3 livres jeunesse acidulés

Je commence une nouvelle série d’articles, pour parler des petits livres jeunesse que j’apprécie particulièrement. Pour cette première sélection, je vous propose des livres « acidulés », pour remettre un peu de peps dans nos vies. Vous voulez du rose fluo ? Du jaune pétant ? En voici en voilà !

Cherche et trouve un je-ne-sais-quoi

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Acheté pour l’anniversaire d’une petite fille de 3 ans, j’ai eu du mal à le reprendre des mains du Lardon. Le Bien Joli Papa trouvait les dessins trop peu réalistes (serait-il un pédagogue Montessori malgré lui ?), ça n’a pas formalisé le Lardon de deux ans et demi qui a adoré rechercher les ambulances, les voitures et les « skaboards ».

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Les belles illustration de Claire Brun

J’aime beaucoup le format Cherche et trouve parce que bon, quand on se retrouve à lire le même livre chaque jour pendant plusieurs mois, autant s’amuser un peu aussi à la lecture !

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Sur chaque page de ce livre, on peut retrouver un petit bonhomme en skateboard, mais aussi milles autres détails ; et plus on avance dans le livre, plus il y en a !

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Avec ses pages cartonnées, je pense que c’est un cadeau qui peut amuser et durer longtemps (sur les dernières pages, il y a juste 99 éléments à compter, de quoi occuper de grands enfants !).

👉 Cherche et trouve un je-ne-sais-quoi, de Claire Brun, à partir de 2 ans.

 

 

Bébé Loup a perdu son doudou

Pour ce livre là, il s’agit moins d’un coup de coeur illustrateur que d’une valeur sûre.

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Je ne suis pas vraiment amoureuse des dessins de Emiri Hayashi mais j’adore cette collection Petit Nathan : ces livres sont VRAIMENT robustes et résistent très bien au temps et aux nombreuses manipulations (le Lardon a lu et relu le sien pendant de long mois, avec les mains, les pieds et les dents, sans que le livre ne souffre d’une ride).

Ça en fait donc une valeur sûre pour les tous jeunes lecteurs qui apprennent encore à maîtriser leurs gestes, et à découvrir l’objet livre.

Et puis, vers 6-8 mois, c’est vraiment l’âge d’or du jeu coucou-caché ; alors soulever les petits volets de feutrine est une source inépuisable de rires pour les tout-petits ! (Et même si la permanence de l’objet est bien acquise à deux ans et demi, ce genre de livre ne lasse encore pas le Lardon : quel plaisir de dire crier le nom de ce qui ce cache sous le volet avant de le soulever !)

👉 Bébé Loup a perdu son doudou, de Emiri Hayashi et Christel Denolle, à partir de 6 mois.

 

 

La fourmi

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Et pour finir cette sélection acidulée, approchez-vous donc que je vous présente La fourmi, le poème de Robert Desnos illustré par Steffie Brocoli.

C’est la mamie du Lardon qui lui a offert mais quand j’ai lu le texte, la poésie de Desnos apprise en CP m’est immédiatement revenue en mémoire ! Une fourmi de diiiix-huit mètres avec un chapeau sur la tête, ça n’existe pas, ça n’existe pas ! Quel voyage dans le temps pour moi !

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Et puis, ce livre est un magnifique objet accordéon et les illustrations de Steffie Brocoli (non mais ce pseudo <3) sont trop choues.

👉 La fourmi, de Robert Desnos et Steffie Brocoli, à partir de 18 mois.

 

Et voilà pour cette première sélection : trois livres jeunesses qui font mal aux yeux ! J’espère que le format vous a plût, j’ai pleins d’autres idées !

La colère dans la littérature jeunesse

Aaah, les émotions ! Voilà un sujet qui revient souvent sur la table. Quelle idée, d’être humain et d’en ressentir autant, pour un oui ou pour un non…

Je vous en parlais récemment, à la maison les choses sont parfois intense, et je sentais qu’il fallait renouveler les ressources que nous avons à la maison.

Voici donc un petit récapitulatif de ce que nous avons mis en place au fil des années.

Accompagner les émotions, la première année

La première année du Lardon, l’accompagnement des émotions de mon fils s’est surtout traduit par notre présence plutôt que des ressources externes. Quand le Lardon était submergé par la peur, la frustration ou la colère, notre plan d’action consistait principalement à apporter une présence physique (un câlin, le prendre dans nos bras) et des paroles (pour rassurer, pour mettre des mots sur la situation, pour apaiser).

Accompagner les émotions, de un à deux ans

Quand il a grandit, j’ai senti que nous avions besoin d’aller un peu plus loin. Vers ses 18 mois, nous avons introduit à la maison un petit livre qui a beaucoup servi : Mon imagier des émotions (j’en parlais dans cet article sur Les émotions).

👉 Mon imagier des émotions, de Anne-Sophie Bost (Nathan)

Parfaitement adapté à l’époque, ce livre nous a permit d’introduire du vocabulaire très précieux par la suite : content, triste, peur, fatigué… Les mots présentés sont plutôt basiques (les puristes argumenteront d’ailleurs que la fatigue n’est pas une émotion et ils auront raison) mais c’est parfait à cet âge. Par ailleurs, les photos de bébé ont vraiment permit au Lardon de s’identifier. L’imagier nous a souvent servi comme base de discussions.

Je suis toujours fan de la bouille de ce bébé triste

Accompagner les émotions à partir de deux ans

Un an plus tard, les circonstances ont beaucoup changées : à deux ans passés, le Lardon parle bien et a beaucoup de vocabulaire. Il n’a pas de problème pour nous dire qu’il est en colère, ou fâché, ou même que « Papa/Maman, tu me fatigues » (pas une phrase agréable à entendre, mais je suis contente qu’il ai retenu ça plutôt que le « Tu m’emmerdes » qui m’a déjà échappé…).

