Une cour de récréation pour les garçons et les filles

Voilà déjà deux semaines que le Lardon a fait sa première rentrée ! Comme pour tous les enfants scolarisés, cette nouvelle étape de sa vie est venue avec ses nouveaux codes et des temps forts, dont ceux spécifiques à la cour de récréation.

Et (comme la plupart des parents, j’imagine), j’aimerais beaucoup pouvoir me transformer en petite souris pour observer comment cela se passe ! D’abord parce qu’il s’agit finalement de sa première expérience en collectivité ; mais aussi parce que la cour de récréation est un sujet régulièrement abordé pour qui s’intéresse à la sociologie de l’enfant et au féminisme (moi par exemple) : c’est dans cet espace que commence à s’installer les inégalités entre garçons et filles, et qui continueront jusqu’à l’âge adulte…

Les filles sont restreintes en espace

Je l’ai moi-même vécu dans mon enfance en tant que fille : pendant les récréations, les filles sont confinés dans des petits espaces pendant que les garçons profitent de la majeure superficie de la cour.

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Ce phénomène est d’ailleurs très bien montré dans le documentaire d’Eléonor Gilbert, Espace (visible en entier ici) : une petite fille explique la géographie de sa cour d’école : « Je vais montrer les endroits où on ne peut pas jouer » dit la petite fille « Enfin les filles, parce que les garçons eux, ils ont le droit de jouer au foot. » complète-t-elle factuellement. Et la voilà qui hachure le terrain de foot, le terrain de basket, le terrain de balle au prisonnier, les buissons, les portes et les toilettes : bientôt, il ne reste presque plus aucun endroit où les filles ont « le droit » de jouer.

Dans l’épisode Cours d’égalité à la récré de France Culture, la géographe Edith Maruéjouls fait les mêmes constats : la cour d’école est l’un des premiers espaces collectifs auxquels les enfants sont confrontés, et les dynamiques qui s’y installent les marquent pour leur futur. Ainsi, ne pas pouvoir jouer à ce qu’on veut, parce qu’on est une fille (ou un garçon pas assez conforme) est l’une des premières expériences d’inégalités que des enfants peuvent être confrontés.

Et ce qui commence à l’école continue plus tard : très vite, les filles et les femmes n’ont plus leur place dans l’espace public. « C’est trop dangereux, surtout la nuit » dira-t-on par exemple, pour confiner les femmes chez elles.

Les mécanismes menant à cette injustice sont les mêmes que ceux que l’ont retrouve dans le monde du travail : en effet, dans la théorie aucun règlement n’interdit aux filles de jouer dans la cour (tout comme aucun règlement n’interdit aux femmes d’occuper des postes à responsabilités) mais dans la pratique, ce phénomène est pourtant étudié dans la majorité des cours de récréations (dans le monde du travail, on appelle ça le plafond de verre)…

Mixer les genres dans les cours de récréation

Heureusement, il existe pleins de solutions pour inciter les garçons et les filles à jouer ensemble sur tout l’espace disponible et des stratégies ont déjà mises en place dans de nombreuses villes, avec ou sans modification de la cour de récréation.

À Trappes par exemple, pour en finir avec des cours de récréation sexistes, où les filles n’existent qu’à la marge, la géographie de la cour de récréation a été revue :

  • Avec moins de bitume mais plus de plantes, d’arbres, et revêtements souples ;
  • Et surtout, des espaces conçus pour le jeu libre et pas pour une activité unique (le foot pour ne pas le citer).

Mais même sans travaux, il est possible d’arriver à de chouettes résultats. Dans les écoles où Edith Maruéjouls est intervenue (l’École élémentaire du Peyrouat, à Mont-de-Marsan par exemple), plusieurs initiatives ont été mises en place :

  • Des récréations sans ballon de foot : les enfants réinvestissent alors leur temps libre différemment, cela favorisant souvent les jeux mixtes ;
  • Des récréation où les adultes jouent avec les enfants : les enfants les plus effacés savent qu’ils seront protégés grâce à la présence de l’enseignant, et sont donc davantage enclins à participer au jeu collectif ;
  • Des jeux mis à la disposition des enfants : d’autres jeux que le foot sont alors possible, notamment des jeux coopératifs.

