Living School : l’école alternative du développement personnel

Petit point lecture aujourd’hui pour vous parler de S’épanouir à l’école de Caroline Sost, un livre-témoignage racontant la genèse et la raison d’être d’un lieu unique en France : la Living School.

Où l’on parle de savoir être

Comme Caroline Sost, le développement personnel est quelque chose que j’ai découvert sur le tard. C’est même une activité (est-ce le mot ?) que je dénigrais volontiers auparavant. Aujourd’hui, sans pour autant être convaincue et assidue, je me rends compte combien ça peut apporter de se connaître soi-même.

C’est d’ailleurs la maternité qui m’a donné envie de m’intéresser au développement personnel. Je trouve ça très lié : pour être la meilleure mère possible pour mon fils, autant être la meilleure version de moi possible. En fait, depuis que j’ai admis que l’on pouvait « apprendre » à être parent (et qu’il n’y avait pas de honte à ça), je suis moins gênée par l’idée d’apprendre à être.

Et c’est exactement le cheval de bataille de Caroline Sost : elle est convaincue que le développement de soi est quelque chose qui n’est pas inné, mais qui s’apprend, au même titre que lire ou écrire. C’est pour cette raison qu’elle a fondé la Living School, qui forme « des enfants épanouis et responsables depuis plus de 10 ans. »

Plus l’enfant se sent capable, moins il est dépendant du regard des autres.

— Caroline Sost

Où l’on parle de quête personnelle et de sens

Dans S’épanouir à l’école : De nouvelles clés pour une éducation au service de la vie, Caroline Sost raconte dans un premier temps son parcours personnel : son intégration dans une grande école avant de pratiquer un métier bien payé mais vide de sens ; sa prise de conscience et sa recherche d’une mission plus éthique.

Très vite, elle se rend compte que pour changer le monde, elle doit changer l’école. Son histoire personnelle lui rappelle que notre système scolaire a de nombreux défauts. Pour n’en nommer que deux, elle déplore que l’école :

  • saccage la confiance en soi des enfants (ça me rappelle mes cahiers de Toute Petite Section – je suis entrée à l’école à deux ans – que ma maman a gardés où la maitresse a dit de mon « écriture » que « Le geste est encore jeune, peut mieux faire » – SANS DEC, J’AVAIS DEUX ANS !).
  • annihile toute envie de « sortir du moule » des enfants (à ce sujet, le dernier article de Bernard Collot est déprimant : il reproche lui aussi à l’école de n’être « qu’un élevage dédié à capturer les enfants dans un système sociétal qu’ils n’auront même plus l’idée de contester ou de s’écarter »…) (très joyeux cet article, je vous le recommande !) (Mais reprenons)

Caroline Sost se lance alors le pari de créer une école qui forme des enfants heureux et bien dans leurs baskets, une école qui permettrait aux enfants d’avoir confiance en eux, de savoir exprimer leurs émotions, et de les aider à trouver ce qui leur plaît, ce qui les fait vibrer chaque jour.

Quels enfants laisserons-nous à la planète ? Plus que jamais, nous avons besoin de faire émerger une génération d’acteurs de changement. Des enfants et des jeunes, bien dans leur peau, créatifs, empathiques, ayant appris à coopérer et qui se réalisent au travers de projets de vie porteurs pour la société.

(…)

Je préférerais voir sortir de nos écoles d’heureux balayeurs de rue que des savants névrosés.

— Caroline Sost

Dans son livre, elle raconte d’abord tous les challenges et obstacles qu’elle a dû déjouer pour monter son école avant de parler ensuite de l’école en elle-même, de ses principes fondateurs et des nombreux outils qu’elle a mis en place, en classe ou pendant les ateliers parents.

Où l’on peut être un peu agacé·e

En d’autres mots, S’épanouir à l’école est un livre sur le développement personnel, écrit par une enthousiaste du développement personnel. Ça veut dire qu’il y a des passages un peu « miraculeux » à base de « Au début, j’avais plein d’obstacles m’empêchant de réaliser mon projet mais j’ai réalisé que je n’y croyais pas vraiment. Quand j’y ai vraiment cru, au fond de moi, l’argent s’est mis à tomber du ciel, et j’ai pu ouvrir mon école » (je paraphrase à peine) qui me font un peu grincer des dents.

