La part du colibri

Depuis quelques années (seulement/déjà, ça dépend comment on voit les choses), j’essaye de faire attention à la planète. C’est une démarche que j’ai entrepris assez timidement pour commencer, et que je continue de mener de manière très très progressive. J’ai encore beaucoup de chemin à faire (c’est toujours en avançant sur un chemin que l’on se rend compte de sa complexité) mais pour tous les petits gestes du quotidien qui sont déjà acquis, je sais que je ne reviendrais jamais en arrière, et c’est déjà une belle victoire.

Faire ma part, c’est donc quelque chose d’important pour moi, et que j’espère forcément transmettre à mon fils. Et ce qu’il y a de génial, c’est que je n’ai pas eu à faire de grands discours ni de grandes leçons : du haut de ses 1 an et demi, il a tout appris lui même, en observant, avec son instinct d’enfant si juste. Laissez-moi vous raconter ça.

Faire sa part

Nous vivons en ville, plus précisément à Lyon. Depuis ses premières balades donc, notre Lardon est entouré de béton. Heureusement, nous l’emmenons parfois au square où au parc, où il peut rencontrer quelques éléments étranges comme de l’herbe, voir même des arbres !

Quand il a commencé à marcher à quatre pattes dans ces lieux complètements fous où il a appris à côtoyer la nature (ou le peu qu’on peut trouver en ville), il a pris pour habitude de me pointer du doigt chaque déchet repéré au sol. Ça m’a tout de suite impressionné, cette faculté de faire tout de suite la différence entre le naturel (terre, bâtons, cailloux, feuilles mortes) et un déchet humain, surtout venant d’un enfant ne sachant pas encore différencier les couleurs par exemple.

La première fois que c’est arrivé, je me suis retrouvée incapable de laisser par terre ces déchets que pointait mon fils. Alors que j’aurais pu répondre « Laisse, c’est sale », je me suis vue ramasser ces déchets en expliquant « Oh oui tiens, c’est une capsule de bière, ça n’a rien à faire là, ça devrait être à la poubelle ! ». Et puis il a recommencé à pointer, et j’ai recommencé à ramasser. Ma règle est simple, si c’est identifiable, je le ramasse pour le mettre dans la poubelle la plus proche. Emballages de gâteaux, sachet de chips vide, paquets de cigarette, mouchoirs, canettes de bière, bouteilles de vodka, capsule de bière, bouchons de compote, bouchon de bouteille en plastique, prospectus, flyer…. Partout où mon fils passe, le monde est plus propre.

Ce petit manège a commencé il y a un moment donc, et aujourd’hui, que le Lardon marche court, le jeu continue sans moi ! S’il repère un déchet, il lâche son mot préféré « Oh non ! » et se lance en mission. Car pour un petit bonhomme de moins de 2 ans, c’est une vraie mission : d’abord réussir à attraper l’objet du délit (motricité fine, c’est pour toi), localiser une poubelle (le jeu Cherche et Trouve grandeur nature), s’y rendre pour y déposer le butin du moment (cette dernière étape peut prendre parfois un certain temps, au vu de sa petite taille et au gré du vent qui joue avec les papiers simplement déposés sur le rebord de la poubelle). Bref, un vrai travail sans que je n’aie rien à faire ni à demander.

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Lardon ramassant une capsule de bière

Se sentir concerné·e

Je vous raconte ça avec une certaine fierté : mon fils sauve déjà la planète (ou presque). Alors, pourquoi parfois, j’ai un peu honte de toute cette histoire ? Honte d’être vue en train de ramasser un déchet par terre. Est-ce parce que je me (ra)baisse ? Parce que l’on parle d’ordures ?

Dimanche, plus je m’engageais dans notre nettoyage habituel de balade et plus j’étais découragée : la rue que nous prenions pour rentrer chez nous était dans un sale état. En remontant la rue sur une cinquantaine de mètres, je me suis retrouvée à ramasser avec mon Lardon deux serviettes en papier, une fourchette en plastique, un sac plastique (ah pratique pour y mettre tous ces déchets !), un sachet de chips vide, et une canette. Le parfait petit pique nique sur le pouce. Arrivés au bout de la rue, notre sac était plein, et je commençais à me demander si c’était une si bonne chose, ce que nous étions en train de faire.« Apprendre à mon fils à ramasser les merdes des autres, est-ce un bon exemple ? C’est surtout un travail ingrat qui n’en finit pas…» bougonnais-je toute seule dans ma tête.

