mails pour savoir s’il restait ici ou là des affiches, on ne sait jamais ! Affaire à suivre !

Les affiches d’Elise Gravel

J’aime beaucoup le travail d’Elise Gravel qui propose des affiches à imprimer en haute résolution. Personnellement, j’ai un faible pour ces trois là :

Les affiches de Chris Haughton

Chris Haughton propose plusieurs freebies sur son site, dont ces deux splendides affiches ! Celle orange avec les chouettes qui invitent à aller à la bibliothèque (existe aussi avec la librairie) va évidemment finir sur un de mes murs !

Des jaquettes de livres

Chez les Editions Les Fourmes Rouges, la jaquette de couverture du petit bijou Une maman, c’est comme une maison se déplie pour se transformer en affiche ! Dommage, j’ai offert le livre (et l’affiche avec donc). Peut-être que j’aurais du la garder, ni vu ni connu 😇 ?

 

Sur la boutique des artistes

Et puis bien sûr, on peut aussi aller voir sur le site de nos illustrateurs et illustratrices préférés, pour acheter leurs œuvres. Les tirages limités sont un vrai budget mais certains proposent des impressions plus facile d’accès. Voici en vrac, quelques un de mes chouchous qui vendent leurs illustrations à des tarifs très abordables :

Ilya Green vend quelques un de ses magnifiques dessins pleins de douceur pour moins de 25 €.

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Peggy Nille vend plusieurs affiches sur Les Artychauts, à partir de 24 €.

Sur la boutique Eric Carle, on peut trouver des chouettes posters colorés comme j’aime pour moins de 15 €.

Ça en fait des belles choses, tout ça, non ?

Bon, rendez-vous dans quelques mois (années ???) quand j’aurais reçu / imprimé / encadré / accroché tout ça !

Et vous, vous avez des bons plans ?

La naissance : découvrez vos super pouvoirs !

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👉 La naissance en BD – Découvrez vos super pouvoirs ! de Lucile Gomez
Je n’avais pas prévu de lire de nouveaux livres en rapport avec l’accouchement, mais quand Lucile Gomez a annoncé ce livre, j’avais vraiment hâte de le lire ! Je la suis depuis plusieurs années sur Instagram et j’adore ses illustrations : elle aborde les thèmes du maternage et/ou du féminisme, alors forcément ça me parle !

Son dernier livre, La naissance en BD donc, est édité chez Mama éditions. Mais siiiii, vous savez, la petite maison qui a traduit l’ouvrage la bible de Ina May Gaskin, Le guide de la naissance naturelle ! Rien que ça !

Le guide de la naissance naturelle

Mais revenons en à La naissance en BD. Dans cet album, Lucile Gomez a fait un travail énorme de vulgarisation sur l’accouchement physiologique. En image et avec beaucoup d’humour, elle explique comment le corps et la tête fonctionnent pendant la grossesse et la naissance.

Ainsi, elle aborde la différence entre pathologie et physiologie, les contractions, les hormones qui entrent en jeu, la douleur et la souffrance, la péridurale, le sexe et tous les choix auxquelles les femmes devraient avoir le droit pendant ce moment.

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Le sens de la mesure des gens quand on dit qu’on veut un accouchement moins médicalisé est ici représenté par Mefisto, le chat de Lucile Gomez.

Dans ce premier tome, Lucile Gomez s’est donné pour mission de rappeler aux femmes qu’elles possèdent toutes, depuis la nuit des temps, les super pouvoirs qui leur permettent de donner naissance à leur enfant.

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Difficile de décrire cet album : on y trouve à la fois des conseils pratiques, une foultitudes d’informations sur le déroulement de l’accouchement mais c’est aussi un magnifique plaidoyer pour le droit de choisir son accouchement ; une ôde aux femmes et à leur corps, une invitation à respecter les choix de chacun et chacune.