Le point livre

On ne serait pas vraiment sur mon blog si après avoir énoncé un problème, je n’évoquais pas des livres pour le résoudre ! Comme personnellement, « on y est pas encore » (après 2 semaines de maternelle, je ne sais pas grand chose des journées du Lardon, mais je sais qu’il joue avec des petites filles, et pas que au foot, ouf !), je n’ai lu encore aucun de ces livres mais comme cette sélection est sponsorisée par la fabuleuse Fille d’album, elle ne peut que être chouette :

Et vous, quels souvenirs avez-vous de la récréation ? Pour vos (grands) enfants scolarisés, comment ça se passe ?

Agnès Rosenstiehl, libérée et impertinente

Agnès Rosenstiehl est une autrice et illustratrice française, dont vous avez probablement déjà entendu parlé si vous êtes de ma génération. C’est elle qui a créé Mimi Cracra !

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J’avais totalement oublié son existence, jusqu’à ce que j’écoute le podcast La révolution féministe de l’édition jeunesse, où elle y est décrite comme la première autrice féministe jeunesse. Il n’en fallait pas plus pour que je me lance dans les recherches !

Agnès Rosenstiehl, autrice sans tabous

Ça tombe bien car elle a fait parler d’elle récemment : avec l’aide de la maison d’édition la ville brûle, elle a fait un gros travail de modernisation de trois textes publiés dans les années 70. Comment rendre un texte inclusif, pour que toute personne s’y retrouve, qu’elle viennent d’une famille homoparentale, monoparentale ou encore d’un parcours de PMA ? Fille d’Album raconte ce travail passionnant sur son blog.

 

 

 

 

 

Ainsi réactualisés, ces livres ont un petit goût vintage, avec un discours impertinent et terriblement actuel. La naissance parle avec des mots d’enfants d’amour, de règles, de la différence des sexes ou de l’arrivée d’un bébé. Dans Les filles, un garçon et une fille discutent de manière toute naturelle de sexe (ils se les montrent !), d’exploration du corps et que les filles aussi peuvent faire pipi debout ! Chloé en parle avec beaucoup d’émotions, elle qui connait ce livre depuis sa première édition :

Cet album brille par sa simplicité, la justesse de son propos, sans fausse pudeur mais sans le moindre voyeurisme. L’autrice sait se positionner à hauteur d’enfants, c’est à eux qu’elle s’adresse, avec toute la confiance qu’elle leur accorde. Un regard enfantin (mais en aucun cas puéril) sur ce qui fait de nous des filles ou des garçons, tout simplement. Je suis vraiment heureuse de cette réédition, ne serait-ce que parce qu’elle montre que les censeurs n’ont pas encore complètement gagné la partie.

Par Chloé du blog Littérature enfantine

Contrairement aux livres jeunesse que je présente habituellement ici, ces livres sont plutôt destinés à des enfants qui savent lire : ce ne sont pas des albums qu’on lit à son enfant, mais plutôt des livres à laisser traîner, qui se savourent en secret des parents.

Agnès Rosenstiehl, autrice sans complexes

Après en avoir appris un peu plus sur ses dernières publications, j’ai eu ensuite envie d’en savoir plus sur Agnès Rosensthiehl elle-même. Et pour cela, cet épisode de Vieille Branche, un podcast qui met les vieux (la description officielle est « plus de 75 ans » 😇) à l’honneur m’a régalé !

