Parler pour que les petits écoutent

J’ai commencé cet article il y a un an et un jour exactement. Il serait temps de le publier 😅. C’est parti donc pour parler du fameux Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, de Faber & Mazlish. Ce livre a été initialement écrit en 1980, vendu à plus de 5 millions d’exemplaires, traduit dans 30 langues et fait encore l’objet de nouvelles (ré)éditions, d’ateliers et de formations. Bref, difficile de parler d’une bibliothèque bienveillante sans parler de ce best-seller ! D’ailleurs, c’est pour ça qu’en un an, je l’ai lu en 3 versions différentes…

Du coup, j’avais envie de faire un petit récapitulatif sur les forces et les faiblesses de chacune de ces versions. Car c’est vraiment une lecture que je recommande les yeux fermés, mais pas dans n’importe quelle version !

En quelques mots

parler-pour-que-les-enfants-ecoutent-ecouter-pour-que-les-enfants-parlentComme son titre l’indique Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent est un livre qui propose des outils pour communiquer avec les enfants. C’est un livre très concret, avec des exemples de la vie réelle, des fiches résumées et des encarts « Important » (la première de la classe en moi adore ça) et même des exercices pratiques à remplir avec son petit stylo (la première de la classe en moi soupire quand même un peu…). Il est découpé en chapitre bien distinct :

  • Accepter les émotions
  • Susciter la coopération (tout un programme celui là)
  • Remplacer la punition
  • Encourager l’autonomie
  • Utiliser les compliments
  • Aider l’enfant à se dégager des étiquettes qui lui collent à la peau

Chaque chapitre est dense, pas tant en informations qu’en nouvelles idées et de nouvelles perspectives. C’est donc un livre qu’on lit lentement pour laisser le temps d’infuser, et de tester dans la vraie vie.

Le livre qui énerve

Et puis bon, pour être honnête, la version française se lit lentement car… c’est au choix mal écrit, mal traduit ou mal vieilli… Imaginez un livre où les autrices sont convaincues que le bon choix des mots et de la formule est très important et peut tout changer dans la relation avec votre enfant. Sauf que ce livre, écrit en 1980, a été (mal ?) traduit par une canadienne pour des Français-Québécois. Ça donne, au mieux des tournures de phrases hyper étranges et absolument pas naturelles pour une franco-française de 2018 ; au pire des phrases qui n’ont aucun sens.

Pour l’exemple, dans le dernier chapitre (sur les étiquettes qu’on colle parfois à nos enfants et qui les empêchent parfois de s’épanouir : « C’est une vraie tête de mule », « C’est une brute de toute façon ce gosse »), un outil proposé au parent est de rappeler à l’enfant que, heureusement, il ne se comporte pas toujours comme le suggère le rôle qui peut lui coller à la peau et de lui rappeler toutes ces fois où il est justement sorti du dit rôle. Cet outil, très intéressant au demeurant (Tiens, quelles sont les étiquettes que l’on colle au Lardon ? Est-il vraiment *toujours* comme ça, où en cherchant un peu dans ma mémoire, je peux trouver des contre exemples ?), a été traduit en français par « Soyez le coffre au trésor de ses bons coups ». Je suis désolée mais ÇA NE VEUT RIEN DIRE NOM D’UNE PANOUILLE.

Ainsi, certains outils présentés ne m’ont absolument pas convaincue, sans que je puisse dire si ils étaient totalement contre nature pour moi ou si bêtement, je ne m’y retrouvais pas à cause de la traduction.

Le livre qui marque

faberEt pourtant, quand près d’un an plus tard, je suis tombée sur la VO (2 € pour un livre d’occasion en parfait état !) j’ai craqué (la version française ayant été rendue à la bibliothèque depuis longtemps) et je me suis replongée dans How to Talk So Kids Will Listen & Listen So Kids Will Talk. J’ai la chance de bien lire l’anglais, et ça change tout ! J’ai alors réalisé que ma première lecture m’avait plus marquée que ce que je pensais, puisque j’ai totalement fait miens quelques outils du livre, qui me servent quasi quotidiennement. D’autres outils cependant, paraissent toujours trop « évolués » pour mon petit de deux ans et quelques.

faber-kidsAlors quand j’ai vu chez Gwen que la version « Little Kids… » existait, j’ai feuilleté l’extrait disponible en ligne et je me suis dit que ça valait le coup de me l’offrir aussi (#quandOnAime #onNeComptePas).Et je ne regrette absolument pas ! Après une petite hésitation entre la version française ou la version anglaise, j’ai choisi cette dernière : beaucoup moins chère, et garantie sans problème de traduction !