Et puis, une famille qui avait repéré notre petit manège nous a croisé et nous a dit merci. C’est tout bête mais ça m’a réconfortée.

Non, nous ne nettoierons pas le monde entier comme ça. Mais, comme dans la légende du colibri, mon fils apprend à faire sa part, et à se sentir responsable du monde dans lequel il vit, et ça c’est plutôt bien !

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« Tiens maman, j’ai ramassé ça pour toi »

Et plus tard

Et qui sait, peut être que l’année prochaine, je l’emmènerai au Lyon Clean Up Day : cette année, la centaine de bénévole a ramassé prêt d’une tonne de déchets ! Avec nous deux en plus, on pourra surement arriver à une tonne + 300 grammes !

Et dans quelques mois (quand j’aurais moins peur pour la vie des albums illustrés en papier), je craquerais surement pour l’album qui raconte cette belle histoire :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !  »

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Regardez moi ses magnifiques illustrations de La légende du colibri !

Et vous, qu’est ce qu’elle vous inspiré cette belle légende ?

16 réflexions sur “La part du colibri

  1. Croco dit :

    Cet article me parle vraiment, je me sens moins seule tout d’un coup !
    J’ai fait exactement la même chose avec mon fils, et lui aussi ramasse maintenant tout seul les déchets des autres. A vrai dire, je le faisais déjà moi-même parfois avant sa naissance, mais avec lui, c’est beaucoup plus systématique ! Au début, je me suis vraiment demandé si je devais laisser faire mon fils, sachant que les déchets peuvent effectivement être très sale, mais je me suis dit que je ne pouvais pas freiner son enthousiasme pour quelque chose qui correspondait totalement à mes valeurs. Finalement, la seule chose que je lui interdit de ramasser, ce sont les mégots de cigarette, ça c’est Maman qui fait.

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    • chutmamanlit dit :

      C’est vrai qu’avant sa naissance j’avais déjà cette « sensibilité » mais je franchissait rarement le pas de vraiment me baisser… Je me disais aussi souvent « olala c’est dégoûtant, faudrait que je revienne avec un sac poubelle » sans jamais l’avoir fait évidemment ! Merci nos enfants de nous donner la force de donner le bon exemple !

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  2. Lauriane dit :

    Ce matin en allant nous promener avec mon fils, le chemin de notre ballade était jonché de vestiges d’haloween. Mon fils m’a demandé pourquoi il y avait plein de paquets de bonbons vides par terre et nous les avons ramassé pour les jeter a la poubelle. N’aie pas honte de faire ta part car chaque petit geste compte!
    Très bel article en tout cas!

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  3. Maman BCBG dit :

    Très jolie histoire et très belle initiative…. 🙂
    Pour la mission poubelle… je vois bien la scène ! Et la fierté pour le tout petit d’avoir réussi sa « mission » 🙂

    Bref, je me joins à cette famille et te dis à mon tour « merci » 😀 de le faire bien sûr, mais aussi d’apprendre ça à ton fils !

    Aimé par 1 personne

  4. GrandCoeur dit :

    Oh génial, si tous les enfants étaient comme le tien, les rues seraient propres ! Il y a pourtant tant d’autres choses à faire pour respecter l’environnement, c’est très triste de devoir ramasser les déchets de quelqu’un dans les espaces publics. Oh, et puis c’est aussi très triste de voir des parents jeter des déchets par terre en présence de leurs enfants…

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  5. Mam'Weena dit :

    Chez moi aussi, mon fils m’a aider à sauter le pas de ramasser plus facilement les déchets que nous croisons … je me dit que c’est un bon exemple que nous donne Nissan enfants et qu’il faut les encourager/accompagner dans cette voie 😊

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  6. Céline (Maman du 21ème siècle) dit :

    Tu as raison de ramasser les déchets qui se trouvent près de ton fils. Je fais pareil et rien de m’énerve plus que les déchets laissés dans les parcs pour enfants. Là où je vais, les enfants ou moi trouvons régulièrement des mégots de cigarettes près du toboggan pour bébés et des détritus en plastiques susceptibles d’être avalés par les enfants.
    Je pense, comme le colibri, que si chacun y met du sien, nous irons vers une planète plus belle et plus de savoir-vivre.

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