Les écrans sont dangereux pour les enfants, oui mais pourquoi ?

Le premier son que mon fils a entendu en arrivant dans sa nouvelle maison fut le son de la télé. Il avait 5 jours…

À l’époque, la télé tournait un peu plus qu’en général (mauvaises habitudes du congé maternité) mais l’idée que le son des publicités « polluent » ses oreilles m’horrifiait. Alors, assez vite, dès ses premiers mois de vie, j’ai arrêté de regarder la TV et forcé convaincu mon chéri de ne plus l’allumer pendant ses temps d’éveil. Effort que nous maintenons depuis maintenant 2 ans tous les jours jusqu’à 22 heures (oui, on a un couche tard) (mais qui se lève tard aussi 😁). Ceci dit notre effort a grandement été facilité suite à un cambriolage : plus de télé, plus de tentation… !

Bref, on était plutôt bien parti pour respecter la première règle du 3-6-9-12 : pas d’écrans avant 3 ans, puisqu’avec un seul enfant, c’est relativement simple à gérer. Et puis, il y a eu du changement : dans quelques mois, nous allons devoir trouver une nouvelle solution de garde pour notre fils.

Après avoir passé environ 158 coups de fils, j’ai obtenu un rendez-vous pour un entretien auprès d’une assistante maternelle. Pour notre nounou actuelle, je n’avais même pas pensé à demander si les enfants regardaient la télé dans la journée tant ça me paraissait évident que non ; mais pour cet entretien là, j’ai voulu poser la question. Il faut dire que la télé était allumé pendant l’entretien…

– La télé ? Ah oui, je la mets après les repas pendant 15-20 minutes. C’est pour les grands [deux enfants péri-scolaires], vous savez, ils aiment bien les dessins animés !
– Ah…
– Oui mais les petits ils regardent pas hein, ça ne les intéresse pas généralement !

Moui. Je n’en étais pas franchement convaincue. Mais, n’ayant pas d’autre griefs contre cette nounou (ni vraiment d’autres choix), nous avons signé.

Où l’on cherche à en savoir plus

Pourtant, il fallait que j’en ai le coeur net. Pourquoi éviter les écrans de 0 à 3 ans ? D’où vient cette recommandation du zéro écran ? Est-elle un nouvel outil de culpabilisation des parents ? Ou bien, de la même manière que boire un petit verre de vin pendant qu’on est enceinte (voir Enceinte tout est possible) ne pose pas de danger, quelques minutes de télé par-ci par-là est envisageable ?

En gros, je voulais répondre à la question suivante : mon enfant va regarder (ou entendre, pour moi c’est pareil) la télé 30 minutes par jour. Va-t-il effectivement finir lobotomisé* ou dois-je apprendre à lâcher prise ?

(* Le fait que nous même, parents, sommes totalement accros aux écrans n’est en revanche pas du tout un problème, évidemment) (En vrai, si, j’y travaille aussi….)

Je suis allée creuser du côté de deux écrits de Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste mais surtout référence française sur les questions de « nos relations aux images et les bouleversements psychiques et sociaux entraînés par le numérique » :

 

 

 

  • 3 – 6 – 9 -12 – Apprivoiser les écrans et grandir, de Serge Tisseron ne fait qu’une centaine de pages (et j’ai zappé tout ce qui était relatif aux enfants de plus de 6 ans, je ne me sens absolument pas concernée 😀). La première partie du livre parle des bienfaits et des dangers des écrans par tranche d’âge ; la deuxième propose des recommandations adaptée aux âges des enfants. Le livre termine par une section sur l’usage des réseaux sociaux par les enfants que j’ai honteusement zappé aussi puisque je suis encore loin d’être concernée (et qu’avant ça, je devrais déjà travailler sur MON usage des réseaux…)
  • Les dangers de la télé pour les bébés, de Serge Tisseron est assez court aussi. Il est dédié à la période 0-3 ans et va beaucoup plus loin dans les détails des dangers des écrans sur cette période là et sur les mécanismes mis en place par les médias.

Ces lectures furent très intéressantes. En début de livre, on voit que Serge Tisseron s’efforce de trouver des points positifs aux écrans (il rappelle d’ailleurs qu’en 1820, c’étaient les livres qui étaient considérés comme dangereux par les parents et les pédagogues : rendez-vous compte, les enfants devenaient oisifs et paraissaient à lire au lieu de travailler pour leurs parents !) mais force est de constater qu’il est plus facile de trouver des problèmes…

Je vous propose de faire un petit résumé de ce que j’y ai appris, en m’intéressant exclusivement aux problèmes causés par un usage modéré des écrans (et je laisse de côté ceux qui sont causés par une utilisation intensive car il y aurait trop à dire et que cet article promet déjà d’être long…).