Parler pour que les petits écoutent

La version 2-7 ans How to Talk So Little Kids Will Listen n’est pas écrit par Adele Faber et Elaine Mazlish mais par… la fille d’Adele, Joanna Faber et Julie King, une de ses amies d’enfance.

Ce n’est absolument pas une redite de la version originale, loin de là, même si le contenu est sur le même format : mélange d’exemples réels, de BD, de listes et de conseils pratiques.

Dans la première partie de How to Talk So Little Kids Will Listen, on retrouve un récapitulatif des outils chers à Faber & Mazlish, mais en se concentrant sur ceux vraiment efficaces avec des petits (qui ne parlent pas encore forcément bien par exemple).

Et dans la deuxième partie, les sujets de conflits les plus fréquents sont traités avec encore plus d’exemples concrets sur comment utiliser les outils : sommeil, repas, sécurité dans la rue, gestes médicaux, courses, comment limiter la casse quand on a pêté un plomb (très utile ce chapitre) ou encore conflits dans la fratrie… Je le trouve vraiment complet et c’est très chouette !

Au final, c’est ce livre que je préfère, et de loin : il regroupe toute l’essence du génie de Faber et Mazlish, sans le côté vieillot, et avec des exemples vraiment adaptés. J’ai même pu le feuilleter en français depuis et il semble tout à fait bien traduit, voilà donc une idée de cadeau que je garde en tête !

Et chez vous, ça Faber & Mazlish ? Avec lequel ?

8 réflexions sur “Parler pour que les petits écoutent

  1. Cécile dit :

    J’ai lu la version française et je suis entièrement d’accord avec toi, la traduction laisse sérieusement à désirer… J’ai quand même pu faire un peu de jus cerveau à partir de celui-ci mais en ayant le sentiment que les outils proposés s’adressent à des parents d’enfants plus grands que les miens et qu’il paru un peu difficile à tester dans l’optique d’obtenir des résultats. Je ne connaissais pas la version pour les 2-7 ans et ta présentation m’a donné envie de le lire. Merci 🙂

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    • chutmamanlit dit :

      Merci de ton retour ! J’avais peur d’avoir été dure avec ce livre qui a eu tellement de succès… Mais comme toi, même avec la traduction approximative, ça m’a fait cogiter mine de rien !

      Et pour le coup, les outils proposés pour les 2-7 ans sont vraiment mieux adaptés 🙂

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  2. Claire dit :

    Oh non, maintenant, j’ai envie de l’acheter !!
    Concernant Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, ça ne m’a pas marqué, mais peut-être parce que dans les livres de ce genre, je ne prends que ce qui me parle et m’intéresse et je laisse le reste de côté. Et puis à force de lire les livres sur le sujet, au final, ce sont un peu toujours les mêmes choses qui reviennent 🙂

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  3. Croco dit :

    J’ai très envie de le lire, mais en numérique il n’existe qu’au format Kindle en anglais (et j’ai une liseuse Sony). Du coup, je vais peut-être l’acheter en papier, reste à voir si je le prends en français ou en anglais. Mais j’aurais tellement préféré pouvoir le mettre sur liseuse pour pouvoir faire des recherche dedans… (et en plus, je n’ai plus de place pour mettre des livres à la maison).

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    • chutmamanlit dit :

      Olala, tu prêches une convaincue ! Ça faisait longtemps que je n’avais pas acheté de livre papier (pour moi j’entends)… Mais celui là, je ne l’ai pas trouvé à la bibliothèque, ni en numérique alors je n’ai pas eu le choix !
      Quand à la langue, la version anglaise est plus de 2 fois moins chère, mais c’est moins pratique à partager à des proches (tout le monde n’a pas envie de se farcir un bouquin sur la communication en anglais, et je les comprends) donc je regrette presque de ne pas avoir la version française…

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