Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes

 

L’année dernière, je n’ai pas eu à m’énerver devant les gens qui confondait la journée de la Fâme avec La journée internationale des droits des femmes puisque j’étais à la maternité en train de ne pas quitter des yeux mon nouveau né.

Mais cette année, parce que c’est une cause qui me tient à cœur, j’ai envie de me fendre d’un petit article. Je vois partout fleurir des initiatives demandant aux hommes de POUR UNE FOIS profiter de cette journée pour mettre les femmes à l’honneur en leur laissant le temps de parole. Je trouve ces initiatives excellentes.

Sauf que dans le monde de la parentalité, il n’y a pas de problème, la femme est bien présente elle ! En revanche, l’homme, c’est une autre histoire… Alors, voici quelques idées pour les hommes (pour les 364 jours restants par exemple ?) :

  • Prendre un congé parental ou un temps partiel pour s’occuper de son enfant. Oui, je sais ça paraît barbare dit comme ça ! Passer une journée ENTIÈRE seule avec son enfant ? Vous n’êtes pas fait pour ça ? Rassurez-vous, nous non plus, mais on a appris à se connaître et puis finalement, on s’attache à ces petites bêtes 🙂 C’est vrai, en travaillant moins, on gagne un peu moins d’argent, mais si vous pouvez vous le permettre, je vous promets que ni vous, ni votre enfant ne le regretterez !
  • Gérer le quotidien de son enfant. Évaluer les stocks de couche/lait/habits. Faire une étude de marché pour trouver l’objet le moins cher. Commander en ligne ou en magasin. Passer 20 minutes au téléphone pour prendre RDV chez le pédiatre. Accompagner le lardon chez le pédiatre. Sécher les larmes du lardon nouvellement vacciné chez le pédiatre. Dans toutes les familles que je connais, ces tâches là sont exclusivement faite par la mère. Or, elles n’ont l’air de rien comme ça, mais elles prennent du temps de cerveau, du temps tout court. Mais je suis sûre que c’est dans vos capacités aussi !

Et tant que j’y suis, quelques idées pour nos futurs petits hommes et petites femmes :

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Le jeu préféré de mon fils : faire la vaisselle

  • Leur apprendre le consentement. Ça veut dire de ne pas leur demander «Tu lui fais un bisou» même si vous trouvez ça très mignon. A la place, on peut leur proposer: «Tu lui dis au revoir ? Tu peux lui faire un bisou si tu en as envie et si elle est d’accord, ou bien lui faire un signe de la main, comme tu préfères. »
  • Ne pas les sexualiser. «Alors, il a une petite copine à la crèche ?» Non. NON. Et NON. Vous connaissez déjà la sexualité de votre enfant ? Pas moi. Alors, évitons de leur imposer notre hétéro-normalité et de les sexualiser si jeune. Ne vous inquiétez pas, la société les y encouragera bien assez tôt, pas besoin d’en rajouter une couche.

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  • Leur ouvrir le champ des possibles. Ne pas leur interdire des jouets «C’est pour les filles/C’est pour les garçons». Un garçon a le droit de porter du rose ou de jouer avec du rose : après tout, c’est joli le rose.
  • Leur proposer des jouets/livres qui vont à l’encontre des stéréotypes. Comment mon fils pourra-t-il apprendre à être un bon papa si je l’empêche de jouer à la poupée ? Comment votre fille pourra savoir qu’elle peut faire le métier qu’elle veut plus tard si on la cantonne à maîtresse/infirmière/princesse ? Si vous êtes en panne d’inspiration, Les livres de Mumu regorge d’idées.

Voilà, je m’arrête là pour aujourd’hui. Bonne journée des droits des femmes à vous !

12 réflexions sur “Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes

  1. Maman BCBG dit :

    J’adore tout simplement ton article 🙂
    (Surtout le schéma en, anglais!!!)