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Certaines planches sont tellement magnifiques que j’aimerais les encadrer dans mon salon ! (Hélas, je n’ai que le service presse numérique de l’album, ça rend mal…)

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Et pour ne rien gâcher, l’album est (très) drôle.

En bref, c’est la bande dessinée parfaite à mettre dans les mains de toute personne enceinte, ou toute personne accompagnant une femme enceinte qui n’aurait pas envie de lire les 575 pages de Une naissance heureuse de Isabelle Barbant Brabant 😇. Et je la rajoute illico à la liste de mes ressources préférées pour préparer son accouchement physiologique !

Et, bon à savoir, déjà deux autres tomes sont prévus ! Youpi !

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Et vous, connaissiez-vous le travail de Lucile Gomez ?

Mon fils de trois ans me tape – partie 2

Je vous racontais la semaine dernière que peu de temps après la naissance du Bourgeon, le Lardon s’est mis à avoir quotidiennement des gestes violents envers nous. L’ambiance devenant franchement électrique à la maison, j’ai décidé de chercher de l’aide dans les livres.

Ma première lecture m’a permis de conclure que… le Lardon vivait mal la naissance de son frère. Super, ça m’avance bien tout ça. Mais après, qu’est-ce qu’on peut faire pour l’aider à vivre ce changement ?

Renouer avec son enfant

Développer le lien parent-enfant par le jeu

Je me suis alors orientée vers un autre de mes livres chouchou : Développer le lien parent-enfant par le jeu, d’Aletha Solter. En effet, de toutes mes lectures et de toutes les théories existantes, la parentalité ludique est celle qui me plait le plus : sortir d’un conflit par le jeu permet à la fois de désamorcer une situation compliquée et de recréer un lien là où les cris ont tendance à accomplir l’inverse.

C’est tout le propos du livre d’Aletha Solter, psychologue spécialiste du développement des enfants, qui s’intéresse à la manière dont les jeux parents-enfants peuvent permettre aux enfants de libérer leurs émotions sans violence, tout en se sentant soutenus par leurs parents.

Ainsi, fatiguée d’une énième crise (« Aïe mon pied bordel !! Pourquoi tu m’écrase exprès satané gosse ??? »), j’ai sorti le livre de ma bibliothèque, ouvert la table des matières et cherché la réponse. Ou une réponse. N’importe quoi. Aidez-moi à ne pas tuer cet enfant.

Tiens entre « Chapitre 5. L’usage d’expressions grossières » et « Chapitre 8. Mentir, tricher et voler », il y a deux chapitres intriguant : « La colère et l’agressivité » suivi de « La rivalité entre membre d’une fratrie ».

Voyons ce qu’Aletha Solter a à dire sur le sujet !

Libérer les tensions

Pour expliquer l’agressivité d’un enfant, Aletha Solter explique que « Quand les enfants cherchent le contact physique mais ressentent en même temps un fort sentiment de colère, les tentatives de rapprochement peuvent inclure un comportement agressif tel que frapper son parent, les bousculer ou leur sauter dessus. ». Tiens tiens, on dirait chez nous ça.

Dans ces cas là, une des solution, Aletha Solter préconise de désamorcer une situation de conflit par le rire via des jeux de renversement de pouvoir : des jeux où le parent paraît faible, impuissant, ignorant, stupide… Ces jeux fournissent alors à l’enfant en colère un exutoire sûr et sain à son agressivité.

Un exemple de ce type de jeu est de se courir après et de se chatouiller. En laissant l’enfant décider quand il se laisse attraper, le pouvoir est chez lui (pour une fois). De plus, en courant et en utilisant nos mains, on est aussi dans un jeu actif qui libère les tensions.

Je décide d’essayer quelques jours plus tard. Je n’ai pas eu à attendre longtemps : plusieurs fois par jour, pour aucune raison apparente, le Lardon s’approchait de moi pour me taper. J’ai testé alors de réagir par le rire « Oh, mais on dirait que ce petit garçon cherche les chatouilles ! Oh oh ! Si je l’attrape, cet enfant va m’entendre, je vais tellement le chatouiller qu’il n’arrivera plus à se libérer ! ». A chaque fois, la situation s’est apaisée en quelques secondes, c’était vraiment impressionnant.

