De l’hygiène des réseaux sociaux

Après un mois sans bloguer (vacances obligent), la rentrée et les bonnes résolutions arrivant, j’ai beaucoup cogité sur la (dé)connexion, et mon rapport aux réseaux sociaux.

J’avais déjà évoqué le sujet sur mon article sur le danger des écrans pour les enfants : l’ironie de la chose (s’inquiéter pour mon fils alors que mon téléphone est glué à ma main 20h sur 24) ne m’avait pas échappé ; mais j’y travaille, et j’avais envie de mettre tout ça noir sur blanc.

Instagram, le réseau des gens parfaits

Pendant longtemps, j’ai aimé suivre pleins de comptes positifs, bienveillants, esthétiques, motivants voir les 4 à la fois. Ma timeline était magnifique, et je la faisais défiler régulièrement, d’un geste automatique, un peu comme un zombie. J’étais accro.

Alors, j’ai décidé de changer 2 ou 3 choses :

  • J’ai enlevé le raccourci Instagram de l’écran d’accueil de mon téléphone. Ça me force à vouloir consciemment y aller et ne pas cliquer par habitude, ennui ou réflexe.
  • J’ai réduit radicalement les personnes que je suivais. En premier lieu, j’ai enlevé toutes les marques, même mes préférées, toutes éthiques soient elles. Pour les comptes personnels, j’ai eu la dégaine (très) facile : adieux comptes avec posts sponsorisés, même si c’est une fois par mois seulement ; comptes postant plusieurs fois par jours ; comptes avec trop de portraits d’enfants ; comptes trop bavards ; trop présents ; trop. Au début, je me suis sentie un peu désolée pour ces créateurs de contenus, pourtant de qualité, mais tant pis : les contenus trop étudiés, trop travaillés nuisent à mon bonheur.
  • J’évite aussi les comptes faisant un usage intensif des stories. Cette fonctionnalité représente tout ce que je déteste : du contenu peu intéressant (déso mais pas déso : je me fous de ce que les gens font en ce moment) et surtout ce sentiment d’urgence et de pouvoir manquer quelque chose : vite, je n’ai que 24 heures pour voir cette image !
  • Je me laisse le droit de changer d’avis. J’essaye de ne pas dépasser les 30 abonnements (c’est très peu), et je n’hésite pas à ajouter ou supprimer quelqu’un au gré de mon humeur #rebelleAttitude.

Et, de mon côté, en tant que créatrice de contenu sur ce réseau, j’essaye de faire attention à la manière dont je poste. Mes deux mots d’ordre sont poster avec modération, et de manière non-instantané.

Par exemple, cet été, notre première semaine de séparation puis de retrouvailles avec le Lardon ont été des moments très intense pour moi mais je me suis refusée d’en parler tout de suite. Ce n’est pourtant pas l’envie de partager ma tristesse (ou mon bonheur quand il est revenu) qui me manquait, mais quand je me suis rendue compte que j’avais en « tâche de fond » un bout de mon cerveau qui réfléchissait à la formulation d’un post Instagram, et de quelle photo ou quel hashtag je pourrais utiliser, j’ai réalisé à quel point l’addiction allait loin. Quand je vis des émotions fortes, je n’arrive plus à les vivre pleinement sans me demander de quelle manière je vais les partager…

J’essaye donc de poster peu, et toujours en décalage avec ce que je vis vraiment. C’est ma manière de me protéger pour éviter de poster trop, sous le coup de l’émotion ; et c’est aussi une tentative de ne pas créer d’attente chez les autres.

Côté hashtag, j’ai arrêté d’en mettre : je passais trop de temps de cerveau à chercher le hashtag ramenant de la visite pour… à quoi bon ?

Reste que, quand je poste une image, je ne peux m’empêcher de revenir régulièrement sur mon application pour voir le nombre de like évoluer. J’ai beau avoir supprimé toutes les notifications, ça n’empêche pas mon cerveau d’être accro à ces coeurs rouges… Aaah, on est bien peu de choses quand même….

(Notez bien que ces recettes sont évidemment à ne pas suivre si vous comptez faire grandir votre communauté, je crois qu’ils sont totalement anti-productif de ce point de vue là.)

Facebook, le réseau qui décide pour nous

Sur Facebook, c’est simple : je ne suis personne via ce biais, et surtout, je ne commente pas sur ce réseau pour plusieurs raisons :

  • D’abord parce que je trouve très dommage de générer des conversations sur cette plafeforme fermée, alors que la plupart de ces blogs accueillent un espace de commentaire fait pour ça.
  • Et puis c’est aussi une question de vie privée : en commentant un article sur le blog plutôt que sur Facebook, l’identité liée est Chutmamanlit, et pas mon profil. C’est une manière de préserver une séparation entre mes nombreux centres d’intérêts. J’aime les réfléxions sur la parentalité, les tatouages, le féminisme, la danse et beaucoup d’autres choses. Je n’aime pas que, par le biais de l’algorithme de Facebook, des connaissances puissent apprendre l’un ou l’autre de mes centres d’intérêt. Je serais ravie d’en parler avec eux dans la vraie vie si l’occasion se présente mais je n’aime pas l’idée qu’une amie de la pole dance puisse voir que j’ai commenté sur un article sur l’instruction en famille.