Les effets du bruit de fond

Très vite, les études que cite Serge Tisseron confirment mes inquiétudes : même si un bébé ou un enfant ne porte apparement aucune attention à l’écran d’une télé allumée, son comportement en est néanmoins modifié s’il est dans la même pièce. L’effet le plus frappant est une baisse de concentration et des périodes de jeux autonomes moins longues.

Un premier effet qui n’est donc pas synonyme de fin du monde mais qui me conforte dans nos habitudes à la maison. Nous adorons observer notre Lardon jouer en autonomie et il nous le rend bien : chaque soir (jusque 22 heures je le rappelle), il passe de longues périodes à jouer sans avoir besoin de nous, avec de longs moments de concentration. Un luxe, favorisé par des soirées sans télé, auquel on tient puisqu’il nous permet d’être tranquille pour bouquiner ou… être sur nos propres écrans (dans la maison Fais ce que je dis pas ce que je fais, je voudrais les parents).

Des dessins animés « adaptés aux enfants »

Serge Tisseron aborde ensuite la question des programmes « adaptés » aux enfants. Parce que quitte à faire regarder la télé ou la tablette à notre petit, autant choisir pour eux des programmes spécialisés. Mais le sont-ils vraiment ?

Les programmes « adaptés aux enfants » ne sont en vérité absolument pas adaptés aux enfants d’un point de vue cognitif, pédagogique ou encore éducatif. Non, ils sont adaptés à l’enfant pour… en faire de lui un consommateur : bien souvent, ils sont conçus avant tout pour ce qu’ils peuvent rapporter en produits dérivés.

Les héros des dessins animés sont imaginés pour être facilement déclinables, que ce soit dans l’industrie du jouet ou l’industrie alimentaire. Ensuite, c’est une affaire rodée : l’enfant, dès 6 mois, aime reconnaître les formes et figures qu’il a l’habitude de voir ; la demande pour des jouets / vêtements / céréales à l’effigie de ses héros préférés est alors créée… Serge Tisseron explique très bien comment le lobby s’est mis en place et je ne peux m’empêcher de trouver ça déprimant : d’un côté, les recherches en neurosciences sont complètement ignorées par l’état et on obtient des écoles pas du tout adaptées aux enfants ; de l’autre, les industriels ont bien compris que ces études étaient révolutionnaires et utilisent les résultats des recherches en neuroscience pour… faire de nos enfants de parfaits petits consommateurs.

Aujourd’hui, notre maison est encore vierge de toute licence et héros de la télévision et le Lardon « quémande » peu (nous évitons les grands supermarchés avec lui, ça aide aussi). Affaire à suivre plus tard donc ! Est-ce que le fait de voir régulièrement les mêmes personnages fabriqués pour être désirables changera son comportement ?

Pour finir, Serge Tisseron rappelle aussi que les vidéos « spécialisées » (vous comprenez maintenant les guillemets) et les émissions pour adultes ont les mêmes effets négatifs sur les bébés : et pour cause, ils sont loin d’avoir la maturité nécessaire pour comprendre ce qui se passe. On en reparle plus bas.

Les mauvaises raisons pour regarder la télé

Serge Tisseron prend un moment pour passer en revue les raisons pour lesquelles on peut avoir envie de mettre son enfant devant un écran :

  • « J’ai peur qu’il s’ennuie ! » : mais quelle idée ? L’ennui est primordial chez l’enfant : il est formateur, et c’est en connaissant l’ennui que l’enfant va devenir créatif, observer et inventer. Plus l’enfant sera habitué à « l’ennui » (le jeu libre), plus il y prendra plaisir !
  • « La télé est une ouverture au monde » : Pour un enfant de plus de 6 ans, oui, c’est possible ! Mais pour les plus petits, c’est oublier une chose primordiale : leur découverte du monde passe par ce que les chercheurs appellent une intelligence sensori-motrice. Pour le commun des mortels, ça se traduit par un enfant qui a besoin de toucher, goûter, racler ou jeter (pour entendre) les objets nouveaux. Or, ce que les enfants découvrent par la lucarne d’un écran ne permet rien de tout ça.

Les images violentes et la violence des images

Ça paraît évident : on veut éviter à nos enfants les images « violentes », d’où les programmes « spécialisés » (toujours les guillemets). Mais qu’en est-il de la violence des images ?