    Gérer le quotidien de l’enfant, anticiper les poussées de croissance, avoir toujours d’avance des vêtements et couches propres…. c’est une vraie charge mentale, dont les mère s’acquittent encore bien trop souvent seules (mon mari est du genre à se rendre compte un soir après le bain qu’il n’y a plus de bodys propres à la taille de la petite… il faut que je pense à les remonter de la cave et les laver plusieurs jours avant…)
    Sinon bizarrement, mon mari a arrêté de déclarer à chaque rhume/nez qui coule qu’il fallait emmener mon fils chez le pédiatre le jour où… je lui ai dis qu’il avait qu’à le faire lui même, car moi je pensais que doliprane+serum phy suffisait… il a pris RDV chez le médecin, a poireauté 1h en salle d’attente avec le petit (4 mois à l’époque) qui pleurait, a géré le déshabillage/réponse aux questions/ sortir la carte vitale et le chéquier pour… repartir avec une ordonnance de sérum phy+doliprane…. ça l’a vacciné des médecins!!!

    maintenant, pour être réaliste, dans mon travail j’ai droit à 6 jours enfant malades payés à 100% et lui seulement 3 jours payés à 50% alors… le choix est vite fait quand on doit s’y coller!

    Après je ne suis pas très branchée éducation non-genrée quand ce n’est pas « naturel » Je ne vais pas forcer mon fils à jouer à la poupée, ni ma fille aux petites voitures si ça ne vient pas d’eux…. Mais il faut faire preuve de bon sens: pourquoi interdire tel ou tel jouet à un enfant?(tant que la limite d’age pour la sécurité est respectée….amusez vous!!) mon fils s’amusait à donner le sein à son nounours pendant que je nourrissait ma fille, je trouvais ça adorable (même si bon, je lui ai expliqué que seules les mamans pouvait donner le sein, mais que les papas pouvaient… faire tout le reste!) Idem, il est fana de tout ce qui roule (son premier mot était « bus »!!!)..eh bien je en lutte pas, bien au contraire!!! Je lui ai même appris les noms des marques des voitures pour qu’il puisse voir que les femmes aussi peuvent lui apprendre des trucs de ce côté là 😉

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    • chutmamanlit dit :

      Héhé, oui, j’adore ce schéma, mais je ne lui ai pas encore trouvé de traduction sympa. Mais c’est pas grave, il est plutôt clair 😀

      A propos de l’éducation non-genrée, clairement je ne parle pas de lui imposer quoi que ce soit (ce n’est pas le genre de la maison) mais vraiment de lui proposer des choses, même si au premier abord j’aurais eu tendance à éviter. J’ai un exemple en tête qui n’est pas lié aux jouets mais démontre bien ce que je voulais dire : il y a quelques mois, je cherchais une gigoteuse en laine d’occasion (parce que quand même, c’est super cher neuf), et l’unique résultat que j’ai trouvé sur Le Bon Coin était une gigoteuse rose. Je me suis dit « Bon bah tant pis, y en a pas, je vais devoir en acheter une neuve. » C’est seulement le lendemain que je me suis rendue compte de ma bêtise : j’en avais bien trouvé une, rose certes, mais qui remplirait parfaitement bien son rôle de gigoteuse ! Pourquoi l’avoir écartée au point même de me dire « Je n’ai RIEN trouvé » ? C’était stupide. Bref, du coup, je l’ai commandée, et elle est parfaite cette gigoteuse !
      Donc voilà, mon propos est plutôt que parfois, on a des aprioris sexistes (c’est normal, on évolue dans une société sexiste), mais en prenant un peu de recul, on peut arriver à s’en défaire. Cela ne veut pas dire non plus qu’il faut empêcher nos enfants de jouer aux jeux « stéréotypés ». Un petit garçon a le droit d’aimer les voitures, et une fille d’aimer la poupée évidemment.

      J’ai aussi vu une petite fille donner le sein à son poupon, c’était tellement adorable ! Je me suis demandée si mon fils le ferait quand il sera en phase d’imitation, ou s’il aura oublié ses 7 mois d’allaitement (j’avoue, je serais un peu fière si il le fait :D)

      Bien joué pour le nom des voitures ! Je ne pourrais pas déjouer les clichés de ce côté là, c’est pas trop mon truc, mais je me rattraperais sur d’autres choses « typées mec », comme l’informatique et les maths par exemple, j’adore ça !