J’ai pourtant une page dédiée à ce blog, sur laquelle je poste un lien vers mon dernier article (quand j’y pense) car je sais que certains ne me suivent que par ce biais.

Les flux RSS, mes amours

Ce qui m’amène à une transition toute trouvée pour parler d’une technologie peu connue du grand public : les flux RSS. Je ne suis pas sur Facebook, très peu sur Instagram, et pourtant, je ne loupe pas un seul article de mes blogs préférés.

Et pour cela, c’est très simple : j’utilise un agrégateur de flux RSS. Dès que je croise un blog qui me plait, je l’ajoute à mon agrégateur en cliquant sur « M’abonner ». Ensuite, comme dans une boîte mail, j’ai la liste des derniers articles publiés.

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« Tiens, je n’ai toujours pas lu cet article de Coquelipop, écrit il y a 5 jours ! »

Là où c’est magique c’est que je suis au courant de tous les articles quasiment en temps réel. Tous. Et dans l’ordre. Ça n’est certainement pas Facebook ni Instagram qui permet ça !

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Il y a aussi des affichages plus « visuels » mais personnellement, j’aime le simple et efficace.

Et surtout je suis maître du contenu qui m’intéresse. C’est moi qui ajoute les sites (ou qui les enlève), et je n’ai aucune publicité, ni aucune incitation à lire toujours plus de comptes et de contenus. Les vacances pour mon cerveau !

Vraiment, je ne comprends pas pourquoi cette technologie n’a jamais « percé ». Enfin si, je sais exactement pourquoi : derrière, il n’y a pas une entreprise employant 150 personnes à réfléchir à rendre ça plus addictif à grand coup de marketing et de fonctionnalités conçues pour nous rendre accros.

Si ça vous intéresse, personnellement, j’utilise Inoreader, mais il existe beaucoup d’autres sites gratuits permettant la même chose.

Le blog, le nerf de la guerre

Et puis dans ma démarche de m’épargner ce sentiment de « trop plein » quand on suit trop de blogs, je n’ai pas eu le choix que de prendre du recul sur le contenu que je publie moi. Et si, les autres, en lisant mon blog, se sentaient mal, culpabilisés ou « pas à la hauteur » ?

Il faut dire que la limite entre « tenir un blog sur la parentalité » (d’autant plus quand on est intéressée par les courants dits bienveillants ou positifs) et la tendance à « l’injonction à être parfait » est extrêmement fine, et j’en suis consciente.

Récemment, par exemple, Coeur de pirate parlait des récits d’accouchements naturels, qui peuvent être culpabilisant pour les femmes n’ayant pas pu (ou pas voulu) accoucher de cette manière.

Traduction approximative : « Aux mamans qui ressentent le besoin de partager leur accouchement, et comment c’était magique d’accoucher à la maison, naturellement, dans la douleur avec vos doulas, sage-femmes, baignoires, et maris, c’est super ! Mais souvenez vous que c’est très moralisateur pour les femmes qui n’ont pas eu cette possibilité. Choisir d’accoucher autrement ne fait pas de vous une moins bonne mère ». 

Et c’est vrai qu’à ce sujet, je me suis par exemple posé la question (j’ai même un article en brouillon). Je suis consciente du privilège que j’ai eu de pouvoir vivre un accouchement sans péridurale mais surtout sans complications. Et à l’heure où des ami·es ont vécus de nombreuses fausses couches, des accouchement traumatisants, ou sont encore dans un parcours de PMA, le sujet est très sensible pour certain·es et je préfère donc me taire sur la sphère publique même si je partage bien volontiers mon récit en privé avec les personnes intéressé·es.

Pour autant, je suis convaincue de l’intérêt de partager ses expériences sur un blog (ça fait plus de quinze ans que j’en tien un !), et je ne crois pas qu’il faille se censurer sur tous les sujets. Ce sont d’ailleurs des récits d’accouchements naturels qui m’ont poussée et aider à envisager ça pour moi, et j’en suis reconnaissante.

 

Alors comment trouver le « juste milieu » entre partage, inspiration et retenue ? J’espère qu’être consciente des effets négatifs que peuvent avoir des contenus « positifs » aide un peu, mais je n’ai pas la solution miracle… Qu’en pensez-vous ? Souffrez-vous du poids des blogs/comptes comme les miens ?

11 réflexions sur “De l’hygiène des réseaux sociaux

  1. uncoeurgrandcommetoi (Evinrude) dit :

    Je me disais justement qu’il n’y avait plus de hashtags sous tes posts instagram ! Moi ce qui me frappe, c’est le temps que ça prend, tout ça. Je ne trouve même pas le temps d’écrire un article pour mon blog 😦 Comment font les autres ? Bref quoi qu’il en soit je trouve très choix très raisonnables, très justes, bravo !