En revanche, la colère en elle même reste un moment particulièrement pénible pour toute la famille. Lors de mon dernier passage en librairie, j’ai donc cherché un livre qui conviendrait au besoin du Lardon (ou plutôt notre besoin en tant que famille) et à son niveau de compréhension.

J’ai jeté mon dévolu sur Le livre en colère !

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👉 Le livre en colère ! de Cédric Ramadier (L’école des Loisirs)

Je l’ai choisi car c’est celui que j’ai trouvé le plus adapté aux 2 ans et demi du Lardon avec son histoire est toute simple : on suit le Livre, très en colère, et une petite souris qui essaye de l’apaiser. Au fil de chaque page, la petite souris parle au Livre, en reconnaissant son émotion et en l’aidant à verbaliser ce qu’il ressent, en faisant preuve d’humour et en lui prodiguant un câlin réconfortant. Doucement, il évolue et passe du rouge de colère à l’orange, et au jaune soleil quand il est apaisé.

J’apprécie particulièrement que le livre soit participatif et le Lardon a joué le jeu de bon coeur quand je lui ai présenté ce nouveau livre (à un moment où il n’était évidemment pas en colère), pour demander au Livre ce qui ne va pas ou lui faire un câlin quand ça va mieux.

Bref, j’aime beaucoup ce petit livre et je compte aussi essayer d’appliquer cette technique quand je sens la colère monter en moi (plutôt que de lâcher des « Rhaaa, mais tu m’emmerdes » donc).

Petit aparté sur les livres que je n’ai pas choisi

Les émotions ont la côte, et les librairies et bibliothèques croulent de nouveaux livres sur les émotions. C’est chouette mais quel dilemme pour choisir ensuite !

J’avais quand même un peu envie de parler de quelques livres qui ont l’air chouette mais qui ne correspondaient pas à notre besoin. Peut-être vous intéresseront-ils ?

Les livres sur les émotions en général

 

👉 Au fil des émotions, de Cristina Nunez Pereira et Rafael-R Valcarcel 

👉 La couleur des émotions, de Anna Llenas 

J’ai particulièrement un coup de coeur pour Au fil des émotions mais il est destiné à un public un peu plus âgé (à partir de 5 ans selon l’éditeur) et semble parfait pour construire un vocabulaire plus nuancé : pas moins de 42 mots sont présentés, de la tendresse au soulagement en passant par la mélancolie. Les illustrations sont magnifiques et les textes très beaux aussi ! Maman Chameau en parle très bien sur son blog.

Les livres pour les plus grands

 

👉 Anémone l’oursonne est en colère, de Louison Nielman et Thierry Manès 
Dans ce livre conseillé, on suit Anémone (qui est en colère, vous l’aurez deviné) et sa maman qui l’aide dans ce moment. On y retrouve les notions d’accueil de l’émotion sans jugement, de gestes tendres et de connexion. J’apprécie par ailleurs le fait que l’émotion est décrite comme une émotion légitime, qui finit par disparaître (plutôt que quelque chose contre lequel il faut lutter à tout prix). Ce livre plaira particulièrement aux parents orientés sophrologie et yoga.

👉 La colère de Paul, de Melody Lopez et Aaska 
L’autrice de ce livre, Melody Lopez, est formatrice en parentalité respectueuse et anime des ateliers de yoga et d’accompagnement des émotions ; autant dire qu’elle connaît son sujet. Ce livre est intéressant parce qu’il aborde un vocabulaire un peu plus précis autour de la colère (être irrité, la contrariété…) ainsi que ce qui se passe dans le corps quand on est en colère.

👉 Bonjour, colère, de Anne Crahay 
Ce livre choisit d’accompagner la colère par les mouvements : je pense que c’est une très bonne idée pour les enfants plus grands qui ont besoin de bouger leur corps pour intégrer des concepts. Dans Bonjour, colère,  quatre histoires sont proposées,  présentant chacune une technique pour canaliser sa colère.

 

Et chez vous, quelles sont vos ressources les plus utiles pour parler de la colère avec vos enfants ? 

Top et flop des activités pour occuper un enfant de deux ans

Je vous avais parlé de 10 activités pour occuper un enfant de deux ans sur le trajet des vacances.

Maintenant que les vacances sont définitivement enterrées, le temps de la vérité a sonné et il est temps de faire un bilan : quels ont été les tops et les flops ? Mérite-je la médaille du mérite du meilleur parent pour avoir organisé un voyage aux petits oignons ? (la réponse est : je mérite évidemment une médaille, peu importe le voyage).

Il se trouve que, contre toute attente, le voyage en train de 4h30 s’est extrêmement bien passé : le Lardon a été complètement adorable. Le mot le plus adapté pour le décrire serait même sage, mais pas sage-triste genre « reste assis sans bouger, ne dit rien, et paraît vide à l’intérieur », plutôt sage en mode « parle, joue, monte sur son siège, mais à un volume sonore totalement adapté à une situation de promiscuité et avec une tête tellement mignonne que de toute façon, il a fait fondre tous ses voisins ». Bref, le voyage a été super, et c’est sans aucun doute grâce au magnifique sac à surprises que j’avais préparé.

Flashback et analyse chiffrée *

(* Pardon, j’ai fait beaucoup d’analyse de données récemment au boulot, je crois que ça déteint)

J’ai sorti en premier lieu le jeu de pêche à la ligne. J’avais estimé 10 minutes d’occupation, le Lardon nous a offert exactement 22 minutes de jeu libre : il a fait une tarte aux légumes, puis une pizza, le cercle de feutrine bleu s’est ensuite transformé en pansement pour me soigner, avant de devenir un wrap bien garni. Pour finir, on a expérimenté un peu avec les aimants qui collent ou se repoussent.

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Ceci est un top.