Mais le problème de cette démarche ludique est qu’elle demande beaucoup de disponibilité mentale : il faut arriver à formuler un jeu dans sa tête, et surtout (c’était le plus délicat pour moi à ce moment), avoir envie de « lâcher ». Moi, bien souvent, après m’être fait foncer dedans pour la 4ème fois de la journée par un enfant en pleine vitesse, j’avais plutôt envie de l’étriper (mais comme je suis une adulte responsable et mature, je me contentais m’eloigner pour ne pas vraiment lui faire mal, en bougonnant dans ma barbe « J’en peux plus de ce gosse, sérieux, il me les brise, je vais le foutre dehors ça va être vite vu »).

Combler ses besoins

J’ai fini par comprendre qu’il serait plus simple de proposer des jeux comblant les besoins d’agressivité et de contact du Lardon quand tout va bien, plutôt que pendant une crise. En plus, ça me permettait de résoudre à une de mes inquiétudes : si, chaque fois qu’il me fait mal, je réponds par le jeu, ne va-t-il pas recommencer encore plus souvent ?

Ainsi, j’ai proposé des jeux « agités » au Lardon, des jeux lui permettant de nous frapper, de nous pousser (mais avec notre consentement).

Pendant quelques semaines, nous avons donc beaucoup beaucoup beaucoup joué au jeu des chaussettes (on se chahute jusqu’à réussir à enlever les chaussettes de l’autre) ou à la bataille de coussins.

Ce qui est intéressant aussi dans ces jeux, c’est de laisser l’enfant maître des règles : « Non, c’est QUE MOI qui tape » propose-t-il parfois. Alors, je me laisse taper, sans répondre. Cela lui permet de reprendre le contrôle, le temps d’un jeu (dans une période de sa vie où on lui demande de jouer moins fort, de laisser le bébé, de ceci ou de cela).

(Instant coïncidences de publication : dans la famille de Si Tu Veux Jouer aussi, on aime la bagarre)

Redorer l’image de son enfant

En parallèle de re-créer un lien avec notre fils par le jeu, je me suis attelée à modifier l’image et la perception que nous avions de lui (et qu’il avait donc de lui même).

J’ai donc ressorti ma bible de la communication : Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, de Adele Faber & Elaine Mazlish (je vous avais déjà dit tout mon amour pour ce livre d’ailleurs).

Parler pour que les tout-petits écoutent

Parler pour que les tout-petits écoutent, de Joanna Faber et Julie King est une « mise à jour » du succès de Faber et Mazlish dont la mission est d’accompagner les parents dans la vie de tous les jours en leur donnant des outils pour communiquer efficacement. Je préfère cette version, plus récente donc plus agréable à lire, et qui s’attarde plus précisément sur les défis liés à l’éducation des moins de 7 ans (par exemple, moins d’outils pour résoudre les conflits liés aux devoirs mais plus sur la continence).

Être le trésor de ses bons coups

J’en avais parlé dans ma revue plus complète : la traduction (québécoise et non pas française) de Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent de Faber & Mazlish est calamiteuse MAIS ça a au moins eu le mérite d’aider à mémoriser cet outil en particulier : « être le trésor des bons coups de son enfant », ou, en français correct, « attacher plus d’importance aux bons comportement de son enfant, qu’aux mauvais ».