Serge Tisseron rappelle que le cerveau d’un enfant n’est pas encore assez mature pour gérer un flux d’information comme celui envoyé par un dessin animé : les changements de fond ou de bande sonore y sont extrêmement fréquents, rendant ces images extrêmement violentes à leur manière. (Ce n’est en revanche pas le cas d’une discussion avec Papy et Mamie sur Skype par exemple, ou le flux de donnée est beaucoup plus facile à suivre) (sauf peut être qu’ils dansent la tecktonique ?).

En regardant une vidéo d’un dessin animé, l’enfant est captivé et ne peut pas s’y soustraire. Il emmagasine donc des charges émotionnelles considérables, et pour compenser, il devient de plus en plus tendu (mais « calme » puisqu’il ne peut pas lâcher des yeux l’écran).

Et puis, quand on éteint l’écran, c’est la décharge : l’enfant fait une crise. Contrairement à ce que je pensais, cette crise n’est pas due à une addiction aux écrans mais à une surcharge émotionnelle : l’enfant a besoin d’évacuer tout ce qu’il a subit.

Personnellement, c’est clairement l’aspect des écrans que je trouve le plus détestable : ce côté hypnotisant et lobotisant me rend vraiment mal à l’aise.

Comment « bien » regarder la télé avec son bébé ?

Malgré les arguments tous plus « culpabilisateurs » les uns que les autres qui s’enchaînent dans ces deux livres, Serge Tisseron donne des pistes pour accompagner nos enfants vers une consommation plus saine des écrans. Notre rôle en tant que parent ne consistant pas seulement à protéger nos enfants mais aussi à leur apprendre progressivement à s’auto-protéger et s’auto-diriger, il part du principe que c’est important d’entretenir un rapport sain avec les écrans qui seront de précieux outils pour eux dans quelques années.

Voici donc quelques conseils :

Interagir avec les images

En ne laissant pas l’enfant seul face à son écran, on passe d’une activité complètement passive à une véritable source d’enrichissement. Ainsi, les premières années de vie de notre enfant, n’hésitons pas à faire tout ce qu’on détesterait au cinéma : mettre pause et commenter les différentes scènes de la vidéo visionnée ; un peu comme quand on lit un livre.

De fait, cela implique d’attendre que son enfant aie la maturité de comprendre ce qu’on lui dit, mais aussi de s’exprimer pour extérioriser ce qu’il voit pour regarder des dessins animés avec lui.

Éviter le flux continu

Regarder des vidéos : oui. Laisser la télé ou l’application YouTube prendre le contrôle : non. Quand les vidéos s’enchaînent en continu, l’enfant perd toute notion du temps (et souvent, l’adulte aussi…).

On en revient donc au conseil précédent : on regarde les vidéos une par une, on fait des pauses, on échange.

Regarder la même vidéo en boucle

Okay, ça ressemble à une vision de l’enfer. Mais il y a de forte chance que votre enfant vous réclame déjà ça (en tout cas, le mien le fait pour les livres !) et c’est pour une bonne raison : il faut du temps pour comprendre l’enchaînement des événements. Avant 3-4 ans, souvent l’enfant ne comprendra pas les relations entre une scène et celle qui suit.

Serge Tisseron prend l’exemple de la scène d’ouverture de Bambi : un adulte comprendra qu’un petit faon est né, et que tous les animaux de la forêt se rassemblent autour de lui. L’enfant de 3 ans lui, voit un hibou faire les gros yeux, puis des petits canards courir, puis des lapins s’agiter et enfin une maman avec son bébé faon. Il ne comprends pas encore que ces évènements ont une relation.

Regarder la même vidéo en boucle lui permettra à l’enfant d’anticiper les actions, de faire marcher sa mémoire et à terme de comprendre l’enchaînement de ce qu’il voit.

Aider son enfant à sortir des écrans

Pour aider son enfant à gérer la crise qui peut survenir quand on éteint les écrans, il est primordial de comprendre ce qu’il vit : l’enfant a emmagasiné un flux d’informations plus rapide que ce que son cerveau est capable de gérer, il a besoin de décharger la tension accumulée.

Serge Tisseron propose alors quelques outils plutôt classique dans la gestion d’une crise : le jeu, le dessin ou encore le langage pour aider l’enfant à extérioriser la tension qu’il ressent.

Entretenir un rapport sain aux écrans même chez les autres

« Il faut tout un village pour élever un enfant ». Et parfois, les règles sont différentes chez les autres : ça n’est pas un problème en soi, tant que les écrans ne deviennent pas synonyme de transgression : l’accès aux écran ne doit pas faire l’objet d’une récompense ou d’une punition et il serait évidemment totalement contre-productif de la part des grands-parents/babysitter/… de demander à l’enfant de cacher ce qu’il fait ailleurs : « Ne dis pas à tes parents que je t’ai laissé regardé la télévision ». On peut simplement expliquer à l’enfant que les règles sont différentes selon les lieux où il se trouve et les personnes qui le gardent.