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      • Maman BCBG dit :

        Ah oui je vois ce que tu veux dire sur les œillères et à priori que l’on peut avoir 🙂 L’autre jour nous étions en déplacement et les deux petits dormaient dans des lits parapluies. Au moment de les coucher mon mari m’a demandé pourquoi j’avais mis notre fils dans la chambre la plus éloignée plutôt que notre fille… il s’était basé sur la couleur du draps (rose pour un lit, jaune pour l’autre) pour en déduire à qui les lits étaient destinés. Non mais ça va tu peux coucher le petit dans un draps rose hein,il ne va pas exploser !!! 😀

        (PS : j’adorais tellement ton dessin que je l’ai refait en français ! Look ta page FB, ou la mienne !!)

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  2. biboumam dit :

    J’adore le schéma sur les jouets genrés!!! Pour le partage des tâches, j’ai de la chance car chez nous, Papa assume beaucoup de tâches comme le pédiatre, les trajets à l’école, et beaucoup d’autres, plus que moi en fait. Mais, et il a du mal à l’entendre, la charge mentale de l’organisation pèse sur moi exclusivement. Oui il exécute beaucoup de tâches mais c’est toujours à moi de penser à prendre les rendez-vous, si possible pas en même temps 😉, faire les commandes, réapprovisionner, s’assurer qu’il reste des petites culottes propres, que le cartable est prêt … tout ce temps d’abord mental ne se voit pas forcément et pourtant c’est lourd!

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    • chutmamanlit dit :

      Oh mon chéri est loin de ne rien faire non plus, et certaines tâches sont plutôt bien équilibrées mais globalement, quand je parle autour de moi, je constate que la charge mentale de l’organisation, qui paraît complètement invisible aux yeux de ceux qui ne la font pas, est un boulot de femme…
      Ceci dit c’est un cercle vicieux : souvent, ce travail commence pendant le congé maternité. La mère est au repos, elle a donc souvent plus le temps pour s’en charger. Et je dois avouer qu’à cette période, j’adorais choisir avec soin les affaires de mon bébé à naître ; ça m’aurait même gênée que mon chéri s’en charge…
      Mais au fil des mois, le nombre de choses à penser s’alourdit de plus en plus, il faut en plus s’occuper du bébé. Quelques mois/années plus tard, « le mal est fait » et les habitudes ont été prises : c’est la mère qui s’occupe de tout et aucun des deux ne pense à changer les choses…

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      • biboumam dit :

        C’est vrai, et parfois aussi, tout en croûlant sous la tache, on s’est habituée à ce que ce soit fait comme on l’entend et pas forcément à une autre sauce approximative (ou juste différente)!

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  3. Restons Creatifs dit :

    Comme d’habitude c’est un réel plaisir pour moi de lire tes articles! J’aime beaucoup l’humour que tu glisse entre les lignes:). J’observe encore aujourd’hui les préjugés sur l’éducation non-genrée. C’est compliqué d’avancer, de changer lorsqu’on a fonctionné différemment auparavant. Prenant l’exemple de la poupée, tant un garçon qu’une fille doivent avoir une poupée. C’est obligatoire! Ce matériel sera utiliser différemment en fonction de genre. Mais il est tellement précieux pour apprendre les parties du corps, pour projeter les expériences vécus sur l’objet: la peur (que le ballon éclate, d’aller voir le docteur), la joie (il retrouve sa tétine, mange un gâteau, revoir maman), la douleur (bébé tomber, bébé enrhumer)… Aujourd’hui je suis en colère de retrouver dans les rayons du magasin que du rose pour les filles et du bleu pour les garçons… où sont passées les autres couleurs? Chez moi on porte les vêtements des cousins, je trouve ça sain et raisonnable… et si ma fille porte des chaussettes avec des voitures ou un t-shirt bleu avec un bateau où est le problème? A mon avis l’expérience qu’elle retiendra sont mes soins: l’attention que je lui porte, la qualité du temps qu’on passe ensemble, l’autonomie qu’elle a… et je vous assure qu’elle se prive pas de mettre mes chaussures, mes robes et mes bijoux. Merci pour cet article et d’avoir mit en avant l’ouverture d’esprit qu’on doit éduquer en nous.

