Non non non non non non !

J’avais en tête que la fameuse période du non arrivait vers les deux ans. C’est donc pas tout à fait prêt qu’à ses 18 mois moins une semaine, nous avons un beau matin, retrouvé un Lardon dont Non était devenue le mot préféré !

Moi qui espérait vaguement que, bonne élève comme je suis, on y échapperait : après tout, comme le recommande Isabelle Filliozat, je dis « stop » plutôt que « non » et je donne des tournures de phrases positives (« Laisse l’appareil photo sur la table » plutôt que « Ne touche pas« ).

« Cet enfant, il ne l’entend pas si souvent le non, alors pourquoi voudrait-il le dire ? » pensais-je avec énormément de naïveté ! Et bien, tout simplement car il commence à affirmer sa personnalité et développer son individualité. Il estime (à raison !) avoir son mot à dire sur tout ce qui concerne sa personne.

Alors, il nous le fait savoir, de sa petite voix, mais en insistant bien : le non vient toujours en multiple de trois, pour que l’on comprenne bien !

Où l’on a l’occasion de réviser un peu

Ça tombe bien, j’ai lu en long, en large et en travers Filliozat, Faber et Mazlish, Gordon, Nelsen et bien d’autres encore : les trucs et astuces pour gérer cette période, je les connais tous, ou presque !

Chaque jour, j’ai donc la joie de tester ces outils (avec plus ou moins de succès, je l’avoue), pour éviter de devenir complèment chèvre. Car laissez moi un peu vous raconter comment ça se passe à la maison :

La scène type : entre cinq et dix fois par jour, ont lieu les moments maintenant redoutés : habiller ou changer le Lardon. Que ce soit pour changer une couche, pour se rhabiller après le bain, pour enfiler veste et chaussures avant d’aller dehors, on sait qu’on risque de passer un moment délicat.

Notre objectif : survivre à la journée sans aucun habillage forcé (on a pas envie de devoir se mettre à deux et lui faire une prise de catch simplement pour l’habiller, mais parfois simplement lui enfiler un teeshirt suffit à générer des grosses crises de larmes : il le vit mal, il n’avait pas donné son consentement).

Alors, comment concilier le respect de l’intégrité de notre enfant (rien que ça) et les obligations de la vie courante comme « ne pas aller chez la nounou tout nu avec une couche déjà pleine de caca » ?

Où l’on teste un peu tout, mais surtout n’importe quoi

Voici divers outils qui nous aident, avec plus ou moins de succès pour susciter la coopération de notre petit garçon et arriver à remplir à bien notre mission d’habillage.

User (et abuser) de la diversion

Grand classique de la coopération avec les petits : proposer un jouet, l’habiller une fois à table pendant qu’il mange, etc. La diversion est assez efficace si on sait être subtil !

Faire coopérer par le jeu

Mon fils est encore un peu jeune pour le jeu de « Celui qui s’habille le plus vite« , mais avec un peu de créativité, on peut trouver beaucoup d’autres jeux/chansons ! L’idée est de briser la tension et de rétablir une atmosphère paisible.

Accepter de lâcher prise

Le Lardon passe une grosse partie de ses journées cul nu. Rien à voir avec l’apprentissage de la continence, c’est juste plus simple de nettoyer un pipi au sol plutôt que de le forcer à s’habiller directement après le bain !

Donner le choix

En laissant le choix à l’enfant, il devient actif et non pas passif. Choisir entre deux habits, ou choisir entre deux options qui nous arrangent : « Tu préfères manger ou prendre le bain d’abord ? » peut beaucoup aider !

Susciter la participation

En disant simplement « pantalon » plutôt que « on va mettre ton pantalon« , l’enfant peut prendre lui même l’initiative de l’action à prendre. C’est tout bête mais ça suffit parfois à complètement débloquer la situation !

Expérimenter les conséquences naturelles

Cette expression vient de Jane Nelsen (La discipline positive) : il ne s’agit pas vraiment de punition, mais de laisser l’enfant expérimenter la conséquence de son refus. Par exemple, le laisser sortir sans manteau ou marcher sur le gravier pied nu. Il y a de fortes chances qu’il finisse par demander ce qu’on essayait en vain de lui faire faire (mettre une veste ou ses chaussures). Cela lui permet de se responsabiliser et c’est beaucoup plus facile pour l’enfant de renoncer à son opposition quand il ne subit plus de pression.