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Caroline Sost est bien dans sa tête et dans son coeur (Crédits : Nod-A, 2018)

Mais d’un autre côté, je ne peux pas m’empêcher d’être stimulée suite à cette lecture. Wahou ! Quel bonheur ça doit être de faire LA chose qu’on a envie de faire ! De voir ses envies et ses valeurs alignées avec une activité rémunératrice et profonde de sens ! Et si moi aussi, j’y arrivais ?

Où l’on peut en tirer de chouettes idées

Arrivée à la dernière partie du livre, j’ai un peu moins levé les yeux au ciel pour prendre des notes sur tous les outils mis en place par Caroline et son équipe dans l’école.

Voici quelques exemples parmi tant d’autres, que je développerais seulement très brièvement (et j’espère pas trop maladroitement), mais qui illustrent ce qu’une école peut mettre en place, qui sort du cadre du « scolaire », mais qui servira pourtant aux élèves toute la vie :

  • Le cahier des réussites : utilisé pour favoriser la confiance en soi des enfants, ce cahier permet de développer sa créativité en le personnalisant et en l’illustrant ; mais aussi à faire durer les émotions positives ressenties (fierté, joie, gratitude, enthousiasme, confiance, optimisme…).
  • Le (re)centrage : pour aider les enfants à rester « centrés » (concentrés, présents à l’activité), à la Living School, ils apprennent d’abord à identifier les moments où l’attention s’en va (tensions/contractions dans le corps, gestes soudains…) puis apprennent des outils qui leur permettent de se recentrer : étirements et mouvements (sauter, courir, danser…) ; exercices de respirations ; changement d’activité…
  • Le crocodile : à travers la métaphore du crocodile, les enfants comprennent que notre égo négatif ne nous définit pas. Quand on a un comportement qui n’est pas à la hauteur de ce qu’on pourrait être (avoir des tendances violentes et s’exprimer par la brutalité par exemple), à la Living School, on ne dit pas à l’enfant qu’il est méchant/colérique/… mais que « son crocodile est sorti ». On responsabilise ensuite l’enfant pour prendre soin de son crocodile, et de s’occuper de lui (pourquoi ce besoin de frapper ? peut-on faire autrement, etc ?) ; sans pour autant lui coller une étiquette et le culpabiliser d’avoir agit ainsi.
  • Le trésor intérieur : cette autre métaphore a été imaginée pour parler aux enfants de leur « potentiel », la force que nous avons en chacun de nous et qui nous permet de nous dépasser quand on pratique une activité qui nous passionne.

En bref, ceci n’est qu’un petit panel d’outils, dont elle parle bien mieux que moi, mais que je trouve extrêmement intéressant car je sais qu’ils auraient pu me servir dans mon enfance mais aussi beaucoup dans ma vie d’adulte !

Le mot de la fin

Je crois que j’ai du mal à me faire un avis sur ce livre et sur la démarche de Caroline Sost.

Une part de moi se braque sur le côté « poussif » du livre : c’est trop beau, trop miraculeux, trop positif ; tout ce vocabulaire nouveau pour parler de sentiments et de concepts que je manipule peu au quotidien (« le centrage » pour rester concentré, la recherche du « potentiel » de chacun…) me donne presque l’impression d’entrer dans une secte. C’est un sentiment que je ressens fréquemment quand je me penche trop sur le sujet du développement personnel ; comme si je refusais l’injonction à devoir être heureuse absolument.

Mais une autre part de moi trouve ce que Caroline Sost a accompli génial, évident et indispensable. Comme elle, je pense que nous avons cruellement besoin de futurs adultes qui sauront avoir confiance en eux pour proposer des projets qui changeront le monde. Et en plus du principe de même de l’école, j’apprécie particulièrement le fait que le lieu qu’elle a créé a un impact bénéfique non seulement sur les élèves, mais aussi sur « le village » (« Il faut tout un village pour élever un enfant. ») : parents d’élèves, professeurs sont eux aussi amenés à apprendre et évoluer via des formations ou des ateliers. J’aime cette idée d’accompagner et d’élever tout le monde, d’avoir un lien entre l’école et les parents et un objectif commun.

Enfin, qu’on ait du mal avec le développement personnel ou pas, lire le récit de quelqu’un ayant trouvé « la mission de sa vie » (les mots qu’elle emploie sont forts !) et réussi à l’accomplir fait forcément réfléchir : « Et moi, qu’est-ce qui me fait vibrer ? »

Voilà donc un livre qui m’aura fait cogiter, et rien que pour ça, il vaut le coup 🙂

Et vous, une école du développement personnel, qu’est-ce que ça vous évoque ? Est-ce votre pire cauchemar ou en rêveriez-vous ?

