Deux garçons et un secret

J’ai découvert ce livre par hasard, dans une librairie dite « engagée ». Ici, dans le rayon jeunesse, point de Tchoupi ni de Petit Ours Brun, mais des livres militants, sur le sexisme ou le spécisme.

Et puis donc ce livre, Deux garçons et un secret. En quatrième de couverture, j’apprends que « Émile et Mathis sont les meilleurs amis du monde. Ils partagent leurs jeux. Leurs collations. Et leurs secrets. Un beau matin, Émile fait une découverte dans le bac à sable. Ça lui donne une idée. La plus-meilleure idée de toute sa vie. »

En feuilletant l’album, je réalise bien vite le problème de nos deux héros : avec la bague que découvre Émile, nos deux garçons voudraient se marier. Hélas, « entre deux gars », ça ne se fait pas. (C’est un livre canadien : les mots « gars » en sont la seule trace pour mes yeux de franco française).

J’ai trouvé l’album chouette, il m’a plu, moi qui peste tout le temps que les gens demandent au Lardon si il a une amoureuse mais jamais si son meilleur ami est son amoureux.

Je l’ai trouvé chouette mais je l’ai reposé. Quand même, aller dire à un enfant que des garçons peuvent se marier… Faudrait quand même pas trop leur donner d’idées. Déjà que je laisse mon fils porter du rose et avoir les cheveux longs. Que vont dire les gens si EN PLUS il était au courant qu’il pouvait être homosexuel ? Dès l’enfance et pas sur le tard après des années de thérapie ?


Bon, aussitôt chez moi, j’ai réalisé. Mon homophobie intégrée. Ma peur de ne serait-ce que évoquer autre chose que la norme à mon fils. Ça m’a fait rire jaune, moi qui essaye si souvent de dénoncer ces normes.

Pleine de remords, je le voulais finalement ce livre. Mais hors de question de le commander en ligne, non non non. Je voulais l’acheter dans la librairie indépendante où je l’avais découvert.

Il aura fallu environ 6 mois avant que je repasse dans le quartier. Mais ça y est, je l’ai acheté et même lu (! Tant qu’à faire) à mon garçon.


Deux garçons endimanchés se marient devant leurs copains et copines

Et laissez moi dire tout le bien que j’en pense de ce livre : il raconte une histoire toute simple de deux amis qui s’aiment bien, et qui veulent jouer aux grands. Alors oui, ça parle un peu d’homosexualité et homophobie (sans que ces mots ne soient jamais prononcés), forcément.

Mais pas que. Ça parle aussi de ce qu’on en fait, nous les adultes, des histoires d’enfants. Comment parfois on y voit du mal, avec notre regard d’adulte.

Et puis, ça aborde le jardin secret.m de nos enfants. « Les parents se trompent parfois. Et les enfants ont des secrets parfois. »

Je n’aime pas particulièrement cette idée mais je dois bien commencer à me préparer : mes enfants auront (ont) leurs secrets. Parce que je ne suis pas toujours prête à comprendre leur monde d’enfant. Et parce qu’ils sont leur propre personne, différents de moi.


Alors pour finir cet article, voici trois liens :