Où l’on est en colère

Nous connaissons en ce moment de légères perturbations. Le Lardon lance (bam ! bing !), râle, grogne, hurle (bouh !), casse, cogne et tape (et splash !).

Toute ressemblance avec le livre du soir serait fortuite.

Oh, en deux ans et demi, ça n’est évidemment pas les premières colères que nous vivons, mais elles étaient jusque là plus… calmes (???), moins… intense (?).

BienJoliPapa, est un peu déçu « Ta parentalité bienveillante machin là, ça n’empêche même pas ça ! ». Je ne peux pas le blâmer, j’ai eu la même déception quand la période du non est arrivé : à quoi ça sert toutes ces lectures et tout ce travail sur soi-même, si c’est pour quand même avoir des enfants imbuvable ?

Alors, j’essaye de m’abstraire des cris et des coups sur la porte d’entrée (« Je veeeeeux boire mon bibeeeeron sur le roooooond poiiiiiint ») (Note de l’auteur : il est alors 22 heures) et je fais un gros efforts pour me souvenir : ah oui, c’est vrai, les sentiments que le Lardon vit sont l’équivalent d’une tornade que son cerveau encore immature ne sait pas parfaitement contrôler. En d’autres termes, il ne fait pas ça (explicitement) pour nous emmerder (même si l’effet collatéral est là).

Bon. N’empêche que, moi qui commençait à manier les outils ludico-créativo-bienveillant avec aisance et facilité (deux ans et demi d’expérience, ça paye), me voilà démunie. Pourquoi ? Peut-être est-ce dû à trop de violence dans les réactions du Lardon, ou trop d’intensité par rapport à l’incident qui cause la crise ? Si j’écoute mes émotions à moi, c’est plutôt le secouer que j’ai envie de faire. Ou tout autre solution le fasse taire rapidement…

En bonne élève, j’essaye quand même d’accueillir ses sentiments (« Tu es frustré car tu voudrais boire ton biberon dehors. Le problème, c’est qu’il fait nuit et que la rue n’est pas un endroit adapté pour boire le biberon du soir. ») mais ça semble lui faire une belle jambe. Dans un autre contexte, j’essayerai la diversion ou le jeu mais aujourd’hui, ça semble impossible : il est présentement en train de se rouler par terre en hurlant (« Je veeeeux le rooooond-poiiiiiiint ») (exactement comme sur la couverture de « Opposition, pleurs et crises de rage : comment traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans »). À ce stade, je me souviens que Isabelle Filliozat préconise le câlin : en serrant l’enfant contre soit, on l’aide à se contenir, et à s’apaiser en générant de l’ocytocine. Le problème, c’est que c’est la cinquième crise en deux heures, et que je n’ai vraiment pas envie d’être tendre. Alors, je choisis la solution la plus simple pour moi : me reculer (loin) et attendre que la pression passe. Je ne suis pas rancunière, je lui promets que je reste disponible pour un gros câlin quand il sera prêt (et d’ici là, je le serais moi aussi).

Le lendemain matin, la crise est passé, mais le souvenir est encore vif. Je ressors les livres que j’ai sous la main (tiens, une nouvelle crise pendant le petit déjeuner). Bof, aucune aide. Je repense alors à Jane Nelsen et le concept des objectifs mirages : quand il y a crise à répétitions, il y a souvent une cause cachée derrière ça. Je me promets de revoir ce passage à l’occasion (ou de relire le résumé de Happynaiss). Et puis, je profite de la 3ème crise de la journée pour commander un livre qui me faisait de l’oeil : Développer le lien parent-enfant par le jeu – Le jeu d’attachement pour créer l’harmonie, gérer les conflits et résoudre les problèmes (tout un programme).

 

 

Et bien croyez moi où non, depuis que j’ai commandé ce livre, AUCUNE grosse crise à déplorer. Cela fait maintenant une semaine et à aucun moment, je n’ai eu envie d’étriper mon fils, et je m’avancerais même à dire que nous avons passé d’excellentes journées, dans la bonne humeur, l’amour et la tendresse.

Alors… qui a dit que les livres et la parentalité bienveillante ne marchaient pas ?? #ilNyAPasDeCoïncidences

10 réflexions sur “Où l’on est en colère

  1. Migeon dit :

    Un peu facile de penser qu’il y aurait UNE méthode qui ferait des miracles.
    Mon fils a 22 mois et ne fait des colères qu’avec nous ses parents, avec la nounou et ses grands-parents il est très calme, avec nous les colères sont permanentes. J’ai lu plein de livres/blogs sur le sujet mais rien ne marche. Et je ne supporte pas ce terme de « parentalité bienveillante ». Tout le reste ne serait donc sur que « parentalité malveillante » ?