Montrer l’exemple

« Regarde, tu as vu, après la douche, je mets une culotte. Tu veux t’habiller en même temps que moi ? » L’exemple, ça marche super bien sur pleeeein de choses, mais j’avoue sur les couches c’est compliqué puisque je n’en porte pas 😀

Favoriser l’autonomie

Une des raisons pour lesquelles l’enfant ne veut pas faire ce qu’on attend de lui peut être qu’il voudrait faire seul. Quand la tâche est un peu compliquée (par exemple enfiler ses chaussures), il peut quand même souvent aider : notre Lardon aime beaucoup enlever les scratchs de ses chaussures lui même avant qu’on les lui enfile par exemple.

Instaurer une routine

À force d’être répétée une routine devient automatique, et l’enfant peut réaliser lui même ce que l’on attend de lui. Il suffit parfois simplement de lui rappeler pour qu’il accepte la situation. Cela n’explique donc pas pourquoi après 18 mois de « quand il y a un caca dans la couche, on le change », ça ne soit pas vraiment intégré ici 😀

Où l’on aurait voulu conclure

Malgré tous ces outils, j’avoue que j’appréhende encore parfois les moments de change, surtout quand j’ai des pressions extérieures (peur d’être en retard le matin par exemple).

J’essaye alors de relativiser : cette étape qui nous rend chèvre montre simplement que notre fils grandit ! C’est pas beau ça ?

Sur ce, je vous laisse avec cette photo du Lardon, une poubelle dans une main et un bout de fromage dans l’autre, vêtu sobrement d’un de mes teeshirt : une magnifique illustration de comment se déroulent nos repas en terrasse en ce moment !

Et vous, comment ça se passe (ou s’est passé, petits chanceux !) cette période du non ?

13 réflexions sur “Non non non non non non !

  1. Maman BCBG dit :

    Eh bienvenu dans le monde du non !
    Excellente liste que tu as faite, je reconnais pas mal de trucs testé. (mon favori : la diversion ou les choix « fermés »)

    Expérimenter les conséquences naturelles, j’aime bien la formulation ! (en philo on appelle ça punition immanente : tu marche pieds nus sur les graviers = c’est pas agréable) parfois ça résout en 5 minutes un truc qui aurait généré une crise d’une demie heure… bon avec deux limites : certaines choses sont non-négociables (ex : donner la main pour traverser), et faut se blinder avec le regard des autres lorsque tu laisse ton fils de 2 ans sortir de la crèche en petit pull dans le froid d’un soir de février, pour cause de refus de manteau (hinhinhin il a tenu jusqu’au portail avant de le réclamer 😉 )

    Je rajouterais deux choses à ta liste (si tu permets 😉 )
    D’abord, expliquer les tenants et aboutissants des actions. Il est encore tout petit mais j’ai remarqué avec mon fils que donner des explications simples « on se lave pour être propre », « on fait la sieste pour être en forme » fait qu’en général, ça passe « mieux » (pas gagnant à tous les coups non plus !) et que plus tard ben il comprends mieux pourquoi on fait ça…

    Et…. ce que j’ai appris dans les larmes et le sang… (non je plaisante ! quoique…)
    Parfois, tu auras tout bien fait pour désamorcer, mais il faut t’attendre à ce que la crise arrive quand même.
    Une colère, une opposition inébranlable, le petit truc de rien du tout qui dégénère… ça arrivera. Car ça doit arriver.
    On ne peut pas désamorcer toutes les crises, on ne peut pas toutes les éviter, c’est inhérent au développement d’un enfant.
    Ça veut pas dire qu’on est mauvais ! ni forcément qu’on a foiré un truc (bon parfois si, on a clairement loupé quelque chose ..) mais…. ça fait juste partie de la vie avec un enfant 😉 Je suis un peu fataliste, mais finalement, une bonne colère, c’est pas la fin du monde si on la gère bien, et qu’on mets les mots dessus après coup (car sur le coup, accroche toi pour faire passer un message !!)

    Alors bon courage !!!

    Aimé par 3 people

    • chutmamanlit dit :

      Merci pour ton commentaire !

      Oui, effectivement, tout ne peut pas être toujours testé (surtout les conséquences naturelles ! quand il s’agit d’une question de sécurité, c’est évident que c’est niet !) (Et merci de m’avoir appris le mot « immanente » !)