Quand il s’est lassé, j’ai proposé de sortir autre chose du sac, et j’ai jeté mon dévolu sur une petite pochette avec de la feutrine découpée en forme de fleurs, des perles et autres matériaux de loisirs créatifs. Cela l’a tenu occupé 4 minutes, sachant que j’avais mis plutôt 35 minutes à confectionner ce DIY de mon côté : on peut appeler ça un flop…

Next ! « Oooh, mais que voilà dans le sac à surprise ? Un liiivre ! » Hop, 24 minutes d’occupations (et un volume sonore qui triple, les voitures étant son sujet préféré). J’avais estimé 30 minutes d’occupation, je n’étais pas loin, je considère donc que c’est un top.

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Ceci est un top.

Est ensuite venu le jeu des devinettes. On a mimé et imité le bruit de ce qui était dessiné sur les cartes, c’était rigolo et ça nous a occupé 22 minutes. Plutôt pas mal non ? (D’autant que je donnais 10 minutes à ce jeu.)

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Ceci est un top

Sont alors arrivés les yeux ! Là, j’avais un peu peur : je n’avais aucune idée de comment le Lardon se les approprieraient (et s’il le ferait !) et j’avais vu petit en estimant que ça nous donnerait 5 minutes de calme. Et bien non, ils ont occupé le Lardon un bon quart d’heure : on les a d’abord nommés (Bob pour la paire d’yeux verts, Alice pour la paire d’yeux rouges) ; ensuite divers jeux libres que je ne saurais même pas décrire. Mais clairement, ce fut un top, d’autant qu’ils sont sortis régulièrement de nos poches toutes les vacances ! Meilleur un euro investi, yay !

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Ceci est le top du top.

Quand aux autres surprises du sac, je n’ai même pas eu à les sortir avant que nous arrivions ! Comme ça, je suis au taquet pour les prochaines vacances !

Où l’on est en colère

Nous connaissons en ce moment de légères perturbations. Le Lardon lance (bam ! bing !), râle, grogne, hurle (bouh !), casse, cogne et tape (et splash !).

Toute ressemblance avec le livre du soir serait fortuite.

Oh, en deux ans et demi, ça n’est évidemment pas les premières colères que nous vivons, mais elles étaient jusque là plus… calmes (???), moins… intense (?).

BienJoliPapa, est un peu déçu « Ta parentalité bienveillante machin là, ça n’empêche même pas ça ! ». Je ne peux pas le blâmer, j’ai eu la même déception quand la période du non est arrivé : à quoi ça sert toutes ces lectures et tout ce travail sur soi-même, si c’est pour quand même avoir des enfants imbuvable ?

Alors, j’essaye de m’abstraire des cris et des coups sur la porte d’entrée (« Je veeeeeux boire mon bibeeeeron sur le roooooond poiiiiiint ») (Note de l’auteur : il est alors 22 heures) et je fais un gros efforts pour me souvenir : ah oui, c’est vrai, les sentiments que le Lardon vit sont l’équivalent d’une tornade que son cerveau encore immature ne sait pas parfaitement contrôler. En d’autres termes, il ne fait pas ça (explicitement) pour nous emmerder (même si l’effet collatéral est là).

Bon. N’empêche que, moi qui commençait à manier les outils ludico-créativo-bienveillant avec aisance et facilité (deux ans et demi d’expérience, ça paye), me voilà démunie. Pourquoi ? Peut-être est-ce dû à trop de violence dans les réactions du Lardon, ou trop d’intensité par rapport à l’incident qui cause la crise ? Si j’écoute mes émotions à moi, c’est plutôt le secouer que j’ai envie de faire. Ou tout autre solution le fasse taire rapidement…

En bonne élève, j’essaye quand même d’accueillir ses sentiments (« Tu es frustré car tu voudrais boire ton biberon dehors. Le problème, c’est qu’il fait nuit et que la rue n’est pas un endroit adapté pour boire le biberon du soir. ») mais ça semble lui faire une belle jambe. Dans un autre contexte, j’essayerai la diversion ou le jeu mais aujourd’hui, ça semble impossible : il est présentement en train de se rouler par terre en hurlant (« Je veeeeux le rooooond-poiiiiiiint ») (exactement comme sur la couverture de « Opposition, pleurs et crises de rage : comment traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans »). À ce stade, je me souviens que Isabelle Filliozat préconise le câlin : en serrant l’enfant contre soit, on l’aide à se contenir, et à s’apaiser en générant de l’ocytocine. Le problème, c’est que c’est la cinquième crise en deux heures, et que je n’ai vraiment pas envie d’être tendre. Alors, je choisis la solution la plus simple pour moi : me reculer (loin) et attendre que la pression passe. Je ne suis pas rancunière, je lui promets que je reste disponible pour un gros câlin quand il sera prêt (et d’ici là, je le serais moi aussi).

Le lendemain matin, la crise est passé, mais le souvenir est encore vif. Je ressors les livres que j’ai sous la main (tiens, une nouvelle crise pendant le petit déjeuner). Bof, aucune aide. Je repense alors à Jane Nelsen et le concept des objectifs mirages : quand il y a crise à répétitions, il y a souvent une cause cachée derrière ça. Je me promets de revoir ce passage à l’occasion (ou de relire le résumé de Happynaiss). Et puis, je profite de la 3ème crise de la journée pour commander un livre qui me faisait de l’oeil : Développer le lien parent-enfant par le jeu – Le jeu d’attachement pour créer l’harmonie, gérer les conflits et résoudre les problèmes (tout un programme).

 

 

Et bien croyez moi où non, depuis que j’ai commandé ce livre, AUCUNE grosse crise à déplorer. Cela fait maintenant une semaine et à aucun moment, je n’ai eu envie d’étriper mon fils, et je m’avancerais même à dire que nous avons passé d’excellentes journées, dans la bonne humeur, l’amour et la tendresse.

Alors… qui a dit que les livres et la parentalité bienveillante ne marchaient pas ?? #ilNyAPasDeCoïncidences

Après le lit au sol

Les gens normaux essayent de ne pas trop en rajouter après un déménagement.