Dans ce podcast, elle raconte qu’elle est une lectrice compulsive (on est faite pour s’entendre). Elle cite d’ailleurs Montesquieu : « Il n’est pas un chagrin qu’une heure de lecture ne peut m’ôter ». Comme moi, elle a passé son enfance dans les livres, en lisant tout ce qui lui tombait sous la main, que ce soit de son âge ou pas. Cela explique ainsi le ton impertinent de ses livres et ça m’a fait réfléchir sur ma tendance hypocrite à vouloir contrôler ce que mon fils lisait, alors que moi-même j’ai lu des livres que mes parents ne m’auraient pas consciemment laissé dans les mains.

Plus loin, elle raconte la naissance de Mimi Cracra et comment elle a voulu créer une héroïne anti-consommatrice, qui s’amuse avec tout (#passionjeulibre : encore une valeur que nous partageons !). Elle a attiré d’ailleurs mon attention sur le fait que Mimi Cracra est une des rares héroïnes à évoluer seule : « Être seule est d’une richesse incroyable » dit Agnès Rosensthiehl, qui sait de quoi elle parle ! En bref, elle tient un discours qui clouera le bec à tous ceux qui culpabilisent les parents d’enfants unique (« Iel va s’ennuyer, gnagnagnagna »).

Et pour finir, je suis tombée sur cette très chouette interview : Agnès Rosenstiehl, l’enfance libre ! où Agnès raconte son amour pour les mots, ce qui l’a conduit à la littérature pour les enfants et pourquoi son style graphique est si épuré. Je vous en recommande la lecture !

Agnès Rosenstiehl, sans transition

Par contre, je n’ai trouvé que très peu d’informations sur sa collaborations avec les éditions Autrement pour la « Petite Collection de Peinture », éditée dans les années 1990 et qui semble aujourd’hui en rupture.

 

 

 

Je me souviens pourtant avoir emprunté Seins à la bibliothèque, quand le Lardon était tout petit. C’était un chouette album, qui permet de faire découvrir l’art via des reproductions de tableaux de maîtres tout en proposant une vision simple et belle du corps féminin. Priscillia en parle elle aussi avec beaucoup d’amour :

Dans Seins, la narratrice est une petite fille, et le livre débute ainsi: « Quand je serais grande, j’aurais des seins comme maman ! J’aurais des seins pour mon bébé… j’aurais des seins pour faire du lait… j’aurais des seins pour qu’on les tète ! Ce sera commode pour partir en voyage ! » Chaque double page est composée d’une petite phrase sur la poitrine et d’une (superbe) reproduction de tableau de maître (Titien, Ingres, Manet, Picasso… du beau monde). Une vision naturelle et poétique du corps de la femme dans toute sa splendeur. Je le recommande chaudement à tous les parents de petites filles qui souhaitent leur éviter la vision ultrasexualisée du corps féminin que propose (impose) la société actuelle, tout en reconnaissant sa beauté naturelle. C’est une petite pépite ❤

Littérature jeunesse (20 mois) de Aimer est toujours rose

 

J’espère que la découverte de cette autrice vous aura intéressé, et si vous croisez des vieux ouvrages d’Agnès Rosenstiehl dans votre grenier ou en brocante, pensez à moi 😇 !

Quand je fais la lecture (approximative) à mon fils

Les puristes des livres me flagelleront surement pour cet aveu horrible, mais je me sois d’être honnête : oui, parfois, je modifie sciemment le texte des livres que je lis à mon fils.

Quand c’est mal écrit (à mon goût)

J’aime les choses bien faite et j’ai a le souci du détail ; et c’est particulièrement valable dans mes lectures (ou celles que j’offre à mes enfants) : je fais attention au fond et à la forme, au style de texte et d’illustration, à l’arc narratif principal et à tout ce qui est sous-entendu. Bref, je suis (une lectrice) exigeante.

 

 

Et parfois, même mes chouchous ne trouvent pas (assez de) grâce à mes yeux. C’est le cas de Ce que papa m’a dit, du célèbre duo Pauline Martin et Astrid Desbordes (dont j’aime pourtant Mon amour d’amour).

