Allaitement au travail

J’ai un peu hésité à écrire cet article, car il me relie en quelque sorte à ma vie professionnelle et puis finalement, qu’importe !

Il y a quelques semaines, j’ai participé à MiXiT, un événement connu dans le monde du web, et qui propose sur deux jours de conférence des sujets plutôt variés : cette année, ça parlait de robots, de développement continu, de javascript, de design thinking ou d’intelligence artificielle. Et puis au milieu de toutes ces conférences orientées développement ou design, il y avait une conférence au doux nom de « La mafia lactée au travail ».

Où l’on touche un public plus large

Cette conférence avait la particularité d’être donnée sur un créneau aléatoire : à un moment de la journée, les spectateurs étaient orientés au hasard dans une salle, sans savoir ce qu’ils allaient voir. Ils pouvaient aussi bien entre des orateurs parler de « La mafia lactée au travail » que de « Comment faire du web de manière écologique ». À l’annonce du programme, j’ai entendu dans les rangs des gens (hommes évidemment) sceptiques :« L’allaitement au travail, non mais sérieux… Je m’en fous moi de ça, je ne suis pas concerné ! »

Personnellement, j’ai justement trouvé que le créneau aléatoire était parfait pour ce sujet là : cela a permis à de toucher des gens qui ne se seraient peut-être jamais éduqué sur le sujet sinon. Dans le public, il y avait forcément (même si ils ne le savent pas encore) :

  • des conjoints de futures mamans allaitantes qui pourront les encourager « Tu sais, tu pourra continuer d’allaiter après la reprise de ton travail, c’est possible ! » ;
  • des futures mamans allaitantes ;
  • des gens qui seront amenés à travailler avec des mamans allaitantes et qui sauront ainsi que les blagues du style Vache à lait sont proscrites.

Où l’on propose un environnement accueillant

Est-ce lié à la présence de ce sujet ? Pour la première fois depuis la naissance de cette conférence annuelle, les organisateurs de MiXiT ont mis en place une salle dédiée à l’allaitement : une salle au calme, avec un point d’eau ainsi qu’une prise d’électricité pour le tire lait.

Quelle belle initiative ! C’est dommage que le public ne l’aie appris qu’au dernier moment (lors de la conférence de lancement de l’événement) : je suis sûre qu’en le sachant à l’avance, plus de femmes auraient pu prendre leurs dispositions pour pouvoir l’utiliser.

Et pourtant, j’ai été ravie d’entendre derrière moi une jeune femme se réjouissant « C’est trop bien, je vais pouvoir faire venir ma fille cet après-midi ! Ça me rassure, sinon, j’aurais du rentrer tout de suite après la fin des conférences ». Grâce à cette mesure simple (et à la complicité d’un adulte qui fait faire le trajet au bébé dans ce cas là), cette maman a pu vivre plus sereinement ses deux jours de conférence !

À la fin des deux jours, j’ai pu discuter avec l’une des organisatrice de la conférence (qui a elle même allaité ses enfants) : la salle avait été utilisée par quatre femmes. C’est peu, et pourtant énorme : combien de femmes étaient présentes ? De femmes avec enfants ? De femmes allaitants ses enfants ? De femmes allaitant ses enfants que quelqu’un peut faire venir sur le lieu de la conférence ? (Je ne sais pas quelle était la proportions de spectateurs et/ou orateurs venant de Lyon). Bref, vu comme ça, vous en conviendrez, 4 mamans allaitantes, c’est génial !

Où l’on parle de choses concrètes

Ainsi donc, pendant 20 minutes, Agnès Haasser et Sarah Haïm-Lubczanski ont parlé de « La mafia lactée au travail » ou encore de comment concilier allaitement et travail.

allaitement_travail

Sarah montre au public les accessoires du tire lait

La conférence n’a malheureusement pas été filmée, mais Agnès l’a retranscrite sur son blog : Conférence « random » à MiXiT 2017 : la mafia lactée au travail Bonne lecture !

Où l’on espère que celà donnera des idées

J’ai entendu des gens regretter que des femmes parlent d’allaitement lors d’un événement professionnel, car cela les cantonnait à leur rôle de maman. Je n’ai pas du tout cette lecture : au contraire, c’est important de montrer qu’il est possible de concilier les deux ! Comme le dit Claude Didierjean-Jouveau, experte française de l’allaitement, « le vrai secret de la réussite de l’allaitement au travail, c’est tout simplement… de savoir que c’est possible ! » (voir son article Un peu d’allaitement vaut mieux que pas d’allaitement du tout) et c’est par ce genre d’initiative concrète qui fait changer les choses !

Depuis plus de 7 ans, j’assiste régulièrement à des conférences dans le monde du web et c’est la première fois que je vois des mesures de ce type mise en place. J’espère vraiment qu’elles se généraliseront dans le monde de l’informatique (qui est plutôt masculin, surtout côté technique), et même partout ailleurs dans le monde du travail, pour que le sujet soit moins tabou !

Et dans votre milieu professionnel, comment ça se passe ?

7 réflexions sur “Allaitement au travail

  1. biboumam dit :

    Super initiative en effet! Et je découvre le concept du créneau aléatoire, c’est vraiment excellent pour la sensibilisation! Pour ce qui me concerne, mon contrat de travail prévoyait un congé allaitement de 3 mois, où je pouvais rester à la maison payée à demi salaire… c’est un des avantages qui m’a fait accepter ce poste alors que mon projet bébé était encore lointain mais mon envie d’allaiter déjà là! Bon la contrepartie, c’est que dans leur tete, quand tu reviens, tu as fini d’allaiter… mais comme j’ai un bureau individuel, j’ai pu m’arranger pour tirer mon lait discrètement chaque midi !

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  2. biboubeach dit :

    C’est vraiment génial que de tels sujets entrent dans les discussions du monde du travail. C’est une réelle préoccupation pour toute maman allaitante. Ça évite au moins les frustrations et c’est un stress de moins lors de la reprise du travail. J’aurais tellement aimé être soutenue de cette façon… Mon allaitement n’aurait pas été fichu en l’air pour BB1.
    A tel point qu’aujourd’hui, pour vivre pleinement mon allaitement, je me sens « obligée » de prendre un congé parental a 100%, c’est le prix a payer pour faire profiter à BB2 des bienfaits de la nature. En 2017, c’est quand-même dingue d’arriver à la conclusion qu’il faut toujours payer pour des besoins primaires.

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    • chutmamanlit dit :

      J’ai aussi arrêté à la reprise car j’étais mal/peu éduquée sur le sujet et mon entourage encore moins que moi…
      Je me demande aussi encore comment on a pu « oublier » toute cette culture autour de l’allaitement : ce n’est que depuis que le lait artificiel est arrivé que l’allaitement long n’est plus la norme. Et voilà comment en à peine 100 ans on en oublie une tradition vieille comme l’humanité !

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  3. Claire dit :

    Je trouve que c’est vraiment une super initiative. Pour ma part, j’ai du faire appel aux syndicats pour pouvoir bénéficier de mon heure d’allaitement après mon congé parental. Et pourtant, je suis dans la fonction publique!
    Je pense que les mentalités commence doucement mais surement à changer. Mais ça serait bien que ça aille un peu plus vite 🙂

    Aimé par 1 personne

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