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    • chutmamanlit dit :

      Hello et merci pour ton commentaire 🙂

      Comment ça « rien ne marche » ?? Mon exemple ne t’as pas convaincue ?
      (Note pour moi même : trouver un meilleur dosage pour que mon auto-dérision soit plus claire à la lecture)

      Mais plus sérieusement, je tire la même conclusion que toi : il n’existe pas une seule méthode qui fait des miracles. C’est pour ça que j’emploie le terme d’outils, car ça en revanche, il en existe pléthores, parmi lesquels je peux piocher, selon sa disponibilité mentale ou la situation. Ça ne veut pas dire que ces outils marchent systématiquement. Mais parfois oui.

      Et quand rien ne marche, la lecture des livres et des blogs m’apportent tout de même des réponses. Ici aussi les crises nous sont réservées mais je sais que c’est normal : nous sommes la figure d’attachement du Lardon, c’est avec nous qu’il est le plus en sécurité, et donc le plus enclin à exprimer son mal-être (merci du cadeau…)

      Quand au terme « parentalité bienveillante », ça reste un vaste sujet. Attention, tartine à venir, désolé !

      « Parentalité bienveillante » est une étiquette derrière laquelle certaines personnes choisissent de se ranger (certains choisissent des termes différents comme créatifs, efficaces, ludiques, respectueux de l’enfant…). À mon sens, « être dans une boîte », ou « avoir une étiquette » est bien différent selon si elle est subit ou choisit. Ceux qui ont choisis de se mettre dans la case « parentalité bienveillante » l’ont fait car ils se sentent en décalage avec ce qui semble être la norme. Peut-être par exemple (et ça n’en est qu’un parmi tant d’autre) parce que, à date, les châtiments corporels comme la fessée sont encore autorisés en France (et je fais partie des gens qui sont très mal à l’aise avec ça car je ne trouve la fessée ni bienveillante, ni respectueuse, ni efficace).

      Le mot « bienveillant » est-il mal choisi car il implique le pendant « malveillant » ? Peut-être, mais je ne pense pas que ça soit le fond du problème. J’en tire cette conclusion par rapport à un autre domaine dans lequel je ne suis pas « dans la norme » (tiens, voilà un terme que moi je ne supporte pas) : je suis végétarienne et il suffit que je le mentionne pour que certaines personnes se sentent agressées, et qu’elles aient l’impression que je leur fait des reproches sur leur consommation de viande à elles. Et pourtant le pendant du terme végétarien (omnivore ou carniste, au choix) n’a rien de vexant ou d’agressif.

      Tout ça pour dire : je ne pense pas que le problème soit le choix du terme « bienveillant ». La véritable cause des crispations, c’est qu’il est difficile de ne pas prendre les choses personnellement, et d’accepter que les choix de vie des uns ne sont pas une insulte à ceux qui agissent différemment. Il faut se dire que si certaines familles choisissent de se regrouper sous ce terme, ce n’est certainement pas pour te faire des reproches à toi, c’est avant tout pour elles, pour être alignées avec leurs valeurs.

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  2. Maman BCBG dit :

    Le biberon sur le rond point… mythique.. ! Je pense qu’on devrait noter les motifs de colères les plus WTF (enfin les plus incompréhensibles par notre cerveau de parent fatigué car c’est quelque chose de réel pour l’enfant) ça nous détendrait…

    Hier Petit Quark est parti en vrille car, dans les assiettes du dîner (exactement les mêmes pour sa soeur et lui, je ne me ferais plus avoir deux fois car l’un a un bol vert et l’autre un bleu hein) car…la fourchette de sa soeur était plus chaude au toucher que la sienne. Oui oui. J’ai réchauffé une fourchette hier entre mes mains en réprimant le début d’un rire hystérique… 😀

    Bref, parfois, la crise arrive. On ne peut pas toutes les éviter. D’ailleurs ce serait bizarre un enfant qui ne fasse jamais de crise non ? L’important, c’est d’accompagner et… de faire le dos rond 😉
    Les câlins n’ont jamais marché avec mon fils, cela transformait la moindre petite colère en cataplisme option match de catch. Du coup je reste à bonne distance en attendant que ça passe, c’est encore ce qui fonctionne le mieux quand je n’ai pas réussi à désamorcer.
    Ça semble mieux fonctionner avec sa soeur, la proximité physique en revanche.

    Après je vois bien que ej suis plus blasée par le terrible two de la numéro deux… je cède très vite sur certain trucs où il n’y a pas d’enjeu (là ou pour mon fils j’aurai négocié des heures) et le reste ma foi… mes oreilles sont endurantes 🙂

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    • chutmamanlit dit :

      Oh oui, je pense que c’est normal de déborder après un trop plein ! Finalement, le couvert pas assez chaud (haha, moi, je me suis permis de rire sans me cacher :D) n’est que la cerise sur la gateau d’une journée pleine de contrariétés ! Même nous adultes, on déborde parfois pour un détail (LE verre de trop qui traînait sur la table, alors que « c’est toujours moi qui fait tout dans cette maison » et « j’en ai marre de vivre dans une maison en bordel, c’est plus possible »…).