Dans ce livre, qui se veut d’aider les enfants à dépasser leurs peurs, j’aime la relation entre ce papa et son fils et le message apaisant que celui veut transmettre à son petit. Pourtant, plutôt qu’encourager, je trouve que le ton est parfois trop plein d’injonction : « Ne laisse pas la peur gagner », « Ce n’est que de l’eau »… J’ai presque envie de lui répondre « Gnagnagna » à ce papa-je-sais-tout ! D’ailleurs, Le Lardon ne s’y trompe pas non plus puisqu’il m’a justement demandé l’autre jour « Pourquoi le papa d’Archibald, il sait tout ? ».

Alors j’adoucis le propos (« Si tu as peur, répond son papa, ne la laisse pas gagner » devient « Si tu as peur, répond son papa, essaie de ne pas la laisser gagner » ou encore « Si le tonnerre gronde, répond son papa, il ne déracine pas » devient « Souviens toi qu’il ne déracine pas »).

Pour simplifier le texte

Lire à voix haute est un exercice qui m’amuse beaucoup (disons le clairement, qui m’éclate). J’aime y mettre la voix, le ton, faire des pauses dramatiques et promener mon doigt sur certains éléments du livre.

baobonbon

Et pour avoir une lecture encore plus vivante, rien ne vaut un texte simple, sans fioritures. Pour cela, je m’autorise parfois à modifier un livre pour le raconter au présent, afin de mieux rentrer dans l’action. Ainsi dans Baobonbon, « Ouf, ça me sauvait la vie ! » devient « Ouf, ça me sauve la vie ! ». D’autres fois, je simplifie le propos, pas parce que je n’ai pas confiance en les capacités intellectuelles de mon fils, mais parce que je suis intimement persuadée que « less is more », surtout avec les mots.

Quand ça n’est pas assez inclusif à mon goût

Il n’y a pas d’âge pour commencer l’écriture inclusive : quand un livre parle des copains d’un petit garçon, je lis « les copains et les copines » ; il en va de même pour les métiers (« le maître ou la maîtresse », « le cuisinier ou la cuisinière »).

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Parfois, je lutte aussi contre les stéréotypes : ainsi, dans Les trois brigands, classique de la littérature jeunesse (que ma maman lisait déjà petite !) « Les femmes s’évanouissaient de frayeur, les chiens filaient ventre-à-terre et les hommes les plus courageux prenaient eux-même la fuite ». Je ne peux évidemment pas laisser dire ça, alors sous mes mots, le texte se transforme en  « Certains s’évanouissent, les chiens filaient ventre-à-terre et même les personnes les plus courageuses prenaient la fuite ! ». D’ailleurs, qui sait, peut être qu’à l’instar des livres d’Agnès Rosenstiehl, ce classique de 1961 sera d’ailleurs lui aussi modernisé ?

Pour (en) finir plus vite

Ne vous y méprenez pas, j’adore lire. Mais quand mon fils sélectionne 12 (DOUZE !) livres pour la lecture du soir, ou me redemande le même livre pour la 6ème fois de la journée (et la 37ème fois de la semaine), j’avoue, je sature. Je ne suis qu’humaine. Alors, je raccourci le livre.

 

 

L’idéal pour cela étant évidemment les livres à structure répétitive. Avec un peu de chance, l’enfant ne remarquera pas que le Loup de C’est moi le plus fort n’a pas croisé les trois petits cochons ou les 7 nains.

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Les livres documentaires se prêtent bien à l’exercice aussi. On est pas obligé de lire CHACUNE des phrases d’un livre, si ?

Ne faites pas ça chez vous

Tout cela n’est pas sans causer quelques problèmes : quand mon amoureux ou un autre proche lit un livre, sans connaître mes « variations », je sens le regard interrogateur du Lardon. Et je ne parle même pas de quand le Lardon saura lire (déjà qu’il connaît certains textes par coeur et que ça devient limite….) : il risque de crier au scandale ! On verra à ce moment là.