Nous, on a pas pu s’en empêcher. À peine quelques semaines après avoir installé le Lardon dans la chambre la plus « aboutie » (#lesTravaux #onSaitQuandCaCommence #pasQuandCaSarrete) de notre maison, on a décidé de le changer de pièce : velux et été ne font pas bon ménage, le pauvre souffrait bien trop de la chaleur.

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🚚📦 Le premier soir #doudouSortiDesCartons

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Nous avons donc décidé de laisser cette chambre-fournaise pour les amis qui viendraient nous voir (un conseil ? venez plutôt en hiver !), de nous installer dans la troisième chambre et d’installer le Lardon dans ce qui fut notre chambre pendant quelques semaines. Vous suivez ? Nous non plus.

Et puisqu’on est pas à un changement prêt, on a aussi décidé de changer de lit. En effet, après deux ans de lit au sol, nous nous sommes dit qu’il était prêt pour un lit de bambin.

La quête du lit

Évidemment, ne sachant pas faire les choses simplement ni impulsivement, je me suis lancée dans une quête digne de celle du Graal ! Pour gagner le droit d’accueillir le béni fessier de mon petit (façon de parler, il n’est pas baptisé), son futur lit devait répondre à un certain nombre d’exigences :

  • Je voulais un lit en bois plein/massif, et sans MDF. Pourquoi ? Papa Cube l’explique très bien.
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Ce lit Verbaudet est par exemple très beau, mais très plein d’émissions de trucs cancérigènes.

  • Je cherchais un lit avec une barrière ou un rebord, mais dans lequel le Lardon puisse quand même grimper facilement.
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Là par exemple, il n’y a pas assez de barrière.

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Et là, il y en a trop.

  • Je cherchais un lit à moins de 200 €.
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Ce lit à 549 € par exemple, c’est juste pas possible.

  • Je cherchais un lit esthétiquement joli.
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On est d’accord, l’esthétique c’est toujours relatif.

Le choix final

J’ai d’abord regardé du côté des lits évolutifs : des lits qui peuvent passer de la taille 90x140cm à 90x190cm par exemple. J’ai trouvé deux modèles, plutôt simples de look mais à un prix très abordable :

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Modèle ELKA (Cocktail Scandinave)

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Lit enfant évolutif en bois massif Lilou (Alinéa)

Hélas, ces deux modèles ne sont pas achetables et/ou livrables en région lyonnaise. Retour à la case départ.

Le lit de bambin parfait

Après avoir cherché désespérément des alternatives, je me suis dit que ça n’était peut-être pas indispensable de limiter mes recherches à un lit évolutif : le Lardon a déjà l’habitude de dormir dans un grand lit (son lit au sol faisait 120x120cm) et ça risquait de coûter cher en matelas/draps car les tailles ne sont pas standards.

Je suis donc repartie de zéro et j’ai fini par trouver mon bonheur chez le Jurassien avec le modèle Cooper :

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Lit enfant en bois massif (Jurassien)

Le bois du lit est en pin massif, comme je le cherchais (le livreur ne m’a pas remercié), le tarif est abordable (et en plus, le sommier est inclus) et pour finir, son look ne gâche rien : moderne mais passe partout, peut-être même qu’un jour on pourra le peindre ?
En enfin, il est plutôt facile à monter (l’amoureux et moi nous sommes relayés, mais il peut donc être monté seul).

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Tadaaaa !

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Chambre Lardonesque, v2

Voilà donc la nouvelle chambre du Lardon qui s’y est très vite installé 🎉 !

Mais en vérité

Et puis, il y a eu la semaine de gastro : pour éviter de se relever 100 fois pour le rassurer, on était bien content d’avoir un de ses anciens petit matelas à mettre à côté de notre lit.

Et puis il y a eu la semaine de canicule, où l’on a dormi dans la même tente dans le jardin.

Et puis il y a eu les vacances.

Et les orages.

Et les bruits qui font peur dans le jardin.

Bref, aux yeux de Lardon, le meilleur endroit pour dormir, ça reste quand même notre chambre, voir notre lit 😂.

 

Et chez vous, c’est plutôt lit au sol, lit d’enfant ou cododo ? Ou un joyeux mélange de tout ça comme chez nous ?

De l’hygiène des réseaux sociaux

Après un mois sans bloguer (vacances obligent), la rentrée et les bonnes résolutions arrivant, j’ai beaucoup cogité sur la (dé)connexion, et mon rapport aux réseaux sociaux.

J’avais déjà évoqué le sujet sur mon article sur le danger des écrans pour les enfants : l’ironie de la chose (s’inquiéter pour mon fils alors que mon téléphone est glué à ma main 20h sur 24) ne m’avait pas échappé ; mais j’y travaille, et j’avais envie de mettre tout ça noir sur blanc.

Instagram, le réseau des gens parfaits

Pendant longtemps, j’ai aimé suivre pleins de comptes positifs, bienveillants, esthétiques, motivants voir les 4 à la fois. Ma timeline était magnifique, et je la faisais défiler régulièrement, d’un geste automatique, un peu comme un zombie. J’étais accro.

Alors, j’ai décidé de changer 2 ou 3 choses :

  • J’ai enlevé le raccourci Instagram de l’écran d’accueil de mon téléphone. Ça me force à vouloir consciemment y aller et ne pas cliquer par habitude, ennui ou réflexe.
  • J’ai réduit radicalement les personnes que je suivais. En premier lieu, j’ai enlevé toutes les marques, même mes préférées, toutes éthiques soient elles. Pour les comptes personnels, j’ai eu la dégaine (très) facile : adieux comptes avec posts sponsorisés, même si c’est une fois par mois seulement ; comptes postant plusieurs fois par jours ; comptes avec trop de portraits d’enfants ; comptes trop bavards ; trop présents ; trop. Au début, je me suis sentie un peu désolée pour ces créateurs de contenus, pourtant de qualité, mais tant pis : les contenus trop étudiés, trop travaillés nuisent à mon bonheur.
  • J’évite aussi les comptes faisant un usage intensif des stories. Cette fonctionnalité représente tout ce que je déteste : du contenu peu intéressant (déso mais pas déso : je me fous de ce que les gens font en ce moment) et surtout ce sentiment d’urgence et de pouvoir manquer quelque chose : vite, je n’ai que 24 heures pour voir cette image !
  • Je me laisse le droit de changer d’avis. J’essaye de ne pas dépasser les 30 abonnements (c’est très peu), et je n’hésite pas à ajouter ou supprimer quelqu’un au gré de mon humeur #rebelleAttitude.

