La colère dans la littérature jeunesse

Aaah, les émotions ! Voilà un sujet qui revient souvent sur la table. Quelle idée, d’être humain et d’en ressentir autant, pour un oui ou pour un non…

Je vous en parlais récemment, à la maison les choses sont parfois intense, et je sentais qu’il fallait renouveler les ressources que nous avons à la maison.

Voici donc un petit récapitulatif de ce que nous avons mis en place au fil des années.

Accompagner les émotions, la première année

La première année du Lardon, l’accompagnement des émotions de mon fils s’est surtout traduit par notre présence plutôt que des ressources externes. Quand le Lardon était submergé par la peur, la frustration ou la colère, notre plan d’action consistait principalement à apporter une présence physique (un câlin, le prendre dans nos bras) et des paroles (pour rassurer, pour mettre des mots sur la situation, pour apaiser).

Accompagner les émotions, de un à deux ans

Quand il a grandit, j’ai senti que nous avions besoin d’aller un peu plus loin. Vers ses 18 mois, nous avons introduit à la maison un petit livre qui a beaucoup servi : Mon imagier des émotions (j’en parlais dans cet article sur Les émotions).

👉 Mon imagier des émotions, de Anne-Sophie Bost (Nathan)

Parfaitement adapté à l’époque, ce livre nous a permit d’introduire du vocabulaire très précieux par la suite : content, triste, peur, fatigué… Les mots présentés sont plutôt basiques (les puristes argumenteront d’ailleurs que la fatigue n’est pas une émotion et ils auront raison) mais c’est parfait à cet âge. Par ailleurs, les photos de bébé ont vraiment permit au Lardon de s’identifier. L’imagier nous a souvent servi comme base de discussions.

Je suis toujours fan de la bouille de ce bébé triste

Accompagner les émotions à partir de deux ans

Un an plus tard, les circonstances ont beaucoup changées : à deux ans passés, le Lardon parle bien et a beaucoup de vocabulaire. Il n’a pas de problème pour nous dire qu’il est en colère, ou fâché, ou même que « Papa/Maman, tu me fatigues » (pas une phrase agréable à entendre, mais je suis contente qu’il ai retenu ça plutôt que le « Tu m’emmerdes » qui m’a déjà échappé…).

En revanche, la colère en elle même reste un moment particulièrement pénible pour toute la famille. Lors de mon dernier passage en librairie, j’ai donc cherché un livre qui conviendrait au besoin du Lardon (ou plutôt notre besoin en tant que famille) et à son niveau de compréhension.

J’ai jeté mon dévolu sur Le livre en colère !

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👉 Le livre en colère ! de Cédric Ramadier (L’école des Loisirs)

Je l’ai choisi car c’est celui que j’ai trouvé le plus adapté aux 2 ans et demi du Lardon avec son histoire est toute simple : on suit le Livre, très en colère, et une petite souris qui essaye de l’apaiser. Au fil de chaque page, la petite souris parle au Livre, en reconnaissant son émotion et en l’aidant à verbaliser ce qu’il ressent, en faisant preuve d’humour et en lui prodiguant un câlin réconfortant. Doucement, il évolue et passe du rouge de colère à l’orange, et au jaune soleil quand il est apaisé.

J’apprécie particulièrement que le livre soit participatif et le Lardon a joué le jeu de bon coeur quand je lui ai présenté ce nouveau livre (à un moment où il n’était évidemment pas en colère), pour demander au Livre ce qui ne va pas ou lui faire un câlin quand ça va mieux.

Bref, j’aime beaucoup ce petit livre et je compte aussi essayer d’appliquer cette technique quand je sens la colère monter en moi (plutôt que de lâcher des « Rhaaa, mais tu m’emmerdes » donc).

Petit aparté sur les livres que je n’ai pas choisi

Les émotions ont la côte, et les librairies et bibliothèques croulent de nouveaux livres sur les émotions. C’est chouette mais quel dilemme pour choisir ensuite !

J’avais quand même un peu envie de parler de quelques livres qui ont l’air chouette mais qui ne correspondaient pas à notre besoin. Peut-être vous intéresseront-ils ?