9 réflexions sur “Living School : l’école alternative du développement personnel

  1. missnounours dit :

    Ce livre me donne envie de le lire. Après l’idée en soit est plutôt bonne mais un peu utopique car je pense que peu d’enseignants peuvent appliquer ça avec leurs élèves, ce qui est fort dommage je le conçoit.

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    • chutmamanlit dit :

      Ils forment aussi pas mal de profs dans le public, et je crois au contraire qu’il s’agit de choses très faciles à mettre en place puisque ça touche le savoir être et pas le programme scolaire. Mais ces formations doivent être payées par les professeurs eux-mêmes, c’est loin d’être idéal…

      Aimé par 1 personne

  2. Claire dit :

    Mais c’est la loi de l’attraction 😉
    Au début j’étais un peu sceptique aussi concernant le développement personnel.
    Et puis j’ai été voir une psy qui m’a conseiller de bonnes lectures. Comme toi au début je levait les yeux ai ciel. Et à force de lire des bouquins se ce genre, je commence à comprendre, ça commence à faire sens. Et puis finalement, être parents ça s’apprend aussi (enfin sauf si on veut faire exactement comme nos parents 😊)

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    • chutmamanlit dit :

      « Pensez à ce que vous avez à dire à votre enfant intérieur » : typiquement le genre de phrase qui me faisait mourir de rire il y a quelques années ! Aujourd’hui pourtant, je comprends mieux ce que ça veut dire ! Est ce indiscret de te demander les livres qu’elle t’a conseillé ?

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      • Claire dit :

        Devenez un parent coach de Brigitte Gicquel-kramer et Christine Dimajo-donati. D’ailleurs faudrait que je le relise. Il m’a fait prendre conscience de quelle relation je souhaitais avoir avec mes enfants.
        Et le secret de rhonda byrne. Attention, il faut s’accrocher pour celui-là. J’en ai levé des yeux au ciel 😂. En gros c’est un bouquin sur la loi de l’attraction. C’est le premier bouquin de développement personnel perché que j’ai lu mais à la lecture je me suis souvent dit  » et pourquoi pas  » et finalement ça me parlais ai fond de moi.
        Bien sûr de moi même. Je ne les aurais jamais acheter mais ces livres sont pour moi le début d’une nouvelle vie 😊

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  3. blog2mamans dit :

    J’aime beaucoup le concept et l’idée qu’elle a développé, une école basée sur des principes du développement personnel c’est super intéressant. Pas mal de professeurs mettent déjà des choses en place dans leurs classes dans ce sens. Par contre, j’ai bloqué sur la métaphore du crocodile et ses raisons. Se fâcher / se mettre en colère n’est pas quelque chose qu’on ne doit pas faire pour moi… toutes les émotions méritent d’être écoutée. Et puis dire  » le crocodile est sorti  » ouais non vraiment j’arrive pas à accrocher…
    Sinon, un des livres de développement personnel que j’ai vraiment adoré c’est l’élément de Ken Robinson, je te le conseille 🙂

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    • chutmamanlit dit :

      Je pense que j’ai mal expliqué la métaphore du crocodile, je vais essayer de revoir ça !

      Désolé pour ma réponse tardive, je voulais avoir à nouveau le livre sous les yeux pour retrouver les mots que Caroline Sost employait : elle parle en fait des impacts négatifs qui nous contrarient et nous frustrent pendant l’enfance. Plus exactement, elle dit « Nous avons tous un crocodile, car nous avons tous reçu des impacts négatifs, mais heureusement nous ne sommes pas ce crocodile. Cette distinction permet aux enfants d’apprendre à dire stop à leur crocodile. ». Du coup, la métaphore est utilisée pour parler de cet égo négatif : « Plus vous aurez connaissance de son existence, plus vous pourrez apprendre à le gérer pour qu’il prenne moins de place dans votre vie. » Elle donne de nombreux exemples pour expliquer le concept, par exemple : « Un enfant qui grandirait dans une famille très axée sur la réussite et la culture de la performance pourrait développer un crocodile perfectionniste afin de ne pas décevoir. Nos crocodiles sont autant de stratégies inconscientes qui répondent aux impacts négatifs de notre enfance. » J’espère que c’est plus clair (et je vais essayer de revoir cette partie de mon article).

      Merci pour ton conseil lecture ! Ken Robinson est sur ma liste depuis un moment, il faut vraiment que je m’y mette, mais le sujet du développement personnel me fait toujours un peu peur !

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