Et, de mon côté, en tant que créatrice de contenu sur ce réseau, j’essaye de faire attention à la manière dont je poste. Mes deux mots d’ordre sont poster avec modération, et de manière non-instantané.

Par exemple, cet été, notre première semaine de séparation puis de retrouvailles avec le Lardon ont été des moments très intense pour moi mais je me suis refusée d’en parler tout de suite. Ce n’est pourtant pas l’envie de partager ma tristesse (ou mon bonheur quand il est revenu) qui me manquait, mais quand j’ai réalisé que j’avais en tâche de fond un bout de mon cerveau qui réfléchissait à la formulation d’un post Instagram, et de quelle photo ou quel hashtag je pourrais utiliser, j’ai réalisé à quel point l’addiction allait loin. Quand je vis des émotions fortes, je n’arrive plus à les vivre pleinement sans me demander de quelle manière je vais les partager…

J’essaye donc de poster peu, et toujours en décalage avec ce que je vis vraiment. C’est ma manière de me protéger pour éviter de poster trop, sous le coup de l’émotion ; et c’est aussi une tentative de ne pas créer d’attente chez les autres.

Côté hashtag, j’ai arrêté d’en mettre : je passais trop de temps de cerveau à chercher le hashtag ramenant de la visite pour… à quoi bon ?

Reste que, quand je poste une image, je ne peux m’empêcher de revenir régulièrement sur mon appliquation pour voir le nombre de like évoluer. J’ai beau avoir supprimé toutes les notifications, ça n’empêche pas mon cerveau d’être accro à ces coeurs rouges… Aaah, on est bien peu de choses quand même….

(Notez bien que ces recettes sont évidemment à ne pas suivre si vous comptez faire grandir votre communauté, je crois qu’ils sont totalement anti-productif de ce point de vue là.)

Facebook, le réseau qui décide pour nous

Sur Facebook, c’est simple : je ne suis personne via ce biais, et surtout, je ne commente pas sur ce réseau pour plusieurs raisons :

  • D’abord parce que je trouve très dommage de générer des conversations sur cette plafeforme fermée, alors que la plupart de ces blogs accueillent un espace de commentaire fait pour ça.
  • Et puis c’est aussi une question de vie privée : en commentant un article sur le blog plutôt que sur Facebook, l’identité liée est Chutmamanlit, et pas mon profil. C’est une manière de préserver une séparation entre mes nombreux centres d’intérêts. J’aime les réfléxions sur la parentalité, les tatouages, le féminisme, la danse et beaucoup d’autres choses. Je n’aime pas que, par le biais de l’algorythme de Facebook, des connaissances puissent apprendre l’un ou l’autre de mes centres d’intérêt. Je serais ravie d’en parler avec eux dans la vraie vie si l’occasion se présente mais je n’aime pas l’idée qu’une amie de la pole dance puisse voir que j’ai commenté sur un article sur l’instruction en famille.

J’ai pourtant une page dédiée à ce blog, sur laquelle je poste un lien vers mon dernier article (quand j’y pense) car je sais que certains ne me suivent que par ce biais.

Les flux RSS, mes amours

Ce qui m’amène à une transition toute trouvée pour parler d’une technologie peu connue du grand public : les flux RSS. Je ne suis pas sur Facebook, très peu sur Instagram, et pourtant, je ne loupe pas un seul article de mes blogs préférés.

Et pour cela, c’est très simple : j’utilise un agrégateur de flux RSS. Dès que je croise un blog qui me plait, je l’ajoute à mon agrégateur en cliquant sur « M’abonner ». Ensuite, comme dans une boîte mail, j’ai la liste des derniers articles publiés.

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« Tiens, je n’ai toujours pas lu cet article de Coquelipop, écrit il y a 5 jours ! »

Là où c’est magique c’est que je suis au courant de tous les articles quasiment en temps réel. Tous. Et dans l’ordre. Ça n’est certainement pas Facebook ni Instagram qui permet ça !

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Il y a aussi des affichages plus « visuels » mais personnellement, j’aime le simple et efficace.

Et surtout je suis maître du contenu qui m’intéresse. C’est moi qui ajoute les sites (ou qui les enlève), et je n’ai aucune publicité, ni aucune incitation à lire toujours plus de comptes et de contenus. Les vacances pour mon cerveau !

Vraiment, je ne comprends pas pourquoi cette technologie n’a jamais « percé ». Enfin si, je sais exactement pourquoi : derrière, il n’y a pas une entreprise employant 150 personnes à réfléchir à rendre ça plus addictif à grand coup de marketing et de fonctionnalités conçues pour nous rendre accros.

Si ça vous intéresse, personnellement, j’utilise Inoreader, mais il existe beaucoup d’autres sites gratuits permettant la même chose.

Le blog, le nerf de la guerre

Et puis dans ma démarche de m’épargner ce sentiment de « trop plein » quand on suit trop de blogs, je n’ai pas eu le choix que de prendre du recul sur le contenu que je publie moi. Et si, les autres, en lisant mon blog, se sentaient mal, culpabilisés ou « pas à la hauteur » ?

Il faut dire que la limite entre « tenir un blog sur la parentalité » (d’autant plus quand on est intéressée par les courants dits bienveillants ou positifs) et la tendance à « l’injonction à être parfait » est extrêmement fine, et j’en suis consciente.