      Avec le Lardon, j’ai déjà tendance à très vite lâcher prise (« tu ne veux pas mettre tes chaussures ? Ok, je les mets dans le sac, on les enfilera dans la voiture »), qu’est-ce que ça va être avec un numéro deux alors 😀

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  3. Stella dit :

    On m’a aussi conseillé ce livre sur un groupe FB de parentalité bienveillante, et d’autres sur le même sujet, ça me tente bien, et c’est chouette de voir un retour positif; merci !
    Notre principal souci actuellement, l’affirmation de soi de notre pimprenelle de tout juste deux ans passe par le refus de s’habiller; ou plutôt de changer de vêtements; couche comprise. Clairement ça m’est un peu égal qu’elle passe le WE en polaire moche à même la peau et pantalon d’été + bottes de pluie, mais le reste, comment dire…
    Et en semaine chez la nounou je crois que j’aurais honte de l’amener comme ça (sans doute à tort !)
    Donc quand elle n’est pas prête à changer quelque chose dans la situation en cours et qu’on prend les choses en main après moult tentatives diplomatiques, elle se met en rage et se roule par terre en écumant (je dois ensuite essuyer d’impressionnantes traces de bave d’escargot géant au sol) elle devient totalement inaccessible et ne se laisse pas câliner, car l’interprète comme une énième tentative de contrôler son corps.
    Cette histoire de rond-point et celle de couverts chauds de Maman BCBG ont fait ma journée en tout cas 😀

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    • chutmamanlit dit :

      À propos des livres, je parle en long en large et en travers de « Parler pour que les petits écoutent… » ici https://chutmamanlit.com/2018/05/16/parler-pour-que-les-petits-ecoutent/ et un peu de celui de Filliozat là https://chutmamanlit.com/2017/02/15/une-bibliotheque-bienveillante-par-ou-commencer/.

      Aaah, le refus d’habillement, c’était comme tu le décris il y a un an (souvenir souvenir https://chutmamanlit.com/2017/09/13/non-non-non-non-non-non/), je n’ai AUCUNE nostalgie de cette période ! Mais on a du avoir de la chance : les crises ne l’ont jamais transformé en escargot ! 😀

      Quoique, quand j’y pense, récemment, on a eu des moments compliqués pour le change mais la lecture de « Parler pour que les petits écoutent… » m’a bien inspirée ! Suite à ça, j’ai inventé 2-3 jeux qui nous sauvent souvent : il y a par exemple la chanson « Le froid ne m’aura paaaas, nanananana », qu’on a le droit de chanter très fort si on est habillé ; il a le jeu où je ne me souviens plus bien comment on s’habille : je teste sur moi, sur le doudou mais ça ne va jamais ! Il n’y a que sur le Lardon que ça marche (et ça le fait toujours rire, il en oublie que je lui enfile un pull…) ; et surtout un formidable lâcher prise : quand il ne veut pas s’habiller, je dis « ok, on le fait après « que je me brosse les dents/que je mette mes chaussures/que j’ai ouvert la porte/qu’on soit dans la voiture ». Au final, on est jamais arrivé en retard, et il n’est jamais arrivé nu chez la nounou maaais bon, faut pas être très regardant sur quand l’habillement a eu lieu exactement…. (pas tout à fait quand moi j’avais envie à la base, mais ce qui compte c’est le résultat !)

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      • Stella dit :

        Oui, l’habillage une fois sortis, on applique régulièrement ! Et en renonçant parfois à certains principes dépassés tels que « les pyjamas, c’est fait pour dormir » comme ce matin. Elle a gardé son haut de pyj en velours imprimé ours polaire, qui formait un ensemble étonnamment réussi avec son joli pantalon Jacadi et ses bottes de pluie. On verra si le ravissant haut à collerette initialement prévu aura eu plus de chance chez la nounou ! (oui, c’est futile, les mères de petite fille semblent avoir plus de mal à lâcher prise sur l’esthétique :p)
        Je ne réussis que très rarement à détourner son attention avec des chansons, des pitreries, etc. et ce depuis toujours. Je crois que certains de ces jeux seront plus efficaces dans quelques temps, quand elle parlera mieux notamment.
        Peppa Pig sur YouTube a fonctionné, mais vu les effets délétères de l’écran après extinction, j’évite….
        Concernant les livres sur la colère, à défaut du titre indiqué, j’ai trouvé dans ma librairie « Rouge de colère », et pour des enfants un peu plus grands je pense, on m’a conseillé la série sur les émotions « Gaston ».
        Merci en tout cas pour les références de livre que je me souviens en effet avoir vus ici 🙂

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  4. Maman du 21ème siècle dit :

    Oui, pas évident le terrible 2 … Mais ce qu’on nous cache c’est qu’il se prolonge en terrible 3 et parfois même terrible 4 … 😉 Allez, courage !

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