Quatre temps sans écrans

Enfin, pour finir, puisque les recommandations 3-6-9-12 de Serge Tisseron sont plutôt strictes (30 minutes d’écran par jour pour les 3-6 ans, pas du tout avant), je partage aussi ici les recommandations d’Alerte Écrans (une association sur laquelle je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations : est-elle un rassemblement de professionnels de la petite enfance ou « simplement » des parents ?) mais dont les bonnes pratiques sont plus facile à respecter et pleines de bons sens :

  • Pas d’écrans le matin avant d’aller à l’école
  • Pas d’écrans durant les repas
  • Pas d’écrans avant de s’endormir
  • Pas d’écrans dans la chambre

Le mot de la fin

Voilà, ça en est fini pour ce long article !

Mieux comprendre les effets négatifs des écrans aura permis de me décrisper sur l’utilisation de certains écrans : par exemple, regarder des vidéos maisons de lui-même ou de ses petits copains en train de jouer ; ou encore skyper avec la famille n’a rien de dangereux.

En revanche, je reste toujours un peu contrariée par le fait que dans quelques semaines, mon petit Lardon regardera les dessins animés chez sa nounou. Mais il faut dire que c’est lié à une problématique plus générale dans ma vie : j’essaie moi même de me décrocher des écrans et des marques. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande ces deux livres que m’ont prêtés des collègues :

 

 

  • Hooked – How to Build Habit-Forming Products, de Nir Eyal (Penguin) (en anglais) qui explique comment les produits d’aujourd’hui sont conçus pour nous rendre accro (coucou Facebook et Instagram).
  • No Logo : La tyrannie des marques, de Naomi Klein (Actes Sud) qui montre comment les marques sont présentes partout autour de nous, et de quelles manières elles façonnent notre vision du monde.

 

Et chez vous, comment ça se passe : écrans ou pas écrans ? Sous quelle forme ? Et chez les autres ?

30 réflexions sur “Les écrans sont dangereux pour les enfants, oui mais pourquoi ?

  1. Lux dit :

    Merci pour cet article super intéressant !

    Au début, j’avais du mal à imaginer mes soirées sans télé (surtout pour Quotidien ou Plaza ah ah). Finalement, je ne l’allume plus du tout le soir et je mets la radio à la place. Une fois qu’elle dort, on l’allume (surtout pour le papa). Le week-end elle est allumée un peu aussi (toujours le papa !).

    Je sais que la nounou ne leur en fait pas regarder du tout et c’est rassurant effectivement.

    Je suis contente d’avoir réussi à diminuer MA consommation et celle de Souris en même temps.

    Merci pour les conseils de lecture également 🙂

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    • chutmamanlit dit :

      Je trouve qu’on s’y fait vite oui, au calme sans télé (enfin, sauf pour les papas 🙈) ! En tout cas, maintenant, je trouve ça très désagréable d’être dans une pièce où elle tourne « toute seule », je n’ai vraiment plus l’habitude du bruit ambiant ! Je crois que même la radio me dérangerait (sauf s’il n’y a pas du tout de pub peut être ?).

      Au plaisir pour les conseils lecture 🙂 En plus, une fois n’est pas coutume, ceux là m’ont été conseillés par des gens qui ne sont pas du tout dans la sphère « parentalité » et ça fait du bien parfois de lire autre chose 😁

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  2. Croco dit :

    Chez nous il n’y a pas de télé ce qui facilite pas mal de choses. A deux ans et demi notre ainé n’a vu que 2 ou 3 dessins-animés… chez le coiffeur ! Et je suis encore plus « puriste » que toi car la seule chose que j’accepte de montrer à mon fils sur écran ce sont nos photos. Je le trouve encore un peu jeune pour comprendre ce qui se passe lors d’une vidéo-conférence, mais on va surement commencer à s’y mettre car les grands-parents sont demandeurs. Et j’éteins même la radio en sa présence !

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    • chutmamanlit dit :

      Oh je pense qu’un enfant peut très bien comprendre une visio-conférence : qu’il voit ses grands parents qui sont loin. En tout cas, hier, mon fils a eu sa première discussion au téléphone (sans image) avec son papa, et il était clairement rassuré de l’avoir entendu.

