Maria Montessori, femme culottée

En tant que grande fan des Culottées, des planches dessinées par Pénélope pour le Monde, qui parlent chaque lundi d’une « femme qui ne fait que ce qu’elle veut », en lisant une biographie de Maria Montessori, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’elle y aurait totalement sa place !

Née en 1870, dans une petite ville italienne, Maria Montessori est la première femme à faire des études de médecine en Italie. Évidemment, pour y avoir le droit, elle a du se battre contre l’avis de sa famille et de l’administration. C’est ainsi que les soirs, elle se retrouvait à disséquer des corps, toute seule. Pensez donc, faire ça au milieu de ses camarades hommes aurait été complètement indécent !

Mais, comme Maria Montessori est une femme culottée, elle a évidemment obtenu son diplôme, en 1987. Enfin, un diplôme c’est bien gentil, mais plusieurs diplômes, c’est mieux. Elle continue donc ses études : biologie, psychologie, philosophie entre France, Angleterre et Italie. Rien ne l’arrête !

Conjointement, elle travaille à la clinique psychiatrique de Rome auprès d’enfants mentalement handicapés. Très vite, elle réalise que ce qui leur fait défaut n’est pas une aide médicale mais une aide pédagogique. En bonne culottée, elle défend ardemment leurs droits et leur dignité lors de nombreuses conférences et gagne gain de cause : l’État crée alors une école d’orthophrénie (art de développer les facultés intellectuelles) et lui en confie la direction.

Joie et bonheur pour Maria Montessori qui se consacre à leur développement en les observant et en leur construisant du matériel pédagogique. Leurs progrès sont si impressionnants : certains se présentent même aux examens de fin d’études primaires et réussissent (évidemment, Maria est une femme culottée).

Forte de son succès, Maria ne souhaite pas s’arrêter là. Elle a envie maintenant de s’occuper d’enfants sans handicap. Alors, en 1907, elle ouvre la première Maison des enfants, destinée à accueillir les enfants livrés à eux même du quartier ouvrier de San Lorenzo à Rome.

C’est là qu’elle développe sa méthode scientifique (qu’on appelle maintenant méthode Montessori, à son grand désespoir) avec l’aide d’une assistante. Une fois encore, les résultats sont époustouflants. Les enfants dont elle s’occupe se découvrent des capacités de concentration et d’autodiscipline. En leur laissant choisir librement leurs activités et le temps qu’ils y passent, ils font de progrès énorme dans tous les domaines. Et, pour ne rien gâcher, les enfants rapportent même chez eux de nouvelles habitudes : le soin et l’ordre se multiplie dans le quartier, les balcons reverdissent, et les licornes galopent joyeusement dans la rue (ou presque).

Il n’y pas que moi qui est impressionnée : sa notoriété devient mondiale. Elle commence alors à former des éducateurs pour leur apprendre sa philosophie, qui sera enseigné un peu partout dans le monde. Hélas, la guerre 14-18 a un peu ralenti ses travaux.

Et puis, c’est le drame. En 1936, Mussolini grand fan de ses travaux veut imposer l’uniforme fasciste dans les écoles Montessori. Ça ne plait pas à Maria qui refuse. Mussolini, vexé, décide alors de faire fermer toutes ses écoles.

Quelques années plus tard, après un passage au Pays-Bas,elle se rend en Inde, où elle travaille avec Gandhi (rien que ça). C’est là qu’elle commence à travailler sur les nouveaux-nés. Et si les relations entre adultes et bébés conditionnaient les adultes de demain ? Et si, dès le début de leur vie, on pouvait apprendre à ces futurs adultes la paie dans les relations ?

De retour en Italie après la seconde guerre mondiale, le gouvernement lui demande de ré-ouvrir ses écoles. Pas rancunière pour un sou, elle s’exécute et reprend de plus belle les formations d’éducateurs, tout en continuant d’écrire de nombreux ouvrages sur l’éducation et la paix.

Elle sera d’ailleurs nominée trois fois pour le Prix Nobel de la paix. Elle ne l’obtiendra pas, mais sera ovationnée à l’Unesco et décorée de la Légion d’honneur, c’est déjà pas mal.

Elle meurt en 1952, auprès de son fils Mario et de ses petits enfants, après avoir milité pour l’amélioration des conditions de la femme et des travailleurs (culottée, je vous dis).

Quarante ans après sa mort, les sciences commencent à s’intéresser à ses travaux. En neurosciences ou en psychologie cognitive, les chercheurs s’accordent à le dire : Maria Montessori était un génie avant l’heure.

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