Et je me suis tout particulièrement rendue compte de l’importance de ce conseil, quand un soir, j’accompagnais le Lardon vers le sommeil. Alors qu’il était allongé dans son lit (« Super, il dort bientôt, dans 5 minutes, je peux aller me mettre au lit moi aussi et finir mon bouquin »), il s’est relevé soudainement (« Mais quel relou ce gosse ! ») pour me faire un bisous sur le front (« Oooooow ❤ ❤ »). Je lui chuchote alors « J’ai de la chance de t’avoir comme fils, mon cœur » et lui de me répondre « Non t’as pas de chance parce que parfois, je te fais mal avec ma voiture » (« Ooooooh 😭😭 »). Alors, dans la pénombre de la chambre, je lui ai rappelé tout ce qu’il a fait de bien et d’attentionné, ce jour là et les précédents (un paquet !) : j’ai été le coffre à trésor de ses bons coups ce soir là, et je me suis promis d’essayer de l’être encore plus dans les jours qui allaient suivre.

Éviter de le cataloguer

Ce qui m’a fait cogiter sur le sujet des « étiquettes ». Si le Lardon se voit comme un affreux jojo, c’est peut-être parce qu’on le répète trop souvent. Oh, j’ai identifié sans peine comment c’est arrivé :

  • Quand nos amis nous demandent comment ça va depuis la naissance du Bourgeon, nous répondons le plus souvent que le Lardon « est insupportable, il nous tape tout le temps. »
  • Quand, frustrés, nous les apposons nous même : « De toute façon, tu dis non à tout. » « Tu n’arrête pas de me taper. »

Pourtant, je le sais que pour les enfants, une étiquette est une sorte de case, de laquelle on a bien du mal à s’extirper. Ces étiquettes sont si puissantes qu’elles tracent la destinée de nos enfants qui vont agir consciemment et inconsciemment pour les valider. De la même manière, les adultes ont ensuite tendance à interpréter les évènements de manière à ce que l’étiquette soit juste.

Une étiquette donne naissance à des croyances qui s’auto-alimentent. La bonne nouvelle, c’est qu’une fois qu’on en a pris conscience, on peut travailler dessus facilement.

Dans les semaines qui ont suivi, j’ai fait en sorte qu’il m’entende dire des choses positives à son sujet, et j’ai surtout orienté l’attention vers les comportements attendus en utilisant des formulations positives : j’ai arrêté de dire « J’en ai marre que tu m’écrases avec cette voiture » pour dire plutôt, chaque fois que cela arrivait : « Oh, c’est bien, tu t’es arrêté avant d’arriver sur moi » (oui, on en était là…)

Ainsi, au fur et à mesure, nous avons présenté au Lardon une nouvelle image de lui-même plus positive.

Et aujourd’hui ?

Difficile de conclure cet article. Les choses évoluent en continu et effectivement, doucement, on a réussi à trouver un apaisement tous les quatre, un moyen d’exister ensemble sans être « l’enfant qui tape » et « les parents qui se font taper », sans se crier dessus et se faire mal chaque jour. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain évidemment : il nous a fallu du temps pour comprendre ce qui se passait puis pour changer les choses mais aujourd’hui, c’est (la plupart du temps) dernière nous.

Mais je suis réaliste : rien n’est acquis et j’ai vu comme un cercle vicieux de violence et de ressentiment peut facilement se former au sein d’une famille. J’espère que nous saurons en sortir plus rapidement si besoin une prochaine fois… Dans tous les cas, je garde précieusement mes livres sous le coude ❤.

Mon fils de trois ans me tape – partie 1

Aujourd’hui, j’ai envie de partager une tranche de vie, une histoire qui date de plusieurs mois. J’ai longtemps hésité à publier cet article (il ne met ni la personnalité de notre fils ni nos qualité de parents en valeur) mais un commentaire dans mon article des « retrouvailles » m’a convaincu qu’ils pouvaient intéresser d’autres familles.