      La radio, je comprends, au final, c’est un peu aussi du bruit ambiant (j’ai même tendance à penser que les pubs pour la radio sont mille fois pire que celles de la télévision 😱)

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      • Croco dit :

        En fait, à la radio, j’écoute surtout les infos, et ça ne me parait pas du tout adapté à des petits. En revanche mon mari écoute France Musique en voiture et ne coupe pas la radio avec son fils mais il n’y a pas de publicité et ce n’est pas un moment où il est suceptible de se concentrer sur autre chose.
        Pour la visio-conférence, je pense aussi que maintenant ça doit commencer à être adapté, surtout qu’il commence à parler suffissament bien pour être partiellement compris (il n’est pas très en avance sur le langage, mais je suppose que ça ne va pas tarder à exploser).

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  3. Gwen dit :

    Ah ton article me plaît beaucoup ! Je le trouve clair, bien argumenté, et équilibré.

    Marrant, nous aussi cette histoire de télé avait fait irruption dans notre premier choix de nounou: la première rencontrée, notamment, avait laissé la télé allumée pendant tout l’entretien (sans que l’heure permette le prétexte du « c’est 30 minutes au moment du repas »), et sur une émission HAUTEMENT culturelle du type Secret Story, en plus…
    Une autre ne roulait pas sur l’or, mais visiblement la télé tenait suffisamment de place dans sa vie pour qu’il y ait un bel écran plat dans le salon, et un autre dans la cuisine…

    Nous avons pas mal réfléchi au sujet, et avons aussi été aidé par l’absence de télé chez nous. Du coup, nous avons cherché à aboutir à une pratique pas trop dogmatique, j’en parle ici si cela t’intéresse ! https://petitbout-petitbout.blogspot.com/2016/12/la-tele-le-parc-honni-soit-qui-mal-y.html

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    • chutmamanlit dit :

      Merci pour le lien vers ton article ! J’ai trouvé ta pratique très intéressante aussi. Clairement, l’unique avantage des écrans, c’est « d’avoir la paix », mais je dois avoir la chance d’avoir un petit Lardon « pas trop chiant » : assez souvent, il est capable de jouer seul, en toute autonomie, et « sans trop de bétises » (le pire qu’il fasse, c’est mélanger toutes les couleurs de pate à modeler ensemble, rien de dramatique). Du coup, je n’ai vraiment jamais eu besoin d’y avoir recours.

      Et au sujet des entretiens, c’est fou que ça soit si fréquent ! Dans mon cas, c’était le journal qui était allumé, donc « ça passe » (par rapport à de la télé-réalité…) (je ne juge pas qu’on regarde, mais à mon sens pas pendant un entretien professionnel) ; et j’ai été rassurée par le fait que la télé était bien éteinte lors de ma 2ème visite, avec l’amoureux et le Lardon.

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  4. Maman BCBG dit :

    Olallala tu as fais beaucoup de recherches pour cet article, quel boulot ! et c’est super intéressant !

    Je te confirme que les limites qu’on se fixe pour un enfants sont plus simple à suivre que pour deux 😉
    Ici, en général, c’est zéro écran la semaine (mais je sais qu’à l’école ils les mettent devant la télé s’ils ne peuvent pas les sortir ou les amener au gymnase durant la récréation)
    Le weekend, on est plus souple, et mon grand de quatre ans doit regarder environ 40 minutes de dessin animé par jour. (Bon sauf le week-end ou on a acheté Zelda, je crois que personne dans la famille n’a réussi à décrocher durant 48h ahahhahaha ! on s’est tous nourris de pizza et de chips !!)

    J’ai un rapport ambivalent avec les écrans : pour moi, lorsque je mets mes enfants devant, ce n’est pas pour les ouvrir au monde ou parce que j’ai peur qu’ils s’ennuient. bien plus lucide, c’est pour les faire tenir tranquille. point.
    Je pense qu’à un moment il faut assumer ça : c’est surtout nous que ça arrange, pour prendre une douche tranquille, prendre un appel important, ne pas gérer de crise dans une salle d’attente etc.

    Pas bien, mais ça dépanne 😦
    par contre j’ai vraiment observé que plus mon fils regarde la télé, plus il l’a réclame… et que parfois, 10 minutes de dessin animé générant 20 minutes de crises lorsqu’on arrête la télé, finalement on n’est pas toujours gagnant.

    Bref, équilibre à trouver, sachant que vraiment, l’idéal pour moi ça serait de s’en passer totalement, mais que je cède par facilité. avec le retour des beaux jours, on sera aussi plus dehors donc plus enclins à ne pas être tentés.