Les livres sur les émotions en général

 

👉 Au fil des émotions, de Cristina Nunez Pereira et Rafael-R Valcarcel 

👉 La couleur des émotions, de Anna Llenas 

J’ai particulièrement un coup de coeur pour Au fil des émotions mais il est destiné à un public un peu plus âgé (à partir de 5 ans selon l’éditeur) et semble parfait pour construire un vocabulaire plus nuancé : pas moins de 42 mots sont présentés, de la tendresse au soulagement en passant par la mélancolie. Les illustrations sont magnifiques et les textes très beaux aussi ! Maman Chameau en parle très bien sur son blog.

Les livres pour les plus grands

 

👉 Anémone l’oursonne est en colère, de Louison Nielman et Thierry Manès 
Dans ce livre conseillé, on suit Anémone (qui est en colère, vous l’aurez deviné) et sa maman qui l’aide dans ce moment. On y retrouve les notions d’accueil de l’émotion sans jugement, de gestes tendres et de connexion. J’apprécie par ailleurs le fait que l’émotion est décrite comme une émotion légitime, qui finit par disparaître (plutôt que quelque chose contre lequel il faut lutter à tout prix). Ce livre plaira particulièrement aux parents orientés sophrologie et yoga.

👉 La colère de Paul, de Melody Lopez et Aaska 
L’autrice de ce livre, Melody Lopez, est formatrice en parentalité respectueuse et anime des ateliers de yoga et d’accompagnement des émotions ; autant dire qu’elle connaît son sujet. Ce livre est intéressant parce qu’il aborde un vocabulaire un peu plus précis autour de la colère (être irrité, la contrariété…) ainsi que ce qui se passe dans le corps quand on est en colère.

👉 Bonjour, colère, de Anne Crahay 
Ce livre choisit d’accompagner la colère par les mouvements : je pense que c’est une très bonne idée pour les enfants plus grands qui ont besoin de bouger leur corps pour intégrer des concepts. Dans Bonjour, colère,  quatre histoires sont proposées,  présentant chacune une technique pour canaliser sa colère.

 

Et chez vous, quelles sont vos ressources les plus utiles pour parler de la colère avec vos enfants ? 

Où l’on est en colère

Nous connaissons en ce moment de légères perturbations. Le Lardon lance (bam ! bing !), râle, grogne, hurle (bouh !), casse, cogne et tape (et splash !).

Toute ressemblance avec le livre du soir serait fortuite.

Oh, en deux ans et demi, ça n’est évidemment pas les premières colères que nous vivons, mais elles étaient jusque là plus… calmes (???), moins… intense (?).

BienJoliPapa, est un peu déçu « Ta parentalité bienveillante machin là, ça n’empêche même pas ça ! ». Je ne peux pas le blâmer, j’ai eu la même déception quand la période du non est arrivé : à quoi ça sert toutes ces lectures et tout ce travail sur soi-même, si c’est pour quand même avoir des enfants imbuvable ?

Alors, j’essaye de m’abstraire des cris et des coups sur la porte d’entrée (« Je veeeeeux boire mon bibeeeeron sur le roooooond poiiiiiint ») (Note de l’auteur : il est alors 22 heures) et je fais un gros efforts pour me souvenir : ah oui, c’est vrai, les sentiments que le Lardon vit sont l’équivalent d’une tornade que son cerveau encore immature ne sait pas parfaitement contrôler. En d’autres termes, il ne fait pas ça (explicitement) pour nous emmerder (même si l’effet collatéral est là).

Bon. N’empêche que, moi qui commençait à manier les outils ludico-créativo-bienveillant avec aisance et facilité (deux ans et demi d’expérience, ça paye), me voilà démunie. Pourquoi ? Peut-être est-ce dû à trop de violence dans les réactions du Lardon, ou trop d’intensité par rapport à l’incident qui cause la crise ? Si j’écoute mes émotions à moi, c’est plutôt le secouer que j’ai envie de faire. Ou tout autre solution le fasse taire rapidement…