Alors voilà la situation :

Notre fils de trois ans nous tape. Quelques semaines après la naissance du Bourgeon, le Lardon a commencé à parfois des gestes violents envers nous : il nous tapait avec ses mains ou bien nous fonçait dessus avec son porteur. Parfois, nous arrivions à comprendre ce qui a amené sa réaction (quand je ne peux pas l’accueillir sur les genoux car j’allaite ou quand son père et moi sommes tous les deux occupés à quelque chose et ne nous occupons donc pas de lui) même si je ne l’approuve pas. Mais d’autres fois, ses gestes semblaient « sortir de nulle part » (par exemple pendant un jeu ou un moment de partage). Dans ces moments là, et pour la première fois depuis trois ans, j’ai eu énormément de mal à rester bienveillante. La douleur et l’incompréhension font que j’ai souvent eu envie de l’éclater contre le mur lui faire mal moi aussi. La scène se répétant plusieurs fois par jour, régulièrement chaque semaine, le climat familial est devenu de plus en plus électrique, ni l’amoureux ni moi n’arrivant à prendre le relai et à rester calme face à ces agissements. Comment faire pour apaiser notre fils ?

Cette phase aura duré pas loin de deux mois et aura été épuisante pour nous tous (sauf peut-être le Bourgeon, qui vit le plus souvent sa vie comme un bienheureux). Maintenant que c’est dernière nous, je ressent le besoin de mettre par écrit les choses qui m’ont aidé pour en garder trace.

Pendant cette période difficile et intense (des cris ont été poussés, des enfants bousculés, des murs tapés et j’en passe), où nous en arrivions à ne plus avoir envie de voir notre fils et où,  à plusieurs reprises, j’ai eu peur de mes réactions toujours plus violentes ; j’ai fini par chercher de l’aide : auprès des livres évidemment. Je n’avais pas l’espace mental disponible pour relire des livres en entier, alors je me suis concentrée sur ceux qui m’ont le plus bouleversé dans le passé, et uniquement sur les chapitres qui pouvaient m’intéresser.

Cet article ne contiendra aucune recette miracle pour répondre à ce genre de problème, juste un partage de processus de pensée.

Comprendre mon fils

parents-bienveillantsJ’ai d’abord commencé par ré-ouvrir Parents bienveillants enfants éveillés, de Laurence Dudek. Laurence Dudek est psychopédagogue (étude des méthodes d’apprentissages et d’éducation) et psychothérapeute (aide aux troubles du comportements). Cette double compétence lui a permis de développer dans son ouvrage Parents bienveillants, enfants éveillés des clés pour comprendre les enfants et les accompagner dans leurs apprentissages tout en respectant leurs besoins. C’est un livre qui m’avait beaucoup marqué lors de ma première lecture, et dans lequel je sentais que je pouvais trouver des clés de compréhension sur le comportement du Lardon.

Changer de regard sur son enfant

Une des clés exposée par Laurence Dudek est l’intention positive : « Tout ce que les enfants font est mû par une intention positive, qu’elle soit consciente ou inconsciente, même lorsque que le résultat produit est indésirable. » Je confirme que le résultat d’un enfant de 3 ans roulant à toute vitesse et EXPRÈS sur mes pieds est hautement indésirable ; mais ainsi son intention serait positive ?! Mais, elle se moque de moi cette Laurence ?!

Et pourtant, elle insiste plus loin : « Avoir conscience de l’intention positive est particulièrement utile quand on ne comprend pas le comportement de son enfant. » Ça, tu peux dire, je ne le comprends pas…

« Si on considère que l’intention est toujours positive et qu’elle a plus d’importance que le résultat, on ne peut pas être déçu de l’enfant, mais seulement déplorer que le résultat qu’il a obtenu n’est pas celui qu’il souhaitait. » Ah, ça, le Bien Joli Papa déplore encore de se prendre des tapes sur le visage quotidiennement…

« Plus l’enfant récidive, plus l’intention doit être positive pour que l’enfant continue malgré les brimades ! » Dans ce chapitre, ce sont ces mots qui m’ont le plus marqué et m’ont permis de changer de regard : ainsi, si le Lardon continue malgré nos réactions pas franchement bienveillantes, c’est que ses actions sont mues par un besoin vraiment impérieux. Car il n’est pas stupide notre fils, il sait qu’il nous fait mal, et qu’il va se faire engueuler. Il a une raison d’agir ainsi et cette raison est plus forte que la violence de nos réactions. Ok soit.