En attendant, je continue de modifier les textes, car c’est mon droit de lectrice !

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Et vous, respectez-vous le texte des livres que vous lisez ? Quels droits vous accordez-vous ?

Des livres pour préparer à l’école maternelle

La première rentrée se précise par ici ! Comme pour chaque gros changement dans la vie du Lardon, j’aime bien introduire des livres sur le sujet pour lui expliquer doucement comment ça se passer, et lancer des conversations si nécessaire.

Une fois n’est pas coutume, j’ai cette fois-ci décider de consommer raisonnablement : pas d’achats neufs mais plutôt des prêts (via des amis ou en bibliothèque) ou achats d’occasion (le Lardon n’est pas le premier, ni le dernier, a entrer à l’école : pléthore de livres sur le sujet ont déjà été vendus). Cette sélection de livres ne contient donc pas beaucoup de nouveautés mais c’est ça que je trouvais intéressant !

L’école de Léon

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👉 L’école de Léon, de Serge Bloch

Trouvé à la bibliothèque, ce livre déjà bientôt 20 ans (ce qui explique sûrement les défauts que je lui trouve) ! Il est écrit et illustré par Serge Bloch, que vous connaissez surement comme moi comme l’illustrateur des Max et Lili de ma jeunesse.

Dans L’école de Léon, c’est Léon (tiens, quel prénom sacrément actuel pour un livre publié en 2002 !) qui nous raconte. Ça commence évidemment par la rentrée « à l’école MA-TER-NELLE » : la rentrée, voyez-vous, « C’est le premier jour où on va à l’école. C’est-à-dire que le matin, il faut se lever. » raconte Léon. Après avoir raconté une journée type, Léon continue « Maman, tu vois c’est fini l’école. Je n’ai plus besoin d’y retourner. » Avant de découvrir, aïe aïe aïe, que « l’école, c’est tous les matins ! »

Petit frère spirituel du Petit Nicolas, Léon raconte ainsi ses copains et ses copines, les adultes qui l’entourent, ce qu’il a le droit (ou ne pas le droit) de faire à l’école, toujours avec ce ton espiègle, magnifiquement accompagnés des dessins pleins de tendresse de Bloch. J’aime particulièrement la conclusion qui ne se limite pas à voir l’école comme un lieu pour apprendre (on apprend partout, et tout le temps), mais comme un lieu pour jouer et grandir.

Bref, L’école de Léon est un livre que j’aimerais conseiller les yeux fermés, mais il a un fort vilain défaut : il est bourré de stéréotypes genrés et racistes. Des deux parents, c’est la maman qui pleure le jour de la rentrée ; la seule personne racisé de l’histoire est Rachida, la dame de la cantine ; ceux qui se bagarrent sont les garçons ; celles qui sont amoureuses sont les filles, etc.

Mais allez, sur le principe de « faute avouée, faute à moitié pardonné », je vais excuser L’école de Léon qui mentionne à la fin que « c’est l’heure des mamans mais pas que, parfois les papas aussi » et qui, après tout, a été publié en 2002, à une époque où les maisons d’éditions étaient peut-être moins attentives aux clichés qu’elles véhiculaient.

👉 L’école de Léon, de Serge Bloch

Maman a l’école

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👉 Maman à l’école, d’Éric Veillé et Pauline Martin

Dans Maman à l’école, une petite fille réussi à convaincre sa maman de rester avec elle à l’école (grâce à la « technique de la moule », bien connue du Lardon, qui consiste à se gluer à la jambe du parent). Voilà qui mène à des situations bien cocasses : la maman se retrouve coincée dans le tunnel du parcours de motricité, dépasse de tous ses membres quand elle tente de s’assoir à la table de la cantine…

Finalement, elle devient bien embarrassante cette maman ! Après mûre réflexion, sa petite fille lui demande de partir. « Ouf, on s’amuse bien mieux sans les parents ! »

J’ai beaucoup aimé Maman à l’école car j’y reconnais bien mon Lardon qui voudrait que je l’accompagne partout, tout le temps. Le scénario est une belle manière de dédramatiser la séparation avec humour.