Récemment, par exemple, Coeur de pirate parlait des récits d’accouchements naturels, qui peuvent être culpabilisant pour les femmes n’ayant pas pu (ou pas voulu) accoucher de cette manière.

Traduction approximative : « Aux mamans qui ressentent le besoin de partager leur accouchement, et comment c’était magique d’accoucher à la maison, naturellement, dans la douleur avec vos doulas, sage-femmes, baignoires, et maris, c’est super ! Mais souvenez vous que c’est très moralisateur pour les femmes qui n’ont pas eu cette possibilité. Choisir d’accoucher autrement ne fait pas de vous une moins bonne mère ». 

Et c’est vrai qu’à ce sujet, je me suis par exemple posé la question (j’ai même un article en brouillon). Je suis consciente du privilège que j’ai eu de pouvoir vivre un accouchement sans péridurale mais surtout sans complications. Et à l’heure où des ami·es ont vécus de nombreuses fausses couches, des accouchement traumatisants, ou sont encore dans un parcours de PMA, le sujet est très sensible pour certain·es et je préfère donc me taire sur la sphère publique même si je partage bien volontiers mon récit en privé avec les personnes intéressé·es.

Pour autant, je suis convaincue de l’intérêt de partager ses expériences sur un blog (ça fait plus de quinze ans que j’en tien un !), et je ne crois pas qu’il faille se censurer sur tous les sujets. Ce sont d’ailleurs des récits d’accouchements naturels qui m’ont poussée et aider à envisager ça pour moi, et j’en suis reconnaissante.

 

Alors comment trouver le « juste milieu » entre partage, inspiration et retenue ? J’espère qu’être consciente des effets négatifs que peuvent avoir des contenus « positifs » aide un peu, mais je n’ai pas la solution miracle… Qu’en pensez-vous ? Souffrez-vous du poids des blogs/comptes comme les miens ?

Le métier de psychomotricien·ne

Je crois que j’ai découvert le métier de psychomotricien·ne en découvrant le principe de la motricité libre, et immédiatement j’ai été attirée par cette discipline ! Pendant les premiers mois de vie du Lardon, les blogs de psychomot’ ont été une mine de ressource considérable pour moi !

Je voulais tout savoir sur le développement des bébés : qu’est-ce que le stade du miroir Pourquoi mon bébé est-il toujours enroulé ? Quelles sont les grandes étapes motricesFaut-il assoir son bébé ?

Mon obsession de bien-faire était totalement assouvie : j’apporte beaucoup plus de valeur aux recommandations d’un·e professionnel·le qu’à la liste de naissance concoctée par un magazine Parents bourré de pub. Un transat est-il vraiment utile ? Et le chariot de marche ? Pourquoi faut-il des chaussures souples ? Trotteur, pousseur, porteur, je mets quoi sur la liste d’anniversaire de 1 an du Lardon ?

Et comme on intellectualise jamais trop les choses, je continue de suivre ces blogs assiduement car j’adore découvrir tous les mécanismes qui entrent en oeuvre derrière une activité toute simple comme planter des graines ou manger avec les doigts.

Et puis, au fur et à mesure de mes lectures, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir des facettes cachées du métier comme l’histoire de Théo qui jette des trucs.

Bref, deux ans plus tard, je suis toujours quelques blogs de psychomot’ avec passion et j’ai eu envie d’en savoir plus sur cette belle profession ! J’ai donc décidé de poser pleins de questions à Maman est psychomot, qui a été adorable puisque, comme vous allez le voir, elle a répondu avec beaucoup d’humanité et de détails passionnants. Je vous laisse découvrir ça :

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Alors, je m’appelle Laure, j’ai 37 ans, une demoiselle de trois ans, un conjoint geek et un chien gentil mais qui pue. Je suis passionnée de danse, de cuisine, de jeux et de fantasy (et de blagues niveau carambar).

Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton métier ?

Beaucoup de gens, y compris dans les psychomot, ont du mal à expliquer ce métier. Je pense que c’est lié au fait qu’il y ai deux branches tellement différentes qu’elles sont presque deux métiers différents. Une branche à une approche plutôt psycho-affective (thérapie) l’autre perceptive-motrice, voire neuro-développementale (rééducation).

Mais dans tous les cas la psychomotricité part du postulat que « le corps et l’esprit » sont liés et que quand un se modifie il entraîne l’autre. Cela vaut pour les réeducateurs (par exemple la conscience de son schéma corporel va permettre de percevoir un espace orienté, qui lui même va pouvoir aboutir à une organisation spatiale, qui donnera de la structuration spatiale, puis des manipulation mentale de volume…) ou dans les thérapies où on va se servir du toucher, de la sensorialité pour avoir un mieux-être psychique. Dans tous les cas on remonte le fil de comment aider la personne à arriver à une bonne adaptation à son environnement et à vivre le mieux possible dans celui ci, et le fil en question ramène toujours au corps, à son vécu et ses expériences 🙂.

Qu’est ce qui t’as amené à être psychomotricienne ?

Au lycée on cherchait ce qu’on voulait faire « quand on serait grande » avec ma meilleure amie. On avait envie de travailler ensemble. Elle était passionnée d’équitation, moi de danse. On s’est dit qu’on allait monter un centre où on recevrait les jeunes en mal être, pour les accompagner sans passer par le discours comme généralement, mais par leur vécu corporel dans les deux disciplines. On était très fières de nous d’avoir inventé un super concept ! On a commencé à budgetiser ça, et en en parlant, on nous a dit « mais en fait il existe déjà votre métier, c’est psychomotricienne ! ».

Finalement la vie à fait qu’on n’a jamais monté notre centre, mais on a fait notre prépa ensemble et on est toutes les deux psychomot’ maintenant 😉

Avec quel type d’enfants travaille tu ?