Mais alors, comment comprendre ce qui se passe dans son petit cerveau immature ?? Ou en d’autres mots QUEL EST SON PROBLÈME AU JUSTE À CE GOSSE ?

Laurence Dudek semble lire dans mes pensées puisque quelques pages plus tard, elle explique qu’il est contreproductif de demander pourquoi un enfant agit comme il le fait. À trois ans, on est pas capable de répondre à cette question (alors souvent, on invente). Elle préconise plutôt de tourner la question autrement « Que c’est-il passé ? Comment as-tu décidé de taper ? » mais surtout de creuser soit-même de son côté : les besoins de l’enfant sont-ils assouvis ?

Toute demande est l’expression d’un besoin

Hop, direction donc le chapitre des demandes : « À toute demande, correspond un ou plusieurs besoins. »

Laurence Dudek développe : « Plus les enfants sont jeunes, moins ils sont capables de conscientiser leurs besoins. Ils ne peuvent donc pas toujours les exprimer à bon escient. La demande prend alors une forme anarchique, injustifiée, incompréhensible, décalée dans le temps, disproportionnée, etc. » Injustifiée ? Incompréhensible ? Décalée dans le temps ? Tout cela ressemble bien aux crises que le Lardon vit. Il a semble bien avoir besoin de quelque chose. Mais quoi ?! (Qu’on lui donne et vite !)

Dans les pages suivantes, Laurence Dudek rappelle les besoins vitaux pour un enfant. Respirer, bouger. Dormir. Contacts physiques. Sécurité. Appartenance. Estime. Accomplissement de soi.

Au premier abord, j’ai l’impression que le Lardon a tout cela (et plus encore). Et pourtant, son comportement prouve que non. D’ailleurs, puisque ce comportement a commencé peu après la naissance du Bourgeon, c’est donc par là qu’il faut creuser.

Peut-être que son besoin d’appartenance en a pris un coup depuis que nous sommes une famille de quatre ? Peut-être que son besoin de contact physique n’est- plus comblé depuis la naissance du Bourgeon ?

Par exemple, maintenant que j’y pense, du jour au lendemain, depuis mon retour de la maternité, nous avons arrêté le cododo et il dort maintenant seul dans sa chambre : serait-ce sa manière d’accuser ce changement ?

Du coup, quoi ?

(Re)lire les mots de Laurence Dudek m’aura permis de changer de regard sur les comportements du Lardon, et de ne plus les voir comme une agression personnelle. Alors, même si le besoin qu’il exprimait n’a pas tout de suite été clair et que ses accès de violence ont continué à se produire, cela m’a donné une nouvelle énergie et motivation pour m’aider à garder mon calme chaque fois que cela se produisait.

Et comme cet article est déjà long, je vous propose la suite de l’histoire la semaine prochaine (promis, ça finit bien : nous n’avons pas définitivement enfermé le Lardon dans la cave comme nous l’avons pensé souvent et fort).

Des livres jeunesses pour en voir de toutes les couleurs

Depuis ses 3 ans, le Lardon connait le sens du mot « nuance » et reprend quiconque dit bordeaux au lieu de rouge ; et en tant qu’amoureuse des couleurs, c’est ma plus grande fierté 😇 !

Alors après vous avoir présenté une sélection de livres acidulés, j’ai envie de retenter l’exercice et de vous présenter des livres jeunesses encore plus colorés (oui, c’est possible) !

Colorama

colorama

J’ai découvert ce bijou grâce à mes anciens collègues qui me l’ont offert comme cadeau de départ : ils connaissaient bien mon amour pour la couleur !

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Dans ce pavé, destiné pour les enfants mais qui séduira les adultes comme moi, l’autrice commente pas moins de 133 nuances de couleurs.

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Mammifères, objets, moyens de transports, insectes… Elle a puisé son inspiration un peu partout autour d’elle et c’est beau !