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    • chutmamanlit dit :

      Merci pour ton gentil commentaire, c’est très motivant à lire, je peux continuer à raconter des blagues pas toujours drôles alors 😀

      A propos de l’éducation non-genrée, (et c’est une vraie question), pourquoi le matériel sera utilisé différemment en fonction du genre ? Je conçois par exemple pour un petit garçon qui voudrait allaiter son poupon (mais pourtant, c’est si mignon :D), on peut lui expliquer qu’adulte, il ne pourra pas faire ça (mais je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas faire semblant) mais sinon, comme tu le dis, un poupon a des milliards d’utilisations et toutes me semblent aussi légitime par une petite fille ou un petit garçon, non ?

      Je boycotte aussi les magasins de jouets séparés en deux rose/bleus, ça me met dans une colère pas possible. Du coup, j’ai vraiment été agréablement surprise la dernière fois que je suis allée chez Oxybul par exemple, ENFIN, un magasin non genré ! (Côté habits, j’ai aussi craqué une ou deux fois chez les filles : mon fils a des chaussettes roses fushia ou encore un pantalon avec cordon en dentelle. Je crois qu’il s’en remettra, et personne n’a fait de critiques)

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  4. Restons Creatifs dit :

    Il est claire que les filles et les garçons ont besoin des animaux, peluches, poupées mais ils n’y joutent pas de la même façon. Tout est manié en fonction de leur identité sexuelle. Ça on le voit très tôt. Voici ce que Françoise Dolto dit : « le garçon construit dans l’espace extérieurement visible, il ajoute, alors que la fille remplit. La fille a un désir attractif, le garçon, un désir éjectif : le garçon organise des formes apparentes. Tandis que la fille, dans ses jeux de sable ou autre, organise des formes qui sont la métaphore de son propre corps, c’est-à-dire des formes en creux. Elle attire vers l’intérieur des éléments pour les ordonner, les rendre viables, habitables. Les architectes hommes font souvent des formes qui sont belles à l’intérieur mais qui ne sont pas viables à l’intérieur… les femmes se préoccupent de la viabilité de l’intérieur » Avec la marche ma fille n’arrête pas de remplir des sacs avec des jouets pour conserver, remplir, amener vers soi. L’élaboration de l’identité sexuelle à travers un sujet bien complexe 🙂

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    • chutmamanlit dit :

      Je suis un peu gênée par ce qui est dit, et au premier abord, j’ai envie de ne pas être d’accord. Ça me paraît étrange (et super limitatif) de dire que les filles ont des désirs « attractifs » et les garçons « éjectifs ». Dans les jeux de mon fils, en tout cas, je reconnais les deux, ça dépend des moments. Où alors serait-il intersexe ? Et du coup, qu’en est-il des enfants transgenre ?
      Peut-tu me donner la référence de ce livre, ça m’intrigue !
      En tout cas, de mon côté, il faut vraiment que je lise Des sexes innombrables – Le genre à l’épreuve de la biologie de Thierry Hoquet qui est sur ma pile depuis plusieurs semaines !

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      • Restons Creatifs dit :

        « Les étapes majeures de l’enfance » Dolto. Il me semble qu’elle parlait des enfants de 3 ans. Ça peut paraître étranger au premier abord (c’est un langage psy) mais la relation qu’on entretien avec l’objet (avec l’autre, la mère ou le père) est différente en fonction de notre sexe. C’est la nature humaine. Bien sûr qu’il y a les deux mais si tu observes attentivement le jeu d’une fille et le jeu d’un garçon (a différents moments de son développement) tu verras qu’il mettent en oeuvre leurs préoccupations et intérêts en fonction de leur vécu genre.

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