Je travaille dans une association qui reçoit des enfants, ado et adultes autistes et en libéral. En libéral on reçoit surtout des enfants pour des troubles des apprentissages (attention, graphisme…) mais comme ça se sait que je travaille avec des personnes autistes depuis moultes années maintenant, ils représentent aussi une grande partie de ma patientèle.

Personnellement, je suis plutôt versant « réeduc » et ma collab a une formation « plutôt psy » alors on se complète bien 😉 On reçoit de plus en plus de demandes d’adultes également, qui cherchent d’autres solutions à leur mal être.

Enfin le reste des patients présentent des maladies génétiques variées ou un retard de développement.

J’ai l’impression que c’est un métier plutôt féminin ? Est-ce vrai ? Sais-tu pourquoi c’est le cas ?

On est effectivement beaucoup de filles, comme les orthophonistes ou les infirmières par exemple. Le soin paramédical, apparemment c’est pour les filles…. Les garçons font plutôt médecins ou kiné…

Mais petit à petit les mentalités changent et on voit des garçons s’inscrire un peu plus souvent. D’ailleurs, petit secret les garçons : les institutions sont tellement en manque de mecs, que si vous avez votre diplôme vous avez un travail assuré !

Est ce que tu as des enfants ? Est-ce que ça a changé ta pratique si tu les as eu après avoir commencé à exercer ? Les élèves-tu différemment que si tu avais choisi un autre métier, tu penses ?

J’ai une mademoiselle de 3 ans ! Et je suis psychomot depuis 14 ans (outch) !

J’étais déjà versé bienveillance mais cela a non seulement renforcé mes convictions mais poussé le concept encore plus loin. Chaque fois que j’ai un doute, que je me sens sur la ligne je me dis automatiquement « Ça pourrait être ta fille. Elle a des parents qui te font confiance, comment voudrais tu qu’un professionnel réagisse avec la tienne ?« . Je suis beaucoup plus compréhensive avec les parents aussi 😉 : je comprends mieux qu’on puisse avoir des convictions, au-delà de toute la littérature possible, et que des fois on se merde royalement 😜

Dans ma pratique, avoir un enfant m’aide a ancrer un suivi dans le quotidien, avec les vrais besoins de la famille et non pas un critère prit dans une liste théorique.

Et mon métier a forcement beaucoup influencé mon approche éducative. J’ai dû pas mal m’intéresser aux neurosciences, j’ai donc maintenant une idée de comment fonctionne un enfant, alors qu’avant pas du tout ! Je passe aussi beaucoup de temps à proposer à ma fille des expériences à vivre. Elle a donc un super schéma corporel, de l’imagination et une grande autonomie dans son jeu et ses besoins. On déteint forcement 😉 : le fils de sa marraine, qui est maitresse, connait l’alphabet, des prémices d’anglais est très ordonné et organisé !

Que t’apporte ton blog dans ton métier. Et au quotidien ?

Professionnellement parlant le blog m’apporte peu. Mais au quotidien c’est un vrai plaisir. Certains tricotes, peignent, moi je blogue 🙂 J’aime les échanges que cela entraine, j’aime écrire et j’aime bien regarder ce qu’on faisait avec ma fille il y a 1 an 😉

Qu’est ce qui est le plus dur dans ton métier ?

Le plus dur dans le libéral est que c’est avant tout une sorte d’entreprise. Il faut donc être suffisamment rentable pour te payer un salaire. Même quand en face de toi, tu as des gens dans des situations difficiles, tu essayes de les arranger mais il reste quand même ce besoin de règlement… Le pire c’est quand des familles que tu as suivi pendant parfois 2 ou 3 ans disparaissent du jour au lendemain pour ne pas avoir a te régler 2 ou 3 séances. Le plus désagréable pour moi est d’avoir à avoir un rapport à l’argent en fait.

Après, tout le reste je le gère parce que je suis bien dans mes postes. J’ai travaillé par exemple en pouponnières avec des tous petits retirés aux parents : ça, ça avait été insupportable pour moi.

Quand on fait ce travail je pense qu’il faut savoir se protéger et chercher le poste qui nous convient.

Et le plus enrichissant ?

Le plus enrichissant est forcement la relation avec les patients. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’entends bien avec les autistes. Depuis le début, même quand je n’étais pas trop formée. Je me sens bien avec eux et je pense que c’est réciproque. Les moments d’échanges, de rire, comptent double 😉

J’ai trouvé ton article sur le petit garçon qui voulait apprendre à lire très touchant. Y-a-t-il une rencontre qui a changé ta vie ?

Je ne saurais pas dire une rencontre qui a changé ma vie. Des chouchous j’en ai eu. J’ai gardé contact avec quelques jeunes qui ne viennent plus depuis longtemps. Par contre des réactions d’enfants qui m’ont marquée et qui ont forcement modifié ma façon de voir la vie il y en a eu aussi.

Des tristes, comme ce petit garçon de 4 ans amené par une maison d’enfance à caractère social qui a fait tombé un pot à crayon et qui s’est jeté au sol en tremblant et en se protégeant la tête de peur que je le frappe. Ce jour là j’ai su que jamais de ma vie ma fille ne devrait avoir peur de moi.

Des joyeuses, où au bout de plusieurs mois à ne pas réussir à avoir la moindre interaction, le lien se crée. Tu apprends à ne jamais abandonner si l’objectif en vaut la peine.

En fait, à leur manière ils nous marquent et nous transforment tous un peu 😉

Merci encore Laure, de Maman est psychomot d’avoir répondu à mes questions ! J’espère que vous aurez trouvé cette interview aussi passionnante que moi 🙂

Les yeux dans les yeux

L’autre soir, je couchais le Lardon. Il avait envie que je reste un petit peu avec lui : « Mets-toi là maman » m’implora-t-il en me montrant son oreiller. Alors, je me suis contorsionnée pour me glisser dans son lit, et je me suis allongée à côté de lui. Nos visages étaient à quelques centimètres l’un de l’autre, et on s’est regardés, sans rien dire, pendant de long instants.