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C’est un album à mi-chemin entre le documentaire et le livre d’art que je ne range pas dans la bibliothèque des enfants : nope, celui là, c’est mon petit plaisir, il est sur MON étagère !

👉 Colorama, de Cruschiform

Le plus beau livre des couleurs

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Dans cet imagier, on est embarqué dans un voyage multicolore au quatre coins de la planète.

jaune

Chaque double page est dédiée à une couleur, et on y retrouve objets, personnages, animaux et une foule de petites informations (drôles !).

C’est un livre qu’on a jamais vraiment fini d’observer tant il contient des détails et des références : animaux, géographie, musique, science… tout y passe !

Le-Grand-livre-des-couleurs-extrait-p.10-BLEU

A la fois documentaire, nuancier, jeu de cherche-et-trouve ; ce livre fait un parfait cadeau qui durera longtemps (et qui irait très bien avec Cartes !)

👉 Le plus beau livre des couleurs, de Tom Schamp

Et les classiques

J’ai eu du mal à choisir un dernier album pour mon top 3, du coup… j’en mets 3 😇. Parce que la note des deux livres précédents est un peu salée (mais ça les vaut !), voici trois classiques à petit prix, trouvable facilement en bibliothèque ou d’occasion.

  • Couleurs, de Grégoire Solotareff : cet imagier plein d’humour illustré par des photos montre que les choses ne sont pas toujours comme on le pense : « Les fraises, c’est rouge, quand elles sont mûres. Mais les mûres, c’est noir, et un peu rouge aussi. »
  • Petit-Bleu et Petit-Jaune, de Leo Lionni : classique des classiques depuis 1970, ce livre met en scène Petit-Bleu et Petit-Jaune qui se rencontrent pour ne faire plus qu’un : Petit-Vert. C’est évidemment un bon prétexte pour aborder les mélanges de couleurs mais surtout pour parler d’amitié et la différence.
  • Couleurs, de Hervé Tullet : peut-on vraiment écrire un article sur les couleurs sans parler de Tullet ? Je ne m’y risque pas ! Dans cet album interactif, l’enfant est invité à patouiller les couleurs et ça marche à tous les coups !

 

J’espère que cette sélection vous aura plû ! Et vous, quels sont vos albums colorés préférés ?

Le pays du n’importe quoi

Le pays de n'importe quoi

Ça a commencé le jour où le Lardon a demandé à regarder un dessin animé sitôt sorti du lit.

Ma première réponse fut tout aussi brute que la question « Bah NON, pas au réveil… » (il croit quoi ce gosse, tsais). Et la réaction du Lardon est resté dans le registre du brutal  « Wouiiiiiiiiiiiinh, je veux un dessin animé ».

Voilà un week-end qui commence bien…

J’essaye donc de rattraper le tir, et de faire appel à sa logique : « Mais enfin mon coeur, on ne regarde pas un dessin animé comme ça, il faut se préparer d’abord. Faire le pipi du matin, prendre son petit déjeuner, s’habiller, regarder sur l’horloge s’il est bien l’heure du dessin animé… »

Mais c’est sans compter le Lardon qui passe au volume sonore supérieur (alors qu’on était déjà limite) « WOUIIIIIIIIIIIN je veux un dessin animé MAINTENANT. C’est MAINTENANT que je le veux. MAIN-TE-NANT ».

Bon. Restons calme. Reeeeespirons. Empathie. Montrons de l’empathie.

«
– Ah je comprends, tu as très envie d’en regarder un maintenant !
– OUIIIII MAINTENANT
– Oui, alors c’est très frustrant pour toi de devoir attendre…
– JE VEUX MAINTENAAAAAANT
»

Bon. Ça va pas le faire. Il me faut une autre idée. Ils disent quoi déjà dans les livres ? Ah oui, ludique.