    Merci pour cet article 🙂

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    • chutmamanlit dit :

      Au plaisir ! Honnêtement, j’ai emprunté ces deux petits livres à la bibliothèque sans être sûre que je prendrais le temps de les lire vraiment. Je n’ai pas hésité à zapper pas mal de passages dans le premier (je voulais répondre à une question précise), mais en lisant le 2ème, je me suis laissée emporter, car malgré tout, c’est un sujet réellement intéressant !

      En tout cas, je te rejoins : si un jour de décide d’avoir recours aux écrans, ce sera clairement en ayant conscience que c’est pour moi (avoir du temps libre) (au moins pendant l’écran, car après, s’il faut gérer une crise, c’est pas dit que je ne regrette pas :D), et pas tant pour mon fils.

      Ta remarque sur « plus il regarde plus il en veut » me fait réaliser que c’est pareil pour tout en fait : le Lardon a tellement l’habitude des jeux libres et en autonomie qu’il lui faut sa dose chaque soir. Même si on rentre à 22h d’un repas chez des amis, il a BESOIN de passer une vingtaine de minutes à jouer avec sa cuisinière avant de pouvoir aller se coucher 🤣.

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  5. juneandcie dit :

    Je suis ravie que tu explicites si bien le problème. Sans avoir lu ce type d’ouvrage, nous avons intuitivement évité les écrans très longtemps pour le Minion, juste à cause des contre-exemples dans notre entourage qui nous avaient convaincus. Aujourd’hui il va sur ses 8 ans, et la règle même assouplie perdure. Les dessins animés restent l’exception, tout comme les jeux vidéos et les programmes sont choisis. Résultat : il adore lire, se faire des cabanes ou jouer. Il déborde d’imagination et étonnement, quand il choisit il préfère les documentaires. Cela vient -il de son caractère ou de notre façon de faire, je pense que c’est un mixe des deux.
    Les écrans ne sont pas une récompense, mais ils ne sont pas la règle non plus, ils sont l’exception et ça nous va très bien à tous. Alors que paradoxalement nous travaillons tout deux sur écran… Merci en tout cas pour cet article très intéressant.

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    • chutmamanlit dit :

      Initialement, pour moi aussi c’était une « intuition », mais je suis contente d’avoir creusé le sujet ! En tout cas, j’aime beaucoup ce que vous avez réussi à construire avec votre fils, j’espère que nous arriverons à quelque chose du genre dans plusieurs années 🙂

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      • juneandcie dit :

        Je vous le souhaite. Ce n’est pas toujours facile de résister à la facilité, surtout pendant les longues après midis gris d’hiver. Mais en revanche le voir s’éclater dans un musée ou frétiller de bonheur dans une librairie c’est une petite victoire. Pourvu que ça dure….

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  6. lulhuberlue dit :

    Bravo pour cet article bien structuré et argumenté. Nous n avons plus de tv depuis 6 ans et nos 3 enfants n en sont pas plus malheureux… De plus en plus de gens commencent a décrocher je trouve cela rassurant.

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  7. GrandCoeur_Evinrude dit :

    Merci pour ton article ! Je savais que les écrans étaient mauvais pour les petits à cause du flux d’images qui est beaucoup trop riche et impossible à « traiter » par leurs cerveaux. Mais je ne savais pas trop pour le bruit de fond, par exemple. Quand j’écoute la radio et que le cornichon est dans la pièce, là aussi c’est mauvais pour lui ? Ici nous n’avons pas de télé, « seulement » des ordinateurs portables. Il arrive que mon mari regarde des clips pour enfants avec le cornichon, c’est toujours les mêmes, parce qu’il essaie (mon mari, pas le cornichon) d’apprendre les paroles (c’est en suédois). Mais c’est tout. Je comprends tout à fait ta réticence à l’idée de laisser le lardon chez quelqu’un qui regarde la télé en présence des enfants/fait regarder la télé aux enfants, mais je crois que malheureusement c’est inévitable, un jour il sera invité chez un copain qui aura sans doute la télé… Je peux te dire que quand les gens apprennent que j’ai pas la télé ils me regardent avec des yeux gros comme ça. Cerise sur le gâteau, je ne possède un smartphone que depuis un mois (et je ne comprends toujours pas comment on peut passer du temps là-dessus, c’est tout petit, ça fait mal aux yeux grave, je préfère un écran d’ordi) et mon mari n’en a pas… Bref on n’est pas très concernés par le « problème » des écrans pour le moment. Merci pour les suggestions lecture à la fin aussi ; j’ai lu No Logo il y a un moment mais je ne connaissais pas « Hooked » 🙂

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    • chutmamanlit dit :

      Aucune idée pour la radio ! Je pense, que, comme la télé, le bruit de fond doit diminuer un peu sa capacité de concentration aussi. Après, tout dépend de la radio j’imagine ? Est-ce uniquement de la musique ? Y a-t-il des publicités ? Des gens qui parlent ?