Immédiatement, cette scène m’a ramenée en arrière.


Nous sommes le 5 mars 2016. Le Lardon a dix heures de vie. D’ailleurs, à ce moment là, il n’est pas encore le Lardon. Il n’a pas encore de surnom. Il faut dire que son papa et moi venons de découvrir depuis seulement quelques heures son prénom, parmi les deux que nous avions choisis. Je prends d’ailleurs un immense plaisir à m’écouter le prononcer : il est simple, il est doux. Je le teste, en parlant, en chantant. Est-ce qu’il lui va bien ? Oui, il me semble.

Je suis donc une maman-depuis-dix-heures, avec mon fils. Ce petit bébé est d’ailleurs si nouveau qu’à ce moment là, je ne pensais même pas à lui en terme de « fils ». (Ce n’est que le lendemain que ça m’a frappé, quand quelqu’un m’a demandé « C’est votre fils ? » Pardon ? Comment ça mon fils ? J’ai un fils, moi ? Oh mais oui, j’ai un fils ! Ce bébé, qui est là, c’est mon fils ! À moi ! Et je suis ça mère !) (Pour l’instinct maternel, on repassera…).

Je suis donc là, seule dans la chambre, avec ce bébé que je ne connais pas encore très bien. Le BienJoliPapa vient de repartir pour rentrer à la maison. (La maternité où j’ai accouché n’accueillait pas les papas le soir, et sur le coup, je crois que ça nous a paru normal). Je n’ai pas vraiment de souvenirs de cette première nuit et je ne me souviens plus vraiment de mon état d’esprit à ce moment là. Étais-je inquiète quand le BienJoliPapa est parti ? Étais-je encore fatiguée de l’accouchement ? Ou bien heureuse et sur un petit nuage ? Le bébé dormait-il ? A-t-il beaucoup pleuré dans la nuit ? D’ailleurs, ai-je dormi entre les courbatures de l’accouchement et les douleurs des suites de couches ? Rien n’y fait, plus j’essaye de revivre cette première nuit, moins j’y arrive : je ne me souviens de rien. Sauf d’un moment très particulier.

Ce moment où j’ai pris le bébé de son petit berceau en plastique, et je l’ai posé à côté de moi dans mon lit d’hôpital. En ce faisant, je crois que j’avais peur de beaucoup de choses : de m’endormir, de le faire tomber, de l’écraser, de ne pas faire comme il faut, de me faire gronder par une sage-femme qui passerait par là.

Mais je me suis contorsionnée pour me glisser dans le lit, et je me suis allongée à côté de lui. Nos visages étaient à quelques centimètres l’un de l’autre, il a ouvert ses grands yeux, tout noirs, et on s’est regardés, sans rien dire, pendant de longs instants.

Alors, je me suis présentée. Je ne sais plus trop ce que je lui dit, sûrement que j’étais sa maman, et que j’allais m’occuper de lui. Peut être qu’il était beau ou que je l’aimais, je ne sais plus. Je me souviens seulement de ses grands yeux noirs, à quelques centimètres de mon visage. Je me souviens qu’il m’observait intensément, comme s’il semblait se dire : C’est donc toi ma vie maintenant ? C’est toi cette voix que j’ai entendu tout ce temps quand j’étais in-utero ? Et je me souviens que pendant ce moment, complètement hors du temps, une vague d’amour m’a traversée. Je crois que c’est à ce moment là que j’ai compris ce qu’était l’amour inconditionnel.


Deux ans, quatre mois et quelques jours plus tard donc, nous nous observons à nouveaux les yeux dans les yeux. Je repense à notre première nuit et je constate que rien n’a vraiment changé : il a toujours ses grands yeux noirs qui me regardent intensément et son visage concentré. Je me demande s’il se souvient comme moi de cette première nuit, s’il pense à mon amour inconditionnel.

Et puis, il sort sa petite main de sous la couverture, la glisse sous mon menton, et commence à me chatouiller. « Guilli guilli guilli » s’esclaffe-t-il, complètement rigolard.

Ah oui, j’oubliais. Le Lardon a maintenant deux ans : l’amour inconditionnel il trouve ça chouette, mais pas autant que chatouiller sa mère, car, ça c’est quand même vachement plus drôle ! 😂

 

Living books pour les tout-petits

À chaque visite à la bibliothèque, j’emprunte généralement une dizaine de livres pour le Lardon. Je les choisis souvent au hasard des couvertures, parfois sans même les feuilleter. À la maison alors, je prends le temps de les découvrir un peu plus longuement, avant de les proposer au Lardon. Au final, sur dix livres que nous empruntons, souvent seulement un ou deux trouvent grâce à ses yeux, et les autres sont complètement ignorés.

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Kit de survie de la période du Pourquoi

Mon titre est un peu mensonger : en vérité, à la maison, nous ne sommes pas encore dans la période du Pourquoi, mais bel et bien dans la période du « C’est quoiiiiii ? » : on entend cette question environ 100 fois par jour, à peu près tous les 3 mots.

Pour illustrer mon propos, voici une scène de vie classique à la maison : nous sommes à table tous les trois, et je discute avec le BienJoliPapa (anciennement connu sous le nom de BienJoliChéri). Ça donne ça par exemple :

– Pfiou, il fait chaud, souffle le BienJoliPapa.

C’est quoi chaud ?, demande le Lardon.

C’est quand la température est très haute, je réponds.

C’est quoi la température ? (évidemment…)

C’est une unité de mesure de la chaleur, j’essaye d’expliquer.

Mais non, c’est pas une unité, me corrige le BienJoliPapa.

Ah mais oui, je dis n’importe quoi. Alors, euh, c’est plutôt une mesure de la chaleur.

C’est quoi la chaleur ?

Ben c’est quand il fait chaud.

C’est quoi chaud ?

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