      (Oui oui, permets toi avec plaisir de rajouter des choses à ma liste !! Ce sera testé et éprouvé dès ce soir :D)

      Effectivement, je l’ai oublié dans ma liste les tenants et aboutissements. Expliquer pourquoi on fait les choses me vient assez naturellement mais en revanche ne marche pas du tout 😀 Peut être un jour !

      Quand à ta dernière remarque, c’est très intéressant et la scène de ce matin l’illustre très bien. Levé un peu chafouin, changage de couche et habillage effectué avec succès, tout allait bien, et paaaf, erreur en fin de parcours, crise de larme au dernier moment, juste avant de partir 😀
      Du coup, la prochaine fois, je la vivrais peut être avec plus de pragmastime : elle était inévitable !

      En tout cas, je suis complètement d’accord avec toi : je ne cherche pas du tout à éviter les crises de larmes à tout prix ! En revanche, j’essaye vraiment de limiter le plus possible les choses que je lui inflige physiquement (en tout cas, c’est lui qui le vit comme ça :D). C’est peut être pour ça que mon article tourne plus autour de « comment gérer les habillages difficiles » que « le non en général ».

      Aimé par 1 personne

  2. ColombesMum dit :

    Super liste! J’ai remarqué que parfois mon état de forme dictait son comportement. Maman stressée et fatiguée : PetitBout relou. Alors qu’avec du recul et de l’humour (et beaucoup de diversion), ça passe souvent. Et sinon je lui dis « ok tu ne veux pas t’habiller, alors moi je pars », c’est radical. Mais c’est vrai parfois certaines crises sont inévitables…et utiles pour l’enfant j’imagine. Ah oui et on dirait que le terrible two revient par vagues! Ahah!

    Aimé par 1 personne

    • chutmamanlit dit :

      J’avoue que je n’ose pas trop le « tant pis je pars » : moitié parce que je crois qu’il s’en fout, et moitié parce que je sais que je ne le ferais pas… Ma menace radicale est plutôt « désolé mon coeur, mais je vais devoir te forcer ».

      Comment, le terrible two commence à 18 mois ET revient ? Mais ? Mais ? On ne m’avait rien dit !

      Aimé par 1 personne

      • ColombesMum dit :

        Ah. Moi j’use et abuse de cette méthode (je devrais pas), car ça fonctionne tellement… 😦 — oui les crises vont et viennent mais c’est normal je pense, car l’enfant grandit et s’affirme ! J’ai lu qu’il y avait le terrible three et le f….ing four!! Lol. Chaque âge a son lot et surtout avec chaque événement de la vie (rentrée, changement, arrivée dans la fratrie, etc). Sinon je suis contente de ne pas avoir un enfant « capricieux  » / colérique ! Ça doit être d’autant plus dur à gérer!

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  3. Claire dit :

    Super ta liste, j’ai utilisé un peu tout mais c’est vrai que parfois, ils ont juste besoin de s’opposer.
    Moi j’aime beaucoup les conséquences naturelles 😀
    Mais du coup, ça marche pas toujours parce que ma fille est moyennement dérangé par les gravier sous ses pieds nus!
    Ma fille aime beaucoup faire comme tout le monde, alors quand elle ne veux pas s’habiller, je lui demande si les copains de la crèche ils sont tout nus ou alors les gens dehors. Souvent ça suffit pour qu’elle s’habille.
    Ce qui n’est pas simple c’est qu’on doit se réinventer en permanence et avoir une bonne dose d’humour et d’imagination (pas toujours simple)
    Bon, bah du coup courage 🙂

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  4. Emmanuelle-63 dit :

    Arrivée ici via Happynaiss, le fait est que nous sommes en pleine phase du non ! Avec comme tout le monde plus ou moins de déboires 😄
    Avec l’arrivée de numéro 2 dans 2 mois, je me prépare au pire !
    En attendant je vais découvrir les autres billets 🤓

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    • chutmamanlit dit :

      Bienvenue ici, j’espère que mes articles te plairont 🙂 Et bonne chance pour l’arrivé de ce 2ème enfant, j’imagine que ça ne va pas arranger la période du non 😀 Mais heureusement, ça viendra avec ces beaux moments aussi !

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