Et puis, pour une fois, le personnage principal de ce livre est une petite fille ! C’est tellement rare dans la littérature jeunesse, où une grande majorité des livres mets en scène des garçons (ou des animaux)… Mais, côté stéréotypes, hélas, c’est comme d’habitude :

  • Les femmes sont sur-représentées : enseignants, astem, personnel de la cantine sont toutes des femmes.
  • La héroïne est une fille, on parle uniquement de ses copines 😑 : petits garçons et petites filles ne peuvent-ils pas jouer ensemble ?

Mais si comme moi, vous avez peur que la séparation soit compliqué, il devrait tout de même vous plaire !

👉 Maman à l’école, d’Éric Veillé et Pauline Martin

Écoles du monde

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👉 Écoles du monde, d’Estelle Vidard et Mayalen Goust

Autant le dire de suite, Écoles du monde n’est absolument pas conçu pour des enfants de maternelle (il est plutôt rangé chez les 6-10 ans en bibliothèque). S’il m’a autant plu, c’est parce que j’aurais adoré le lire enfant, passionnée du monde et de l’école que j’ai toujours été ! Mais mon enthousiasme a du être communicatif car le Lardon a apprécié la lecture (d’extraits : il est dense pour un enfant de 3 ans) 🤗.

Sur chaque double page, on suit un enfant d’un pays différent dans sa journée. En Angleterre, Jodie prend le bus scolaire ; Kimaati, le petit Kenyan, parcourt chaque jour à pied huit kilomètres pour rejoindre une classe… Ce livre présente plus d’une cinquantaine des pays, de chaque continent. C’est ainsi un excellent support pour expliquer au Lardon qu’il n’y a pas une école mais DES écoles. En Finlande on porte des chaussons, aux États-Unis on travaille beaucoup sur l’expression orale. Dans certains pays garçons et filles sont séparés ; l’école peut être une tente ou en plein coeur de la forêt…

Écoles du monde est donc un livre que je réemprunterais à la bibliothèque (pas le choix, il ne semble plus édité 😭) avec plaisir quand le Lardon grandira, en les accompagnant de quelques épisodes de Sur le chemin de l’école !

 

Et chez vous, comment avez-vous préparé la première rentrée de vos enfants scolarisés ?

 

 

Découvrir le code de la route (ou d’autres choses)

Le Lardon est passionné par les voitures, et ce qui va autour. C’est à la fois fatiguant (de n’entendre parler que de ça) et à la fois une bénédiction (pour l’intéresser à quelque chose, il suffit d’y trouver un lien avec les voitures 😇).

Dans le cadre du rendez-vous Chut, les enfants lisent, voici donc quelques livres jeunesses autour du thème du code de la route qui nous ont permis d’aborder d’autres sujets en toute subtilité (ou pas).

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Découvrir le corps humain (et les clichés sexistes)

Ça a commencé par cette question, posée à deux heures du matin : « Maman, pourquoi j’ai le zizi tout dur ? » Et puis, régulièrement, le Lardon a de nouvelles questions sur son (ou notre) corps, et en particulier les organes génitaux : « Y a quoi en dessous de la peau ? », « Maman, comment tu fais pipi si t’as pas de zizi ? », « Pourquoi t’as pas de poils sur les fesses ? », « Pourquoi t’as du sang ? » et j’en passe.