En bonne élève, j’essaye quand même d’accueillir ses sentiments (« Tu es frustré car tu voudrais boire ton biberon dehors. Le problème, c’est qu’il fait nuit et que la rue n’est pas un endroit adapté pour boire le biberon du soir. ») mais ça semble lui faire une belle jambe. Dans un autre contexte, j’essayerai la diversion ou le jeu mais aujourd’hui, ça semble impossible : il est présentement en train de se rouler par terre en hurlant (« Je veeeeux le rooooond-poiiiiiiint ») (exactement comme sur la couverture de « Opposition, pleurs et crises de rage : comment traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans »). À ce stade, je me souviens que Isabelle Filliozat préconise le câlin : en serrant l’enfant contre soit, on l’aide à se contenir, et à s’apaiser en générant de l’ocytocine. Le problème, c’est que c’est la cinquième crise en deux heures, et que je n’ai vraiment pas envie d’être tendre. Alors, je choisis la solution la plus simple pour moi : me reculer (loin) et attendre que la pression passe. Je ne suis pas rancunière, je lui promets que je reste disponible pour un gros câlin quand il sera prêt (et d’ici là, je le serais moi aussi).

Le lendemain matin, la crise est passé, mais le souvenir est encore vif. Je ressors les livres que j’ai sous la main (tiens, une nouvelle crise pendant le petit déjeuner). Bof, aucune aide. Je repense alors à Jane Nelsen et le concept des objectifs mirages : quand il y a crise à répétitions, il y a souvent une cause cachée derrière ça. Je me promets de revoir ce passage à l’occasion (ou de relire le résumé de Happynaiss). Et puis, je profite de la 3ème crise de la journée pour commander un livre qui me faisait de l’oeil : Développer le lien parent-enfant par le jeu – Le jeu d’attachement pour créer l’harmonie, gérer les conflits et résoudre les problèmes (tout un programme).

 

 

Et bien croyez moi où non, depuis que j’ai commandé ce livre, AUCUNE grosse crise à déplorer. Cela fait maintenant une semaine et à aucun moment, je n’ai eu envie d’étriper mon fils, et je m’avancerais même à dire que nous avons passé d’excellentes journées, dans la bonne humeur, l’amour et la tendresse.

Alors… qui a dit que les livres et la parentalité bienveillante ne marchaient pas ?? #ilNyAPasDeCoïncidences

« J’ai peur »

Depuis quelques temps, il arrive au Lardon d’avoir peur, et il nous le dit : « J’ai peur ». Ou plutôt « jaipeurjaipeurjaipeurjaipeur ». Avec parfois une variante « jaipaspeurjaipaspeurjaipaspeur ». Variante ou pas, il est figé, terrorisé — sauf si on est à distance de ses bras, auquel cas il nous saute sur les pieds (l’important est de ne plus toucher le sol, qui abrite l’objet de ses peurs) en s’agrippant à nos jambes.

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Les émotions, côté adulte

 

Il y a deux semaines, je vous parlais d’un petit livre sur les émotions que j’aime beaucoup lire à notre lardon.

Cette semaine, j’ai envie de prolonger le sujet d’un point de vue adulte. Toute ma vie, j’ai toujours été assez « mauvaise » en émotions : je ne m’autorise pas à être en colère (il y a probablement des raisons à chercher du côté de mon enfance) et j’ai beaucoup de mal à reconnaître une situation dans laquelle je ne suis pas bien (idem) (même si ça se manifeste éventuellement par des insomnies).

Mais avec l’arrivée d’un enfant, ça devient difficile de faire comme si tout allait bien tout le temps. Entre le manque de sommeil et leurs petits cerveaux immatures qui rendent fou, je me rends compte que je dois moi aussi apprendre à gérer mes émotions (à 30 ans, il était temps me direz vous !).

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Les émotions

La période du Non Non Non Non Non Non continue de battre son plein à la maison, alors quand au détour d’un passage en librairie j’ai aperçu Mon imagier des émotions, je n’ai pas résisté à la tentation !

J’avais déjà essayé à plusieurs reprises de parler à mon fils d’émotions, notamment avec le très joli jeu de La météo des émotions, mais jusque là, ça l’intéressait assez peu (et les cartes étant assez fragile, j’ai vite rangé le jeu).

Alors, est-ce parce que depuis ses 18 mois, il est vraiment intéressé par les imagiers et par comprendre le monde qui l’entoure ? Est-ce grâce aux vraies images de bébé ? Toujours est-il que cet imagier rencontre bien du succès !

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