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    • chutmamanlit dit :

      > Je me disais justement qu’il n’y avait plus de hashtags sous tes posts instagram !

      Je n’ai pas toujours de l’inspiration pour des hashtag drôle, et je ne suis pas convaincue de l’intérêt des tags génériques #kids #instakid et autres !

      J’avoue que du coup, réduire tout ça me laisse plus de temps pour écrire, c’est un vrai point positif !

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  2. ColombesMum dit :

    Ton article résonne beaucoup en moi. J’essaie d’entamer la même démarche mais c’est dur. Merci pour tes astuces! Pas toujours facile de trouver le juste milieu: être inspirant, partager sans être « parfait » (mettre sa vie en scène)

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  3. Croco dit :

    Moi je ne me sens pas concernée : je n’utilise pas Instagram (mais je vais peut-être m’y mettre, un de ces jours quand j’aurais le temps, mais en mode privé pour partager des photos avec quelques proches), je me connecte à Facebook environ une fois par mois, et je ne suis qu’une dizaine de blogs (ce qui me prend déjà beaucoup de temps je trouve, mais surement parce que j’ai tendance à naviguer de blog en blog quand il y a des liens ou des commentaires de d’autres blogueurs qui m’intéresse).
    Après, je pense que le fait de ne pas avoir Internet sur mon téléphone joue beaucoup, j’ai souvent simplement la flemme d’allumer mon ordinateur, et je prends plutôt un livre !

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  4. Gabrielle dit :

    Une belle réflexion !!

    Pour moi, un autre danger des blogs, c’est que comme les gens suivent les blogs qui les intéressent et qu’ils approuvent, un article sur une certaine facon de faire les choses aura très probablement que des retours positifs, vu que l’audience est là parce qu’elle est d’accord.
    Ce qui fait que ca peut manquer d’impartialité, et que ca peut être dangeureux, si l’on ne cherche que à se renforcer soi-même dans ses convictions sans rien apprendre de nouveau.

    Je ne sais pas si j’exprime bien ce que je veux dire, donc je rajoute un exemple : c’est comme si quelqu’un pro-Nazi avait un blog, lu que par d’autres pro-Nazi, donc forcément tous les commentaires sont d’accord avec les articles. Ce qui ne veut pas forcément dire que c’est bien d’être pro nazi.. Bref il faut surtout avoir plusieurs sources d’information (pas un seul blog) à mon avis

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    • chutmamanlit dit :

      Sur les blogs, je n’ai pas trop de mal à suivre (quelques) personnes pas alignées avec moi à 100%. Et puis ça dépend des sujets aussi : sur le style d’éducation par exemple, c’est plus facile car à chacun sa manière de gérer. En revanche, sur les aspects du féminisme ou LGTB, deux sujets qui me sont chers, j’ai tendance à être plus sélective, mais c’est une manière de me protéger : je n’ai pas envie de minfliger la lecture de gens qui ne me respectent pas, moi ou mes droits !

      Mais c’est vrai que c’est un vrai travail qui doit être conscient de ne pas trop rester dans sa bulle. Je ne sais pas si je le fais assez !

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  5. Claire dit :

    Merci pour l’outil pour les flux RSS, je trouve ça super, mais je ne connaissais pas d’outil qui les gérait, grâce à toi, je vais pouvoir tester. Jusqu’à présent, j’utilisais hellocoton, mais tout le ponde n’est pas sur cette plateforme.
    Concernant les récits d’accouchement, la réponse n’est pas simple. Je trouve le partage d’expérience très intéressant, c’est aussi ce qui permet de faire évoluer les choses.
    Après, concernant les critiques, comme toute chose, on ne force personne à lire ou à suivre les contenus de compte »parfait » sur Instagram.
    C’est un peu comme l’alcool mais c’est pas parce que certains font des excès qu’on devrait l’interdire (encore que 😅)
    Mais c’est vrai que l’on peut trouver un juste-milieu quand on présente les choses.

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  6. blog2mamans dit :

    Je me suis sentie très concernée par le cliquer sur instagram par rélfexe, ennui, parce qu’on a 5 minutes… Je passe beaucoup plus de temps sur instagram maintenant, que sur facebook par exemple. Et en même temps, pas tant de temps que ça au final, avec juste la vie en générale ( travail, enfant, ménage, cuisine, course… )

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  7. Maman du 21ème siècle dit :

    Je ne connaissais pas vraiment ce système de flux. J’en avais entendu parler bien sûr mais sans me pencher trop sur la question. Merci beaucoup de me suivre par ce biais ! 🙂
    C’est vrai qu’instagram, c’est vite accaparant et addictif. J’essaie de décrocher un peu aussi, mais sans lui, mes articles seraient très peu lus … 😦
    Bises.

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