Nous répondons à ses questions sans tabou (mais surtout comme on peut et selon l’inspiration du moment), en essayant d’utiliser des termes précis. Par exemple, pour les garçons, même si on dit souvent zizi, j’alterne aussi avec les termes pénis et bourses, notamment quand je change le Lardon, en verbalisant ainsi les endroits que je nettoie. Côté organes féminins, j’emploie avec un certain naturel les mots utérus, vagin et même périnée (on a pas mal parlé de ma grossesse et mon post-partum 😅), mais j’ai pourtant du mal à dire vulve (probablement car c’est un terme que j’ai peu entendu…) (d’ailleurs même mon téléphone, depuis lequel j’écris cet article, ne semble pas à l’aise puisqu’il propose de remplacer le mot par bulbe… 😣)

Alors après la 48ème question sur le sujet, j’ai compris qu’à défaut de pouvoir aller aux toilettes tranquille, je pouvais au moins choisir le moment où je devais répondre à ces questions légitimes. C’est décidé, nous avions donc besoin… d’un livre (ou de plusieurs ?) pardi !

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Des livres sonores qui durent

En bonne bobo-écolo que je suis, j’essaye de limiter au maximum les jouets fonctionnants à piles : c’est polluant à la fois pour notre sensible planète (les piles sont très énergivores à produire, extrêmement nocives pour la planète ; tout ça pour des jouets ayant une durée de vie très limitée) mais aussi pour mes sensibles oreilles (qui dit jouet à pile dit jouet qui fait du bruit).

En revanche, il y a deux choses que j’aime plus que tout : les livres, et avoir du temps pour moi. Pour ces deux raisons, les livres sonores sont un compromis que j’accepte à la maison : oui, les sons détournent l’attention de l’enfant mais… c’est le but ! (D’ailleurs, vous l’aurez remarqué : à mon sens, tous les moyens sont bons pour attirer les enfants vers l’objet livre !) Ainsi, quand le Lardon « lit » un livre sonore appuie frénétiquement sur tous les boutons d’un air extatique, je demande mentalement à Maria Montessori de ne pas me juger, et je profite du « calme ».

Mais trouver un bon livre sonore, c’est-à-dire un livre sonore qui dure, est loin d’être une chose aisée ! Quand je constate qu’un livre neuf cesse de fonctionner au bout de quelques mois, voir semaines, je suis franchement dégoutée, et je jure qu’on ne m’y reprendra pas… (Jusqu’à ce que je me souvienne combien ils plaisent au Lardon…)

Alors pour éviter de me faire (ré)avoir, voici donc une petite liste non exhaustive des livres que nous avons testés, en deux catégories : les bonnes et les mauvaises surprises.

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Des livres-jeux pour redonner goût à la lecture

Partager le goût des livres à un enfant n’est pas toujours un parcours linéaire, loin de là ! (En même temps, qu’est-ce qui est constant avec un enfant ? 😅) (à part leur énergie je veux dire 😅😅).

Ainsi, le Lardon peut parfois réclamer 10 livres par jour ; puis rien pendant des semaines. Alors dans ces périodes où il n’est « pas très livre » (et où son petit corps blotti contre moi pour un moment calme me manque), je lui propose parfois des albums qui feront appel à sa mobilité et sa motricité : rien de tel pour renouer avec l’objet livre, et la lecture !

Voici donc une sélection de livres-jeux (parfois aussi appelés livres participatifs ou livres interactifs) que nous possédons ou avons croisé à la bibliothèque, et qui donneront peut-être à vos petits, comme ça l’a fait pour le Lardon, envie de s’investir dans la lecture de mille et une manière différente 🙂. Lire la suite

Coup de ♥️ jeunesse : Nous sommes là

« Ce livre a été écrit pendant les deux premiers mois de ta vie alors que je cherchais un moyen pour tout t’expliquer. Voici les choses que je pense que tu dois savoir… » Telle est l’introduction du livre Nous sommes là qu’Oliver Jeffers a écrit pour son fils, et pour lesquels j’ai eu un véritable coup de coeur. Laissez-moi vous en dévoiler un peu plus sur ce magnifique livre.

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« Bonjour, bonjour, bienvenue sur cette planète. »

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