« Maintenant maintenant ? Mais enfin, y a que dans le pays du n’importe quoi qu’on regarde les dessins animés avant le petit déjeuner ! »

Le Lardon continue de se vider de toutes les larmes de son corps mais j’enchaîne « D’ailleurs, je ne t’ai jamais raconté, mais tu sais ce qu’ils font dans le pays du n’importe quoi ? »

Mon curieux de Lardon ne peut pas s’empêcher de s’arrêter de pleurer pour demander « Non, quoi ? » (Faut que j’invente vite !)

« Et ben dans le pays du n’importe quoi (astuce de parent, pour gagner du temps en attendant d’avoir une idée, se répéter), et ben, c’est vraiment n’importe quoi, mais au petit déjeuner, les gens ils mangent… (astuce de parent, pour gagner du temps en attendant de trouver une idée, faire monter le suspense)… des livres ! Tu te rends compte ?? Des livres, avec du papier et tout ? C’est vraiment n’importe quoi ! » 

Le Lardon est d’accord : « Oh bah oui, c’est n’importe quoi ! » 

C’est bon, je le tiens, il pense à autre chose ! C’est là qu’il faut enchaîner ! Je continue de raconter des bêtises « Oui, enfin, je te dis ça mais c’est pas le pire. Dans le pays du n’importe quoi, c’est vraiment n’importe quoi… Ils mettent les culottes sur la tête tu sais. Dans le pays du n’importe quoi, on dort le jour, et on vit la nuit. Et puis dans le pays du n’importe quoi, on marche sur les mains, et pas sur les pieds ! N’importe quoi je te dis ! »

Le Lardon s’esclaffe maintenant : « Papa, tu sais comment ils marchent dans le pays du n’importe quoi ?! Sur la tête ! »

Je surenchéri « D’ailleurs, demande donc à Papa comment ils jouent au foot au pays du n’importe quoi, parce que c’est vraiment n’importe quoi » (astuce de parent, ne pas hésiter à embrigader son conjoint quand on raconte n’importe quoi). Le BienJoliChéri ne se laisse pas démonter « Rhola oui, c’est n’importe quoi ! Et ben figure toi, que dans le pays du n’importe quoi, les terrains de foots, et ben ils sont… en pente ! C’est vraiment n’importe quoi ! » (Hey, bien trouvé mon amoureux !)

Et pendant que l’on continue à raconter des bêtises, la tension redescend et le conflit du dessin animé ne devient plus une lutte qui ne peut avoir qu’un gagnant et qu’un perdant. Parentalité ludique 1 – Mauvaise humeur 0 💪.

 

Et depuis, j’ai souvent réutilisé l’astuce du Pays du n’importe quoi : pour aider à apaiser une frustration, rien de tel que d’imaginer la vie dans ce pays où tout serait permis ! J’ai peut être d’ailleurs un peu trop utilisé cette astuce car le Lardon a fini par me demander où était ce fameux pays du n’importe quoi 😅. J’ai du lui préciser que c’était un pays « pour de faux » mais ouf, la magie n’est pas cassée ☺️.

 

Et chez vous, il ressemblerait à quoi le pays du n’importe quoi ?

Une nouvelle année

Toc toc toc. Il y a quelqu’un ?

Nous sommes un mercredi, premier d’une nouvelle décennie qui plus est ! Le jour parfait pour me manifester après plusieurs semaines de silence donc !

Ces derniers temps, j’ai eu beaucoup de mal à tout concilier dans ma vie alors j’ai laissé le blog de côté. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir des choses à dire… Et j’avoue que ça me manque grandement : j’aime prendre temps de mettre par écrit le bordel sans nom que sont mes pensées !

Les semaines qui viennent vont encore être chargées pour moi mais je vous donne rendez-vous en février pour la reprise du blog !

J’ai une grande pile de brouillons qui m’attends. Au programme, j’ai envie d’écrire sur : les apprentissages autonomes ; mes/nos nombreux coups de coeur jeunesse ; gérer un enfant qui tape ; et j’ai même un concours qui traîne…

Alors, je commence par quoi ?

(Oui, et bonne année, bonne santé, blablabla, tout ça tout ça…)