      Sinon, je n’ai peut être pas été assez claire dans mon article : mon problème n’est pas tant que le Lardon regarde des dessins animés parfois : je sais bien que chez les amis, etc, c’est différent ; mais pour la nounou, je trouve ça différent : il y sera chaque jour, ça devient une habitude et plus une exception.

      Haaaan, ne pas avoir de smartphone, j’y pense parfois… Mais je ne sais pas si j’y arriverais un jour !

      Merci pour ton retour en tout cas 🙂

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      • GrandCoeur_Evinrude dit :

        Pour la radio, je pense que si c’est seulement de la musique c’est moins embêtant que si c’est des gens qui parlent. Le mieux ce doit être de la musique sans paroles, sans doute. Mais une radio qui parle une langue qu’il ne comprend pas (pas encore), ça fait quoi ? Hmh, je vais mener ma petite enquête !

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  8. Estelle dit :

    Bravo et merci pour ton article bien structuré et étayé ! L’aspect écrans a aussi été un critère de choix pour notre nounou. J’ai éliminé toutes celles qui faisaient regarder des dessins animés régulièrement aux enfants, par ex. pendant qu’elle préparent le repas. La nôtre avait dit qu’elle en mettait exceptionnellement en fin de journée quand elle ne pouvait pas gérer autrement en recevant les parents, mais en un an je n’ai jamais vu l’écran allumé. En revanche elle utilise parfois sa tablette pour diffuser les comptines et chansons, mais chante et danse dessus avec les enfants, donc le rapport reste actif, ça passe.
    Chez nous pas de télé à proprement parler, on la regarde sur ordinateur, essentiellement en replay. Je pense que ça limite le zapping décérébrant et un peu la dépendance. Etant moi-même malgré tout un peu accro, j’essaie de ne pas allumer en présence de la petite, le fait qu’elle regarde des photos sur les téléphones ou les ordinateurs, et parfois des vidéos type documentaire sur youtube avec son père (plus détendu que moi sur le sujet !) me semble amplement suffisant. Je ne savais pas non plus pour le bruit de fond, même si j’avais remarqué que ça pouvait un peu la perturber, comme n’importe quel bruit finalement.

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    • chutmamanlit dit :

      Ravi que mon article plaise, j’y ai passé pas mal de temps finalement 🙂

      Notre nounou actuelle aussi utilise un support (ordi ? téléphone ?) pour diffuser des comptines, mais effectivement, je ne compte pas forcément ça comme un temps d’écran. Je n’imagine pas les enfants scotchés devant : au contraire, comme tu le dis, ils sont actifs !

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  9. Mellylovy dit :

    Ton article est vraiment intéressant et aboutis. Merci d’avoir partager tes recherches avec nous. Chez nous, c’est moi l’accro à la télé …. et le pire c’est que je ne la regarde même pas. Comme j’ai souvent été seule à la maison elle me tenait compagnie et elle rythmait mes journées. J’ai énormément de mal à lutter contre ces mauvaises habitudes. Je coupe de plus en plus la télé la journée mais pendant les repas par exemple je n’y arrive pas. c’est quelque chose que j’ai toujours connu. Quand j’étais petite on regardais tous la télé pendant les repas. Mon mari a la même habitude du coup on le fait encore….. pas évident de boulversé ses habitudes. Enfin, c’est le genre d’article qui m’emmene à réfléchir. J’ai un gros travail à faire. Bisous et merci

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    • chutmamanlit dit :

      Oui, c’est sûr que quand on a toujours été habituée, le « silence » d’un monde sans télé peut faire peur ! (Personnellement, je le trouve pourtant si précieux !) Peut-être que tu pourrais le remplacer par la radio ou de la musique : il reste cette présence audio, sans la tentation du regard.

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      • Mellylovy dit :

        Depuis que j’ai lu ton article. Je fais beaucoup plus attention. Je n’allume plus la télé systématiquement. J’ai dû réduire de moitié son temps allumé. J’ai encore des efforts à faire. Notamment le matin mais j’ai l’impression de faire des progrès

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  10. Mam'Weena dit :

    Merci pour cet article très abouti qui remet les choses en perspective … (et explique la crise « fin de dessins-animés »).
    Personnellement, il n’y a pas de télé chez nous et je pensais tenir le sans écran jusqu’à 3 ans … puis on a eu deux enfants et clairement, ça devient plus compliqué. Donc, chez moi, il y a droit à 30 minutes pendant que je prépare le repas (et son frère s’y interesse depuis qu’il a 18 mois), principalement des comptines ou des dessins animés en anglais .
    Après, j’ai le contre-exemple personnel: mes parents étaient anti-télé … et on fini par acheter un magnétoscope, de honte, car nous nous jetions sur ceux des autres … donc, des écrans avec parcimonie, c’est bien aussi 😊

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    • chutmamanlit dit :

      Je trouve le compromis du magnétoscope intéressant : on peut choisir le programme, et ce n’est plus de la TV en continu. Clairement si on l’introduit la TV (le jour où, dirais mon chéri :p), ce serait vers ce genre de modèle que je me dirigeais !

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  11. Maman du 21ème siècle dit :

    Je ne peux qu’adhérer aux messages que tu fais passer dans cet article car tu sais que j’en partage le point de vue. Pas mal le fait de faire passer le message que les règles son différentes selon les endroits. 😉

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  12. Restons Creatifs dit :

    Merci pour cet article! Très riche et explicite. Je suis navrée pour le cambriolage… l’horreur!
    Ton article mais aussi le travail de tous les chercheurs sur le sujet est très précieux aujourd’hui. Dans les structures de la petite enfance on « dépiste » très facilement les enfants qui grandissent et s’endort devant la télé… leur comportement, la fatigue, le manque de concentration, l’irritation, la surexcitation… bref. Je sais que dans certains structures on propose des dessins animés aux jeunes enfants (c’est présenté comme un projet pédagogique de haut gamme) J’ai jamais compris comment la direction accepte ça. Comme si il n’avait rien d’autre a proposer aux enfants comme activité d’éveil… sachant qu’ils regardent déjà pas mal la télé à la maison
    Chez nous aussi pas de télé… en fait on a une mais c’est plutôt de la décoration 😀 Depuis un an pas d’abonnement pour la télé (ça sert à rien si on regarde pas) et on préfère choisir nos films pour profiter de nos soirées ciné devant l’ordi 🙂 Concernant les dessins animés c’est papa qui a commencé récemment à regarder avec ma fille qui a déjà presque 3 ans (c’est leur moment à deux). Ils regardent ensemble sur l’ordi, un dessin animé choisit par papa (pas tous les jours, ce n’est pas un rituel). Il dure pas plus de 5 minutes et durant ce temps papa explique les actions des personnages.
    Concernant la radio pour les enfants il existe : http://www.radiodoudou.com sinon j’écoute plutôt sur deezer mes playlists ou mes CD
    encore un livre sur le sujet ; TV lobotomie: La vérité scientifique sur les effets de la télévision (dsl si tu l’as déjà cité, pas vue)

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    • chutmamanlit dit :

      Oui, ce fut très dur de retrouver notre chez-nous complètement sans dessus-dessous 😦

      Concernant ce que tu dis sur les comportements des enfants visionnant des écrans « à haute dose », je ne suis pas spécialement étonnée que soit facilement repérable car j’ai l’impression qu’on en parle « souvent » mais je trouvais beaucoup moins de ressources sur « l’entre deux », quand il y a un peu d’écrans.

      J’ai regardé le résumé de TV Lobotomie, et mon dieu, ça a l’air particulièrement angoissant 😬 ! Je verrais si je le croise à la bibliothèque quand même !

      Quand à Radio Doudou merci mais… non 😅 C’est mon plus gros défaut de « mère indigne » : les comptines, JE N’Y ARRIVE PAS. Depuis une semaine, parce que le Lardon le chantonne de sa petite voix beaucoup trop mignonne, je consens à écouter « Petit escargot » une ou deux fois de temps en temps, mais laisser des comptines tourner en fond, je ne PEUX pas, mon cerveau vrille 😝

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  13. Gloewen dit :

    Merci pour ton article très intéressant ! Y’a pas mal de choses que je ne savais pas.
    Ici, on a enlevé la télé de nous même car on ne la regardait plus. De temps en temps, on se fait des séries / films sur ordi mais quand on est seuls et, surtout, le jour, l’heure et la durée que l’on souhaite ! 😊
    On a vu un gros changement ! On ne se sent plus liés à la télé (le lundi soir à 20h c’est le jour de telle série…), on évite tout un tas de pubs et donc tout un tas de tentations et on passe beaucoup moins de temps à glander devant ! C’est fou le temps qu’on a retrouvé !

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